JOUR 1 : Voyage au bout du paradis.


On est jeudi, il est 8h et Porto nous accueille avec un grand soleil. En attendant Dirty Bobby, Sacré Bobby et Bobby Love (qu’on appellera par la suite DB, SB et BL pour la faire courte), on part récupérer les clés de l’appart qui se situe à 15 minutes du site du festival. La corvée faite, on en profite pour se balader dans cette magnifique ville pleine de charme. La journée avance et on comprend très vite pourquoi Primavera a choisi Porto pour lancer la mini édition du festival Barcelonais qui se tient une semaine avant. Le soleil! On avait quitté Paris sous la pluie, on se retrouve sous des températures plus qu’agréables à déambuler dans ce havre paradisiaque. Les heures défilent vite, fatigué par cette journée de marche en mode pleine bourre, on rentre à l’appart. On a à peine le temps de faire des courses (pour l’apéro!) que les Bobbies déboulent. Ni une, ni deux on attaque la vodka histoire de se mettre en jambe. Il est déjà 17h30 et les festivités commencent dans une demi-heure avec Guadalupe Plata, un groupe inconnu originaire d’Espagne. Mais les Bobbies sont des Poppies, on décide donc de prendre le temps histoire de lister nos plus grosses attentes pour ces trois jours qui s’annoncent d’ores et déjà épique.

BL :
Il décide de privilégier les groupes qu’il n’a encore jamais vu excluant les DJs qui sont cools mais qui ne savent pas trop jouer de la guitare dixit l’intéressé.
5 – Local Natives (dont il n’a pas aimé le dernier album) et Grizzly Bear (déjà vu mais ce fut une claque).
4 – Dinosaur Jr.
3 – Blur.
2 – My Bloody Valentine.
1 – Deerhunter.

SB : 
5 – Liars et James Blake.
4 – Deerhunter dont il espère que ce sera un voyage au bout de l’enfer (Clin d’œil au film de Cimino inside).
3 – Fuck Buttons pour tripper dans les étoiles.
2 – Dan Deacon qu’il a déjà vu mais c’est trop cool.
1 – Blur : "On va pas jouer au pédant indie".

DB :
5 – Metz parce que c’est rock’n’roll.
4 – Four Tet pour le côté électro qui bouge.
3 – Fucked Up conseillé par le directeur artistique des 3 éléphants (s’il vous plait !).
2 – Dan Deacon parce qu’on lui en a parlé en bien (on parie sur SB).
1 – Liars parce que c’était cool au Pitchfork Festival.

Panda Panda :                   
5 – Titus Andronicus / Metz parce que ça va être rude en live.
4 – Liars parce que c’était trop cool au Pitchfork Festival
3 – Dinosaur Jr. Parce qu’ils ont été un vrai contre pied à Michel Sardou dans les années 90 (la vodka faisait déjà son effet apparemment).
2 – Swans pour la tempête qu’ils vont provoquer dans notre tête (©SB).
1 – Blur pour danser sur leurs nombreux tubes.
Bon c’est pas tout ça mais avec ces conneries il est pas loin de 20h quand on débarque sur le site. Y a des flics partout, ça fouille, ça fait la queue pour le précieux sésame mais c’est fluide. En plus du bracelet, on nous refile une carte que l’on bip à l’entrée mais dont on n’a toujours pas compris l’utilité. Sur la partie bétonnée les stands sont nombreux, ça va du salon de tatouage improvisé, aux distributeurs (précieux) de billets, il y a des vendeurs de tout et n’importe quoi et même un stand où il faut tourner une roue… Bref, on s’en fout ce dont on a besoin c’est d’une bière, et des stands de bières il n’en manque pas. Approvisionné par des citernes, le bar ne connait jamais la panne sèche pour notre plus grand plaisir. Et là PAF! 3,5 euros la pinte de Super Bock! On a beau avoir baroudé dans un paquet de festival, 3,5 euros la pinte de bière ça frôle l’indécence! C’est un grand sourire sur les visages que l’on avance vers la scène, un sourire qui ne va jamais se dissiper. L’organisation est bien huilée, des filles filent des progs bien foutues et des sacs se transformant en nappes à carreaux (c’est choupi) mais l’extase arrivent lorsqu’on voit le site où sont implantés les scènes. Ce sont des étendues d’herbe fraichement coupée qui nous accueillent, il y a des arbres et des bosquets partout et chaque scène se situe dans creux. En gros, quelque soit l’endroit où vous êtes vous verrez toujours bien. Vous voulez vous allonger au fond ce n’est pas un problème. Vous y verrez et entendrez aussi bien que ceux agglutinés en plein milieu de la fosse. En gros, Optimus Primavera Sound c’est le paradis du festival et ce sentiment ne s’estompera jamais en trois jours.
Sur nos petits nuages on s’assoit pour assister au concert de Wild Nothing, alors que le soleil se couche doucement, on ne pouvait rêver mieux que la pop belle et légère de l’Américain qui nous évoque tour à tour The Smiths et New Order. Depuis le temps qu’il tourne il faut dire que son set est très pro, les guitares claires et les synthés mélodiques sont bien en place. Wild Nothing est la petite sucrerie idéale qui nous fait oublier le temps pourrave Français et qui nous permet de rentrer une bonne fois pour toute dans ce festival pour ne plus le quitter.

