On commence enfin les choses sérieuses avec le top chanson. De la 100ème à la 51ème place et pour 3 heures de bonheur (que vous trouverez en bas de l’article) vous y découvrirez des Français qui chantent en Anglais et même des Français qui chantent en Français et bien sûr des tas d’Américains mais pas que ! On y retrouve des albums qui auront déçus ou qui malgré leur grande qualité n’auront pas été suffisants pour arriver dans les 50 premières places, mais il y a aussi des artistes plus ou moins bien placés dans le top album et enfin un espoir qui, on l’espère, nous gratifiera d’un bel album en 2011 mais cela est une autre histoire.
100 : 1973 - Simple Song (For A Complicated Girl)
A peine commencé, que l'on triche déjà. Sortit en 2009, ce titre était une jolie promesse pour la suite, hélas, on ne retiendra pas grand-chose du premier album de 1973 à part quelques titres comme ce très radiophonique Simple Song (For A Complicated Girl) pas si simple que ça puisque ces trois parisiens n’hésitent pas à nous sortir banjo et ukulélé pour composer ce petit bijou de pop anglo-saxonne.
Après un premier album plébiscité, leur retour à été des plus critiqués. Quoi de plus normal pour un groupe qui est passé du folk psychédélique à une pop FM. Avec ce virage artistique un peu trop virulent, Yeasayer ne s’est pas fait que des copains. Si avec le temps, je dois reconnaitre que Odd Blood ne tient pas aussi bien la longueur que son petit frère, ces jeunes gens sont toujours capables de faire quelques chansons aux airs imparables.
Il y a dans 60 years quelque chose qui lui réservait d'office une place dans ce top chansons. Ce n’est pas ses couplets qui, on peut l’avouer, sont un peu mollassons mais son refrain si court et si addictif. Des refrains comme en était capable Blur il y a dix ans, ce genre de refrains qui assurent à eux seul un succès planétaire. Mais parfois, manque de bol, la sauce ne prend pas. Quelle injustice pour les excellents Portugal. The Man qui possède sans doute un potentiel commercial énorme.
Délaisser le disco de La Famille Kinder ou de Benjamin les tubes les plus évidents de Courchevel pour le triste Narbonne Plage est un choix que j’assume complètement. Parce qu'au delà de la mélodie impeccable, Florent Marchet démontre une fois de plus qu’on peut raconter certaines histoires sans tomber dans le pathétique. Il y a dans ce titre une justesse pour nous conter cette anecdote qui prouve que le monsieur a autant de talents pour la composition que pour l’écriture de ses paroles.
96 : Maximum Balloon - Apartment Wrestling (Vs David Byrne)
Dave Sitek semble pouvoir tout se permettre, entre le succès rencontré avec Tv On The Radio, la production d’albums émérites (It’s Blitz) ou de stars Hollywoodienne (Scarlett Johansson), le voilà dans son premier projet solo. Invitant de moults personnalités, il n’hésite pas d'ailleurs à convier son père spirituel sur Apartment Wrestling ce qui est sûrement la meilleure idée qu’il ait eu pour ce disque, tant David Byrne se lâche dans ce titre irrésistible à mi-chemin entre Tv On The Radio et Talking Heads.
Dans un top chanson il faut toujours une chanson piano, Agnes Obel signe la première (mais pas la seule) de ce top. Riverside, sans aucun doute la plus belle ballade de son album, est le parfait compagnon dans les promenades de paysages gris. Il y a dans ce titre autant de froideur que d’émotions. En à peine 4 minutes, la pureté de sa composition et la tristesse qui s'en dégage pourrait suffire à plomber une ambiance festive tant le titre nous prend aux tripes, ce qui est en soi une très belle réussite.
Beach Fossils possède tout de même une belle poignée de mélodies rafraîchissantes, Daydream en premier lieu. Que ce soit pour la lead guitare que l’on aimerait entendre plus souvent durant ces quelques minutes ou la voix lascive du chanteur ces jeunes gens ont tout compris au surf/garage, un genre dont ils ne sont peut être pas les meilleurs représentants mais qui, avec cette chanson, s’en rapproche sérieusement.
