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Dimanche 22 septembre : Vinc2 - By The Third Sea

Quand vous vous lancez dans un blog musical vous devez être prêt à passer pour un connard car très vite, et dieu sait comment, votre boite mail sera bombardé de mails promos qui vont des groupes plutôt cool aux plus gênants. Si vous avez peu de scrupules à ne pas répondre à ceux qui balancent le même lien cinq fois dans le mois et qui ne semble pas s’être intéressé au contenu musical du blog, vous en avez un peu plus quand vous vous réfugiez dans le silence ou pire lorsque vous ne tenez pas votre promesse. En plus d’être un connard, vous allez très vite vous transformez en pédant suffisant en remarquant que 90% de la  musique produite est à chier et que rien ne vaut nos Deerhunter d’amour.

Cependant, on aurait tort de cracher sur la totalité des artistes qui font leur auto-promo hors de tout circuit pour deux raisons. La première est de voir justement en nous un homme meilleur que le blogueur prétentieux, la seconde est tout simplement parce que certains valent le détour comme Vincent Coudert.

Vinc2 pour les intimes (à prononcer Vincz), a déjà bien roulé sa bosse, depuis 2005, le gaillard âgé aujourd’hui de 25 ans a déjà sorti 2 EPs et 1 album. By The Third Sea a donc été l’occasion pour Vincent Coudert de s’essayer une nouvelle fois au format long dans ce disque d’ambient rappelant par exemple l’artiste Eluvium si cher à notre cœur et au sien à l’écoute de cet album. Pas tout à fais inconnu, on avait déjà été séduit par son EP Dreams & Hopes, c’est donc avec une relative confiance qu’on se plongeait dans cette nouvelle épopée. De la confiance il en fallait un peu à l’écoute du premier titre plus que déroutant. Avec chanson de soie qui ouvre le disque, casse gueule comme pas possible, on pense à une composition destinée à une comédie musicale qui ne donne pas du tout envie de continuer l’écoute de By The Third Sea. Pourtant, d’un point de vue musical le titre est loin d’être mauvais si on enlève le côté mielleux de la voix, la chanson prend de l’ampleur au fil des minutes pour se rapprocher de ce qui nous attend par la suite.

A nos yeux, l’album débute avec So Long qui fait office d’introduction mais c’est véritablement avec Fantasia, le troisième titre, que la machine est lancée. La pluie tombe, et on tombe face à un univers proche de Thomas Newman ou encore Sigur Ros. Vinc2, oscille à chaque instant entre fragilité et un aspect beaucoup plus épique porté par ces murs de guitares saturés et désolés. Plus on avance dans le disque plus on est charmé par cet univers qu’il construit autour du thème de l’eau. Souvent mélancolique, et malgré la froideur de certains effets utilisés, il y a quelque chose de réconfortant et de cotonneux.

On se laisse bercer par le bruit des vagues, le magma sonore s’amplifie par moment avant de laisser place à des passages plus délicats. By The Third Sea est avant tout un disque contemplatif où le charme opérera au gré de votre humeur. Bien que l’immersion retombe un peu avec After Her Call, que le disque est parcouru de quelques maladresses, Vinc2 réussit à proposer à l’auditeur un joli disque d’ambient. Jamais facile en terme d’émotions ni inaccessible, il fait partie de ces artistes qui réussissent à trouver ce juste équilibre. By The Third Sea ne changera pas la face du monde mais est une belle promesse pour les années à venir.



Sortie le : 17 septembre 2013
Label : -
Peut pas uploader sur grooveshark du coup vous pouvez écouter l'album dans son intégralité.

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Mercredi 18 mai : Holy Ghost! - Dynamics

Excepté quelques singles on est toujours passé à côté du duo Holy Ghost! qui semble depuis leur début vouloir reprendre le flambeau délaissé par LCD Soundsytem il y a 3 ans. Comme leur modèle, ces gars là sont New Yorkais et cherchent à tout prix à faire danser la jeunesse branchée de la Big Apple. C’est donc sans surprise que l’on apprend que Nick Millhiser et Alex Frankel sont sur le label DFA fondé par James Murphy qui est aussi le fondateur de LCD Soundsystem. Bon, cool, on est super avancé mais sinon ?

Sinon, Dynamics, leur deuxième album studio, réussit quelque part à capter l’esprit de DFA, on trouve dans ce disque un mélange entre disco, électro et pop qui a fait les beaux jours du label. Peut être un peu trop lorsqu’on entend la basse de Dumb Disco Ideas pas très loin du Summer Song de YACHT qui est aussi sur DFA! Mais bon, ça on s’en fout, car Holy Ghost! ne fait que reprendre les trucs et astuces de la maison New Yorkaise avec des basses bondissantes, des guitares tendues et des synthés un peu cheap mais pleins de charme. Le plus dérangeant dans Dynamics reste qu’il ressemble à trop de groupes sans jamais réussir à les égaler. On pense à LCD Soundsytem bien sûr, Neon Indian, Empire Of The Sun, Cut CopyOui certains se disent en lisant ces noms que ça ne vole déjà pas haut (même si on n’est pas d’accord) et bien oui, on descend encore d’un cran avec eux.

Bien que quelques titres soient de grandes réussites, on navigue la plupart du temps dans des compositions sans réels éclats comme ce Dumb Disco Ideas franchement réjouissant au départ avant de déchanter quand on voit que le titre s’allonge sur 8 minutes sans réellement se renouveler au point de nous fatiguer. Car oui Dynamics est usant avec sa positive attitude et sa volonté de vous faire danser à tout prix et tant pis si c’est pute, laid ou si ça déjà été ressassé des dizaines de fois. Holy Ghost! vit encore en 2003 et ne réjouira sûrement que les nostalgiques qui n’ont pas su passer le cap du Dance-punk popularisé à l’époque par Radio 4 et consorts.