Il est déjà 21h, lorsque Jack Tatum finit, on file donc à la scène Optimus situé à deux pas (sans déconner hein, à la limite tu peux regarder les concerts depuis la scène Super Bock) pour assister au concert des Breeders qui jouent Last Splash dans son intégralité. Parce que Last Splash ça a 20 ans mine de rien et il faut avouer que le disque n’a pas pris une ride à contrario des sœurs Deal un peu dépassées ce soir là.  Tout ça est bien sympa mais c’est là qu’on voit la limite des tournées anniversaires où le groupe se contente de jouer un unique album. On s’emmerde, ça manque un peu de surprise, de folie. On assiste à ça comme si on allait au musée, c’est pas l’éclate quoi. Quand en plus le groupe le joue dans l’ordre du tracklisting… C’est encore moins fun. Surtout que Cannonball, gros tube en puissance, est la deuxième chanson du disque. Une fois passée ce moment on regarde ça un peu désintéressé en se disant que finalement Last Splash est un bon album mais pas non plus un chef d’œuvre qui mérite qu’on lui consacre une tournée. On préférerait que les Breeders reviennent avec un nouvel opus plutôt que ce genre de tournée qui les rend plus vieilles qu’elles ne sont déjà. Qui plus est, Mountain Battles, leur dernier album qui date de 2008 était plus que sympathique.

22h10 et c’est d’autres dinosaures qui déboulent mais là on ne connait pas trop. Dead Can Dance a eu son heure de gloire quand on n’était pas encore né, un groupe qui était à part à l’époque et qui l’est encore aujourd’hui. Une heure durant on aura le droit à une musique baroque et mystique. On y voit là dedans une bonne BO pour un drame qui aurait pour cadre un pays oriental. On n’est pas loin du chant lyrique ce qui n’est pas une mauvaise chose mais ça manque un peu d’énergie et il faut dire que ça ne bouge pas beaucoup sur la scène, on finit donc par s’endormir…

Cette petite pause à été finalement parfaite pour accueillir la tête d’affiche de ce soir. Nick Cave And The Bad Seeds ont encore sorti un excellent album cette année mais il faut avouer qu’on avait un peu peur que ça se traîne le cul sur scène. Que dalle. Nick arrive, il est déchaîné, ça boogie woogie même quand ça s’y prête pas mais c’est pas grave parce qu’il a toujours la classe. Nick Cave est un grand showman, un grand leader qui peut se permettre de détacher son nom du reste du groupe. Quand aux musiciens, ils sont carrés et arrivent constamment à dégager une fièvre furieuse sur tous les titres. Il y a juste ce qu’il faut de déchéance et de bestial sans trahir les compositions grandioses. On est vraiment épaté par le groupe mais il est déjà temps de les quitter parce que à côté faut pas déconner : y a Deerhunter!

Bon ok je suis amoureux de Deerhunter mais on se méfie un peu après le concert moyen donné au Trianon la semaine passée. Le son n’était pas tip top et on n’avait pas pris la claque espérée. Cependant, on se laisse traîner devant par BL, grand amoureux lui aussi de Bradford Cox et qui fait sa grande première avec le groupe. Débutant sur le classique duet Cover Me/Agoraphobia les choses sérieuses commencent avec Neon Junkyard. L’entrée brutale de leur excellent dernier album le sera tout autant ici. D’entrée on est frappé par le son plus puissant et plus clair qu’il y a une semaine. Le groupe est précis mais aussi sauvage. A partir de là, ils ne vont plus lâcher l’auditeur à quelques exceptions lorsqu’il s’agit de balancer des mélodies désarmantes. Le groupe se concentre sur une setlist incisive, ça pioche un peu dans quelques titres entêtants de Haclyon Digest mais on reste principalement sur Monomania et ses bombinettes garage. Au fur et à mesure que le concert avance on est réellement transporté par la foule, les minutes défilent et quand le trio final Sleepwalking, Back To The Middle, Monomania déboule, le public est en extase et nous aussi. Quel déferlement de guitares, quelle envie qui transpire sur nous, on est aux anges. On aurait voulu en avoir plus bien sûr mais Deerhunter, bien que très respecté, n’a pas encore le droit à la grande scène et aux sets étendus pour notre plus grand regret. On a transpiré, on a gueulé des mono-mono-mania on était fou, on était heureux et conquis, le concert à n’en pas douter du festival.

James Blake à la lourde tâche de passer après Deerhunter et de clôturer la soirée. Mission impossible pour l’Anglais qui doit nous sortir de notre gueule de bois après la folie provoquée par Bradford Cox et sa bande. Pourtant le talent est là. Son concert est très pro et réussi à rejouer à l’identique ses morceaux studios mais cela ne suffit pas. On est un peu embêté par cette trop grande professionnalisation justement. Il y a quelque part quelque chose de trop carré, de trop froid qui ne retranscrit jamais les chansons désespérées de ses albums et les émotions qu’on peut ressentir à l’écoute. On s’ennuie un peu finalement devant son set certes sympathique mais d’on on attendait forcément plus… James Blake est de ces artistes sympa à voir au moins une fois mais passé l’effet de surprise, il ne reste plus grand chose hélas, pour vibrer.

La première soirée est courte, Il est 4h et on doit déjà retourner à l’appart. Installé autour d’une bière, il est temps de demander l’avis aux Bobbies de ce qu’ils ont pensé de cette journée. Voici une retranscription plus ou moins fidèle, raccourcie et fortement censurée.

