Mardi 28 septembre : Aloe Blacc - Femme Fatale

C’était début mai, en regardant la nouvelle série de HBO intitulée How To Make It In America (une version looser de Entourage), je tombe sur ce générique. I Need A Dollar, tube en or massif interprété par celui qui m’était encore inconnu : Aloe Blacc. Cette chanson a tout. Des arrangements peaufinés avec soin, une voix soul divine qui n’avait rien à envier aux plus grands et surtout, une mélodie imparable. Dire que son second album était attendu était un doux euphémisme, ce titre se plaçant déjà comme l’un des meilleurs de cette année. Alors qu’en est-il de cet album ?

Avant d’aborder ce disque, il faut déjà se mettre en tête que I Need A Dollar est le seul gros tube de ce Good Things pour éviter toute déception. Mais si un album se contentait d’être noté seulement sur le nombre de titres accrocheurs ça se saurait… Alors oui le reste est peut être un peu moins évident mais le tout reste très facile à écouter pour un peu qu’on apprécie ce genre. Car Aloe Blacc joue la carte du crooner soul qui lui va comme un gant avec des arrangements des plus soignés. Durant tout l’album, les cuivres seront à l’honneur, quand on entend une guitare cela va souvent de paire avec la wah-wah. Pourtant l’élève n’imite jamais ses maitres, il se contente d’appliquer une recette bien à lui et qui se révèle être une réussite. Pas rétro pour un sou, Cet album est bel et bien ancré dans cette décennie.

Si on fera l’impasse sur quelques titres (le très soigné Momma Hold My Hand mais un poil poussif à mon goût), on se jettera sur les nombreuses perles comme Take Me Back où l’orgue Hammond est à l’honneur soutenu par des chœurs de grande classe. Classe est sûrement le mot qui convient le mieux à ce Good Things. La pochette est classe, la voix est classe, le mec est classe… TOUT est classe et ce serait une belle erreur que de passer à côté de cet excellent disque auquel on souhaite un succès comparable au Back To Black d’Amy Winehouse dont la tâche se révèle loin d’être aussi insurmontable qu’on aurait pu le penser vu le buzz dont le bonhomme est en train de vivre en ce moment…

En écoute aujourd’hui, la reprise impeccable de Femme Fatale du Velvet UndergroundAloe Blacc s’approprie totalement la chanson dans cette relecture complète et qui est aussi l’un des grands moments de ce Good Things.



Extrait de l'album : Good Things
sortie le : 28 septembre 2010
Label : Stones Throw
Myspace
En écoute dans le lecteur à droite

Des chroniques (cherché vite fait) :

Deux très bonnes :
I Left Without My hat
De la lune on entend tout
Une moins bonne :
Fanou And Co

Semaine 38 : Swans - My Father Will Guide Me Up A Rope To The Sky [Young Gods Record]

Comme quoi, c'est parfois dans les vieux pots qu'on trouve la meilleure confiote, Swans vieux groupes (leur photo myspace est là pour confirmer que le groupe a du vécu...) des années 80/90 refait surface après un silence long de plus de dix ans.



Je n'attendais rien de cet album. Comment aurait ce été possible puisque je ne connaissais même pas l'existence de Swans. Pourtant, sans le savoir, j'avais déjà écouté le travail d'un des membres avec The Angels Of Light, et le sublime album We Are Him. Un mélange de rock americana et de folk déglingué où l'on retrouvait derrière le micro un certain Michael Gira qui n'est autre que le leader de Swans. Si je l'avais su il y a deux semaines quand je faisais mon petit marché discographique, je me serais sûrement jeté sur ce disque mais dans l'ignorance la plus totale, ce disque a failli passer à la trappe...

Me baladant de myspace en myspace armé de ma liste des artistes ayant une actualité discographique je tombe sur « l'espace » de Swans et sur le titre Eden Prison. Pas pour moi. Trop bourrin, fait par des machins sans âges, album qui veut faire croire qu'il est couillu alors que ce n'est que de la branlette (avis donné en 30s)... Alors je passe. Puis par un heureux hasard me trouvant avec un nombre d'albums insuffisants. Je reviens sur My Father Will Guide Me Up A Rope To The Sky mais cette fois ci en commençant par le début. La vision alors du groupe fut toute autre. Des carillons! Voilà comment débute ce disque, un festival de carillons clinquants! Le groupe n'étant pas là pour déconner non plus, les guitares sur un rythme martial font leur entrée, et s’il n'y a pas vraiment de mélodies marquantes, le son suffisamment puissant et étonnant ravit nos oreilles. Au loin des instruments non identifiés rugissent. Michael Gira et sa bande créent un univers fascinant et inquiétant, et ce n'est que l'introduction, le titre débutant qu'au bout de 3 minutes 30 accompagné par ces fameux carillons bien plus discret. La voix grave et belle du chanteur surgit alors. A l'image de la musique, il y a en elle quelque chose de menaçant tout en étant attirante.

Dès le titre d’ouverture, on est quelque peu surpris par cette composition longue de 10 minutes, captivante mais difficile d’accès. Avec la chanson suivante on découvre l’autre facette de Swans, plus folk, plus calme et moins semée d’embûches, Reeling The Liars In ne manque pas de charme et pourra plaire même aux plus réticents aux groupes qui ont tendance à tout faire péter pendant un laps de temps assez long. Ainsi durant tout l’album, ces vieux briscards alternent entre titres acoustiques et rock, tout en étant en recherche continuel de sons innovants. You Fucking People Make Me Sick par exemple et sa conclusion basée sur un piano et des cuivres menaçant est en tout point remarquable.

De son introduction étourdissante montrant tout le savoir faire du groupe pour proposer un contenu original, en passant par tous ces titres d’une puissance sonore et d’une qualité d’écriture rarement égalées cette année on arrive à ce final où les instruments usés se sont tus, épuisés par la tâche/l’exploit qu’ils viennent de réaliser. Résonne alors encore la voix de Michael Gira grave et puissante entonnant son refrain. Toujours debout, la retraite n’a pas encore sonné pour lui et on espère encore quelques albums de cet acabit même si la tâche va se révéler inévitablement difficile vu la qualité de ce dernier.




sortie le : 23 septembre 2010
5 titres en écoute à droite.
Myspace

Des critiques positives chez :
Random Songs
Playlist Society
Brainfeeders & Mindfuckers
Interlignage
Foutraque
666

Des critiques négatives chez :
.
.
.
Personne (pour l'instant)

Fennix

Laissé pour mort depuis plus d'un an, "promenade sur myspace" revient! Le principe : Présenter un artiste découvert sur myspace avec pour contrainte de toujours chercher dans la liste d'amis de celui dont on a parlé la semaine (plutôt l'année ici) précédente. Le dernier en date était Pizazz, aujourd'hui : Fennix, originaire du Michigan.