Heureusement quelques titres s’élèvent de la masse comme le fragile I Wanna Be Your Hand et sa mélodie japonisante ou Okay qui est pour le coup un vrai tube. Pas étonnant, c’est le plus calqué sur LCD Soundsystem... Tout ça pour dire qu’on s’en fout un peu de ce groupe qui ne fait que remuer le couteau dans la plaie. On en revient toujours à la même chose, ça ne vaudra jamais la bande à Murphy qui nous manque terriblement. Revenez bordel.


Sortie le : 17 septembre 2013
Label : DFA
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Jeudi 16 mai : Eluvium - Nightmare Ending

Trois ans après Similies qui voyait Matthew Cooper pousser la chansonnette, on revient aux basiques avec Nightmare Ending, son septième album studio, qui prend la forme de 14 chansons ambient pour un total de plus de 80 minutes. Ce disque a de quoi effrayer plus d’un, 80 minutes ça peut paraître long, surtout pour de l’ambient, mais cet homme originaire de Portland est décidément extrêmement doué.

Il aura suffi que les premières notes de Don't Get Any Closer débutent pour entrer dans le monde si précieux d’Eluvium. On se laisse porter par cette longue et lente ascension de 9 minutes ou quelques notes de piano, passées en boucle, résonnent dans nos têtes. Nourries par les sons noisy qui accompagne presque en continue le disque, Cooper réussit à donner à ses chansons, mêmes les moins évidentes, un souffle libérateur. Ce qui aurait pu être un cauchemar éveillé se transforme en un voyage réconfortant. Sans cesse baigné par ce qui pourrait se rapprocher  d’une heureuse brise, Nightmare Ending convoque à chaque instant la nature. On s’imagine face à l’océan, au bord d’une falaise à-pic, entouré par des plaines désertiques peuplées de hautes herbes, le regard rivé vers l’horizon. Plus que jamais, la musique d’Eluvium est vivante.

Là où ses précédents albums étaient marqués par une mélancolie très forte, Nightmare Ending évoque étrangement un sentiment de plénitude. La recette est pourtant la même, on évolue constamment entre des mélodies de piano déchirantes et des titres plus vaporeux qui prennent tous leurs sens au gré des minutes écoulées. Ce qui n’a pas changé, c’est que ce septième album n’est pas une expérience collective mais solitaire. Sa musique ne se partage pas mais se vit seule, c’est une musique qui évoque nos souvenirs passés et nos désirs futurs. Celle si rare, qui nous fait regarder en arrière sans regretter et nous permet d’affronter l’avenir sereinement.

Nightmare Ending est d’une grande puissance émotionnelle et c’est en cela que Matthew Cooper a sûrement réussi son disque le plus beau et le plus abouti. C’est surtout un album qui s’approprie et où chacun en fera son interprétation. Certains y trouveront sûrement une œuvre tragique tandis que d’autres verront la lumière qui se cache derrière ses compositions. Ce qui est sûr, c’est que peu de gens resteront insensibles à ce Nightmare Ending, incroyablement fort.


Sortie le : 14 mai 2013
Label : Temporary Residence Limited
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Mardi 14 mai : Primal Scream - More Light

En 2011, Primal Scream fêtait sur la route les 20 ans de leur album culte Screamadelica, une œuvre intemporelle et orgasmique qui faisait croiser les Rolling Stones avec la House. Un trip acide qui n’a pas pris une ride encore aujourd’hui. Grâce à cette tournée anniversaire (qui valait son pesant de cacahuètes, croyez moi), Gillespie et sa bande ont pu financer More Light, leur dixième album.

Cela faisait 5 ans que le groupe n’avait rien sorti de neuf, on est heureux et à la fois mesuré. Il y a un moment que ces Ecossais ne nous ont pas mis un gros coup de massue derrière la tête à quelques chansons près. Leur âge d’or s’étant éteint en 2000 avec XTRMNTR. More Light est une bonne et mauvaise nouvelle. La bonne c’est que Primal Scream s’est enfin décidé à se bouger un peu en proposant des compositions ambitieuses. On pense à 2013, une odyssée rock qui n’est pas sans rappeler Hey Jane de Spiritualized. River Of Pain, un blues mystique interrompu en plein milieu par un ballet de cordes ou encore Relativity, une ballade psyché qui passe dans tous les états possibles. Charmant. La mauvaise, malgré toute la bonne volonté du monde, c’est que le groupe semble condamner à ne pas répéter les prouesses passées, laissant l’auditeur exprimer un soupir en se disant que « y a pas à chier, c’était mieux avant ».

Ca part pourtant comme un putain de chef d’œuvre, avec sa quadruplette gagnante qui ouvre More Light, ça part dans tous les sens, on ne sait pas où ils vont mais c’est justement ça qui est excitant. Il y a de la fougue, de l’envie d’en découdre, bref ils mettent le paquet et mettent la barre très haute. Trop haute. La suite, bien que loin d’être infâme, s’installe dans un rythme pépère, la nouvelle bassiste Simone (Butler) impose un peu trop son style avec sa grosse basse bien grasse qui a tendance à prendre toute la place. Il y a aussi quelques fausses bonnes idées, Invisible City par exemple, sonne comme du mauvais Dandy Warhols période euh… mauvaise.