Quand on y repense, le dernier album de Hot Chip est une belle merde quand même ! Alley Cats qui marche pourtant sur la même recette que les autres titres du groupe c'est-à-dire une voix douce et un tempo pas trop relevé, reste une belle prouesse. Délicate sans être trop chétive, elle ne fait jamais tomber le groupe tant aimé par le passé dans la grossièreté ou le kitsch trop appuyé ce qu’ils ont réussi à faire sur le reste de cet album, à oublier rapidement.
Encore une déception, quoique, on peut parler d’une semi-déception. Comme le précédent disque, Sage Francis semble avoir trouvé une paix intérieure finissant avec sa rage d’antan et se contentant de nous sortir quelques chansons sans trop de convictions… Pourtant dans Li(f)e, sûrement son disque le plus sage et le plus lumineux, le rappeur trouve une nouvelle recette qui peut parfois faire miracle comme sur le paisible Polterzeitgeist qui dévoile un autre visage de ce passionnant rappeur.
Même quand il s’agit de sortir des vieilleries, Department Of Eagles nous épate avec cette collection de chansons surprenantes. La production bancale et désuète ne faisant que rajouter du charme, le groupe dévoile quelques titres à l’instrumentation minimale. Une batterie, une guitare et un piano leur suffisent pour laisser l’auditeur pantois face aux merveilles dévoilées dont Grand Army Plaza.
90 : Blitzen Trapper - The Man Who Would Speak True
Si, dans un top, il faut une chanson piano, il faut aussi une chanson Dylan et à ce petit jeu, Blitzen Trapper est sûrement le meilleur. Ils nous avaient subjugués avec leur précédent album qui contenait quelques pépites, ils font encore mieux cette année avec tout en haut ce très beau titre basé sur le duo guitare/harmonica ce qui suffit amplement au groupe pour nous dévoiler la grandeur de leur songwriting.
Non non, nous ne sommes pas dans les années 60 à la grande époque de la Motown et non, ce groupe n’est pas américain mais canadien! Le mérite est d’autant plus grand avec ce titre surprenant qui pique tout l’héritage du pays d’oncle Sam avec ces voix féminines en chœurs et cette batterie martiale qui tente de nous rappeler le fameux Wall Of Sound de Monsieur Spector.
The Strange Boys sont plus que des braves gars, même si on attendait d'eux qu’ils explosent un peu plus après un premier disque fort réussi qui leur a permis de signer chez Rough Trade, ces jeunes gens ont préféré s’assagir mais ont gardé en réserve quelques titres savoureux comme cette composition débraillée qui ressemble tout simplement à un grand foutoir entre les chœurs pop, le saxo dégoulinant et les guitares déchirées. On en redemande.
87 : The Delta Mirror - He Was Worse Than The Needle He Gave You
Il y a des disques qui vous laissent de marbre excepté, UN titre, un seul titre qui laisse voir entrevoir un soupçon de talent ou de génie c’est selon… Pour The Delta Mirror on penche sérieusement pour la deuxième option avec cette chanson qui est tout simplement une lente ascension jubilatoire qui réussit d'une main de maître ce curieux mélange entre l'électro et le shoegaze.
Le revival 80’s Kitch n’est peut-être pas ce que j’ai trouvé de plus enthousiasmant, loin de là même, il suffit de tenter une énième réécoute de l’album d’Ariel Pink pour m’en convaincre, mais pour Twin Shadow ce fut tout autre. Slow prouve à elle seule qu’il peut y avoir du bon dans cette mouvance. A mi-chemin entre les Smith et pourquoi pas Bowie, cet Américain signe une composition élégante et envoûtante qui rappelle le meilleur de ces années là.
L’ajout de voix sur leur nouvel album n’était peut-être pas la meilleure idée qu’ils aient eue, pourtant, on retrouve, comme à leur habitude, de grandes choses, comme ce Window qui joue énormément sur le chant, justement. Entre Math Rock et psychédélisme, PVT qui avait déjà côtoyé le post-Rock et l’univers de Jean Michel Jarre s’acoquine avec ce nouveau genre qui n’est pas pour me déplaire.
Si le nouvel album de The Apples In The Stereo est décevant comparé aux précédents, un disque, aussi mauvais soit-il, de ces drôles de lurons ne peut se passer d’un tube ou deux. Le très beau Floating In Space est donc chargé de faire vibrer les foules… Loupé, tant le titre décolle peu, pourtant la recette marche ! Sans être un grand moment, on y déniche une mélodie irrésistible suffisamment addictive pour l’écouter en boucle, de préférence l’été, of course !