Les membres de Fennix sont jeunes, très jeunes même puisqu’ils doivent avoir entre 16 et 18 ans et ne doivent pas prendre au sérieux ce groupe au profit de The Crooks, le projet de leurs débuts qui pratique un Blues/rock psychédélique des plus banals (gonflant même). Et c'est bien là le problème car Fennix semble être une vaste blague alors qu'il y a bien plus de talent ici que dans l'autre groupe qui a déjà sorti un album.

Seulement deux titres sont en écoute, mais quels titres! Il y a d'abord Black And White, qui laisse développer une jolie mélodie constituée de nappes de synthés et d'un piano suivi par une batterie des plus rythmées ainsi que d’une voix à l'écho bien développé. Arrivé au milieu, c'est la cassure, le tout étant plus enjoué et les effets sonores plutôt bien utilisés avant l'explosion finale qui rappelle alors Electric President dans cette volonté de donner un côté très aérien et mélancolique à leurs mélodies. La seconde et la meilleure s'intitule In Dream et évoque le fantôme des Kinks, après une agréable introduction piano détraqué/voix en chœurs, le tout s'emballe. Résolument plus pop , le titre possède la même construction que le précèdent (cassure, final qui décolle...) pour notre plus grand plaisir.

Fennix met à disposition deux titres qui sont loin de faire tâche mais il est dommage de voir ce talent gâché par un manque d'implication évident. On leur souhaite donc un échec retentissant avec The Crooks et beaucoup de réussite pour Fennix, un vrai groupe original et charmant comme on aimerait entendre plus souvent sur la toile.


Myspace

Jeudi 23 septembre : Frankie Rose And The Outs - Candy

Tiens c'est marrant, quand on écoute cet album on pense tout de suite à pleins de groupes qui ont explosé cette année. Ces groupes qui sentent bons l'œstrogène et qui jouent au jeu de celui qui sortira l'album le plus couillu. Et c'est un peu normal puisque cette fameuse Frankie Rose a tourner autour de tout pleins de ces groupes. Et là, attention, ça se complique:

Donc, Frankie Rose commence sa carrière de musicienne en 2007 chez les plus ou moins respectables Vivian Girls (Girls Only), groupe de garage rock prônant le Riot Grrrl. La hype tardant à monter, elle les quitte en 2008 et sera remplacée par Ali Koehler qui les quittera à son tour car elle aussi trouvait que le groupe manquait de hype attitude, et rejoindra alors Best Coast qui lui, au moins, est un groupe hype ! Ensuite Frankie rejoint les excellents Crystal Stilts mais le manque de filles (et de hype) dans le groupe se faisant cruellement sentir elle repart 1 an à peine pour accompagner les très hype Dum Dum Girls (Girls Only) (Hype qui s'est très vite cassée la gueule. Frankie Rose qui commence alors en avoir marre de trainer sa valise à roulette dans tout le pays pour accompagner des groupes plus cons que les autres n'a donc pas tardée à se barrer. Car oui, les histoires de gonzesses entre crêpage de chignon et séance de manucure, c'est chiant. Alors mademoiselle girouette a décidée de fonder son propre groupe et ne plus être emmerdée. Quelques Gugus répondant aux noms de Outs qui passaient dans le coin suffis à la princesse pour former son band et que s'appelorio Frankie Rose And The Outs. Une légende était née.

N'empêche, ce paragraphe peut paraitre con, et pourtant, on tient là presque toutes les bases de ce premier album. Presque, car là où Frankie Rose à attirée mon attention plus que les autres, c'est dans cette capacité à écrire ces chansons garages un peu rêveuse, très douce, laissant de temps en temps reposer nos oreilles, contrairement à ses camarades de classe (excepté Best Coast que je n'ai pas écouté encore, et Crystal Stilts, encore un cran au dessus). Et pour une fille qui revient de loin et qui est à l'origine une batteuse, elle surpasse ces copines au niveau des mélodies bien plus réussies. Plus pop, mieux foutu et moins rébarbatifs font parties des qualités de cet album que Dum Dum Girls et Vivian Girls n'ont pas. Et si certains titres laissent de marbre, on ne boudera pas notre plaisir pour une fois qu'on apprécie réellement le travail réalisé par l'un de ses groupes hype ou pas.

En écoute aujourd'hui, Candy où les musiciennes montrent qu'elles ont les mains lourdes sur leur instrument mais le chant aérien, et qui n'hésite pas à convoquer quelques synthés à la fin du titre même si un peu "d'esprit garage" doit partir avec.



Extrait de l'album : Frankie Rose And The Outs
sortie le : 21 septembre 2010
Label : Slumberland
Myspace
En écoute dans le lecteur à droite

Mercredi 22 septembre : Wu Lyf – Spitting It Concrete Like The Golden Sun God

Pour la reprise en activité du blog, j’ai décidé de faire les choses bien et de reprendre tous les vieux topics pas mis à jour depuis un bail (ça tombe bien en plus vu que cette semaine est relativement calme en matière de sorties discographique). Puisque l’on est mercredi, c’est donc clip !
Et quoi de mieux qu’une bonne claque musicale pour commencer avec Wu Lyf, un groupe qui se la joue mystique et dont on ne sait finalement que peu de choses excepté qu’ils sont originaires de Manchester. Loin des groupes hypes à guitare que la perfide Albion nous refile souvent, ces quatre jeunes gens aux pseudos rigolos (Gino Lungs, Skinny Fists…) nous livre en mise en bouche une vraie pépite tribale. Rondement menée par une batterie affolante et quelques clappements de mains, Wu Lyf bouleverse. Bouleverse tout d’abord parce que la guitare qui rappelle un peu le dernier Wild Beasts est limpide et rêveuse. Bouleverse aussi par ces cris déchirants qui n’ont pas à rougir de la voix de Frank Black. Enfin, bouleverse, par son clip violent mais soigné réalisé par un novice, ami du groupe. Une vidéo qui regorge d’une multitude de bonnes idées (l’apparition du groupe dans le lac, la femme noire enduit de peinture de toutes les couleurs sur le fond blanc, le dernier plan…).

Ce premier titre est annonciateur d’un bel avenir pour Wu Lyf qu’il faudra s’empresser de voir aux Transmusicales cet hiver où ils donneront leur second concert en France après le Midi Festival qui a mis tout le monde d’accord.

WU LYF-spitting it concrete like the golden sun god from LYF film on Vimeo.