C’est dommage car Primal Scream tente beaucoup de choses sur ce disque, des chœurs, aux saxos délurés, il y avait une réelle volonté de marquer l’année, mais avec ses 68 minutes, le groupe aurait mieux fait de faire le tri. En virant 4 ou 5 titres, il y avait vraiment la possibilité de signer un très grand album. Saaaacré Bobby! Il pouvait pas s’en empêcher d’en faire des tonnes celui là.


Sortie le : 13 mai 2013
Label : Ignition Records
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Couci couça :
DumDum
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Contre :
Rave On
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Lundi 13 mai : Bibio - Silver Wilkinson

A l’écoute de son septième album studio, une question se pose, faut-il encore attendre quelque chose de Stephen Wilkinson? La rencontre avec ce musicien talentueux remonte à 2009 avec Ambivalence Avenue, un formidable kaléidoscope où l’artiste Anglais brassait les genres avec intelligence. Le résultat était extatique et promettait un avenir radieux pour le musicien. Seulement voilà, avec Mind Bokeh sa musique s’est radicalisée, ce qui faisait son charme avait disparu et laissait place à un disque se concentrant principalement sur le mariage entre les guitares et la musique électronique. Le résultat n’était pas catastrophique mais était beaucoup moins ludique.

Silver Wilkinson n’est pas une catastrophe mais on en n’est pas très loin. Wilkinson a toujours essayé de nouer ses deux passions, la musique électronique et la guitare. Sur son dernier disque, le deuxième prend une place prépondérante à quelques exceptions près mais on pourrait tout de même qualifier Silver Wilkinson, d’album folk. S’il cherche à créer une ambiance aérienne et vaporeuse, c’est surtout l’ennui qui pointe rapidement le bout de son nez avec des mélodies rarement enivrantes. À tout à l'heure, le premier single nous avait pourtant donné espoir en combinant inspirations orientales, folks et électroniques mais il s’avère être le seul morceau dans cette lignée.

Alors y a bien deux trois titres électro qui se baladent sur le disque mais excepté You qui se détache surtout parce qu’il est coincé entre deux chansons merdiques, là encore, on ne peut pas dire que le musicien fait preuve de prise de risque ou de talent. Tout comme Mind Bokeh, Bibio conclut le disque en beauté, bien que le résultat soit beaucoup moins bluffant que l’électro acoustique St Christopher. Non, You Won't Remember... est juste un titre (folk) mignon comme tout.

Silver Wilkinson est un disque complètement inoffensif, sans passions où Bibio se complait dans des compositions folks sans envergures bien loin de ses ambitions d’antan. A moins de sortir un single solide, pas sûr qu’on s’attarde sur son prochain disque, et encore À tout à l'heure est la preuve qu’il ne faut pas se fier à ça tant ce morceau est loin de l’univers morne du disque.


Sortie le : 13 mai 2013
Label : Warp
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Pour :
Hop Blog
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Vendredi 10 mai : Alba Lua - Inner Seasons

Oh joie! Quel bonheur d’entendre un tel disque réalisé par des Français! Ces Bordelais émigrés à Paris ont réussi leur coup avec ce premier album solaire qui convoque le fantasme du mythe Californien passé et présent.

A l’instar de leurs petits camarades (Pendentif et consorts), on ressent chez eux l’influence de la côte ouest à deux exceptions près. Le chant est ici en Anglais et l’inspiration de l’état doré ne s’arrête pas à ce siècle mais depuis sa conquête. En grands adorateurs des B.O d’Ennio Morricone, Alba Lua en vient à ponctuer leurs chansons de galops de chevaux, de trains qui sifflent et du vent qui vient s’engouffrer dans les plaines arides. Ouais, dit comme ça, ça parait con mais ces quelques détails donnent aux compositions ce côté western à leurs chansons qui va trancher avec les inspirations Californiennes actuelles. Loin de tomber dans une sorte de pastiche, ils renforcent plutôt ce folklore Américain qu’ils semblent rêver.

C’est dans ce cadre idyllique qu’Alba Lua tisse à la manière de Real Estate des mélodies aux harmonies enjôleuses. Les guitares limpides et le chant clair ne cessent de communier entre eux. Portés par des mélodies accrocheuses, ces jeunes gens réussissent là où beaucoup se sont plantés en signant un disque pop aérien sans réelles fausses notes. Hormis l’ambiance rêveuse et estivale qui habite ce disque, on est surtout admiratif par leurs chansons qui ne cessent de nous surprendre en prenant des chemins insoupçonnés. En remettant sans cesse en question les bases de leurs morceaux, Alba Lua empile les idées et les trouvailles pour ne jamais tourner en rond. Il est donc courant de voir leurs morceaux changer de tons comme sur She's Got a Crush On You qui débute comme un titre surf béat avant de se conclure en une ritournelle désabusée.

A l’exception de quelques longueurs ici ou là, le groupe signe un bel album estival et faussement mélancolique qui, à l’aide de ses chansons midtempo, suspend le temps pour mieux nous faire goûter à un été qui ne voudrait jamais finir.


Sortie le : 6 mai 2013
Label : Roy Music / Universal
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Pour :
Indie Music
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Jeudi 9 mai : Savages - Silence Yourself


En étant infidèle à Johnny Hostile, Jehnny Beth ne pouvait faire meilleur choix de carrière. Si John & Jehn est un projet certes honorable, Jehnny de son vrai nom Camille Berthomier va finalement connaitre la reconnaissance internationale avec le girl band Savages.