Avec son premier album, Toro Y Moi a démontré au-delà de la vague chillwave qu’il était avant tout un compositeur doué, un architecte de la pop qui empruntait des chemins parallèles pour construire des monuments de pop biscornu et irréel. Blessa, petite merveille aussi aérienne qu'aquatique est sans aucun doute la plus belle œuvre du monsieur
Enfin. Enfin, N*E*R*D retrouve un peu de son aura dans ce dernier disque loin d’être parfait mais qui a de quoi largement enthousiasmer les foules qui avaient perdu foi en eux. Avec des titres comme God Bless Us All et ses cuivres qui font autant penser au hip hop des Neptunes qu’à une chanson soul, Pharell Williams et ses potes retrouvent le talent, celui qu’ils avaient perdu 8 ans plus tôt…
BAM ! D’entrée de jeu la demoiselle ne plaisante pas ! Torturant sa guitare dans tous les sens et dégainant des notes plus vite que son ombre Marnie Stern n’a pas changées de combinaison gagnante. Comme à son habitude, cette grande blonde ne fait jamais dans la démonstration mais joue cette accumulation de notes au service de sa musique excitante, euphorisante et surtout, dansante.
C’est drôle parfois comme certains morceaux peuvent vous laisser sans mots… Il est difficile d’écrire sur ce Lucidity à la fois basique comme un morceau rock qui aurait pu sortir il y a 40 ans et en même temps empreint de modernité grâce en partie à la production de David Fridmann qui le transforme en un morceau psychédélique futuriste… Ca ne vous aide pas hein ? Ce qui est sûr, c’est que Lucidity est une bombe !
Side project du leader des Shins, James Mercer s’acoquine cette fois avec le légendaire Danger Mouse pour cet album un peu chiant mais dont on gardera en tête le premier titre à tous points de vue brillant. On retrouve toute la beauté du songwriting du premier tandis que le second s’applique à transformer cette chanson pop illuminée en étoile brillante qu’on gardera plusieurs années en tête grâce à sa production pétrie de bonnes idées.
Ratatat a beau faire de la redite il y a toujours un morceau qui claque, comme si vous vous preniez le souffle d’un réacteur d’avion en pleine gueule. Bilar en est le meilleur exemple entre ces beats élégants et la mélancolie des violons, tout se mêle dans ce titre fourre-tout mené avec brio du début à la fin.
Non, Shutterbug n’est pas le meilleur morceau du très bon disque de Big Boi mais bien Be Still en duo avec sa nouvelle étoile dans cette ballade R’N’B qui ne lésine pas sur les synthés. Tel la belle et la bête, l’affreux débite ses paroles avec rapidité, se foutant bien de la musique qui frétille à ses oreilles tandis que la splendide Janelle Monáe nous apaise en mêlant sa voix aux musiques stridentes qui l’entourent. Voilà un petit bijou de contrastes qui fait des miracles ici.
Avec Ever Or Not, John Roberts a tout compris à la minimale et la dubstep. Il mélange émotions et rythmes dansants dans cette lente montée que l’on sent venir et dont on sait qu’elle sera l’aboutissement. Sans être une explosion à la "va comme je te pousse", Roberts fait tout dans l’élégance pour le bonheur de tous les clubbers un tant soit peu éduqués… Bref un des morceaux les plus salvateurs de son disque qu’on se verrait bien danser la nuit toute entière.
75 : The Tallest Man On Earth - The Drying Of The Lawns
Choisir une chanson meilleure que les autres de l’album du plus grand homme sur la terre est pour moi une mission bien difficile tant l’artiste fait preuve d’une grande régularité dans la composition de ses titres. The Drying Of The Lawns gagne aujourd’hui. Peut-être parce qu’elle est on ne peut plus fidèle au style du monsieur qui nous enchante avec cette ballade folk rudement bien troussée !
C’est avec A More Perfect Union que le groupe Titus Andronicus ouvre le bal pour son album concept et il ne pouvait pas faire mieux. 7 minutes de rage, de cris et de guitares hurlantes. Pendant toutes ces minutes qui paraissent bien courtes le groupe ne faiblit pas dans ce qui ressemble à un grand défouloir. Jubilatoire.
