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Top albums 2010 : 10ème - 1er.

Ca y est, c’est la fin, et on termine en beauté avec les 10 meilleurs albums selon Ears Of Panda avec, au programme : du rock, de la pop, du folk, de l’électro et du rap. Que du bon en somme ! On n'oubliera pas cette bonne étoile qui aura eu la patience de relire ces nombreuses pages Word afin d'éviter à vos yeux de trop piquer. Enfin, je vous donne rendez vous lundi pour de nouveaux disques, de nouvelles chansons et de nouveaux clips qu’on souhaite remplis de bonnes surprises!



10 : The Radio Dept. - Clinging To A Scheme

On le sait depuis un bon bout de temps maintenant, la pop a su trouver en Suède une terre d’asile. Plus que jamais en 2011, ce constat vient se confirmer avec les trop rares Radio Dept qui signent leur troisième album en l’espace de 7 ans. Dès les premières notes, le niveau est haut… Très haut. Domestic Scene, plus qu’une simple introduction, est cette petite mais parfaite pépite pop qui ne fait que passer avant de laisser la place aux autres bijoux. On change d’humeur d’une chanson à une autre suivant les compositions de Radio Dept, Heaven’s On Fire fait de nous quelqu’un de neuneu tandis que Never Follow Suit nous rend nostalgique d’une pop d’antan douce et candide. The Radio Dept. n’a certainement pas inventé la poudre, mais ce qu’ils font, ils le font très bien. Clinging To A Scheme est un apaisant voyage, chaleureux, dépassant aisément les frontières de leur pays natal.

Label : Labrador
Myspace
Chronique : Not For Tourist




09 : Joanna Newsom - Have One On Me



Pour l’attendre, on l’a attendue ! 4 ans après son chef d’œuvre Ys, Joanna Newsom revient et pas pour rien. Ce n’est pas un, ni deux, mais bien trois albums que la belle nous offre en pâture. Durant 2h, la californienne développe encore un peu plus son ambition. Après le sobre The Milk-Eyed Mender et le bien plus audacieux Ys qui comptait la collaboration de Steve Albini et de Van Dyke Parks, Joanna Newsom étoffe l’orchestration et multiplie les morceaux où le piano est souvent l’instrument principal. Pendant tout ce temps, l’artiste alterne entre harpe et piano, accompagné d’un groupe minutieux qui sait se faire aussi bien discret qu’inventif. On pourra lui reprocher d’avoir réalisé un album trop long, difficile à digérer sur la longueur, regretter les histoires contées sur des compositions complexes que l’on retrouvait sur Ys. Mais franchement, depuis combien de temps n’avions nous pas entendu un tel ouvrage ? 18 titres, pas de déchets, certains se tirent un peu plus la couverture pour eux mais dans son ensemble, Have One On Me est un travail gigantesque renforçant un peu plus le statut de Joanna Newsom comme reine du renouveau du folk Américain.

Label : Drag City
Myspace
Chronique : Dans le mur... Du son!




08 : Shugo Tokumaru - Port Entropy



Il y a des disques qui auraient pu louper le rendez-vous de peu, c’est le cas de Port Entropy, découvert il y a un mois de cela. Alors que je faisais quelques emplettes chez un disquaire, il y avait cette musique qui passait. Une pop enfantine, joyeuse, très aérée, avec des idées qui fusaient à toute vitesse, il ne m’en fallait pas plus pour tomber amoureux de sa pop libératrice. En découvrant le nom, je me rappelais d’un Exit qui avait eu bonne presse mais dont les souvenirs restaient confus. Port Entropy ne connaîtra pas le même sort. Usé à l’extrême, il est peut-être l’album que j’ai le plus écouté cette année alors que je ne le connais depuis que début décembre… On a beau rien comprendre à ce qu’il chante (c’est du Japonais !), on s’imagine nos propres histoires, on rêve de grands espaces et les paysages défilent comme un long travelling. La grande force de Port Entropy est outre sa capacité à créer un imaginaire propre à chacun, c’est qu’il paraît aussi optimiste que déchirant. Ce disque aurait pu louper le rendez-vous de peu, on promet de ne plus jamais rater une sortie de ce songwriter d’exception.

Label : P-Vine
Myspace
Chronique : Mile Me Deaf




07 : Future Islands - In Evening Air



Prendre Future Islands pour un simple revival de cold-wave serait une grande erreur. Ce groupe que je croyais anglais à la base mais qui est finalement originaire de Greenville, une modeste ville de Caroline du Nord déploie une musique gorgée de sentiments. Très souvent teinté de mélancolie, Future Islands ne baisse jamais le rythme soutenu de cette musique si combative. Basé principalement sur un duo basse/synthé, le son ne se fait pourtant jamais dépouillé. Tandis que la basse développe un son agressif et lourd, les synthés se font légers, discrets, nous permettant ainsi de respirer. Cette confrontation entre les deux instruments phares du groupe fait alors des miracles. Très vite, les 3 membres nous mettent dans leur poche. Une fois passée la superbe mise en bouche Walking Through That Door, qui a le mérite de préparer l’auditeur aux évènements à venir, la suite rivalise de trouvailles en terme de mélodies pour savoir qui gagnera la palme de la meilleure chanson. A ce petit jeu, il faut avouer qu’il est bien difficile d’en dégager une plus que les autres ce qui fait la principale qualité de ce disque certes assez court (35 minutes). Il ne faudrait pas oublier bien sûr de parler de la voix du chanteur J. Gerrit Welmers, rauque, usée, l’interprétation faite sur chaque titre est une remarquable démonstration d’implication en terme d’émotions. Future Islands n’est pas un simple groupe faisant partie d’une quelconque mouvance destinée à faire renaître la cold-wave, Future Islands est tout simplement un grand groupe.