Réalisé par Jamie Allan
Myspace

Mardi 21 septembre : The Hundred In The Hands - Pigeons

Cet été, comme un parfait blogueur/Indie Kid qui avait bien appris sa leçon, le weekend du 15 août était synonyme de Route du Rock. Haaa Saint-Malo… Sa plage, ses remparts, sa pluie… Ce dernier mot a d’ailleurs rimé avec notre samedi qui a failli coûter la vie à mon portable et qui nous a empêchés de voir les premiers concerts pour cause de on-a-pas-de-bottes-c’est-trop-la-merde-il-nous-faut-des-bottes… Mission qui s’est révélée être un semi-échec au passage… Alors, bon, le temps d’oublier cette histoire, de boire un peu, tout ça, tout ça… Foals commençait déjà à jouer. On avait loupé The Hundred In The Hands, ce groupe Américain dont je n’avais jamais entendu parler avant leur programmation au Fort Saint-Père, pourtant signé sur le prestigieux label Warp souvent félicité sur ce blog pour son ouverture musicale.

Aujourd’hui c’est donc rattrapage, puisque leur premier album sobrement intitulé The Hundred In The Hands vient de sortir, un album qui laisse une place de choix aux synthés dont les mélodies sont assurées par Eleanore Everdell la chanteuse, tandis que Jason Friedman officie à la basse. De ce duo peu commun, on obtient ce mélange étrange entre un univers à la Florence Welch, du disco, et de l'électro-pop. Si dans un premier temps l’enrobage est des plus alléchants, l’indigestion se fait vite sentir, la faute à quelques titres dont on se serait bien passé par leur manque de mélodies marquantes. Là où le duo gagne ses galons, ce n’est pas par leur originalité mais plutôt par ces refrains entêtants lorgnant sans vergogne vers la musique FM.

C’est donc avec plaisir et non sans surprise qu’on assiste à un véritable virage artistique en guise de conclusion :trois titres bien plus rock, où la basse est laissée de côté en faveur d'une guitare au son digne des groupes de rock FM des 80's comme le témoigne Gold Blood . Si on se pose parfois des questions sur certaines de leurs influences un poil douteuses, on ne rechigne pas face à l’énergie dégagée durant les 10 dernières minutes de ce disque qui clôturent sur un point positif The Hundred In The Hands.

Au final, peu de regrets après ce disque, car si je n’ai pas trouvé de bottes, l’ensemble de pêcheur n'était pas mal non plus et la quantité de bières ingurgitées avant les concerts m’aura permis de supporter le show de Massive Attack. Non, pas de regrets, excepté le fait de ne pas avoir pu admirer le joli minois de la chanteuse…

En écoute aujourd’hui, Pigeons, petit plaisir coupable qui a plus tendance à concurrencer Kylie Minogue et Lady Gaga plutôt que Blondie et Siouxsie And The Banshees.




Extrait de l'album : The Hundred In The Hands
sortie le : 21 septembre 2010
Label : Warp
Myspace (L'album est en écoute intégrale.
En écoute dans le lecteur à droite.

Lundi 20 septembre : Abe Vigoda - Dream Of My Love (Chasing After You)

Il était temps après de loooongues vacances de revenir aux affaires (promis, cette fois, je n’arrête pas après un article… Enfin je vais essayer). Et histoire de se remettre de cet été, quoi de mieux qu’un album de tropical punk ? Ça tombe bien, Abe Vigoda qui m’avait tout émoustillé avec leur Skeletons revient avec Crush, sauf que les quatre Californiens ont décidé de pourrir mon retour… En effet, Crush n’est pas du tropical punk genre peu répandu pour s’engouffrer dans la brèche de la cold-wave comme le quart des groupes de rock aujourd’hui. Super… Encore pourrait-on les excuser de cet affront s’ils avaient signé un album avec des compositions chiadées, mais ce n’est pas le cas non plus…

Décidément, Abe Vigoda veut réellement gâcher mon retour. Pire ! C’est peut être l’un des plus mauvais albums que j’ai écouté cette année ! A l’image du titre Crush qui donne le nom au disque on se retrouve nez à nez avec du vulgaire rock de stade comme si Abe Vigoda s’était acoquiner avec des groupes affreux comme The Bravery. Mais là ou on atteint le pompon c’est bien au niveau du chant puisque il est simplement méconnaissable, et le chant assimilable à celui d’un fou furieux a laissé place à celui d’un Emo romantique.

Pourtant on retrouve parfois de bonnes idées dans cet album, des guitares grinçantes qui rappellent le bon vieux temps sur les refrains de November, ou le final We Have To Mask qui rappelle peut-être les années 80 de MTV mais qui a le mérite de posséder une quelconque mélodie. Mais à côté, on se retrouve avec un songwriting poussif de bas étages qui est censé montrer une volonté de produire une musique taillé pour les stades alors qu’ils ne sont même pas capable de remplir une salle de taille modeste.

En résumé, Crush est lourd et fatiguant, ce qui est aussi la description parfaite du chant qui en a fini de hurler comme un chien enragé. On perd un groupe prometteur et original pour une énième copie d’un genre éculé jusqu’à la moelle. Le pauvre Abe Vigoda (le vrai, l’acteur), lui-même doit sérieusement tirer la tronche, lui qui a joué de nombreux rôles variés mais qui n’avait jamais fais la pute, le groupe de Chino vient de combler ce manque.

En écoute aujourd’hui, November qui n’a d’affreux que le chant ce qui est plutôt pas mal pour cette (humm) œuvre…

Edit : Ben en fait ce ne sera pas November parce que Grooveshark veut aussi pourrir mon retour donc à la place cette vidéo glanée sur internet où vous pourrez admirer toute l’étendue des dégâts avec le titre Dream Of My Love (Chasing After You).

Extrait de l'album : Crush
sortie le : 20 septembre 2010
Label : Bella Union
Myspace






Kennel District en pense bien des choses...

Semaine 22 : Karaocake - Rows & Stitches [Clapping Music]

Avant même d'avoir écouté une seule note de l'album, c'est toujours avec plaisir que l'on se plonge dans un disque Clapping Music, qui décidément, n'en finit pas de dénicher les pépites musicales



Chez Clapping Music, les sorties se suivent mais ne se ressemblent pas. Après la folie Clara Clara menée par le génial François Virot et Nightcrawler aka redThe disque tout aussi passionnant, voici Karaocake. Dirigé par la délicate Camille Chambon, elle nous emporte dans un doux monde cotonneux pendant ces 12 titres enregistrés dans sa chambre qu’on imagine parfaitement réalisés sous la couette. Parée de ses plus beaux synthés, la demoiselle souffle aussi bien le chaud par son minimalisme et son esprit fait-maison que le froid par les sonorités des synthétiseurs et la désespérance de ses morceaux. Pour que le tout prendre forme, elle est épaulée par Domotic (Stéphane Laporte) et Charlotte Sampling (Tom Gagnaire), qui sans enlever le côté lo-fi « fait de petits rien » apporte du relief et quelques envolées qui sont le bienvenu.