Liars a cette année, loupé de (très) peu le top albums pourtant son nouveau disque est encore une fois une réussite pour ce groupe qui n’en finit pas d’allonger une discographie impeccable. Avec Sisterworld ils n’ont jamais été aussi flippants comme le prouve No Barrier Fun avec sa basse flippante, ses guitares flippantes, sa voix flippante et ses violons flippants. Bref ce morceau est flippant et n’est vraiment pas la bande son idéale quand on se retrouve seul en plein milieu d’une forêt la nuit avec un clown mesquin caché derrière un arbre… Enfin, vous voyez ce que je veux dire.
La musique à papa disait que j’avais été dur avec ce disque, plusieurs mois après, je ne peux que lui donner raison car Chant Darling possède tout de même des chansons à la beauté désarmante appuyés par des textes bien écris et parfois très drôle. Ce titre qui n’est pas sans nonchalance, est plein de charme entre ces trompettes et ces chœurs chatoyants.
Malgré le côté dépouillé de Medication, cette chanson est le parfait exemple que l’on peut faire beaucoup avec pas grand-chose. Parfaite montée jusqu’à l’explosion finale qui commence dès que la batterie se met à battre à tout rompre, on ne peut s’empêcher de battre du pied avec eux dans ce titre endiablé où le groupe y a mis tout son cœur.
Encore une déception mais où on trouve dans l’album un titre somptueux. En tentant de se renouveler, Here We Go Magic a perdu de sa magie, toutes ces guitares qui se mêlaient et ces voix célestes qu’on croyait être par milliers ont disparu pour un son beaucoup plus psyché, moins aérien. On se perd un peu dans cette multitude d’idées excepté à de rares occasions où le groupe montre qu’ils ont une identité bien à eux et où l’envoutement est de nouveau au rendez vous.
Extrait de l'album Pigeons Label : Secretly Canadian Myspace
69 : Wavves - Linus Spacehead
Linus Spacehead, son rythme lent, ses chœurs fatigués, sa voix trainante et fainéante et sa guitare lourde. Ca c’est pour les couplets, car le refrain est toute autre : à deux, les jeunes ingrats réveillent tout la Californie avec un riff excitant et bruyant dans cette hymne aux drogues planantes et qui ne donne qu’une envie c’est de les accompagner dans ces cris braillards. IIIIIIIIIIII'm stuck in the sky...
Avec Go Do, Jónsi réveille les frissons que l’on avait eu avec Gobbledigook somptueux single du dernier album des Sigur Rós . Remplis d’instruments rêveur, flûte, tambour et guitare sèche nous transporte dans ce joli morceau plein de poésie.
Que du bruit sur le premier album de Sleigh Bells qui manie riffs garage et phrasé R’N’B sur une demi heure suffisant à épuiser l’auditeur… Et si c’était dans les moments les plus posés qu’était leur salut ? Leur avenir ? Sur Rill Rill, on se retrouve plus sous l’ombre d’un cocotier à siroter une Margarita plutôt que dans un violent pogo plein de bière sur la gueule. Voilà en tout cas la preuve que ce duo est capable d’autre chose et pourrait, pourquoi pas, nous gâter par de douces sucreries dont ils sont les seuls à avoir le secret…
Ce fameux Rocco a un secret atout… Non pas ça. Mais des chœurs racoleurs qu’on n’aurait pas pensé retrouver chez cet Erik Arnaud, tant le personnage peut parfois se morfondre dans des textes pas franchement fendards. Derrière cette drôle d’histoire, celle d’un rockeur qui voulait se faire appeler Rocco, l’auteur met tout son talent dans cette chanson aussi radiophonique qu’intelligente.
Il y a du Neptunes là dedans sans aucun doute (ha non Diplo en fait…) et il y a surtout de l’avenir pour Das Racist qui arrive avec ce titre à montrer que, dans le hip hop américain tout n’a pas été inventé. Avec trois fois rien (sifflements, rythmiques et voix aigus qui ne rentrent dans aucune case), ce trio invente un hip hop à la cool aussi old school que novateur.
A Noël, le plus beau cadeau que tu as eu ne vient pas du légendaire papa mais de Bradford Cox. Un garçon un peu moins enveloppé qui a lancé gratos 4 albums! 4 albums remplis de pépites dont le magnifique Mona Lisa qui aurait largement eu sa place sur un Logos, brillant second disque d'Atlas Sound. Ici c’est la version alternative toute aussi belle qui est proposée et qui fera chavirer vos cœurs si ce n’est déjà fait pour ce grand artiste.