Label : Thrill Jockey
Myspace
Chronique : Ordet Blog




06 : Kanye West - My Beautiful Dark Twisted Fantasy



Avant même la sortie de l’album on se doutait bien que Kanye West allait proposer quelque chose d’énorme. Depuis le mois d’août, le rappeur de 33 ans proposait les G.O.O.D Fridays : cela consistait à filer gratos un titre chaque semaine. Au vu de la qualité de certains il n’était pas permis de douter de la qualité de son 5ème album studio. Les deux derniers disques m’avaient laissé sur ma faim, en comparaison de ses premiers albums : The College Dropout et The Late Registration qui avaient frappé un grand coup à l’époque. My Beautiful Dark Twisted Fantasy est de cet acabit. Kanye West délivre son disque le plus pop, le plus facile d’accès mais aussi le plus ambitieux. Dès le départ, Dark Fantasy pose l’ambiance grandiloquente sur cette introduction faisant la part belle aux chœurs. Viennent alors cette mélodie et ce beat aguicheur, clinquant, sonnant déjà comme un classique. La suite n’est qu’une montée vers les sommets atteints avec ce Power grandiose. Basé sur un sample de King Crimson, Kanye West sublime le titre par ces chœurs féminins. Il y a eu l’album jazzy, l’auto-tuné, il crée cette année son album aux chœurs célestes que ce soit Bon Iver qui s’y applique ou des femmes par milliers qui sont, par ailleurs, à l’honneur sur ce disque. S’il rate parfois le coche en voulant combiner easy listening et ambition artistique (All Of The Lights et Lost In The World) le reste n’est que réjouissance, en partie grâce à l’utilisation de samples diversifiés : de Black Sabbath à Aphex Twin en passant par Manu Dibango. Tous les genres y passent ! Tant pis si son égo en prend encore un coup mais avouons le, Kanye West est aussi agaçant que génial.

Label : Roc-A-Fella
Myspace
Chronique : Abcdr du son




05 : Robyn - Body Talk



5 ans après son album éponyme, la suédoise âgée de 31 ans livre Body Talk, une compilation des parties 1 et 2, sortie sous le même nom et la même année, une sorte de best-of en somme. Et c’est ce à quoi ce disque ressemble, tant les tubes s’enchaînent. Principalement dans une veine électro pop (même si l’on trouve un étonnant électro-reggae produit par Diplo), Robyn s’applique sur chaque titre à instaurer une ambiance frénétique. Les beats se font rapides et bien appuyés, la rythmique y est implacable, chaque titre n’en devient que plus dansant. Rares sont les disques de cet acabit qui, si on devait le ranger dans une case serait dans celle de Lady Gaga et consorts. Mais contrairement à cette dernière, l’efficacité est toujours là, la mièvrerie, elle, n’apparait jamais. Loin d’être froid malgré l’absence d’instruments conventionnels, la voix de Robyn se fait plus chaleureuse, le contraste faisant alors des merveilles comme sur le titre phare Dancing On My Own où les beats sont très rigides. Body Talk est une machine à danser, une machine mais avec un cœur, Robyn a fait fondre le nôtre…

Label : Konichiwa
Myspace
Chronique : Dirrty Music




04 : Deerhunter - Halcyon Digest



Comme il y a deux ans, Deerhunter loupe le podium de peu mais cette place est au final logique. Pas meilleur que Microcastle, peut-être moins bon, Halcyon Digest est un autre versant du groupe, plus pop, plus concis et moins expérimental. Si Earthquake, titre qui ouvre l’album, aurait pu nous faire penser le contraire, la suite révèle une écriture plus simple mais tout aussi réjouissante. Les titres ne dépassant pas les 3 minutes se font nombreux, ce sont bien de vraies chansons mais le groupe originaire d’Atlanta va droit au but et ne perd pas de temps en transitions. Une méthode qui aurait pu lasser si c’était sans compter la capacité de Deerhunter à écrire des mélodies accrocheuses. Plus inégal que son ainé (quelques titres sont un niveau en dessous), l’album, où les classiques se comptent à la pelle, contient quelques unes de leurs meilleures chansons. Revival nous enivre avec sa ritournelle destinée à rester gravée dans la caboche, l’intimiste Sailing est beau comme du Radiohead à son meilleur niveau. Desire Lines nous envoûte avec ses guitares qui se croisent et se décroisent... Du classique vous en vouliez en voilà et encore, ce ne sont ici que quelques exemples. Deerhunter ne fait plus dans le noise rock, l’ambient ou l’expérimental mais dans un pop/rock rêche et sans esbroufe qui leur va tout aussi bien. Plus que jamais, ils nous rappellent les Velvet Underground, tant leur discographie ne cesse de s’en rapprocher par sa qualité, rien que ça…

Label : 4AD
Myspace
Chronique : Slash-Taste




03 : Beach House - Teen Dream



Rien n’aurait pu me préparer à ce disque. Faisant fi d’à peu près tous les titres qui traînaient ici ou là sur Internet, je ne connaissais que Norway, un hit en puissance, étonnant pour ce groupe habitué aux mélodies dissonantes. Un duo qu’on aurait pu penser limité par sa formation se dévoilait alors sous un jour nouveau. Pourtant, ce titre n’était rien comparé au reste. Parce que dans Teen Dream, il y a un souffle épique qui s’en dégage par la construction des morceaux en évolution incessante. Il y a 10 perles, toutes plus sublimes les unes que les autres, marquées par une mélancolie forte qui ne peut laisser l’auditoire indifférent. Enfin, dans Teen Dream, il y a une voix, celle de Victoria Legrand, rauque, aussi délicate que puissante, tout simplement unique, comme l’est ce disque.