Wild Nothing :                             
DB : J’ai adoré ce couché de soleil, parfait pour l’apéro.
SB : Rien n’est sauvage.
BL : Seul Deerhunter valait le coup, s’il y avait un seul concert à retenir c’était Deerhunter, mais genre loin loin loin devant les autres.

The Breeders :
DB : Je suis partis me maquiller et me faire offrir de la crème glacée (j’ai loupé ce stand qui est je ne sais où mais oui, tout est possible au Primavera).
SB : Pareil que DB.
BL : Naze, je retiens Cannonball mais ça me rappelle quand j’avais seize ans.
Note : En gros, il veut dire que c’est de la musique qui lui rappelle le lycée ce qui est bien mais ses goûts ont évolué depuis, ça a quelque chose de nostalgique. Enfin c’est ce que j’ai compris…
J’ai retenu que Deerhunter de toute façon, c’était la grosse claque de la soirée, de l’année même.

Dead Can Dance :
DB : Je m’en rappelle même pas.
BL : Je préfère Manau.
SB : Oh putain les gars vous êtes durs, ça va pas finir sur un blog cette phrase quand même (hé bien si) on pourrait te tuer pour moins que ça.
DB : Non non il a raison, c’était hyper moche.
SB : Non c’est pas hyper moche, en fait ça a un son bien particulier.
PP : Du coup tu dis quoi ? Même les morts peuvent danser dessus ?
SB : Même les morts peuvent danser dessus. Non mais ils ont fait une super reprise de Tim Buckley à la fin.
Ensuite ça part en cacahuète sur Dead Can Dance, ça parle de du loup du renard et de la belette, de prendre le porto en photo et de manger des trucs bizarres…

Nick Cave And The Bad Seeds :
BL : Il était mieux avec sa moustache et c’est tout.
PP : J’ai pensé la même chose il avait plus la classe avec.
BL : Meilleur concert de 1996.
SB : Bah Dead Can Dance on peut dire 86.
DB : C’était bien de loin, c’était pêchu.
SB : Franchement je dormais.
                         
Deerhunter :
PP : On arrive au fond du truc.
BL : Magique, épique et pleins de rimes en « ique ». Pour être sérieux, c’est mon meilleur concert depuis Arcade Fire en 2007.
DB : OH! non non non non non…
BL : Si.
DB : Hein? Quoi? Deerhunter? Arcade Fire? Arrête de te branler dans la mousse toi!
SB : Faut arrêtez à un moment quand même.
DB : C’est quoi ce délire mais arrête…!
Grosse aparté encore une fois, ça parle d’Arcade Fire et de bains moussants
DB : Deerhunter c’est cool mais ça vaut pas  Arcade Fire.
PP : Outre cette comparaison ?
DB : Claque de la soirée.
SB : Ce soir c’était voyage au bout du paradis.

James Blake :
DB : C’est mou du cul
BL : « So 2011 »
PP : SB? Y a de la place, tu peux le défendre.
SB : Le crooner rencontre le dubstep.
BL : Oh c’est beau.

La soirée s’achève sur les filles peu nombreuses au goût de SB mais fort jolies, du fromage qu’ils ont bouffé en entier pendant que je notais leurs conneries et de Deerhunter bien sûr qui aura finalement mis tout le monde d’accord, même si les comparer à Arcade Fire, c’est fort de café!

Les oubliés de la semaine #4

On les a écoutés, on n'en a pas parlé, l'erreur est réparé! Et classés par ordre de préférence s'il vous plaît! Et comme on a pleins de trucs en retard on va faire ça à thème. Cette semaine c'est une spéciale déception : 6 groupes qui ont trusté les tops il y a un temps mais qui déçoivent un peu (beaucoup) cette année…

Jamie Lidell - Jamie Lidell [Warp]

Houlà ça date! Il faut remonter plus précisément à la date de création de ce blog pour trouver trace de notre bon vieux Jamie Lidell, plus précisément le 18/01/2009, le troisième post publié sur Ears Of Panda qui était consacré au top albums 2008. A la 24ème place on retrouvait donc Jim son troisième album studio consacré à la soul et au funk teintés d’électro. Jim était un savant mélange des genres réjouissants qui foutait tout simplement la patate avec de bons gros tubes à la clé (Hurricane, Another Day…). Compass étant passé à la trappe (sorti en 2010), on arrive directement au sobrement intitulé Jamie Lidell. L’Anglais de 39 ans continue dans cette même lignée bien que l’électronique prenne une place plus importante avec une influence 80’s plus prononcée. L’album a beaucoup de problèmes, on a tout d’abord l’impression que Lidell se répète malgré des tentatives assez vaines en terme d’innovations. Il y aussi un trop-plein dans ce disque, trop d’instruments, trop d’effets qui finissent par nous user. Enfin, ce cinquième album est tout simplement mauvais dans le fond. Les compositions ne restent pas en tête et l’ennui finit par s’installer malgré toute la bonne volonté du monsieur. On retient quelques pistes intéressantes comme Why_Ya_Why aux accents Tom Waits, où les quelques chansons qui semblent avoir puisé leurs influences chez Prince.