Toute la tristesse que dégage ce Rows & Stitches a pourtant un goût chaud et agréable, un disque qui donne l’envie d’y retourner encore et encore pour s’imprégner de la beauté de ses mélodies. Car Camille se révèle une grande compositrice aussi bien à l’aise quand il s’agit de faire parler la poudre à la manière des Dum Dum Girls(Eeeeerie) que dans les envolées aux claviers atteignant des sommets (Kingdom). Et que dire de Bodies & Minds formidable objet pop qui nous enivre par la cadence métronomique de la batterie et les boucles de synthés qui n’en finissent plus.

Rows & Stitches est indéniablement un disque attachant pour de multiples raisons mais la plus belle des explications est sa voix. Douce, et chaleureuse mais dominant les instruments avec une certaine mélancolie, Camille Chambon possède bien là son plus bel instrument, chantant les notes dans les graves mais avec beaucoup de rondeur, elle fait parfois penser à une (Au revoir) Simone à elle seule, où à la chanteuse des regrettés The Organ.

Seule ombre au tableau, Karaocake a peut être succombé aux titres en trop ou, tout simplement, a mal choisi la tracklisting de ce premier effort prometteur. Il aurait été judicieux, par exemple, de ne pas positionner en fin de course les deux titres les plus lents et les plus contemplatifs donnant une furieuse envie à nos doigts de passer à la suite. Face à certaines grandes chansons, on retrouve aussi quelques compositions un peu plus faibles donnant l’impression d’un disque en dents de scie.

Ces quelques défauts ne doivent pas vous arrêter dans votre envie d’écouter ce disque car Rows & Stitches le mérite. Cet album, c’est tout et son contraire, c’est la légèreté des mélodies qui se confronte à la froideur des synthés, c’est la joie qui se dégage des compostions qui se confronte à la voix mélancolique de Camille Chambon. Rows & Stitches est tout simplement beau et prouve que Clapping Music s’affirme bel et bien comme l’un des plus passionnants labels Français.



sortie le : 02 juin 2010
5 titres en écoute à droite.

Des critiques positives chez :
Muzzart
Autres directions
Playlist Society
Ground Control To Major Tom

Jeudi 3 juin : Teenage Fanclub - Dark Clouds

Quand on tient un blog, ce n’est pas toujours facile, de se plonger dans les vieilleries discographiques, heureusement, certains groupes dont la gloire et le prestige les ont quittés depuis un moment continuent à publier au fil des années de nouvelles compositions pour montrer qu’ils sont toujours bien vivant. Alors non, je ne connaissais pas Teenage Fanclub, si on m’avait demandé il y a un mois de quoi il s’agissait, j’aurai sûrement répondu un groupe de jeunes Anglais vaguement branchouille qui feraient du rock avec une pointe d’éléctro pour le style quoi. Que voulez vous quand on a 23 ans, on peut difficilement avoir son premier émoi musical avec un album comme Grand Prix leur plus grand succès qui a déjà 15 ans. Car à 8 ans, on se penche rarement sur l’indie pop Anglaise ou quoi que ce soit d’ailleurs. C’est donc avec 20 années de retard que je tombe sur ces vieux de la vieille et découvre une pop des plus classiques. Ils ont un son un peu Anglais sûrement à cause de la production mais pourtant il y a chez eux un son typiquement Américain, il n’y a qu’à écouter The Fall aux allures de ballade dans les plaines du Middle West que seuls ces bon vieux papys du rock qui ont participés à Woodstock en 69 sont capables. On pense un peu aux Byrds aussi… Bref des influences à chercher Outre-Atlantique qui sont pourtant servis par quelques notes de piano ou de violons qui renvoient au pays des rosbeef, ce qui est plutôt étonnant pour un groupe…Ecossais.

Dans ma tête Teenage Fanclub avait aussi une connotation agressive ce qui fait en fait ma deuxième fausse idée à propos de ce groupe plus doux qu’un agneau. Du début à la fin Shadows est un disque d’une politesse extrême. On n’en sort pas brusqué, ni agressé mais emporté comme dans une balade champêtre. La voix m’a même fait penser à la voix la plus douce qui est existé c'est-à-dire Elliott Smith la tension dramatique et la tristesse en moins…

Sans aucun doute, Shadows est un disque mignon mais ce débordement de bons sentiments finit par peser ! Teenage Fanclub, c’est un peu ce mec souriant, gentil, toujours calme mais qui est une vraie tête à claque ! Il y a parfois cette envie qui démange, de les secouer vivement ainsi que leur donner un aller retour bien senti pour essayer de les réveiller en vain… Heureusement l'élégance de certaines chansons rattrapent le tout on pense à Baby Lee et son joli refrain, la rêveuse Sweet Days Waiting, le troublant The Past ou encore Dark Clouds qui malgré son introduction au piano un peu cul-cul gnangnan possède cette beauté fragile. Ces quelques titres sauvent le tout faisant passer ce disque de mauvais à indifférent et qui a au moins le mérite de nous donner envie de se plonger dans leur âge d’or à l’époque où la Britpop était reine.

En écoute dans le lecteur à droite
Extrait de l'album : Shadows
sortie le : 31 mais 2010
Label : Merge
Myspace



Mon ignorance vis à vis des Teenage Fanclub doit jouer... Les autres apprécient :
Music In Belgium
Soul Kitchen
Benzine Magazine
Gonzaï