Label : Sub Pop
Myspace
Chronique :Between The Lines Of Age




02 : Four Tet - There Is Love In You



On aurait pu crier à l’hérésie à l’écoute de cet album où Kieran Hebden livre un album house teinté de pop. On aurait pu, mais cela aurait été une belle erreur… Sa musique n’a jamais été aussi douce, aussi belle et aussi rêveuse… Son dernier album est comme ce cocon protecteur dont on aimerait ne plus jamais sortir, un disque habité qui tantôt nous réchauffe le cœur, par les doux sons de quelques cloches délicates, tantôt le fait battre au rythme de pulsations effrénées. Un grand disque où rien n’a été laissé au hasard, nous emmenant dans un voyage paisible et songeur. C’est sûr, il y a de l’amour dans ce disque.

Label : Domino
Myspace
Chronique : Au Bout du chemin




01 : Sufjan Stevens - The Age Of Adz



5 ans après Illinois, un album qui aura marqué définitivement sa décennie, Sufjan Stevens en est revenu non sans doute avec son projet le plus personnel et le plus risqué. Retrouvant ses premières amours pour la musique électronique sans pour autant abandonner son goût pour la pop baroque, le compositeur âgé de 35 ans accouche d’un disque étonnant. En un peu plus d’une heure, il détruit tous ses acquis pour mieux les reconstruire dans un album d’un genre nouveau à l’ambition démesurée. Sous ses allures de musique classique, le compositeur y insuffle un air de pop et une multitude de sonorités électroniques. Le son haché, rugueux et épileptique laisse alors peu à peu place à une certaine magie. Les sons violents deviennent ainsi beaux et l’on retrouve, dans l’essence même de ce disque, celui qu’on avait laissé il y a 5 ans : un doux rêveur en perpétuel mouvement.

Label : Asthmatic Kitty
Myspace
Chroniques : Esprits critiques






En cas de problème cliquez ici pour accéder directement sur le site grooveshark où est hébergé la playlist

Top albums 2010 : 30ème - 11ème.

Arrivé à mi chemin, les places dans le top se font chères, on retrouve dans la suite de ce classement quelques Français et quelques bonnes surprises qui m’avaient laissé de marbre jusqu’ici, il y a aussi des artistes qui font leur premier pas avec brio et des artistes qui confirment tout simplement le talent qu’on avait vu en eux. Comme d’hab’, vous trouverez en bas de l’article deux titres en écoute par album.

30 : Gil Scott-Heron - I'm New Here

Des retours, il y en a eu et le plus étonnant est sans aucun doute celui de Gil Scott-Heron. Poète, romancier et musicien engagé, ce monsieur de 61 ans reprend là où il avait laissé les choses, excepté que la soul, funk et jazz ont disparu. Ces dernières années difficiles pour l’homme qui aura connu la case prison, l’addiction au crack, ont dû marquer son album, construit dans une ambiance bien plus sombre et poisseuse. Parfois teinté de dubstep, ou juste accompagné d’une guitare acoustique, l’album de Gil Scott-Heron, moins politique que par le passé, nous dévoile son histoire, d’autant plus touchante qu’elle nous est contée par cette voix rauque, fatiguée mais toujours sublime.

Label : XL
Myspace
Chronique : Derrière la fenêtre




29 : Villagers - Becoming A Jackal

La rencontre avec Conor J. O'Brien, leader des nouveaux nés Villagers, a failli tourner au drame. I Saw The Dead qui ouvre l’album m’est insupportable. Parfois c’est physique, vous avez beau essayer d’y remédier il n’y a rien à faire, pire, ça s’aggrave. Mais une fois passés ce piano un peu trop romantique et ces violons stridents, et en particulier arrivé au refrain de Becoming A Jackal second titre de leur album, on rentre dans un autre monde. Rien de mieux qu’un faux air d’Elliott Smith, autant dans la voix que dans le style, pour donner goût au bel ouvrage que nous ont offert ces Irlandais. Loin d’être gnangnan comme me faisait craindre le premier titre, Villagers livre finalement une très belle œuvre, signe d’un futur prometteur.

Label : Domino
Myspace
Chronique : Sound Of Violence




28 : Flying Lotus - Cosmogramma

L’ovni Steven Ellison plus connu sous le nom de Flying Lotus est de retour ! Un ovni, car en 3 albums cet américain originaire de Los Angeles aura créé un style unique. Tel un puzzle aux innombrables pièces, l’électronicien nous perd dans cette œuvre casse tête et décousue. Beats épileptiques et sons venus d’on ne sait où nous accompagnent durant ces dix-sept titres aussi riches que variés. En plus de cette impression unique que dégage le disque, il y a aussi dans Cosmogramma une indéniable euphorie dans tous ces titres, toutes ces idées qui sortent de la tête du musicien de renom. Le morceau en featuring avec Thom Yorke, qui montre d’ailleurs une grande forme créative depuis un an, est le plus bel exemple de l’autre versant dont Steven Ellison est capable, plus ambiant et plus reposé. Quelque soit le menu proposé par ce chef tout droit sortit de l’écurie Warp, on se délecte de ce voyage envoûtant qui nous permet de nous évader ailleurs, dans un autre monde, produit de l’imagination sans limites de Flying Lotus.

Label : Warp
Myspace
Chronique : Esprits critiques




27 : Matthew Dear - Black City

Donnant suite à Asa Breed, petit joyau d’électro pop, le Texan continue son petit bonhomme de chemin avec un disque certes dans la même veine qu’Asa Breed mais qui se fait beaucoup plus sombre. A l’instar de Honey, morceau introspectif qui ouvre l’album rappelant alors l’Iggy Pop Berlinois de The Idiot, Mathew Dear construit une œuvre nocturne. Partie, la légèreté d’un pom pom, Black City se fait sombre du début à la fin. Se basant la plupart du temps sur des instrumentations lourdes, l’artiste n’oublie pas de faire danser l’auditeur sur quelques morceaux bien sentis. On retrouve aussi, parfois, quelques bribes du passé, résurgentes, tel un fantôme, sur quelques morceaux où la musique se fait alors plus aérée (Shortwave). Festif, réservé, aérien, Black City c’est un peu tout ça à la fois mais ça reste principalement un album qui accompagnera vos pérégrinations nocturnes.