Note : 05/10
Date de sortie : Février 2013
Un titre en écoute à droite

Wavves - Afraid Of Heights [Mom + Pop]

De leur début très “Fuck off” avec des compositions noisy sans réelles mélodies, Wavves a lentement, mais sûrement, glissé vers un son plus pop jusqu’à King of the Beach, une célébration de la drogue, de l’alcool, de l’été… Bref, du punk idiot façon Blink-182. Un album génial qui avait fini 12ème de notre top album 2010. Afraid of Heights continue dans cette lignée pop on est donc peu étonné de voir le producteur de Santigold derrière. Pourtant, l’album n’est pas plus lisse que son prédécesseur, le son se veut simplement moins surf et plus classique. Si Afraid of Heights déçoit c’est surtout qu’il est moins cool à tous les niveaux que King of the Beach. Leur quatrième album est au fond plus sérieux, plus sombre et plus adulte alors qu’on voit en Wavves deux gamins un peu cons, champions du monde de la fumette et de la défonce. Leur nouvelle image ne leur sied guère finalement et on regrette le temps où le groupe donnait l’envie furieuse de nous ruer vers la plage.

Note : 06/10
Date de sortie : Mars 2013
Un titre en écoute à droite

Telekinesis - Dormarion [Merge]

A ma grande surprise, 12 Desperate Straight Lines s’était retrouvé 9ème du top album2011. Pas de recettes miraculeuses, ni d’ambitions démesurées puisque Telekinesis c’est une guitare, une batterie et une basse au service d’un son pop rock simple. Mais bordel ce disque a fait mouche, on était addict à toutes les compositions. Ca envoyait du gros son, c’était efficace… Que demander de plus? Dormarion est quelque part sa suite logique, on retrouve le même esprit avec quelques touches de synthés mais qui ne bousculent en rien l’ordre des choses. Bon c’est quoi le problème alors? Dormarion est tout simplement, moins fort, moins efficace… Ca reste sympathique mais comme ses deux disques sont identiques autant écouter le plus réussi.

Note : 06/10
Date de sortie : Avril 2013
Un titre en écoute à droite

Yeah Yeah Yeahs - Mosquito [Interscope]

Sans aucun doute la plus grosse déception. Yeah Yeah Yeahs c’est un disque tous les trois/quatre ans, autant dire que l’attente est grande ! Surtout, Yeah Yeah Yeahs, c’est une carrière irréprochable en particulier Fever To Tell (dans le top 20 des plus grands disques de la précédente décennie) et It's Blitz! 28ème du top albums 2009 mais revu largement à la hausse depuis. Le premier point décevant est que pour la première fois un disque de Yeah Yeah Yeahs ne surprend pas, Mosquito reprend les sonorités électroniques du précédent en combinant avec le rock sombre de leur Ep Is Is. Surtout il y a deux grosses fautes de goûts, à tel point qu’on se demande comment ils ont pu penser que ça pourrait être cool de mettre ça sur disque. A moins que ces deux chansons soient pour la beauté du LOL, un peu comme cette pochette dégueu… Area 52 qui parle donc… d’extraterrestre possède un riff merdique sur lequel Karen O chante la même mélodie. C’est moche et ça manque totalement de finesse. La palme revient à Buried Alive qui tient à peu près le coup sur les couplets mais qui se termine sur un grand moment de rigolade pendant les refrains avec l’intervention du rappeur Dr. Octagon qui nous rappelle les grandes heures du Nu metal soit un des genres les plus dégueulasses que la musique ai inventé. Heureusement il y a des compositions telles que Sacrilege, un premier single envoûtant qui vous colle des frissons dans la nuque jusqu’à son final en apothéose avec chœurs gospel et tout le toutim.

Note : 06/10
Date de sortie : Avril 2013
Un titre en écoute à droite

Phoenix - Bankrupt! [Glassnote]

10ème du top album 2009, Wolfgang Amadeus Phoenix a été le début d’une longue et belle histoire peuplée de réussites pour Phoenix qui s’est même vu recevoir un Grammy Award (équivalent des victoires de la musique), une première pour un groupe Français. Aujourd’hui, Phoenix est une tête d’affiche solide dans tous les festivals où il passe pour défendre un Bankrupt! qui est tout de même un cran en dessous. Il est amusant de voir que Phoenix et The Strokes, frères ennemis, prennent la route similaire des synthés. Pour les premiers, ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère quitte à aller jusqu’à l’écœurement. On frôle d’ailleurs sérieusement le point de non retour en rappelant tous les groupes putes qui les copient pâlement (Pony Pony Run Run…). Néanmoins on est loin du désastre et les Versaillais arrivent encore à déballer quelques belles mélodies et quelques compositions catchy qui permettra à Bankrupt! de passer l‘été (quand il arrivera).

Note : 07/10
Date de sortie : Avril 2013
Un titre en écoute à droite

Born Ruffians - Birthmarks [Yep Roc Records]

Très gros coup de cœur 2008 (3ème dans notre top), on avait très déçu en 2010 avec leur deuxième album Say It. Birthmarks était un peu la dernière chance pour les Canadiens et confirme finalement que le groupe a encore quelque chose à dire sans que l’on doit s’attendre à un second Red, Yellow & Blue qui était un album pop parfait à la joie communicative. On avait certainement mis trop d’espoirs sur leurs épaules alors que Born Ruffians n’est qu’un petit groupe sans prétention. Birthmarks n’est finalement qu’un très sympathique album qui fait le job, on a de bonnes mélodies mais jamais de grandes chansons. Il en sera sans doute de même pour les prochains qui seront la promesse de passer un agréable moment sans jamais perdurer dans le temps.