63 : PS I Love You - Meet Me At The Muster Station
"Woo hoo" ! Ainsi commence la chanson qui possède sans conteste l’intro qui fout le plus la patate. Comme quoi il suffit d’un rien, ici une grosse guitare avec un bon riff cradingue et une voix à l’écho surdéveloppé suffit à réchauffer cet hiver sacrément rude ce qui est plutôt pas mal pour des gars venus du grand froid.
Soul, R’N’B, rock, pop… Tous les genres sont représentés dans cette chanson que l’on retrouve dans son album d’une grande maturité pour cette fille sacrément attachante. Chantant avec toute la ferveur possible, Janelle Monáe ne fait pas honte à ses mentors que sont Outkast, qui rappelle justement le fameux B.O.B de ces messieurs considérée comme la meilleure chanson de la décennie par Pitchfork au passage (mais pas par moi faut pas déconner non plus)…
Je n’ai toujours pas compris pourquoi on comparait Avi Buffalo à MGMT encore moins quand on écoute Truth Sets In, une jolie ballade sucrée qui fait une part belle aux harmonies et à la mélancolie. Petite pépite de leur excellent premier album, Avi Buffalo écrit une comptine mignonne à mille lieux des délires de Management.
Et c’est ainsi que Dum Dum Girls buzza ! Car oui c’est avec Jail La La que ces bad girls se sont fait un nom mais surtout, cette composition est devenue en quelque sorte une chanson représentative de tous ces groupes garage pop à fille qui ont éclos cette année. Un groupe dépassé depuis peut-être par l’engouement excessif dont la presse a fait preuve. Pourtant, ce titre a gardé, malgré tous ces mois, une énergie débordante et un riff qui fait mouche à chaque fois chez moi.
Hi Life ou comment susciter l’intérêt chez un artiste qui nous a jusque là ennuyés à mourir puis nous faire tomber amoureux de sa musique délicate sans être gnangnan et être en admiration devant tant de justesse dans ses mélodies.
Les Bergers californiens ont un peu lassé au fil du temps. Avouons le, une fois la découverte passée, on a un peu de mal à revenir dessus tant Local Natives nous rappelle une multitude de groupes qui ont éclos ces dernières années. N’empêche, ils gardent encore quelques titres où la magie opère toujours aussi bien, comme Airplanes beau comme un camion.
On parle souvent de buzz au niveau international, il ne faudrait pas oublier les buzz nationaux comme c’est le cas pour les Bewitched Hands qui ont eu la bonne idée de raccourcir leur nom pour nous permettre de mieux le retenir (et de ne pas avoir l’impression d’être face à une bande de jeunes kikoo lol sur les bords…). Alors qu’ils sont nommés pour les victoires de la musique, chez Ears Of Panda, le buzz s’est déjà dégonflé face à cet album too much et où les vieilleries restent ce qu’ils ont fait de meilleur comme Birds And Drums, chansons pop irrésistible où les voix se répondent et qui n’a pas à rougir de la concurrence dans le reste du monde.
Le volume VI des American Recordings enregistré en collaboration avec Rick Rubin commence peut-être à sentir la naphtaline et l’argent facile, il n’empêche qu’on aurait regretté ne pas entendre certains inédits tels qu’Aint No Grave et Redemption Day, une reprise de la chanteuse Sheryl Crow. La demoiselle ne fait pas, ne peut faire face à l’interprétation magistrale d’un Johnny Cash à bout de souffle et du savoir faire de Rick Rubin réussissant l’exploit d’alterner entre arrangements sombres et lumineux. Tout en nuance, Redemption Day est un nouveau chef d’œuvre pour le duo Rubin/Cash qui aura profondément marqué la précédente décennie et permis de faire vivre à cet artiste légendaire et incontournable de la culture Américaine une seconde vie. Trop courte, hélas.
Jay Electronica déboule avec un Exhibit C d’une grande classe. Basé essentiellement sur un sample de Billy Stewart, c’est peut-être la plus brillante utilisation que j’ai entendue cette année, tandis que le rappeur déballe son flow d’une manière des plus élégantes, les mêmes paroles sont incessamment répétées derrière, donnant à la chanson un caché rétro soul qui ne manque pas de gueule.