On est d’ailleurs quelque peu étonné tant leur post-punk est des plus classiques. Entre Joy Division et Siouxsie And The Banshees, Savages ne bouleverse pas les codes et se contente d’appliquer une recette bien connue. Cependant, il faut reconnaître dans ce premier disque une hargne, une rage et une noirceur qui fait plaisir à entendre surtout de la part d’un groupe Anglais.  On décrie souvent l’Angleterre qui depuis plusieurs années se traîne derrière les Etats Unis avec des groupes offrant une musique policée et fade où chacun n’est que la pâle copie de son voisin. Dans ce paysage musical morne, Savages, à défaut de révolutionner quoique ce soit, est une alternative rafraîchissante qui réussit enfin à concilier la reconnaissance du public, de la critique et a un tant soi peu d’exigence artistique.

Hormis la cause défendue ici, Silence Yourself, est une belle démonstration de la part de ces quatre filles qui en ont dans le paquet. Si l’on n’est pas béat d’admiration face aux compositions de Savages, on apprécie dans sa globalité le ton du disque nerveux de bout en bout en particulier dans la seconde partie. A un Shut Up près les 6 premiers titres n’ont rien d’éclatants. Les choses deviennent vraiment sérieuses avec She Will où la guitare se fait des plus saignantes et la voix de Jehnny Beth toujours plus révoltée. Mais c’est bien le trio final qui risque de mettre tout le monde d’accord avec un Hit Me chaotique que même Jeffrey Lee Pierce n’aurait pas osé sortir, Husbands, le tube incontestable joué à toute berzingue, tendu du début à la fin. Enfin, Marshal Dear est une pause nocturne bienvenue où piano et saxophone pleins d’élégances viennent fermer de la plus belle manière ce premier chapitre.

On doute que Savages va être le sauveur de l’Angleterre mais il a le mérite d’avoir une démarche artistique honnête qui ne court pas après l’envie de jouer dans les stades à coup de morceaux pompiers et gerbant. Rien que pour cela, le groupe mérite qu’on s’attarde sur ce disque au réel parti pris.


Sortie le : 6 mai 2013
Label : Matador
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Lundi 6 mai : Still Corners - Strange Pleasures

Le duo Londonien était à deux doigts d’écrire un très grand album. Après un premier disque plutôt bien reçu par la presse en général mais pas forcément sur Ears Of Panda, on n’attendait pas grand-chose de cette suite qui parait un an et demi plus tard. Cependant, Strange Pleasures est la preuve sonore que la persévérance a du bon. Il serait dommage de passer à côté de ce disque qui commence sur les chapeaux de roue avec The Trip, une longue ballade électroacoustique qui pose les bases de ce disque rêveur et aérien.

De cette ouverture à Going Back to Strange, huitième titre de l’album, on tient même le disque parfait, capable de rivaliser avec la dream pop hautement addictive de Beach House. A la fois légère et mélancolique, les compositions de Still Corners font passer le temps à une vitesse affolante. On est emporté par ces refrains poignants et ces couplets accrocheurs. Le titre Fireflies, aux accents sino-japonais, nous séduit avant de nous renverser par surprise avec ses chœurs venant de nulle part. Future Age, chef d’œuvre pop héroïque a même de quoi faire envier le duo de Baltimore qui aura rarement fait mieux l’année dernière sur Bloom. Alors quand arrive la complainte folk Going Back to Strange qui donnerait presque envie de chialer tant c’est beau, tant ça tranche avec le reste du disque tout en étant dans sa continuité. On a envie de dire, Putain, le voilà notre disque de l’année !

Malheureusement, les quatre derniers titres sont très en dessous et la magie qui, jusque là opérait à merveille, finit par s’estomper. Plus rêche et plus sombre, Still Corners vient titiller sur la fin Chromatics dans un trip 80’s un peu trop marqué et qui n’a plus grand-chose à voir avec le miracle du début. Les émotions ont disparu et on se laisse trainer par cette fin de disque trop morne à notre goût.
                                                               
Si Strange Pleasures n’est pas un chef d’œuvre, ce disque reste une très belle surprise pour sa première grosse moitié qui en fera chavirer plus d’un. Strange Pleasures permet surtout d’attirer notre attention sur Still Corners qui montre un réel talent pour écrire des mélodies pop, belles et efficaces. On gardera un œil sur eux à l’avenir, leur troisième album devrait nous permettre de savoir réellement ce qu’ils ont sous le pied.


Sortie le : 7 mai 2013
Label : Sub Pop
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Mercredi 10 avril : La Femme - Psycho Tropical Berlin

Depuis le 2 mars 1991, un mal ronge notre pays, un fantôme plane au dessus de la France, il s’appelle Serge. Plus les années ont passé, plus nos artistes ont semblé souffrir d’un complexe d’infériorité. Il faut dire que Gainsbourg savait manier la plume sur fond de mélodies pop qui n’avaient pas à rougir des pays Anglophones. Si dans les années 80, de jeunes gens mödernes avaient bien réussi à faire bouger les choses, il aura fallu attendre encore le début de cette décennie pour voir apparaitre des groupes décomplexés. Mustang, Aline, Lescop, Granville… Bien que les références soient changeantes, tous ont essayés de montrer avec plus ou moins de succès que l’on pouvait faire coexister deux mondes : une musique influencée par les pays Anglophones sur des textes en Français. Il était temps.

La Femme a dégainé le premier, du moins, s’est fait remarquer avec sur la planche un titre frénétique porté par des guitares surf. Honnêtement, les premières fois avec La Femme ont été des plus anodines. Un concert désastreux et des chansons qui nous paraissaient, jusque-là sans éclats, nous faisaient craindre le pire. Avec le temps, on a apprit à l’apprivoiser, aimer ce qui nous agaçait au point d’attiser sérieusement notre curiosité au sujet de leur album qui tardait à faire son apparition. Ils ont dégainé les premiers mais c’est finalement eux qui viennent clôturer le premier chapitre de cette nouvelle scène, avec brio s’il vous plait.