Note : 07/10
Date de sortie : Avril 2013
Un titre en écoute à droite

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Jeudi 16 mai : Eluvium - Nightmare Ending

Trois ans après Similies qui voyait Matthew Cooper pousser la chansonnette, on revient aux basiques avec Nightmare Ending, son septième album studio, qui prend la forme de 14 chansons ambient pour un total de plus de 80 minutes. Ce disque a de quoi effrayer plus d’un, 80 minutes ça peut paraître long, surtout pour de l’ambient, mais cet homme originaire de Portland est décidément extrêmement doué.

Il aura suffi que les premières notes de Don't Get Any Closer débutent pour entrer dans le monde si précieux d’Eluvium. On se laisse porter par cette longue et lente ascension de 9 minutes ou quelques notes de piano, passées en boucle, résonnent dans nos têtes. Nourries par les sons noisy qui accompagne presque en continue le disque, Cooper réussit à donner à ses chansons, mêmes les moins évidentes, un souffle libérateur. Ce qui aurait pu être un cauchemar éveillé se transforme en un voyage réconfortant. Sans cesse baigné par ce qui pourrait se rapprocher  d’une heureuse brise, Nightmare Ending convoque à chaque instant la nature. On s’imagine face à l’océan, au bord d’une falaise à-pic, entouré par des plaines désertiques peuplées de hautes herbes, le regard rivé vers l’horizon. Plus que jamais, la musique d’Eluvium est vivante.

Là où ses précédents albums étaient marqués par une mélancolie très forte, Nightmare Ending évoque étrangement un sentiment de plénitude. La recette est pourtant la même, on évolue constamment entre des mélodies de piano déchirantes et des titres plus vaporeux qui prennent tous leurs sens au gré des minutes écoulées. Ce qui n’a pas changé, c’est que ce septième album n’est pas une expérience collective mais solitaire. Sa musique ne se partage pas mais se vit seule, c’est une musique qui évoque nos souvenirs passés et nos désirs futurs. Celle si rare, qui nous fait regarder en arrière sans regretter et nous permet d’affronter l’avenir sereinement.

Nightmare Ending est d’une grande puissance émotionnelle et c’est en cela que Matthew Cooper a sûrement réussi son disque le plus beau et le plus abouti. C’est surtout un album qui s’approprie et où chacun en fera son interprétation. Certains y trouveront sûrement une œuvre tragique tandis que d’autres verront la lumière qui se cache derrière ses compositions. Ce qui est sûr, c’est que peu de gens resteront insensibles à ce Nightmare Ending, incroyablement fort.


Sortie le : 14 mai 2013
Label : Temporary Residence Limited
Un titre en écoute dans le lecteur à droite
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Couci couça :
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Contre :
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Mardi 14 mai : Primal Scream - More Light

En 2011, Primal Scream fêtait sur la route les 20 ans de leur album culte Screamadelica, une œuvre intemporelle et orgasmique qui faisait croiser les Rolling Stones avec la House. Un trip acide qui n’a pas pris une ride encore aujourd’hui. Grâce à cette tournée anniversaire (qui valait son pesant de cacahuètes, croyez moi), Gillespie et sa bande ont pu financer More Light, leur dixième album.

Cela faisait 5 ans que le groupe n’avait rien sorti de neuf, on est heureux et à la fois mesuré. Il y a un moment que ces Ecossais ne nous ont pas mis un gros coup de massue derrière la tête à quelques chansons près. Leur âge d’or s’étant éteint en 2000 avec XTRMNTR. More Light est une bonne et mauvaise nouvelle. La bonne c’est que Primal Scream s’est enfin décidé à se bouger un peu en proposant des compositions ambitieuses. On pense à 2013, une odyssée rock qui n’est pas sans rappeler Hey Jane de Spiritualized. River Of Pain, un blues mystique interrompu en plein milieu par un ballet de cordes ou encore Relativity, une ballade psyché qui passe dans tous les états possibles. Charmant. La mauvaise, malgré toute la bonne volonté du monde, c’est que le groupe semble condamner à ne pas répéter les prouesses passées, laissant l’auditeur exprimer un soupir en se disant que « y a pas à chier, c’était mieux avant ».

Ca part pourtant comme un putain de chef d’œuvre, avec sa quadruplette gagnante qui ouvre More Light, ça part dans tous les sens, on ne sait pas où ils vont mais c’est justement ça qui est excitant. Il y a de la fougue, de l’envie d’en découdre, bref ils mettent le paquet et mettent la barre très haute. Trop haute. La suite, bien que loin d’être infâme, s’installe dans un rythme pépère, la nouvelle bassiste Simone (Butler) impose un peu trop son style avec sa grosse basse bien grasse qui a tendance à prendre toute la place. Il y a aussi quelques fausses bonnes idées, Invisible City par exemple, sonne comme du mauvais Dandy Warhols période euh… mauvaise.

C’est dommage car Primal Scream tente beaucoup de choses sur ce disque, des chœurs, aux saxos délurés, il y avait une réelle volonté de marquer l’année, mais avec ses 68 minutes, le groupe aurait mieux fait de faire le tri. En virant 4 ou 5 titres, il y avait vraiment la possibilité de signer un très grand album. Saaaacré Bobby! Il pouvait pas s’en empêcher d’en faire des tonnes celui là.