Label : Ghostly International
Myspace
Chronique : Goûte mes disques




26 : Owen Pallett – Heartland

En changeant de nom de scène, Owen Pallett feu Final Fantasy semble avoir trouvé une nouvelle ambition. Celui qui est reconnu par ses pairs pour tout ce qui touche aux arrangements des instruments à cordes a mis tout son savoir-faire au service de son propre disque. Dans Heartland, les cordes se font nombreuses, amplifiées tout comme les instruments à vent, et tous au service de cette étrange histoire où il est question de Lewis, un fermier ultra violent créé de toutes pièces, qui désire tuer son créateur Owen Pallett. Jamais dans la niaiserie, ce qui peut souvent arriver lorsque l’on entend autant d’excès au niveau de l’orchestration, le talentueux compositeur trouve toujours une utilisation à bon escient de son orchestre tantôt dérangé, tantôt euphorique mais toujours brillant.

Label : Domino
Myspace
Chronique : C'est entendu




25 : Crystal Castles - Crystal Castles

Voilà un disque qui a faillit passer à la trappe tant leur premier effort m’avait laissé de marbre, voire fatigué. Limite ridicule dans son utilisation de sonorités tout droit sorti d’une nintendo, ce deuxième opus est tout autre. D’emblée, le duo Canadien pose les bases de ce disque avec la violence de Fainting Spells, parfaite introduction qui a de quoi réveiller les morts avant d’enchaîner avec un vaporeux Celestica qui se révèle bien plus pop avant de retomber dans une violence inouïe avec le dérangé Doe Deer… Ainsi est ce Crystal Castles, à mi-chemin entre la pop et l’électro, les deux jeunes Canadiens signent une œuvre aussi diversifiée qu’excellente qui plaira autant au clubber berlinois, qu’au punk à chien ou qu’au EMO en émoi devant Nicolas Sirkis.

Label : Fiction
Myspace
Chronique : Attica




24 : Karaocake - Rows & Stitches

Clapping Music semble encore avoir parié sur le bon cheval avec Karaocake. A des années lumières des autres groupes de la même écurie, le groupe mené par Camille Chambon, jeune fille qui a commencé la musique seule dans sa chambre est accompagné par ses deux comparses pour donner vie à Rows & Stitches, petit bijou de lo-fi. Dans cette ambiance intimiste, on y découvre une jeune femme décidément douée pour donner naissance à des chansons poignantes, faisant mouche avec trois fois rien. Synthé, guitare et boite à rythme suffisent pour donner vie à ce premier album qui dévoile un groupe plus que prometteur.

Label : Clapping Music
Myspace
Chronique : Muzzart




23 : Cloud Nothings – Turning On

Petit prodige de dix-huit ans seulement, Dylan Baldi qui s’est fait remarquer par une poignée d’EPs réunis sur cette compilation jubilatoire. Malgré le son dégueulasse qui le fait rentrer directement dans la case garage Lo-Fi, il y a chez ce jeune garçon un incroyable talent quand il s’agit de signer des chansons aux mélodies évidentes, et aux refrains accrocheurs. En treize morceaux et une quarantaine de minutes, il fout un grand coup de pieds au cul de tous ces semblables (et ils sont nombreux). On attend déjà avec impatience son premier vrai album à paraître chez Carpark Records le 25 janvier.

Label : Carpark
Myspace
Chronique : Dynamhit




22 : Gonjasufi – A Sufi And A Killer

Disque fourre tout, étrange, Gonjsufi aka Sumach Ecks rentre dans le monde de l’industrie musicale avec brio. Difficile de trouver chez lui une comparaison tant le travail effectué s’inspire d’à peu près tout et n’importe quoi. A sufi And A Killer est un disque de chaman qui a puisé son inspiration dans le monde arabe, indien teinté parfois d’électro avant-gardiste propre à Warp ou d’un folk intimiste tout droit venu d’une autre époque. Ce disque est avant tout un voyage dans l’espace qui garde durant ces 18 titres l’empreinte de l’intriguant Gonjasufi, un personnage à surveiller de très près.

Label : Warp
Myspace
Chronique : Little Reviews




21 : Twin Shadow - Forget

Derrière Twin Shadow se cache George Lewis Jr., originaire de République Dominicaine : il a vécu en Floride avant d’atterrir sur la terre promise des hipster : Brooklyn. C’est sûrement depuis son arrivée dans ce quartier que ce musicien a développé ce goût pour la musique 80’s. Comme Ariel Pink, Lewis a développé cet esprit du revival 80’s fait de synthé et d’autres trucs pas très catholiques, pourtant si le premier m’a toujours laissé froid, Twin Shadow a signé ici un disque généreux. Généreux par sa production soignée réalisée par le grizzly Chris Taylor et ses compositions sublimes fourmillant d’idées. Des violons sur Shooting Holes, à Holes qui allie beauté et danse, George Lewis Jr. enchante.

Label : 4AD
Myspace
Chronique : Life Is A Minestrone




20 : Titus Andronicus - The Monitor

Franchement, cette histoire de guerre de Sécession développée sur tout le disque, on s’en fout un peu nan ? Avec Titus Andronicus, ce que l’on veut c’est de la castagne, une batterie nerveuse, des guitares rageuses, un chanteur (qui me rappelle toujours autant la voix de Conor Oberst !) qui gueule autant qu’il peut et surtout des riffs en veux-tu en voilà. Ca tombe bien, il y a tout ça dans leur second album qui réussit l’exploit de faire mieux grâce à un premier titre dantesque. Les autres titres n’ont pas à rougir puisque les coups de mou ne sont pas légion chez Titus Andronicus qui, mine de rien, arrive à signer un disque de plus d’une heure sans jamais nous lasser. Un bel exploit.