Extrait du single Exhibit C Label : Control Freaq Myspace
54 : Fol Chen - In Ruins
Fol Chen est typiquement le genre de groupes dont la notoriété ne dépassera pas celle acquise aujourd’hui tant leur style est exigeant. C'est-à-dire, hormis un cercle d’initiés et une poignée de fans, le groupe restera anonyme pour le reste du monde. La faute à des structures inutilement compliquées qui gagneraient à être simplifiées. Et quel dommage ! A l’écoute de In Ruins, il y a pourtant tout pour séduire un plus grand nombre car pour une fois, la construction de la chanson n’est pas un casse tête musical bien au contraire!
Sans conteste le tube de son nouveau disque, il y a dans Lahaha tout pour séduire le plus grand nombre. Entre le xylophone (ou flûte, glockenspiel?), les percussions entraînantes, la voix baladeuse de Shugo Tokumaru et les multiples autres instruments, on ne sait plus où donner de la tête ! Sans être un exemple d’originalité, ce titre se justifie dans ce top pour son entrain et son optimisme dont une écoute suffit à nous faire dodeliner de la tête et donner notre plus beau sourire niais aux passants défilant dans ces paysages mornes et gris !
Ensemble, faisons un geste pour la musique et croisons les doigts. Croisons les doigts pour que Angel Olsen sortent un album en 2011 et que ce soit autre chose que des cassettes audio limitées à 500 exemplaires déjà « Out Of Stock » au moment où l’on découvre la demoiselle. A explorer le monde fabuleux d’internet, j’ai pu récupérer 5, 6 chansons de la chanteuse, le choix a été d’autant plus difficile pour n’en garder qu’une. C’est donc If Its Alive, It Will qui gagne la mise, une sérénade rétro qui rappelle le meilleur de la chanteuse Sybille Baier et son unique album découvert il y a 4 ans maintenant.
Pour clôturer la première partie de ce top chanson, c’est Laura Veirs qui s’y colle avec un magnifique July Flame issus de son très bon dernier album. Ce qu’il y a de bien chez elle, c’est qu’elle pourrait sortir des chansons dépouillées au possible qu’elle nous ferait tout de même chavirer mais la demoiselle sait y faire quand il s’agit d’habiller ces chansons avec des arrangements originaux et surtout de toute beauté. Mine de rien, Laura Veirs commence à posséder une bonne pelletée de trésors, on parie que le succès n’est maintenant plus très loin !
Vous l’aurez peut être remarqué, l’année 2010 n’aura pas été une année riche en clip… Enfin sur le blog… Laissé à l’abandon, depuis quelques temps, il faudra que ça change en 2011 ! Pour me faire pardonner à toi, le fan qui venait sur ce blog seulement pour regarder le clip diffusé chaque mercredi, voici le top des clips de 2010. Des clips chics, d’autres chocs. Des clips faits avec une caméra et une bande de copains d’autres avec le PIB de la Somalie. Des clips en dessin, d’autres avec des vrais gens dedans. Bref un top clip diversifié où l’on retrouve des mecs qui jouent au Domino, des mecs qui tuent des roux, des mecs (et des filles) qui brandissent des bananes et surtout des mecs chelou, parce que oui 2010 fut une année chelou.
10 : Die Antwoord - Zef Side (Sean Metelerkamp)
Quand on me dit Afrique du Sud, naïf comme je suis, je pense à des paysages paradisiaques, à un pays bien plus riche que tous ses voisins, au pays du surf et du rugby... Un pays où il fait bon vivre en somme... Oui mais quand même, le duo chelou Die Antwoord nous rappelle que tout n'est pas rose non plus, dans cette banlieue beauf, sale et moche où les habitants du coin semblent s'être lancés dans un concours du plus mec le plus bizarre... Et puis à côté il ne faut pas oublier Ninja, chanteur principal de ce groupe de rap qui est le responsable de la scène la plus mémorable de cette année. Oui, rien que pour le gros plan sur son short Dark Side Of The Moon quand il danse, mérite à lui seul cette dixième place!