Sortie le : 13 mai 2013
Label : Ignition Records
Un titre en écoute dans le lecteur à droite
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Couci couça :
DumDum
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Contre :
Rave On
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Lundi 13 mai : Bibio - Silver Wilkinson

A l’écoute de son septième album studio, une question se pose, faut-il encore attendre quelque chose de Stephen Wilkinson? La rencontre avec ce musicien talentueux remonte à 2009 avec Ambivalence Avenue, un formidable kaléidoscope où l’artiste Anglais brassait les genres avec intelligence. Le résultat était extatique et promettait un avenir radieux pour le musicien. Seulement voilà, avec Mind Bokeh sa musique s’est radicalisée, ce qui faisait son charme avait disparu et laissait place à un disque se concentrant principalement sur le mariage entre les guitares et la musique électronique. Le résultat n’était pas catastrophique mais était beaucoup moins ludique.

Silver Wilkinson n’est pas une catastrophe mais on en n’est pas très loin. Wilkinson a toujours essayé de nouer ses deux passions, la musique électronique et la guitare. Sur son dernier disque, le deuxième prend une place prépondérante à quelques exceptions près mais on pourrait tout de même qualifier Silver Wilkinson, d’album folk. S’il cherche à créer une ambiance aérienne et vaporeuse, c’est surtout l’ennui qui pointe rapidement le bout de son nez avec des mélodies rarement enivrantes. À tout à l'heure, le premier single nous avait pourtant donné espoir en combinant inspirations orientales, folks et électroniques mais il s’avère être le seul morceau dans cette lignée.

Alors y a bien deux trois titres électro qui se baladent sur le disque mais excepté You qui se détache surtout parce qu’il est coincé entre deux chansons merdiques, là encore, on ne peut pas dire que le musicien fait preuve de prise de risque ou de talent. Tout comme Mind Bokeh, Bibio conclut le disque en beauté, bien que le résultat soit beaucoup moins bluffant que l’électro acoustique St Christopher. Non, You Won't Remember... est juste un titre (folk) mignon comme tout.

Silver Wilkinson est un disque complètement inoffensif, sans passions où Bibio se complait dans des compositions folks sans envergures bien loin de ses ambitions d’antan. A moins de sortir un single solide, pas sûr qu’on s’attarde sur son prochain disque, et encore À tout à l'heure est la preuve qu’il ne faut pas se fier à ça tant ce morceau est loin de l’univers morne du disque.


Sortie le : 13 mai 2013
Label : Warp
Un titre en écoute dans le lecteur à droite

Pour :
Hop Blog
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Couci couça :
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Contre :
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Semaine 19 : Deerhunter - Monomania


“I guess my time as a musician has gone by so fast that I realized that I have no personal life. The other guys in Deerhunter, they all found things. And I just have monomania. I always will. I'm obsessive about one thing, that there's one thing that's going to make me happy and it's making music, or there's one thing that's going to make me happy and it's this person.”

En 2011, alors que Bradford Cox est en promo pour son album solo, il évoque au magazine Rolling Stone son état dépressif et son rapport avec la musique. Avec ces quelques mots on comprend quelque part comment en est il arrivé là, comment Bradford Cox est devenu une véritable icône de la musique indé. Ce qui le démarque des autres c’est qu’il ne fait pas de la musique pour vivre mais vit pour sa musique et pousse ce mode à l’extrême.

Depuis les débuts chaotiques avec Turn It Up Faggot en passant par son expérience solo, Bradford Cox a signé 9 albums dont la moitié est indispensable. On ne compte même pas les splits albums, les nombreuses mixtapes balancés sur le net où les EPs qui viennent prouver que non seulement Bradford Cox est l’un des songwriters les plus prolifiques de sa génération, mais aussi un des plus doués. Même dans les disques moins notables, l’artiste qui va fêter ses 31 ans a toujours montré un sens de la mélodie hors du commun.

Cela fait déjà trois ans que Deehunter n’avait pas donné de nouvelles, plus depuis Halcyon Digest un des sommets de leur carrière. Heureusement, nous n’étions pas en reste puisqu’on avait eu le droit entre temps à une cinquantaine de chansons balancées d’un bloc sur son blog. Parallax, un album solo qui prolongeait l’expérience pop amorcée avec Halcyon Digest ou encore Spooky Action at a Distance l’excellent album de Lockett Pundt, seconde tête pensante de Deehunter qui prouvait que lui aussi en avait sous la pédale.

Cependant, l’annonce de Monomania, leur sixième album, nous avait excité au plus haut point. On parle du meilleur groupe actuel tout de même! L’attente aurait pu être interminable s’ils n’avaient pas présenté très tôt sur le plateau de Jimmy Fallon le single éponyme. Ce disque est l’occasion pour le groupe de prendre une nouvelle forme avec un guitariste en renfort, un nouveau bassiste et… Bradford Cox grimé en Connie Lungpin alter Ego rock’n’roll et Ramonesque avec deux doigts ensanglantés dans des bandages grossiers (pour la blague hein…). Ce premier extrait donne le ton de leur album à venir. C’est crade, garage, nerveux. Jamais le groupe n’avait semblé si survolté depuis leurs débuts. La surprise est totale, après leur excursion très pop on ne s’attendait pas à un album punk garage de leur part. Monomania prend à contre pied nos attentes. Alors qu’on est tellement habitué à voir tant de groupes adoucir leur son, Deerhunter fait marche arrière et remonte même jusqu’en 2005. A côté, les disques Microcastle et Cryptograms paraissent d’une clarté irréprochable.
L’ouverture Neon Junkyard confirme ce que le single annonçait et c’à quoi nous devons nous attendre les douze titres durant. La voix de Bradford Cox est des plus saturés, tout comme les guitares rêches, brouillonnes qui sortent du lot dans cette cacophonie ambiante. La transformation la plus troublante reste le chant de Cox. Il ne chante plus, il crie à gorges déployés, il est en colère et cette rage se ressent sur la quasi-totalité du disque. Autant être clair, ceux qui avaient été charmés par leurs pérégrinations pop risquent d’être chamboulés, voire déçus, par ce disque qui ne cherche pas à caresser nos oreilles.
                                                                                                                              