Mercredi 2 juin : Born Ruffians - Sole Brother

En 2008 si on m’avait pointé un revolver dans la bouche et prié de ne garder qu’un album pour l’été, mon choix aurait été rapide : Red, Yellow And Blue s’imposait comme le disque incontournable, et pas seulement en période estivale, mais sur l’année entière voire même l’un des meilleurs disque de la décennie (carrément !). S’imposant dans le trio de tête de mon top de cette année , ce trio fraichement signé par le prestigieux label Warp avait tout pour eux alors : Une fraicheur, des tubes à profusion et surtout de l’énergie à revendre qui était leur principal atout. Sans sacrifier au grand jamais la cohérence qui parcourait chacun de leur titre, chaque membre du groupe s’évertuait à donner le meilleur d’eux même entre le bassiste Mitch Derosier jouant le plus vite possible en se bousillant les doigts à chaque note et qui s’égosillait la voix à la moindre occasion pour accompagner ses amis, ou Steve Hamelin comme un fou derrières ces fûts, toujours à la limite de l’audible et laissant libre court à son imagination débordante quand il s’agissait de composer des rythmiques fun et complexe à la fois. Et puis au milieu de tout ça il y avait le garçon prodige, ce « little garçon » intransigeant avec sa guitare quand il s’agissait de jouer des hymnes pop et possédant un talent vocal hors pair, un Animal Collective à lui tout seul. De ce Red, Yellow And Blue il n’y avait rien à jeter et là (excuser moi l’expression mais…) c’est le drame. En pleine tournée, le batteur jette l’éponge laissant les deux autres comparses dans la panade, le groupe est au bord du gouffre alors que l’avenir leur souriait à pleine dents. S’en suit une période de doute qui débouche sur un petit miracle où les ados se retrouvent enfin. Plus réunis que jamais ils se lancent alors dans la suite de leurs aventures attendues alors comme des messies par le Panda. Oui mais voilà, cette période noire du groupe semble avoir eu des conséquences importante sur eux. D’ados ils sont devenus des vieillards fatigués, on ne parle même pas de l’âge adulte mais bien celui du cinquantenaire ventripotent, la preuve en est avec Luke Lalonde au visage d’enfant portant fièrement ces petites lunettes rondes de doyen du village.

Et pourtant, rien ne préparait à une telle débâcle. En témoigne leur participation au coffret Warp qui célébrait les 20 ans de leur label où le trio s’était lancé avec talent dans une reprise regroupant deux titres du gourou Aphex Twin. Pourtant, face à l’album Say It, la gueule de bois se pointe rapidement… Si Oh Man n’annonçait pas forcément une telle baisse de régime mais plutôt une entrée timide, les espoirs sont rapidement plombés par Retard Canard, titre Ô combien inutile, aussi répétitif que mollasson. L’album n’est pas autant mauvais, car Born Ruffians se rattrape en fin de disque avec les sympathiques Come Back et Nova Leigh sans pour autant retrouvé la fougue de leur jeunesse ou avec les deux meilleurs titres du disque. What To Say de prime abord décevant qui finit pourtant par dévoiler une certaine mélancolie qu’on n’avait pas forcément aperçu chez eux depuis leur début et Sole Brother sommet de l’album qui rappelle peut être les moins bonnes chansons de Red, Yellow And Blue mais ce qui est encore un niveau au dessus de la grande majorité des compositions de la plupart des groupes. A l’écoute du disque, on peut se demander où sont passés les divagations rythmiques qui ont laissé place à une batterie naviguant à une cadence de croisière ou encore les jeux vocales aliénés au charme incroyable. Ni bon, ni mauvais, Say It est surtout une erreur dans une discographie parfaite. On aurait encore aimé apercevoir en eux ce soupçon de folie enfantine mais au lieu de ça, les Canadiens jouent la carte de la maturité. Pour la suite, on leur souhaite de retrouver le chemin de la fontaine de jouvence car Say It est indéniablement la déception de l’année.



Extrait de l'album : Say It
sortie le : 01 juin 2010
Label : Warp
Myspace
En écoute dans le lecteur à droite

Un avis totalement contraire ici

Mardi 2 mars : Hey Hey My My - Not Fun Anymore

On l'anonçait hier, le voici, le voilà, le nouveau single de Hey Hey My My! Après un premier album plus orienté vers le folk, Julien, Julien et Michel ont décidé de laisser parler la poudre, en témoigne ce premier extrait et single du prochain opus. Ressemblant à un vrai défouloir, les guitares s'expriment librement sur ce Not Fun Anymore. Aidé par une voix qui n'est pas sans rappeler le grand Grandaddy, les trois gaillards s'éloignent des ambiances boisés pour un univers plus fou et plus étrange... Impossible de ne pas penser à Queen durant ces refrains enflammés, alors que de nos jours plus grand monde n'est émoustillé à l'énnonciation du groupe mené par le passé par Freddie Mercury. Hey Hey My My ose et nous laisse quelque peu perplexe avec ce titre amusant mais un peu déconcertant, sans rentrer dans les annales, ce titre a au moins le mérite de nous donner envie d'en écouter plus, mais pour cela il faudra attendre le 26 avril pour juger de A Sudden Change Of Mood dont l'ambition maintenant semble d'attirer l'attention des Anglo-saxons. En attendant, c'est à vous de juger avec ce premier extrait en exclu ici et, ou, sur l'un des autres blogs participant à ce coup marketing.





Extrait de l'album : A Sudden Change Of Mood
sortie le : 26 avril 2010
Label : Sober & Gentle
Myspace

Vous pouvez retrouver le titre en écoute sur l'un de ces blogs :
Soul Kitchen
Hop Blog
Playlist Society
Blog Ricard
Arbobo
Rocktrotteur
La Quenelle Culturelle
We Pop
Not For Tourist
New Geeks On The Block
Des chibres et des lettres
Violette Roll: Chroniques futiles et insolentes

Semaine 08 : Joanna Newsom - Have One On Me [Drag City]

Après trois ans et quelques mois sans nouvelles, Joanna Newsom revient plus en forme que jamais avec un triple album qui prend la forme d'une grande fresque musicale et faisant le lien entre ses deux productions passées.



Finalement, Joanna Newsom ne s’est pas absentée si longtemps, son dernier disque datant de fin 2006, ce n’est que trois petites années qui se sont écoulées entre temps. Pourtant le temps a paru bien long sans elle, il faut avouer que Ys se plaçait haut la main comme le meilleur album de sa promotion et l’un des plus importants de cette décennie. 5 titres pour pas loin d’une heure de musique de poésie pure où chaque chanson semble se réinventer à chaque fois, où l’impression de découvrir des détails inédits qui étaient passés inaperçu jusqu’ici revient sans cesse, une œuvre inépuisable, intemporelle et surtout indispensable. Après un tel exploit, comment ne pas trépigner à l’idée d’un troisième opus, si on savait depuis un moment que la belle préparait quelque chose en dévoilant de nouvelles compositions sur scène, la libération est finalement arrivée en ce début de 2010 avec une annonce sous la forme d’une mini bande dessinée publiée sur Drag City pour le moins mystérieuse.