Psycho Tropical Berlin, un titre absurde à l’image de certaines paroles clamés par le groupe mais qui représente pourtant bien le ton du disque. Dès Antitaxi, on rentre dans le monde de La Femme, c’est un bordel qui célèbre l’apocalypse avec psychotropes à gogo. Les synthés froids tranchent avec la folie ambiante qui survole chaque composition. Au-delà des chansons, excitantes pour la plupart, la force du groupe réside dans l’étrange atmosphère qui habite le disque. Bien que l’album soit nerveux, l’ambiance inquiétante voire effrayante est omniprésente. Tout part en vrille sur Psycho Tropical Berlin mais La Femme, qui ne tourne pas rond, s’en fout. Pleine d’insouciance elle s’en amuse, se défoule sur cette farce macabre, cette représentation hallucinée d’un cirque glauque et malsain. Bien que les groupes précités possèdent des qualités (en particulier Mustang, on le rappelle), La Femme a ce supplément d’âme, La Femme est bizarre.

Cet album n’est pas parfait, il pêche par gourmandise en voulant en mettre peut être un peu trop mais les compositions sont solides et enivrantes. Surtout, Psycho Tropical Berlin donne enfin l’impression qu’il se passe quelque chose en France, qu’une autre voie est possible. C’est un réel coup de pied au cul dans le paysage musical Français et on en est les premiers étonnés. Serge Gainsbourg nous hante peut être encore mais un groupe a enfin osé danser sur sa tombe.


Sortie le : 8 avril 2013
Label : Barclay / Universal
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Pour :
Hop Blog
Pinkfrenetik
Benzine
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Mardi 9 avril : James Blake - Overgrown

Lorsque que James Blake, jeune prodige de 22 ans, débarque avec son premier album en 2011, le garçon originaire de Londres aura décontenancé plus d’un amateur de ses débuts dans la musique post-dubstep. Avant de devenir ce chanteur néo-soul, il est important de préciser que James Blake s’était donc fait remarquer par de brillants EP plus ou moins éloignés du registre dans lequel il évolue dorénavant. Avec son premier album, il divisait déjà ses fans mais il fallait reconnaitre qu’il avait réussi avec son premier format à trouver un style propre. Une sorte d’Antony & The Johnsons futuriste mais qui avait de quoi décevoir ses premiers auditeurs.

Deux ans après sa sortie et malgré un accueil enthousiaste ici, on espérait avec cette suite un bouleversement dans son écriture et pourquoi pas, le voir retourner à ses origines, celle de la musique électronique. Un des principaux challenges pour ces artistes qui réussissent à trouver un style si unique, c’est aussi de s’en détacher à temps au risque de lasser l’auditeur en quête de nouveauté et qui cherche sans cesse à être surpris. On pense une nouvelle fois à Antony Hegarty qui, après avoir étonné son monde, s’est retrouvé enfermé  dans un genre qui n’intéresse plus que lui. A l’écoute de Swanlights, son dernier album en date, il faut croire qu’il est condamné à répéter inlassablement les mêmes schémas que I Am a Bird Now, forcément en moins bien.

Lorsque James Blake dévoile Retrograde, le premier single d’Overgrown, on est donc circonspect. Le londonien annonce la couleur, ce deuxième album sera la suite logique du premier. Basé sur un piano, il nous dévoile une ballade soul qui nous sort de notre torpeur seulement lorsque les plages de synthés agressives viennent bouleverser une chanson trop sage. Avant même l’écoute du disque, on a finalement notre avis, on va adorer détester Overgrown.

Seulement, dès l’ouverture, Blake ébranle nos certitudes avec cette complainte délicate qui pourtant ne bouleverse en rien son écriture. Le titre Overgrown arrive tout simplement à trouver un équilibre entre la ballade piano et ses expérimentations électro. Les basses ainsi que les synthés sont savamment dosés afin de faire décoller sa composition sans paraitre forcée ou boursouflée.

Bien que l’on soit déjà sous le charme, le jeune homme enfonce le clou avec Life Round Here qui laisse son versant électro prendre les devants bien que la chanson reste dans une ambiance mélancolique et basé sur un rythme très lent. C’est à ce moment que l’album décolle réellement et où Blake va nous mener de surprise en surprise sans jamais renier les bases de son premier disque. Entre un featuring très classe avec RZA ou les transes électroniques de Digital Lion (co-écrit avec Brian Eno) et Voyeur, Blake  varie les plaisirs. Il se permet de sortir de son cadre devenu trop petit pour lui. Il divague dans ses expérimentations en nous embarquant avec lui. En cela on regrette la présence de quelques titres plus classiques tels que DLM ou Our Love Comes Back qui possèdent toutefois une beauté indéniable.

Ce deuxième album montre un James Blake moins chétif et plus assuré. Bien que très léché, il ne cache plus sa voix sous d’innombrables effets auto-tune. Cette maturité se retrouve aussi dans sa musique qui n’hésite pas à prendre plus de risque en donnant plus de souffle à ses ballades qui s’emportent bien plus que par le passé. On ne sait pas vraiment combien de temps il réussira à signer des disques d’une telle qualité sans révolutionner ses fondements  tant il arrive à nous surprendre avec si peu d’éléments nouveaux. Une chose est sûre, James Blake passe le cap du deuxième album avec une classe et une aisance indéniable.

Son premier disque était quelque part la bande sonore d’une jeunesse morne et déshumanisée. Avec Overgrown, ce sont avant tout les sentiments qui parlent, ceux d’un garçon d’une étonnante maturité, d’un garçon qui, du haut de ses 24 ans, démontre qu’il est un artiste pleinement accompli.