Un Panda c'est mignon, c'est gentil, on peut se foutre gentiment de sa gueule on craint rien... Hé bien 2010 sonne la révolution pour pandi panda et toute sa clique qui n'a plus trop envie d'être la tête de turc de toute une génération. Ainsi la bande à James Murphy en fait les frais dans cette vidéo Jackassienne un poil siphonné. On retrouve tout l'esprit de la célèbre émission MTV créé par Spike Jonze, réalisateur de ce clip. Blagues potaches, montée progressive de la connerie de ces types déguisés en panda au sourire malsain. Rappelez-vous, en 2011, Never Say No To Panda.
Extrait de l'album : This Is Happening [DFA] Myspace
08 : Gil-Scott-Heron - New York Is Killing Me (Chris Cunningham)
Il y avait déjà le clip de Me And The Devil d'une beauté effrayante dans un New York Halloweenesque, New York Is Killing Me dirigé par le vétéran Chris Cunningham continue dans le clip un brin mystique mais des plus grandioses, Remixé par ses propres soins le vidéaste, déjà responsable d’une bonne poignées de clips remarquables, dépeint un New York quasi apocalyptique où l’on suit le parcours d’un métro. Superbement mis en scène, la musique collant à la perfection avec les images, celui qui avait mis en image avec brio Come To Daddy d’Aphex Twin réalise encore une fois, un coup de maître. Chapeau !
07 : Hot Chip - I Feel Better (Peter Serafinowicz)
Il y en a eu des What The Fuck en matière de clips comme celui de Grinderman où l’on voit à peu près tout et n’importe quoi mais I Feel Better vaut aussi son pesant de cacahuètes dans ce machin où le groupe se transforme en boys band et où des mecs chelou font des trucs chelous ! C’est drôle, c’est con, on ne cherche pas trop à comprendre et on profite de ces quelques minutes où le groupe s’en donne à cœur joie. On rigolerait presque autant qu’à l’écoute de leur dernier album dis donc !
Quand il s’agit d’illustrer sa musique, Flying Lotus aka Steven Ellison met toujours un point d’honneur pour nous livrer quelque chose qui a de la gueule, Kill Your Co-Workers est même ce qu’il a fait de plus beau jusqu’ici. Un clip cubique et coloré où les messages comme « Rainbows are Yummy » ou « Pony dreams Rule » (véridique)» disparaissent au profit d’un massacre bon enfant fait de lol. Un clip qui illustre bien le « Tout le monde il est beau tout le monde est gentil » de Jean Yanne en somme et c’est encore un joli WTF pour ce Top clip 2010.
05 : Ok Go - This Too Shall Pass (James Frost, OK Go & Syyn Labs)
Avouons le, Ok Go doit sa renommée avec son célèbre clip des tapis roulant, depuis ces jeunes gens n’ont cessé de faire des clips innovants et assez géniaux dans le genre. Une fois n’est pas coutume, This Too Shall Pass est encore un grand moment vidéographique qui fonctionne sur une idée simple : le fameux domino ! Des dominos qui très vite laissent place à une multitude d’objets. Guitare, légo, théière, jouets, télé, masse, tout y passe dans cette vidéo où l’on espère que les ratés ont été peu nombreux pour le groupe…
La banane et liberté, assurément deux grands moments de cette année avec un Katerine barré dans toute sa splendeur. D’un côté, on retrouve le doux dingue dansant dans le plus simple appareil sur la plage qui accumule les scènes stupides la meilleure étant peut-être un Katerine tel un singe mangeant son tas de bananes au milieu des gens à moins que ce soit cette danse stupide effectué au couché du soleil… D’un autre côté, il y a Liberté où Katerine se fait plus cruel avec cette scène où l’ex basketteur explose ses concurrents qui ne font, c’est certain, pas le poids face au chanteur survolté. En deux clips pas vraiment anodins qui montrent paradoxalement un chanteur engagé malgré l'absurdité des scènes, Philippe Katerine signe deux petits chefs d’œuvres de comédie.
Parfois excessif, toujours grandiloquent, Runaway reste une belle prouesse pour l’artiste qui s’invente réalisateur dans ce court-métrage (peut-on encore parler de clip ici ?) qui accumule les scènes d’une beauté digne de grands réalisateurs. A travers cette histoire d’amour entre Kanye West himself et ce très bel oiseau, le rappeur signe de jolis moments de poésie entre cette fameuse scène du dîner suivie par le ballet où le final qui se déroule dans une explosion de couleur. On savait que le monsieur était doué pour la musique, on le découvre dans un nouveau rôle où il frôle le génie malgré quelques passages poussifs qui vont de paire avec le personnage.