Et puis est arrivée cette nouvelle terrible, épouvantable ! Joanna Newsom nous a concocté un triple album ! On peut penser tout le bien qu’on veut d’un artiste, balancer trois disques en pâtures a de quoi faire douter n’importe qui. Parce qu’ici les albums qui dépassent une heure, on en est rarement friand… Trop de titres bouche trou, trop de longueurs, trop de lassitude ce qui conduit irrémédiablement à l’ennui et à l’écœurement. Quand on se retrouve alors avec entre les mains trois galettes représentant plus de deux heures de musique, le doute est permis…

Et aux premières écoutes c’est ce qui arrive fatalement, on ne peut s’arrêter de penser à ce qu’il aurait pût être si elle n’avait gardée que la moitié voire le tiers des titres pour rentrer dans les standards actuel. Alors, oui, avouons le, on aurait encore eu le droit au troisième chef d’œuvre consécutif de l’artiste ni plus ni moins. Mais c’est bien le seul reproche que l’on pourra faire à ce disque et il est à relativiser. Parce que bon, d’accord, quand on se lance dans cette épopée musicale on est partit pour deux heures de minauderies mais si l’on devait s’amuser à faire une liste des chansons superflues elle resterait vide. Dix-huit titres et rien à jeter, de Easy collant des frissons dès l’ouverture grâce à la voix fragile de Joanna Newsom aux grondements orageux clôturant à merveille Does Not Suffice. Pendant ces trois années, la Californienne n’a pas chômé réunissant ainsi une bien belle collection d’éclatant bijoux.

Depuis ses débuts, la copine de la star de SNL (Adam Samberg) impressionne pour la qualité de ses compositions. Aussi élégantes et inspirées, on ne lui à toujours pas trouvé d’équivalent. Unique en son genre, elle navigue entre ses deux précédents opus, de la brièveté des compositions de The Milk-Eyed Memder qui alternait harpe et piano, aux longues fresques complexe de Ys où elle privilégiait son instrument fétiche. Ici, on avoisine les 6 minutes en moyenne laissant aux chansons se développer sans être interminables mais nombre d’entre eux restent quelque peu insaisissable en multipliant les ponts et pirouettes mélodiques. Ajoutez à cela le grand nombre de titres, il est toujours aussi difficile d’apprivoiser la musique de cette étonnante artiste. Et c’est sûrement l’une des grandes forces de Joanna Newsom nous surprendre encore et encore malgré les écoutes qui se suivent et qui se multiplient.

De mémoire, impossible de se remémorer quand est ce qu’on avait pris autant de plaisir à l’écoute d’un album aussi dense. Disons le clairement, Have One On Me est encore une fois un grand album qui à l’heure qu’il est n’est sans doute pas encore au niveau des deux premiers mais qui devrait lui donner raison dans les mois à venir. Joanna Newsom confirme cependant qu’elle fait partie de ces grandes artistes actuelles, peut être la plus grande, qui aura su en trois albums inventer une certaine forme de folk aidée par de grandes compositions. Et une fois de plus, Have One On Me est un disque qui, en étant dans le prolongement naturel de ses deux premiers efforts, est à la fois stupéfiant, rare et inégalable… Rien que ça.



sortie le : 23 février 2010 (U.S) / 8 mars 2010 (France)
6 titres en écoute à droite, 2 par albums.

Coming Soon... : Hey Hey My My - Not Fun Anymore

Aujourd'hui est un jour un peu particulier puisque l'agence Waaa a proposer à différents blogs musicaux cet essai quelque peu particulier : Hey Hey My My, un groupe qui avait fait parler de lui en 2007 avec un premier album plutôt bien acceuillit si mes souvenirs sont bons est de retour cette année avec un album parait-il plus rock (ce qui semble se prouver avec ce premier essai). A l'occasion, différents blogs dont vous retrouverez la liste ci-dessous particeperont à l'opération qui consiste à passer au même moment leur nouveau single intitulé Not Fun Anymore, un mélange entre la pop de Grandaddy et la flamboyance de Queen. L'occasion d'écouter ce titre sera de courte durée, je vous donne donc rendez vous demain à 11H pour écouter leur nouveau titre et vous aurez exactement jusqu'à 14h avant que la chanson ne soit plus en écoute. A demain!

Liste des participants :

Soul Kitchen
Hop Blog
Playlist Society
Blog Ricard
Arbobo
Rocktrotteur
La Quenelle Culturelle
We Pop
Not For Tourist
New Geeks On The Block
Des chibres et des lettres
Violette Roll: Chroniques futiles et insolentes

Vendredi 26 février : Johnny Cash – Redemption Day

Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire… On aurait pu entonner par cette bonne vieille chanson en ce 26 février en l’honneur de Johnny Cash qui aurait fêté ces soixante-dix huit ans aujourd’hui. Mais voilà, cela fait maintenant six ans et des poussières que l’homme en noir nous a quitté, et pourtant, il continue à nous hanter avec de nouveaux albums issus des American Recordings débutés en 1994 avec le producteur Rick Rubin. A l’occasion de son anniversaire, sort aujourd’hui le sixième et dernier volume de cette collaboration qui s’est avérée aussi productive que de qualité permettant au grand homme de renouer avec le succès aussi bien critique que public. Comme les précédents on retrouve essentiellement des reprises beaucoup d’entre elles issus de la country ainsi qu’une composition originale intitulée I Corinthians: 15:55 reprenant un verset de la bible qui a toujours été très présente dans sa vie.

Issu des mêmes sessions d’enregistrement que le volume V qui se situe entre le décès de sa femme June Carter et le sien, la mort rôde tout au long de l’album. De cette voix grave et chevrotante, on garde cette impression d’être au bord du gouffre, Johnny Cash chante comme si à tout moment il entamait ces derniers mots, la fin étant de plus en plus proche. Ainsi, il confirme l’incroyable interprète qu’il était en prenant l’auditeur aux tripes dès les premières notes ouvrant avec ces funestes paroles : « Ain’t no grave gonna hold my body down ». Nous frappant à la tête comme une imposante massue, Cash nous met à terre par l’extraordinaire gravité et puissance qui se dégage de ce titre qui se révèle comme l’une des meilleures choses qu'il ai chanté ces dix dernières années.

L’album assume ce côté mélodramatique habitant ces trente minutes et certains pourront être gênés par tant de mise à nue de la part d’un artiste dont les jours sont comptés mais comment ne pas être touché par des paroles tel que For The Good Times en forme de testament à sa défunte femme à tout ce qui n’aurait pas eu le temps de lui dire (« Don’t look so sad, I know it’s over, But life goes on, and this old world, will keep on turning »).

Malheureusement, pour ce volume VI, Rick Rubin semble avoir fait les fonds de tiroir pour essayer de constituer un énième chapitre indigne de monsieur Cash et on se pose encore la question pourquoi on ne retrouve pas tous ces titres dans l’indispensable coffret Unearthed paru à sa mort, sensé regrouper tout le travail réalisé entre les deux hommes.