Sortie le : 8 avril 2013
Label : Polydor
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Pour :
Sound Of Violence
Feu à volonté
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Couci couça :
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Contre :
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Mardi 19 février : Beach Fossils - Clash The Truth

Après un premier album remarqué, tout a foutu le camp chez Beach Fossils avec la fuite de John Peña et Zachary Cole Smith partis s’occuper de leurs groupes respectifs (Heavenly Beat et Diiv). Heureusement, cette aventure, c’est avant tout celle de Dustin Payseur maître penseur qui avait conçu ce projet comme un moyen de faire entendre en live ses chansons écrites dans sa chambre.

En cela, Clash The Truth marque un réel désir de montrer une ambition plus grande contrairement au premier disque. Beaucoup moins lo-fi que par le passé Beach Fossils est devenu un vrai groupe studio avec un son clair et puissant. On n’avait pas été franchement convaincu par le premier disque qui reprenait à peu près les mêmes ingrédients que Real Estate sans réussir à retrouver la mélancolie qui transparait dans chaque composition de ses derniers. Qui plus est, on était resté très perplexe par leur mariage des guitares beaucoup moins limpides et émouvantes que la formation du New Jersey. Si l’on retrouve encore cette mauvaise habitude, à savoir essayer de rivaliser avec un des groupes les plus talentueux du moment, Beach Fossils a réussi à dynamiser son jeu et propose ainsi une vision plus étendue de sa musique.

On retrouve parfois dans Clash The Truth une ambiance très New Order grâce à la partie rythmique basse/batterie percutante. C’est dans ces moments là qu’ils nous charment le plus, lorsqu’ils laissent tomber l’ambiance romantique pour montrer une facette plus hargneuse. Cependant, on reste toujours très circonspect face à la popularité de ces derniers et ce n’est pas cet album qui nous fera penser le contraire. Avec ses quatorze titres, Beach Fossils réalise un disque trop long qui nous semble tourner en rond après plusieurs écoutes. Les compositions ont tendances à toutes se ressembler en utilisant souvent la même recette à savoir cette alchimie (supposée) des guitares et la partie rythmique agressive. Cette répétition finit par tuer l’émotion dans l’œuf, le groupe atteignant notre cœur, hélas, qu’à de rares instants.

Clash The Truth est un disque sympa mais ne permet pas au groupe de montrer d’un cran. Ils restent à nos yeux un groupe de seconde zone mais le plus terrible, c’est qu’on n’est pas sûr qu’ils soient capables de faire mieux…

En écoute aujourd’hui, Crashed Out, un des deux tubes présents sur ce disque avec Taking Off. Ce titre possède une urgence et une détresse palpable qui en fait une très belle conclusion à la fois triste et sombre.


Sortie le : 19 février 2013
Label : Captured Tracks
Un titre en écoute dans le lecteur à droite

Pour :
Autres directions
Mowno
Pinkfrenetik
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Couci couça :
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Contre :
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Jeudi 14 février : PVT - Homosapien

On a aimé à la folie Pivot avec Make Me Love You et O Soundtrack My Heart, leurs deux premiers albums différents mais qui se retrouvaient dans la volonté de faire taire les voix aux profits des instruments. A l’image des pochettes chaque disque dévoilait une facette des Australiens, lumineuse et contemplative d’un côté, nocturne et fracassante de l’autre. Dès leurs débuts, le groupe avait montré la volonté d’évoluer, de progresser, de toujours rester en mouvement. Il y a trois ans le groupe qui est devenu PVT sortait Church With No MagicRichard Pike s’improvisait (avec les honneurs) chanteur. Malheureusement, cet album voyait aussi le groupe évoluer dans un format plus pop où ils semblaient moins à l’aise quand il était question de privilégier les mélodies efficaces à l’encontre de l’ambiance globale du disque.

Trois ans après, Homosapien voit le jour sous un nouveau label. Bye bye Warp et bonjour les jeunots de Felte Sounds qui ont les honneurs de recevoir un invité de marque dans leurs rangs. Comparé aux changements opérés entre chaque disque, ce dernier n’est pas vraiment une révolution et continue dans la même voie tracée par son prédécesseur si ce n’est qu’elle creuse encore un peu plus l’aspect pop. La voix de Richard Pike est de plus en plus claire et les expérimentations sont moins présentes. Ce qui aurait pu être un désastre total puisqu’ils accentuent ce qu’on n’a pas aimé sur Church With No Magic se révèle finalement un disque honnête.

Ça partait pourtant mal avec la triplette Evolution, Electric et Cold Romance, une trilogie sombre mais un poil daté qui ne donnait pas envie de les prendre au sérieux. Les mélodies quand à elles, ne sont franchement pas convaincantes à l’instar du synthé de Cold Romance qui répète sans cesse le même air relou. C’est véritablement avec Love & Defeat (5ème titre tout de même, on n’est pas loin de la moitié) que PVT prend son envol. Cette basse profonde rappelle l’ambiance nocturne du film Drive tandis que la guitare plaintive qui vient se rajouter est du plus bel effet. Malgré quelques baisses de régimes (Vertigoà ZzzZzz) PVT conclut son disque avec ses deux chansons les plus convaincantes qui sont le langoureux New Morning et le punchy Casual Success, histoire de finir en beauté.