Label : XL
Myspace
Chronique : Mille feuille




19 : LCD Soundsystem - This Is Happening

C’est fini! James Murphy a déclaré que ce serait le dernier et c’est bien dommage quand on entend le résultat de This Is Happening, troisième exploit consécutif pour cette bande qui a toujours mis un point d’honneur à allier travail et plaisir…pour le plus grand bonheur de leurs auditeurs. Un cran en dessous de Sound Of Silver, chef d’œuvre inusable de dance music, ce troisième opus reste néanmoins jouissif, ne serait-ce que pour la construction de leurs chansons. Plus que jamais, la secte de Murphy s’est appliquée à faire durer le plaisir (2 chansons seulement durent moins de 6 minutes) en montant progressivement la sauce jusqu’au feu d’artifice final. Bon James, c’est le dernier ? T’es sûr ?

Label : DFA
Myspace
Chronique : Bon pour les oreilles




18 : John Roberts - Glass Eights

Ni allemand, ni anglais, c’est bien de cette bonne vieille Amérique que John Roberts est originaire. Il faut dire que ce n’est pas vraiment évident quand on écoute ce premier album de house minimale durant une heure. Le pari était loin d’être gagné tant le genre peut parfois s’avérer être répétitif mais l’ajout d’instruments classiques tels que le piano viennent rompre cette monotonie. Ne nous y trompons pas, Glass Eights est bel et bien un pur produit électro et le savoir-faire de cet artiste passe à côté de tous les pièges qui lui sont tendus. Une chose pas évidente quand on sait la difficulté que cela peut être pour ce genre qui a vite fait de tourner en rond.

Label : Dial
Myspace
Chronique : Chroniques électroniques




17 : Caribou - Swim

A vrai dire, le live qu’il avait effectué à Saint-Malo lors de la 20ème édition de la Route du Rock a grandement joué en sa faveur tant son dernier album me paraissait, lors des premières écoutes, d’une froideur à toute épreuve. L’humanité n’est peut-être pas la principale qualité de ce matheux mais Daniel Victor Snaith sait y faire quand il s’agit d’écrire des titres d’une efficacité redoutable. D’emblée, il nous propose Odessa, superbe mise en bouche qui fait la jonction entre ses deux dernières œuvres tout en nous préparant à ce qui va suivre. Ce qui suit, ce sont des compositions directes évoluant au fil du temps et portées par des arrangements brillants. 9 titres, tous excellents, sans temps mort, dévoilant sous un nouveau jour tout le talent de cet artiste/producteur.

Label : City Slang
Myspace
Chronique : Les chroniques de Blake




16 : Florent Marchet - Courchevel

Après avoir été jeté comme un malpropre par sa précédente maison de disque (les trop mimi Barclay/Universal) qui n’en faisait pas une rame pour promouvoir un artiste qui a sans doute sorti l’un des meilleurs disques de chanson française de ces dix dernières années (Rio Baril), le petit Florent a été recueilli par PIAS. Gentils comme ils sont, ils l’ont envoyé au ski occuper son esprit traumatisé par cette éviction. Il en a alors résulté Courchevel. Ce quatrième album (si on compte le trop kiffant Frère animal) plus poppy n’a pas perdu pour autant en qualité d’écriture que ce soit pour habiller ses textes avec des instruments riches et variés ou d’écrire des textes acides. Il confirme (comme si c’était nécessaire) tout le bien qu’on pensait de lui et signe le meilleur album français de 2010 !

Label : Pias
Myspace
Chronique : Culturopoing




15 : No Age - Everything In Between

La maturité va bien à certains… Maturité? No Age? Nooooon… Eh bien si ! Sans laisser de côté leur rock primitif, rageur et bruitiste, ce duo a su laisser place à un versant bien plus aérien et poétique que par le passé. Common Heat, le trop beau pour être vrai Dusted, ou le sublime Valley Hump Crash témoignent d’un virage artistique plus contemplatif et moins violent qui leur va à merveille. Alternant les chansons bourrines avec des instants plus délicats, No Age trouve un juste milieu qui ne sacrifie jamais la cohérence d’Everything In Between.

Label : Sub Pop
Myspace
Chronique : Novorama




14 : Los Campesinos! - Romance Is Boring

Comme No Age, Los Campesinos! est un groupe qui m’a toujours laissé de marbre. Le groupe typique qui toujours voulu en faire trop, trop de guitares, de cris, de brassage de vents… Mon Dieu, qu’ils étaient fatiguant ! L’expérience la plus traumatisante fut l’écoute de leur premier disque dans une voiture qui m’avait provoqué une envie soudaine de vomir après une dizaine de titres écoutés ! Il fallait bien laisser de côté un disque pour revenir aux Los Campesinos qui m’avaient fortement intrigué avec la chanson The Sea Is A Good Place To Think Of The Future, une si jolie révélation que je m’étais vu dans l’obligation de la mettre dans mon top 2009. Là encore, les Ecossais ont su allier des titres plus posés à d’autres plus énergiques pour mon plus grand bonheur. Durant 50 minutes, ces jeunes gens font preuve d’un savoir-faire indéniable quand il s’agit de shaker les popotins et à l’occasion de nous faire couler une petite larme…

Label : Wichita
Myspace
Chronique : Feu à volonté




13 : Gold Panda - Lucky Shiner

Attention talent! Le premier album de Derwin Panda, petite perle en matière d’électro, ne se situe pas très loin de Four Tet dans la mesure où, le jeune homme tisse avec Lucky Shiner un voyage aux frontières de l’électro et de la pop. S’inspirant de la musique orientale par moments, l’électronicien nous invite à la rêverie dans ce disque délicat, sensible et envoûtant.