Monomania est d’ailleurs perturbant, alors que leurs compositions gagnaient avec le temps en complexité, Deerhunter a  rongé jusqu’à l’os les compositions. La démarche se veut plus instinctive, plus directe, plus animale. Les premières écoutes sont donc déconcertantes, le disque n’atteint pas en terme qualitatif leurs meilleurs albums. Encore une fois, quelques chansons sont un cran en dessous ou plutôt s’imbriquent mal dans l’album comme le titre acoustique Nitebike ou The Missing, écrite par Lockett Pundt, une très belle chanson mais qui ne cadre finalement pas si bien que ça avec le reste. On regrette aussi que la promesse d’un disque punk garage ne soit pas tout à fait tenue. Si le chant est toujours enragé, on surprend des mélodies légères et pas forcément rock’n’roll comme sur les couplets de Blue Agent, une sorte de ballade pas vraiment belle, pas vraiment entrainante qui a le cul entre deux chaises à cause des instruments qui paraissent inoffensifs.
                                         
Monomania n’est pas le chef d’œuvre attendu mais reste une nouvelle fois un excellent disque de la part de Deerhunter et pour plusieurs raisons, la première étant que tous ces défauts font parties intégrantes de leur charme. Deerhunter a toujours été bancal et imparfait, une sorte de monstre dans lequel on aperçoit une grande beauté comme He Would Have Laughed qui concluait leur précédent disque. La chanson avait beau paraitre dissonante, elle finissait par nous faire chavirer. Si l’étrangeté ne finit pas ici par révéler la beauté du disque elle vient appuyer le discours et les intentions de Bradford Cox qui était de signer un disque malade et corrosif. Des quintes de toux effrayantes de T.H.M. aux étranges cris poussés sur Leather Jacket II, Cox tire la sonnette d’alarme et témoigne de son malaise. Monomania ne tourne pas rond, il y a quelque chose de pourri dans leur royaume, mais il est pourtant une nouvelle fois une démonstration de force du songwriting de l’auteur, l’autre grande force du disque. Couplets, ponts, refrains… Tout s’imbrique parfaitement sur ce disque, le groupe arrive encore à nous épater sur ce point où toutes les compositions, même dans leurs moments de faiblesses, font preuve d’inventivités et de trouvailles réjouissantes. T.H.M. est un vrai crève cœur et Back To The Middle nous fait fondre avec son solo de guitare presque dramatique… On pourrait passer au crible tous les titres tant l’écriture est un modèle de simplicité et d’efficacité.

On enrage avec Monomania, énième album réussi de la part de Deerhunter mais qui ne décrochera pas la première place du top 2013 et restera une nouvelle fois au pied du podium la faute aux quelques imperfections qui peuplent le disque. L’album ne manque pas de qualités pourtant, en particulier la cohésion en termes de production qui n’avait jamais été aussi grande. Qui plus est, Deerhunter possède cette grande qualité qui est de surprendre son auditeur. On pouvait s’attendre à une suite dans la lignée de Halcyon Digest mais Monomania nous prend à revers et montre un groupe qui possède encore une belle marge d’avance sur les autres. Cette marge d’avance ne devrait d’ailleurs pas faiblir avec les années tant que Bradford Cox garde sa flamme intacte. C’est dans son malheur, dans cette passion dévorante qu’il a pour la musique, cette monomanie qu’il nous fait rêver et nous fais continuer à aimer passionnément la musique.


Label : 4AD
Sortie le : 7 mai 2013
5 titres en écoute dans le lecteur à droite

Pour :
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Couci couça :
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Contre :
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Les oubliés de la semaine #3


On les a écoutés, on n'en a pas parlé, l'erreur est réparé! Et classés par ordre de préférence s'il vous plaît! Et comme on a pleins de trucs en retard on va faire ça à thème. Cette semaine c'est une spéciale pitchfork : 6 albums qui ont obtenu le précieux Best New Music. Sérieux ça vaut vraiment le coup ou pas?


Autre Ne Veut - Anxiety [Mexican Summer]

Arthur Ashin est New Yorkais, en tout cas il n’est pas Français et on peut s’en douter puisque « Autre ne veut » ne veut justement pas dire grand-chose dans notre langue.  Découvert avec Anxiety, son deuxième album, il marche dans les pas de How To Dress Well (pseudo derrière lequel se cache là aussi une seule personne) en proposant un disque entre R’n’B et expérimentations électroniques. En gros c’est du R’n’B de blanc, fait pour les gens qui n’écoutent pas du R’n’B. Mais le genre a le vent en poupe donc on va en bouffer dans les années à venir. Si le garçon séduit aux premières écoutes, on sature vite face à sa musique qui en fait des caisses. Trop de synthés, de manières, un trop plein qui finit par fatiguer l’auditeur. On préfère de loin How To Dress Well, beaucoup moins abordable mais bien plus intéressant dans le genre.