Néanmoins, on est encore loin d’un plantage total et les frissons sont toujours au rendez vous, le plus bel exemple excepté Ain’t No Grave reste cette reprise de Sheryl Crow en écoute aujourd’hui. Un morceau intense en clair/obscur où les refrains lumineux portés par la voix presque optimiste de Johnny Cash nuance avec ces couplets accompagnés par ce piano grave et magistrale, on espère alors que ce grand artiste à la vie tumultueuse aura trouvé son salut et sa rédemption dans cet autre monde auquel il croyait tant et qu’il nous donne envie de croire quelques instants.





Extrait de l'album : American VI : Ain't No Grave
sortie le : 26 février 2010
Label : American Recordings
Myspace

Mercredi 24 février : Eluvium – The Motion Makes Me Last

Non Non, le Panda n’est pas mort juste débordé, revenons donc en douceur en ce beau mercredi avec Eluvium qui en matière de douceur s’y connait plutôt bien. Découvert avec le magnifique Copia, j’avais découvert par la suite sa discographie qui n’était constitué que de pics. Essentiellement au piano et souvent gorgées de nappes de synthé aérienne, Mattew Cooper a, au fil des années, composé de nombreuses perles musicales toutes plus belles les unes que les autres, Radio Ballet ou Genius And Thieves étant des exemples plus que probant. C’est donc avec une certaine joie et une excitation bien réelle que l’on attendait ce retour après trois années d’abstinence. Décidé à changer ses petites habitudes, Similes tout en restant dans la veine des précédents, innove dans le sens où l’artiste s’improvise chanteur. Une grande première pour l’Américain qui nous laisse découvrir une voix posé, sans grandiloquence, qui n’a rien d’extraordinaire mais qui colle finalement à la justesse de ces compositions.

Et pour ce nouveau départ, l’homme décide de frapper fort avec deux grand titres qui rejoignent ce que Cooper a fait de mieux dans sa carrière, dommage que la suite ne suive pas, le reste de Similes étant fait de hauts et de bas, il faut avouer que parfois on s’ennuie quelque peu. Mais un titre comme The Motion Makes Me Last débordant d’émotions nous fait oublier tout les petits défauts auxquels on a le droit. Fidèle à lui-même, ce disque s’écoute comme un voyage contemplatif où l’on se surprendrait à percevoir de la beauté dans des paysages auxquels on n’aurait jamais prêté attention, un disque d’ambiance comme on aime comparer sa musique mais qu’elle ambiance…



En écoute dans le lecteur à droite
Extrait de l'album : Similes
sortie le : 23 février 2009
Label : Temporary Residence Ltd
Myspace
Retrouvez deux chroniques positives chez :
Chroniques électroniques
Toujours un coup d'avance

Semaine 06 : Yeasayer - Odd Blood [Secretly Canadian]

On en a entendu des horreurs et des méchancetés sur le très attendu second album des Yeasayer, après écoute, rassuré je suis. A l'antipode du précèdent, Odd Blood n'en reste pas moins un incroyable disque de pop solaire.



A la fin de l’année 2009, Yeasayer prenait tout le monde à revers avec Ambling Alp. A mille lieux de l’univers qui leur a permis de se faire un nom dans la jungle New Yorkaise, ce groupe originaire de Brooklyn prenait un virage à 180 degrés en se lançant corps et âme dans une musique électro-pop. Ce virement de situation parfaitement réussit sonnait le glas de la world music et du folk chamaniste qui constituait la moelle de All Hour Cymbals.

Odd Blood marque le renouveau d’un groupe qui semble ne pas vouloir appliquer de vieilles recettes au risque de dérouter plus d’un auditeur qui avait été charmé par leur début. On retrouve tout de même quelques vestiges de leur précédente vie notamment grâce à la voix de Chris Keating capable de toutes les excentricités possibles qui se montre aussi bien à l’aise dans un chant languissant que dans des vocalises dignes d’une diva capable de monter très haut dans les aigus. Moins percutants car le plus souvent électronique, le goût pour les rythmiques tribales enivrantes qui faisaient les beaux jours de leur premier album sont toujours là.

Inutile de chercher d’autres ressemblances, Yeasayer délaisse les instruments à cordes pour les synthétiseurs en vue de se lancer dans des hymnes pop. Dès l’ouverture avec The Children, le décalage est bien réel, le chanteur abuse d’un vocoder accompagnés par quelques sonorités électroniques laissant perplexe. Odd Blood est peuplé d’innombrables effets pas forcément nécessaire, mais à l’image de cette pochette affreuse, en retirant toutes ces esbroufes qui peuvent sembler polluer l’album de bout en bout, on se retrouve alors avec 10 perles pop aux mélodies évidentes et exemplaires.

Alors que All Hour Cymbals perdait de son souffle vers la fin, ce nouvel opus tient le cap tout du long. On pourra reprocher la trop grande similarité des excités Rome et Mondegreen ou le chant de Keating à toujours vouloir en faire plus, mais ce n’est rien à côté des fulgurances dont ils font preuve sur chacun de ces titres, de l’immense Madder Red aux chœurs et aux refrains aériens, jusqu’au brassage des genres dont fait preuve le remarquable Love Me Girl où l’on retrouve aussi bien des traces de disco que de R&B ou de funk.

Yeasayer a choisit de ne pas se retourner sur leurs efforts passés pour éviter toute forme de répétition, et bien qu’ils gardent un style bien à eux, ils ont décidé d’emprunter des chemins non balisés mais pas moins rayonnant qui devrait faire les beaux jours de ce groupe décidément peu commun.



sortie le : 09 février 2010
5 titres en écoute à droite
Ambling Alp est en écoute ici
Retrouvez cette chronique sur Indiepoprock.

Pas mal de critiques,
C'est entendu déteste mais accepte qu'on aime.
DODB est assez mitigé mais reconnait qu'il y a du talent.
Culturopoing en conclut qu'Odd Blood est "comme une très jolie fille qui aurait mis beaucoup trop de maquillage et en ressortirait, contre toute attente, nimbée d’une étrange beauté".
Muzicx trouve ça cool.
Playlist Society aussi.
So Why One More Music Blog..? aussi.
La quenelle culturelle adore.