Label : Ghostly International
Myspace
Chronique : Nuage Noir




12 : Wavves - King Of The Beach

Après l’exigeant Wavvves qui laissait entrevoir le talent de ces deux gamins, Wavves est passé à l’étape supérieure. Muni cette fois-ci d’un vrai producteur, Nathan Williams a laissé sa place à Dennis Herring qui s’est occupé entre autre de Modest Mouse, pour posséder un son bien plus propre et surtout bien plus puissant. La production n’étant pas tout, Wavves a écrit un album bien plus ouvert d’esprit, plus facile d’accès et surtout bien plus jouissif. Dans la lignée des groupes punk à roulettes tel que Blink 182 (si, si !), Wavves accouche d’un nombre incalculable de tubes dans ce King Of The Beach qui est bien plus qu’un disque destiné à squatter la chaîne le temps d’un été.

Label : Fat Possum
Myspace
Chronique : J'aime pas la pop




11 : The Tallest Man On Earth - The Wild Hunt

Après un premier disque fort réussi, Kristian Matsson, revient encore plus grand. Si la recette n’a pas changé d’un iota le Dylan Suédois a une nouvelle fois écrit de grandes chansons folk. Sans en faire trop ni pas assez, il trouve ici un équilibre parfait, tout en justesse. The Wild Hunt est un grand disque comme on n’en fait plus : seul à la guitare et avec sa voix, Kristian Matsson sublime tout ce qu’il écrit. Si l’on devait le comparer aux débuts de son maitre, l’élève le dépasse aisément, on attend avec impatience sa période électrique !

Label : Dead Oceans
Myspace
Chronique : De la lune on entend tout




Top albums 2010 : 50ème - 31ème.

Je sens la pression qui monte en vous cher lecteur et j’appréhende déjà les commentaires entre « RRRRRhhhaaaa MON ALBUM PREFERE N’EST QUE 33ème ! JE TE HAIS PANDA PANDA » et « Le 32ème méritait d’être 31 ème et le 25ème aurait du être 42ème » ou encore « c’est de la merde ». Mais pas d’inquiétudes, car si tu ne trouves pas ton album préféré, alors il est peut-être dans les 25 premières places (ou dans ton cul).

50 : Bachar Mar Khalifé - Oil Slick

Lorsque j’ai posé mes grosses oreilles de panda pour la première fois sur le disque de cet Israélien, j’ai tout de suite pensé à Aufgang. Il est vrai que Progeria, première chanson de son disque ressemble énormément à ce que le trio nous avait offert l’année dernière. Normal, Bachar Mar Khalifé n’est autre que l’un des deux pianistes de ce groupe qui avait secoué la blogosphère l’année dernière en gagnant une 9ème place. Oil Slick n’aura pas eu cette chance et pourtant une fois passé le premier titre, clin d’œil trop appuyé à son groupe d’origine, ce jeune homme fait preuve d’audace entre des titres de 11 minutes superbement construits et d’autres bien plus osés, entre un Democratia à la fois bruitiste et folklorique ou un beaucoup plus contemplatif Around The Lamp.

Label : InFiné
Myspace
Chronique : jamais d'accord




49 : Avi Buffalo - Avi Buffalo

Je l’ai dit et je le répète, je ne vois pas de rapports entre MGMT et Avi Buffalo ! Bien que ces derniers partent quelques fois vers des horizons psychédéliques (Coaxed), ils font surtout preuve de beaucoup de talent pour écrire de jolies ballades pop/folk. Un album qui aurait pu être des plus monotones par son manque de diversité mais qui, grâce à des mélodies accrocheuses, tape en plein dans le mille. Ce premier album nous emmène plus vers un excitant voyage, fait de dépaysement, plutôt que dans un périple au cœur de l’Aveyron.

Label : Sub Pop
Myspace
Chronique : Lords Of Rock




48 : Yann Tiersen - Dust Lane

Qui l’eut cru ? Oui, oui, qui aurait cru que Yann Tiersen allait se réinventer dans un disque délaissant le piano au profit des guitares, pour un album aérien et lumineux. Alors qu’il passait à la Route du Rock, je croyais que le Breton s’était lancé dans un album sombre mettant à l’honneur les guitares électriques et ses distorsions. Je ne pouvais pas me planter plus que ça puisque cet album, parfois fouillis à cause d’un son très dense, est surtout un beau disque optimiste qui laisse de côté le sentimentalisme de Poulain & Cie pour un opus qui semble libérateur pour son créateur.

Label : Mute
Myspace
Chronique : Toujours un coup d'avance!




47 : Current 93 - Baalstorm, Sing Omega

L’année dernière Current 93 nous livrait un disque hypnotisant mais aussi très sombre, qui demandait beaucoup de temps pour être apprivoisé. Un an plus tard, David Tibet nous livre son contraire avec ce disque qui transpire la positive attitude. Ou presque. Certes, cela ne vaut pas ce bon vieux morceau de notre chanteuse préférée Lorie, mais les compositions se font ici plus légères que d’habitude grâce à ce choix de mettre en avant les guitares acoustiques ou l’indispensable glockenspiel. Une initiative que l’on salue pour un artiste qui aurait pu se complaire dans des disques certes passionnants, mais plombant quelque peu l’ambiance.

Label : Coptic Cat
Myspace
Chronique : I Left Without My Hat




46 : KiD CuDi - Man on the Moon II: The Legend of Mr. Rager

Entre ces deux Man On The Moon il y a un monde… On sentait un potentiel flagrant chez le très hype Kid Cudi, il n’y avait qu’à écouter le titre en collaboration avec MGMT et Ratatat pour être persuadé de l’avenir commercial du jeune homme. Le deuxième volume est donc meilleur, sur à peu près tous les domaines. Meilleure production, meilleures chansons, meilleurs featuring aussi. Bref, pas la peine de chercher midi à quatorze heure, ce disque bute des ours et puis c’est tout.