Note Pitchfork : 8.5/10
Note réelle : 5.4/10
Date de sortie : février 2013
Un titre en écoute à droite


Waxahatchee - Cerulean Salt [Don Giovanni]

Pochette 90’s, musique 90’s? Yep. On pourrait rapprocher Waxahatchee de Torres, déjà chroniqué ici. Toutes deux composent des chansons rugueuses possédants peu d’arrangements, le but étant de mettre en avant la guitare. On est assez étonné par les très bonnes critiques que se coltine Katie Crutchfield (oui là encore une seule personne se cache derrière ce nom de groupe) mais il faut croire que hormis le R’n’B de hipster (oups j’ai dis le mot interdit), le revival 90’s a le vent en poupe. A ce rythme là on va bientôt ressortir les jeans trop larges et trop troués. C’est chaud. Anyway, Cerulean Salt reste un disque très sympathique, jamais indigeste grâce à ses chansons qui durent rarement plus de 3 minutes. On se dit quand même que ça a beau être cool, ça manque un peu consistance…

Note Pitchfork : 8.4/10
Note réelle : 7.1/10
Date de sortie : mars 2013
Un titre en écoute à droite


Rhye - Woman [Republic / Innovative Leisure / Loma Vista]

On avait été séduit par The Fall, très beau titre qui pompait tout à la ritournelle de Sébastien Tellier, et on avait hâte de voir de quoi allaient être capable le duo Californien sur le long format (enfin ils vivent en Californie mais c’est moitié Canada, moitié Danemark leur histoire). Ca commence plutôt bien avec Open, meilleure chanson du disque, qui fout une belle claque dans la gueule avec des cuivres tout en nuances, une jolie ballade mi joyeuse, mi mélancolique. Problème, plus on avance dans le disque et plus on s’emmerde, excepté sur le disco Hunger qui fait trémousser le popotin malgré la voix morne du chanteur. Ou de la chanteuse ? Si j’ai bien compris c’est Mike Milosh qui chante mais le mec a vraiment une voix de meuf alors je suis perdu. Sinon l’album reste chouette, c’est très distingué et ça on aime bien, pas trop sirupeux, pas R’n’Besque bobo du tout comme on le craignait, non, juste une belle collection de chansons mais chiantes par moment quand même.

Note Pitchfork : 8.5/10
Note réelle : 7.2/10
Date de sortie : mars 2013
Un titre en écoute à droite


Youth Lagoon - Wondrous Bughouse [Fat Possum]

Trevor Powers (oui encore un mec tout seul) s’était fait remarqué en 2011 avec The Year Of Hibernation, un formidable premier album lo-fi qui contenait un nombre impressionnant de chansons au piano belle à se damner. Wondrous Bughouse est la confirmation que le garçon a du talent à revendre bien que l’on ressort quelque peu déçu du disque. L’album se veut bien plus expérimental que son prédécesseur sans être inabordable hein. Chaque chanson possède une mélodie bien distincte mais l’album est moins propice à lâcher une larmichette. Cependant, Powers s’est donné du mal sur ce disque en multipliant les chansons à tiroirs, nombreux sont les titres 2 en 1 comme si le garçon s’était retrouvé avec une vingtaine de compositions et s’était décidé à les assembler ensemble. Wondrous Bughouse fourmille aussi de détails, de sons curieux échappés des 60’s, on a l’impression d’être dans un magasin de jouet animé dans lequel des sons surgiraient de partout. Sympa mais pas la claque prévue non plus.

Note Pitchfork : 8.7/10
Note réelle : 8.0/10
Date de sortie : mars 2013
Un titre en écoute à droite


Grouper - The Man Who Died in His Boat [Kranky]

Ce n’est pas fait exprès mais Grouper est aussi le projet d’une meuf qui est toute seule. Liz Harris donc, une artiste indé de chez indé condamnée à ne jamais rencontrer le succès si elle continue à faire les disques qu’elle fait. En même temps elle doit s’en foutre pas mal puisque c’est le genre à avoir le respect éternel de ses compères (les artistes qui n’ont pas de succès sont toujours très appréciés). Liz Harris a en tout cas signé un joli disque entre ambient et folk. C’est aérien, vaporeux et rêveur, on se laisse bercer par ses chansons qui rappellent quelque part Julianna Barwick en plus accessible tout de même. D’ailleurs chose amusante à faire, vous prenez n’importe quelle chanson de Barwick et n’importe laquelle de Harris et vous les jouez en même temps le résultat sera loin d’être bordélique. A tous les coups y a un bootleg intéressant à faire là.

Note Pitchfork : 8.3/10
Note réelle : 8.1/10
Date de sortie : février 2013
Un titre en écoute à droite


Iceage - You're Nothing [Matador]

Récemment Iggy Pop déclarait qu’Iceage était le seul groupe punk réellement dangereux. C’est pas faux, après la reconnaissance survenue avec leur premier album il y a deux ans, les Danois continue dans la même lignée avec ce disque violent, puissant et forcément réjouissant ! You’re Nothing n’est pas pour les âmes sensibles ça tabasse tout du long, les riffs pleuvent au milieu du bordel ambiant (ce batteur a clairement une dent contre ses cymbales) mais ils possèdent tout de même de réelles mélodies de quoi faire pâlir n’importe quel groupe. Plus que du punk dangereux c’est peut être même l’avenir du punk qui est là, ces gars là ont en tout cas ont tout compris avec le nihiliste You’re Nothing. A consommer avec modération tout de même, la migraine guette.

Note Pitchfork : 8.6/10
Note réelle : 8.5/10 (Best New Panda)
Date de sortie : février 2013
Un titre en écoute à droite

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