Extrait de l'album My Beautiful Dark Twisted Fantasy [Roc-A-Fella] Myspace
02 : M.I.A - Born Free (Romain Gavras)
Born Free ou le clip le plus polémique de l’année, c’est sûr cette place ne plaira pas à tout le monde qui, pour certains, ne sont que 9 minutes de scènes chocs nauséabondes accumulant des images de violence gratuite. Oui, mais c’est sans compter sur une M.I.A qui malgré une certaine candeur croit dur comme fer dans ses propos; ce clip doit très bien illustrer les idées de la jeune Sri Lankaise. Passons sur la photographie léchée et la réalisation remarquable de Romain Gavras qui pourrait justifier à elle seule cette deuxième place pour s’interroger sur le propos. Un clip qui pourrait très bien passer pour une pub putassière du premier film du Français sorti en salle cette année (Notre jour viendra) que contestataire dans ce monde apocalyptique et totalitariste. Stress était une parfaite mise en scène du mot stress justement qui arrivait à mettre en place un malaise justement, Born Free illustre bien la violence de la musique de M.I.A ce qui est, à mon sens, une nouvelle fois une grande réussite pour Romain Gavras.
Extrait de l'album /\/\ /\ Y /\ [N.E.E.T.] Myspace
01 : Arcade Fire - The Suburbs (Spike Jonze)/We Used To Wait (Chris Milk)
Deux clips pour Arcade Fire tous deux remarquables pour deux raisons nettement différentes. Passons sur le premier plus amusant que bluffant avec le clip de We Used To Wait réalisé par Chris Milk. Un clip interactif qui fait la pub pour google Chrome et qui met en scène votre rue où des effets sympathiques viennent ponctuer les images de google street view. Pour apprécier le clip je vous envoie à cette adresse pour essayer (A condition d’avoir le navigateur google chrome of course). Si jamais vous avez la flemme voilà un bref aperçu de la chose.
Le second bien plus marquant est un clip réalisé par Spike Jonze (déjà dans le top avec la vidéo réalisée pour LCD Soundsystem). 6 minutes parfaites illustrant comme il se doit la chanson The Suburbs d’Arcade Fire. L’histoire de jeunes adolescents issus d’une banlieue comme une autre racontant leur vie de tous les jours, ponctuée par des évènements inquiétants et au final dramatique. La force du clip est sûrement dans la justesse dont fait preuve le réalisateur dans cette mise en scène d’une jeunesse américaine comme une autre. Comme Gus Van Sant qui signait l’un des plus beaux films de cette génération avec Elephant Spike Jonze dépeint cette jeunesse insouciante mais dont les évènements alentour nous laissent présager le pire. Tout simplement superbe, Spike Jonze qui n’est pourtant pas un novice en la matière et qui doit justement son succès aux clips, signe là son meilleur.
Les années se suivent mais ne se ressemblent pas dans le merveilleux monde de la musique. Ainsi, 2011 aura vu des espoirs sombrer et des héros tomber mais elle aura aussi été l’occasion de découvrir quelques nouvelles têtes sur lesquelles on gardera un œil et une oreille attentive dans les années à venir.
Pour Ears Of Panda, cette année 2010 aura été une année mitigée. On retrouve un top album en demi-teinte, fait de grands disques qui marqueront la décennie mais aussi d’autres qui ne sont pas exempts de reproches, ce qui n’était pas arrivé lors des précédentes années. Cependant, en matière de chansons, on a été encore une fois gâté avec un top 100 rempli sans difficultés tant les compositions talentueuses ont été nombreuses.
2010 aura aussi été une année difficile pour Ears Of Panda qui a eu beaucoup de mal à suivre le rythme des sorties discographiques qui, elles, ne prennent jamais de vacances. Mais, espérons que 2011 permettra à Panda Panda de rentrer dans le droit chemin !
2010 est terminé, une nouvelle page se tourne mais avant cela, terminons comme il se doit avec ce top 2010 d'Ears Of Panda, qui vous arrivera par plusieurs vagues ces prochains jours. Je vous donne donc rendez-vous demain pour le début des festivités, en espérant que vous y trouverez des artistes inconnus ou oubliés qui vous passionneront autant que moi. Sans oublier bien sûr, de vous souhaiter une bonne et heureuse année musicale !