Label : Dream On
Myspace
Chronique : Another Webzine




45 : Jeremy Jay - Splash

Une fête sans Ferrero rocher n’est pas vraiment une fête ? Et bien un top Ears Of Panda sans Jeremy Jay n’est pas vraiment un top. Ce saligaud place pour la troisième année consécutive son album dans mon classement mais comment faire autrement ? Jeremy Jay transpire une classe folle qui se renouvelle à chaque fois. Après l’album acoustique 70's et son disque sexuel, ce troisième opus se fait bien plus rock que les précédents sans pour autant délaisser un talent de compositeur indéniable et une voix toujours aussi belle.

Label : K
Myspace
Chronique : La musique à papa




44 : Mount Kimbie - Crooks & Lovers

Dubstep risque d’être le mot que vous allez entendre beaucoup ces prochaines années et c’est sûrement avec ce genre que les Anglais vont revenir sur le devant de la scène, le rock étant en berne. Mount Kimbie, qui représente le début de cette nouvelle vague, a signé un disque élégant rempli d’idées plus intéressantes les unes que les autres. C’est parfois beau, parfois triste, parfois dansant, parfois hypnotisant et c’est le plus souvent tout ça à la fois.

Label : Hotflush
Myspace
Chronique : So Why One More Music Blog?




43 : Micah P. Hinson - Micah P. Hinson And The Pioneer Saboteurs

Il aura suffi d’un appel aux armes pour que Micah P. Hinson passe d’un songwriter dont j’écoutais les morceaux avec une indifférence polie au songwriter respecté. A Call To Arms donc, ce titre qui fait office d’ouverture, exclusivement instrumental, ressemble à une épopée sentimentale où l’auteur aurait mis tout son cœur. Il n’en a pas mis beaucoup moins dans le reste de son ouvrage, parfaite illustration des grandes plaines américaines. Il ne faudrait pas oublier cette voix magistrale, grâce à laquelle il se pose en digne héritier d’un Johnny Cash. Rien que ça.

Label : Full Time Hobby
Myspace
Chronique : Soul Kitchen




42 : Glasser - Ring

Quand on est une fille et qu’on se lance dans quelque chose de vaguement expérimental, on a vite fait de rater le coche parce que forcément quand il n’y a pas ou peu de guitares, on tombe vite dans la « gnangnanerie ». Oui vous avez bien lu, Ears Of Panda vient d’inventer un mot, la « gnangnanerie » est une musique mièvre qu’une gamine de 5 ans aurait été capable d’écrire tant les sentiments y sont exacerbés. Bat For Lashes en est le plus bel exemple. Heureusement, la chanteuse de Glasser ne manque pas de « corones » ! Entre une introduction tribale ne manquant pas de puissance, et la suite jamais en panne d’idées pour habiller son chant des plus envoûtants, on tient enfin un ersatz d’Animal Collective intéressant.

Label : True Panther Sounds
Myspace
Chronique : Tasca Potosina




41 : Janelle Monáe - The ArchAndroid (Suites II and III)

18 titres et très peu d’interludes habillent cet album aux multiples facettes. Véritable phénomène, Janelle Monáe joue avec les genres avec une facilité qui n’est pas donnée à tout le monde, tantôt rock, tantôt R’N’B, tantôt Rap et j’en passe, car tous les styles y passent ! Ce disque est pourtant d’une grande cohérence, d’aucuns pourraient lui reprocher sa longueur mais quand on aime on ne compte pas, et c’est avant tout grâce au plaisir que la miss a composé ce grand fourre tout, tout simplement jubilatoire.

Label : Bad Boy
Myspace
Chronique : Le choix




40 : Blitzen Trapper - Destroyer Of The Void

Blitzen Trapper dont le compteur est resté bloqué aux années 60 a toujours titillé la perfection dans la composition de ses albums. Il semble que l’on soit enfin arrivé à ce qui s’en rapproche le plus. Dans ce disque aussi bien référencé par les Beatles que Dylan et de nombreux autres classiques de cette époque, ces bons petits gars nous la jouent typiquement Rock à la ricaine, avec solos de guitares et chansons pas originales pour un sou mais qui ont un sérieux goût de madeleine, nous rappelant une époque que nous n’avons jamais connue. Que ce soit pour nous faire bouger la tête ou faire pleurer dans les chaumières, Blitzen Trapper tapent juste à chaque fois dans ce disque. Une nouvelle fois : une belle réussite.

Label : Sub Pop
Myspace
Chronique : There's Always Someone Cooler Than You




39 : Clara Clara - Comfortable Problems

L’infatigable François Virot rajoute une nouvelle corde à son arc. Après son folk solitaire rappelant les animaux de Sung Tongs, le voilà parti dans une nouvelle aventure avec amis et famille pour un projet pour le moins original : le trio Basse/Batterie/clavier a décidé de nous faire tourner la tête dans ses compositions qui sombrent dans la folie à chaque fois, qu’il s’agisse de l’hallucinant Paper Crowns ou du foutraque We Won’t Let You All Alone aux allures de bouquet final. Ces prometteurs Clara Clara réalisent le disque le plus barré de cette année 2010 mais aussi un des plus jouissifs.

Label : Clapping Music
Myspace
Chronique : Mowno




38 : Arandel - In D

Arandel s’est mis une idée à la con dans la tête. Réaliser un album électro en utilisant des instruments classiques. Le pari est largement gagné pour cette personne qui a décidé de garder l’anonymat car :

1) Il y a des sons et des chansons qu’on aurait pariés composés sans instruments classiques et justement, c’est tout le contraire.

2) Les 9 morceaux qui construisent ce disque créent une atmosphère originale et réussie qui invitent l’auditeur dans un autre monde.

3) C’est tout simplement un putain de disque.