Cependant, une fois l’écoute du disque terminé, on reste sur une note mitigée. Si Homosapien est plutôt agréable en fond sonore, il ne faut pas trop s’attarder dessus au risque de s’emmerder ferme par moments. Quelques coups d’éclats subsistent mais on n’est toujours pas convaincu par le format pop qu’ils ont adopté depuis 2 ans. Ce disque bien qu’un cran au dessus du précédent est encore loin des émotions intenses que provoquent en nous leurs débuts. La réponse pourrait être aussi plus simple mais aussi plus triste, on peut voir dans ce changement de style chez PVT une façon de mieux cacher un instant de grâce révolue depuis belle lurette. Mais on n’espère pas parce que ce serait vraiment trop triste hein.

En écoute aujourd'hui, Casual Success, où le groupe vire presque disco punk avec cette basse grasse et ces cloches qui vous donnent irrémédiablement envie de dandiner vos fesses.


Sortie le : 12 février 2013
Label : Felte
Un titre en écoute dans le lecteur à droite

Pour :
Ivox
Mowno
Autres directions
Mus(g)eek
...

Couci couça :
...

Contre :
...

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Mardi 12 février : Foals - Holy Fire

Après un coup de je t’aime (Antidotes), l’histoire d’amour avec Foals avait vite tourné à la bluette sans importance (Total Life Forever). En l’espace de 2 ans, les 5 jeunes Anglais étaient tombés dans le moule d’un rock Anglais sans identité où seul Wild Beasts arrive encore à tirer son épingle du jeu. Le groupe se transformait en un banal groupe de pop sensible et délaissait le math rock frénétique des débuts.
                                                
Cependant, tout n’était pas pourri au royaume des Foals et le groupe était encore capable de pondre quelques pépites comme le très beau Spanish Sahara et son envolée électronique. Bien que leur aspect «pop lisse» nous plaisait par moments, on espérait au fond de nous que Holy Fire allait rectifier le tir et signer les retrouvailles avec nos jeunes poulains fous. Pif paf pouf, Holy Fire creuse encore un peu plus le fossé.

Pourtant on pouvait y croire, le groupe annonçait un album  plus incisif avec des guitares tranchantes, on s’attendait à retrouver une once de furie et de folie dans le groupe mais pas du tout. Une fois passé les trois premiers titres, le groupe s’éteint et sert une pop molle sans énergie et sans envie. Il suffit d’entendre la voix de Yannis Philippakis dont le chant ne cesse de ressembler de plus en plus à une longue plainte fatiguée pour comprendre l’état de Foals qui est déplorable.

Le plus naze dans l’histoire reste le niveau des mélodies plus pauvres que Cosette. Sur Holy Fire, la basse tient une place centrale mais il est dommage de voir que ses lignes soient aussi peu inspirées (Out Of The Woods). Pour pallier à ce problème les Anglais cachent la misère avec une multitude de gimmicks supposées cools mais sans intérêts.

Le groupe qui avait mis un point d’orgue à ne pas faire la même chose entre Antidotes et Total Life Forever ne s’est pas pris la tête cette fois ci. On retrouve la recette du précèdent mais en plus poli sûrement afin d’atteindre un plus large public. Il n’est d’ailleurs pas rare d’entendre des refrains taillés pour les stades qui ressemblent à du mauvais Coldplay tel que Bad Habit, un sommet de branlitude. On pourrait être content lorsqu’on arrive dans la dernière ligne droite malheureusement, les deux derniers morceaux sont sûrement leurs pires compositions, Foals ayant confondu niaiserie et beauté.

Il y a tout de même quelques chansons à sauver et on peut toujours compter sur eux pour nous pondre un single excitant. Hormis ce détail, Foals a clairement choisit de prendre une direction plus grand public, sûrement convaincus par un sombre crétin qu’ils avaient le potentiel pour devenir le nouveau chouchou des Anglais. Doucement mais sûrement, ce groupe atteint des sommets de nullités.

En écoute aujourd’hui, My Number, un titre funky cool et dansant qui renoue avec l’énergie d’Antidotes sans renier l’ambiance de Total Life Forever.


Sortie le 11 février 2013
Label : Transgressive Records
Un titre en écoute à droite

Pour :
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Couci couça :
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Contre :
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Jeudi 7 février : Veronica Falls - Waiting For Something To Happen

Depuis 2010, la twee pop connait un regain d’intérêt représentée par des groupes talentueux comme Real Estate ou The Pains Of Being At Heart. Vous savez la twee, c’est la musique préférée des adultes qui ont toujours 15 ans dans leurs cœurs, qui aiment la pop ensoleillée et un peu enfantine. Beaucoup de groupes ont eu leur heure de gloire. Tapis dans l’ombre, ces quatre jeunes venant de tous les horizons (il y a même une française) mériteraient assurément d’avoir la leur.

Le groupe composé de deux garçons et deux filles ont eu la lourde tâche de donner suite à un premier album très réussi grâce à une efficacité exemplaire quand il s’agissait d’écrire des chansons aux refrains accrocheurs. Heureusement, Waiting For Something To Happen n’a pas à rougir de son prédécesseur puisque Veronica Falls n’a pas perdu de sa superbe en cours de route.

Par contre, ils ont perdu l’ambiance sombre pour mieux accentuer les harmonies vocales et le balai de guitare incessant qu’ils nous offrent ici. C’est là qu’on trouve une grande partie de leur charme. Chaque composition permet au groupe de s’amuser à entrelacer les voix de Roxanne Clifford (la lead singer) et Patrick Doyle qui ne cessent de se répondre ou de chanter à l’unisson. Il en va de même pour les guitares limpides et lumineuses qui se complètent toujours à merveille on ne sait par quel miracle.