Label : InFiné
Myspace
Chronique : 90bpm




37 : The Morning Benders - Echo

Tout commence sur quelques craquements typiques d’un vieux vinyle déposé sur la platine puis tout s’emballe, le guitariste grattant les cordes avec enthousiasme et ses amis qui le suivent sans hésitation dans des chansons à la fois d’une autre époque et ancré dans la nôtre. Un groupe pop qui aurait cartonné dans les années 50 mais qui a assimilé tout ce que ce genre a apporté aux 50 dernières années. Un délice comme on en fait trop rarement, où chaque chanson est la bande-son idéale pour un événement particulier.

Label : Rough Trade
Myspace
Chronique : Words And Sounds




36 : Tame Impala - Innerspeaker

A l’image des Morning Benders, les Australiens appliquent un rock 60’s futuriste mais cette fois-ci, à forte teneur en hallucinogènes. N’y allant de main morte sur les effets de guitares et sur la voix en plein trip psychédélique, le groupe nous emmène au pays de Casimir et de ses amis Syd et Janis. Cependant, si Innerspeaker se contentait d’être un voyage mystique dans le temps, on ne l’aurait peut-être pas retenu, car c’est aussi un groupe capable d’aligner des chansons rock aux allures de classiques instantanés.

Label : Modular
Myspace
Chronique : Indiepoprock




35 : Syd Matters - Brotherocean

Si on devait le comparer aux précédents travaux de cette troupe qui a déjà quelques albums derrière elle, on qualifierait Brotherocean de chef d’œuvre tant la marge de progression est gigantesque. Si l’on devait le comparer aux autres albums sortis cette année, on le qualifierait seulement de fantastique. Syd matters tisse 10 perles pop/folk à haute influence anglo-saxonne, bourrées de chœurs enchanteurs et de douces mélodies rêveuses. Voilà le genre de disque qu’on aimerait entendre plus souvent dans nos contrées franco-françaises.

Label : Because Music
Myspace
Chronique : Hop Blog




34 : Baths - Cerulean

Le premier album de Baths est un trésor de sensiblerie. Derrière les beats épileptiques qui rythment sa musique, il y a chez ce jeune homme quelque chose de romantique dans ses compositions parfois intimistes mais aussi faites de belles mélodies, bandes son idéales pour l’été. Tout comme dans le formidable album Ambivalence Avenue de Bibio, il y a chez le jeune homme quelque chose d’apaisant et malgré la complexité des œuvres, l’évidence pop n’est jamais bien loin. Cerulean est un disque aussi exigeant qu’accessible et marqué surtout par une empreinte sonore remarquable entre mille, ce qui est un véritable exploit pour cet électronicien débutant.

Label : Anticon
Myspace
Chronique : Les chroniques automatiques




33 : Swans - My Father Will Guide Me Up A Rope To The Sky

Les papys rocker ne font pas toujours dans l’excellence, il faut l’avouer… Mais parfois, quand le consensus n’est pas de mise et que le plaisir et l’exigence s’invitent, on peut se retrouver face à une belle surprise. Il faut dire que les doyens de Swans qui avaient disparu depuis 14 ans ne font pas dans la dentelle. D’entrée de jeu, les anciens mettent une grande claque à tous les jeunots quand il s’agit de montrer toute l’étendue de leur talent. Derrière un fourmillement d’idées qui va de simples carillons à un orchestre entier sonnant comme le grondement d’un orage inquiétant, les 6 musiciens ont mis là toutes leurs tripes pour composer ce disque puissant et audacieux. Ils ont laissé là, sur le carreau, une bonne partie des groupes qui font l’actualité.

Label : Young God
Myspace
Chronique : Playlist Society




32 : Portugal. The Man - American Ghetto

Ce qui est bien quand certains font leur top assez tôt dans l’année, c’est que l’on peut découvrir quelques pépites qui nous avaient échappé. D’autant plus lorsque que c’est un blog aussi talentueux que la quenelle culturelle. Ainsi, je découvris Portugal. The Man qui sortait déjà son sixième album. Il y a pourtant chez eux, malgré tous les effets possibles qui habillent leurs chansons, une écriture musicale d’un grand classicisme, ce qui est loin d’être un défaut pour ces Américains originaires d’Alaska. Il y a chez eux un petit quelque chose qui les rapproche plus des grands groupes pop des années 90 que du milieu indé de la décennie passée, pour cette capacité notamment à nous sortir des musiques addictives à souhait, où chaque refrain est un hymne potentiel. Avec cette impression, toujours, qu’il n y a rien de plus simple pour eux… Le pire, c’est que ça doit être vrai.

Label : Equal Vision
Myspace
Chronique : La quenelle culturelle




31 : Erik Arnaud - L'armure

Dans la catégorie voix qui en crispera plus d’un, Erik Arnaud se pose comme un candidat de choix. Avec cette tendance à exagérer aussi bien la respiration que l’intonation de sa voix, cet artiste français qui sort de son silence de huit ans laissera plus d’un auditeur sur le côté de la route. Les textes, loin d’être drôles la plupart du temps ("Abigael, taille moi les veines…" Youhou !) peuvent eux aussi rebuter au départ mais ils se révèlent, au fil des écoutes, être le fruit d’une fine plume. Bref, apprécier le nouvel album d’Erik Arnaud pourrait ressembler un chemin de croix mais il serait bien dommage de s’arrêter, lorsque l’on compte des talents comme celui-ci dans notre hexagone. La musique oscillant entre pop et rock est pétrie de bonnes idées et nous rappelle la plupart du temps les Anglo-saxons que la chanson française, fait étonnant pour un artiste qui chante essentiellement dans sa langue maternelle. L’armure est donc un joli mélange de genres qu’il faut se farcir, il est vrai, mais qui, par la suite, laisse place à une œuvre aboutie sans faiblesse aucune.

Label : Matrice
Myspace
Chronique : Popnews