Moins fracassant, Waiting For Something To Happen est aussi un disque plus apaisé et moins hargneux qui révèle un goût pour les mélodies légères. A bien y regarder, ces 13 chansons sont un peu la bande sonore de ceux qui vivent une jeunesse éternelle, insouciante et rêveuse. Bien sûr Veronica Falls n’invente rien et n’a pas écrit le disque parfait mais ils aident à redorer le blason d’une indie pop qui était tombée en désuétude il y a quelques années et quand c’est aussi bien fait on en redemande.

En écoute aujourd’hui, Broken Toy, un choix méga difficile tant l’album est homogène mais qui représente plutôt bien le groupe.


Sortie le : 04 février 2013
Label : Bella Union
Un titre en écoute dans le lecteur à droite

Pour :
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Couci couça :
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Contre :
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Vendredi 1 février : Indians - Somewhere Else

Ce qui est bien avec 4AD, c’est qu’il suffit de voir ce nom pour faire confiance au label pour nous dénicher au minimum un artiste sympa qui nous fera passer d’agréables moments. On n’y coupe pas avec leur dernière signature, le Danois Søren Løkke Juul qui officie sous le nom de Indians. Pour son premier album, le blondinet évolue entre dream pop et folk fragile avec le paysage nordique en toile de fond.

Amoureux des synthés, Juul en garnit Somewhere Else. Guitare ou piano, les nappes sont toujours là sans jamais tomber dans le mauvais goût ou dans le ringard malgré les sonorités pop 80’s qui se font ressentir par moments. Finalement, ce premier disque est le mariage réussi entre la folk d’aujourd’hui et la pop d’il y a 30 ans. On l’a beaucoup comparé à Bon Iver, on retrouve en effet chez ces deux artistes cette peinture d’une nature glaciale accentuée par une voix pleine de reverb’ qui fait l’effet d’une brise nordique figeant notre visage un instant. Il y a aussi cette ambiance intimiste commune capable de belles envolées avec peu de moyens, mais c’est surtout chez Talk Talk que l’on retrouve ce même goût pour les arrangements minimalistes et les ambiances calfeutrées.

Bon, y a pas de quoi sauter au plafond non plus, comme il a été dit plus haut, 4AD est capable de dénicher au minimum un artiste sympa, ça tombe bien on est à la limite. Somewhere Else est un chouette disque mais pas franchement mémorable. Il n’y a pas vraiment d’émotions qui en ressortent, on reconnait juste un travail léché pas franchement original mais pas entendu mille fois non plus. Certains trouveront sûrement dans Indians de quoi assouvir leur amour pour la pop nordique, ici, on aura surtout passé un agréable moment en sa présence mais ça s’arrête là. Indians c’est un peu ce mec rencontré lors d’une soirée avec qui on accroche bien mais qu’on a déjà oublié le lendemain. Peut être le croiserons nous à nouveau un jour, un peu par hasard, on s’en souviendra comme de ce mec cool et alors peut être un véritable lien se créera lors de ces retrouvailles. En attendant on est déjà passé à autre chose.

En écoute aujourd’hui, Melt, titre sentimental au piano qui fait vachement années 80 dans son style non? En tout cas c’est trop pouce.


Sortie le : 28 janvier 2013
Label : 4AD
Un titre en écoute dans le lecteur à droite

Pour :
DumDum
Soul Kitchen
Rocknfool
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Couci couça :
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Contre :
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Jeudi 31 janvier : Local Natives - Hummingbird

4 ans après leur premier album et un buzz tardif, les Californiens qui ont perdu leur bassiste en cours de route donne une suite au très réussi Gorilla Manor et là, c’est le drame. Il est très étrange, pour un groupe qui n’a finalement pas changé de recette, de voir un tel fossé entre leurs deux disques.Pourtant c’est pas faute d’avoir rien foutu pendant ces 4 ans. Après une tournée avec Arcade Fire puis The National dont ils vont récupérer le compositeur Aaron Dessner pour la production de Hummingbird, les mecs rendent une copie propre, carré, lisse, boring.

Ce n’est pas forcément au niveau de la qualité d’écriture que le groupe est a la peine mais dans les émotions qu’ils sont censés nous donner. Hummingbird est un disque d’une mièvrerie sans fin sans envie et sans passion. L’ensemble du disque manque cruellement de spontanéité, les guitares sonnent toujours de la même façon (les guitares cristallines j’en peux p’us), et les chœurs (leur fond de commerce) interviennent toutes les minutes (majoritairement des ooohhh et aaahhh) de quoi taper sérieusement sur les nerfs. Au final, malgré les envolées lyriques, le tout est d’une platitude affligeante.

Le plus triste est peut être de ne pas avoir réussi à gommer le principal défaut de Gorilla Manor  qui est d’être la copie de. Sans véritable identité, Local Natives est devenu le calque de nombreux artistes indés dits sentimentaux comme Grizzly Bear, Fleet Foxes ou The National. Là où Gorilla Manor tirait son épingle du jeu avec d’excellentes chansons, Hummingbird ne surpasse jamais ses modèles et n’apporte rien de nouveau au genre, la faute à un album sans mordant et trop poli.

C’est malheureux à dire mais Local Natives représente aujourd’hui tout ce qu’il y a de plus détestable dans un mauvais groupe hype indé. Hummingbird sonne faux, il y a un cruel manque de sincérité dans cet album destiné à faire pleurer dans les chaumières alors que tout ce qu’on entend c’est la musique d’un groupe déjà fatigué jouant des compositions plus chiantes les unes que les autres. Plus qu’un mauvais disque, Hummingbird est surtout une grosse arnaque.

En écoute aujourd'hui, Breakers, une des trois chansons à sauver du disque qui est pour le coup très réussie.


Sortie le 29 janvier 2013
Label : Infectious / Pias
Un titre en écoute à droite

Pour :
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Couci couça :
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Contre :
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