Vendredi 12 février : Massive Attack - Girl I Love You (Feat. Horace Andy)

Plus le temps passe et plus Massive Attack prend son temps pour sortir de nouveaux albums, c’est donc après 7 ans d’abstinence que Grant Marshall (aka Daddy G) qui signe son retour après une absence remarqué sur leur précédent album 100th Window et Robert Del Naja (aka 3D) reviennent aux affaires. Contrairement à Mezzanine qui marquait un changement significatif dans leur musique, le temps consacré à Heligoland ne semble pas avoir été mis à profit pour repenser de fond en comble leur carrière musicale. On retrouve d’ailleurs dans les invités quelques habitués comme Horace Andy présent sur chaque disque du groupe ou Damon Albarn qui avait déjà fait une apparition sur 100th Window ainsi que des petits nouveaux tel que Guy Garvey officiant chez Elbow et surtout Tunde Adebimpe qui s'il est nécessaire de le rappeler possède l’une des plus grandes voix actuelle du rock et le prouve sur le morceau d’ouverture Pray For Rain l’une des grandes réussite de ce dernier album. D’une noirceur implacable, l’intensité vient peu à peu avec la complexité du titre qui commence sur un simple piano lugubre avant que sonorités électroniques et batteries apportent leur soutien pour mieux emballer la machine. Ce que le duo nous propose est ce qui vient d’être résumé en une ligne. En dix titres, ils nous livrent un album sombre et pesant peu propice à une tranche de grosse poilade.

Heligoland, c’est surtout une ambiance ce qui peut faire paraître cet album trop linéaire. De tous ces featurings, tous ne font pas mouche, Martina Topley-Bird et Guy Garvey par exemple posent leurs voix sur des grands moments de chiantitude dont on se serait bien passé. La faute n’est pas à mettre sur l’interprétation car tous les artistes sans exceptions possèdent un réel talent mais à cause de compositions un peu moins inspirés où l’on finit par se demander si l’on n’a pas écouté un titre identique dix minutes auparavant. Trop de chansons similaires provoquent alors l’ennui et la monotonie. Heureusement une bonne pelletée de chansons sauve l’album avec en tête Girl I Love You d’ores et déjà un titre incontournable de Massive Attack impressionnant de puissance où l’on finit compressé par ces cuivres majestueux occupant alors tout l’espace sonore.

Malgré quelques compositions honnêtes mais loin être bouleversante, on sauvera cet album pour les quelques exploits dont font preuve ces vieux de la vielle relançant alors l’intérêt de cet Heligoland. Voilà un beau disque, loin d’être une tuerie contrairement à ce qu’ils ont pu faire par le passé avec Mezzanine.



En écoute dans le lecteur à droite
Extrait de l'album : Heligoland
sortie le : 9 février 2009
Label : Virgin
Myspace
Pas mal de critiques plutôt bonnes dans l'ensemble :
Playlist Society
Chroniques électroniques
Hop Blog
La quenelle culturelle
So Why One More Music Blog..?

Mercredi 10 février : Pantha du Prince - Bohemian Forest

En 2007 Pantha du Prince alias Hendrick Weber frappait un grand coup avec This Bliss, un album de minimal Allemand où les mélodies primées sur le reste, le plus exemple reste Saturn Strobe, une grande fresque électronique sentimentale où le teuton créait une musique pleine d’âme à l’aide de quelques sonorités cristallines. Black Noise fraîchement débarqué était alors plus qu’attendu. D’autant plus qu’on a appris ces derniers mois la présence de Panda Bear sur un titre de quoi appâter l’indie boy alléché. Mais c’est surtout The Splendour qui aura mis le feu aux poudres, en guise de premier single, l’électronicien de génie réitère l’exploit en proposant encore une fois un titre d’une authenticité rare, la grâce à l’état pur en quelque sorte. En ne distillant que quelques notes, l’allemand sublime avec le minimum syndical, un exploit auquel on avait déjà goûté avec lui sur The Bliss.

Black Noise se situe dans la continuité du précédent, toujours à essayer de créer une musique dansante à forte charge émotionnelle, Weber y parvient même si parfois le résultat est quelque peu laborieux comme sur Stick To My Side la mauvaise surprise du disque. Le titre chanté par Lennox ressemble à un vulgaire coup de pub afin d’élargir son public, ou peut être, espérons le, n’est ce qu’un plaisir de partager quelques minutes durant un moment musical avec un artiste dont les collaborations entre les deux hommes se sont multipliés depuis 2007.

Encore une fois, ce nouvel album est cependant l’occasion de profiter de grands moments de musique électronique de l’introduction Lay In A Shimmer à Bohemian Forest l’un des titres le plus dansant qui gagne en intensité au fil du temps. On se surprend aussi à découvrir une guitare sur l’ambiant Im Bann une conclusion avant le final Es Shneit qu’on aurait aimé voir décoller un peu plus laissant ici l’auditeur sur sa faim. Pantha du Prince signe encore un très bel album d’électronique qui n’est peut être pas le chef d’œuvre espéré mais qui confirme tout le bien que l’on pense du prodige Hendrick Weber.



En écoute dans le lecteur à droite
The Splendour en écoute ici
Extrait de l'album : Black Noise
sortie le : 9 février 2009
Label : Rough Trade
Myspace
Des critiques élogieuse chez Playlist Society et Chroniques électroniques.

Mardi 9 février : Hot Chip - Alley Cats

A l’heure où Hot Chip vient de se taper un Best New Music chez la fourche, il est temps de remettre les pendules à l’heure. On attendait le successeur de Made In The Dark avec une certaine impatience car jusque là, cette bande de geek n’avait jamais déçu et les premiers titres dévoilés de One Life Stand laissaient présager une nouvelle fois un grand disque d’électro pop. Tout commence sous les meilleurs auspices avec Thieves In The Night qui fait une rentrée fracassante en brassant les genres aussi bien du côté du disco que du punk (haa cette guitare !), sans perdre de temps, ils enchainent avec le soutenu Hand Me Down Your Love où des voix programmées sous windows 3.1 plus que dispensables font leur apparition. Mais très vite, ils laissent tomber la pression avec le sympathique mais posé I Feel Better qui malgré ces synthés ultra kitch et une utilisation de l’auto-tune des plus discutables reste un moment assez agréable comparé à ce qui arrive par la suite… Car une fois passé One Life Stand tube en puissance comme ils savent si bien le faire, c’est la chute. Mais alors une sacrée chute pour le coup. Brothers qui ressemble plus à une musique de pub pour de la pâte à tartiner qu’autre chose propose un de ces trucs dégoulinants où la voix douce d’Alexis Taylor aggrave la situation en tombant dans le pathos. Slush essayant de rattraper le coup avec ces cuivres et ces marimbas du plus bel effet rate pourtant le coche une nouvelle fois dans un titre larmoyant et ringard dont on se serait passé. Mais le naufrage n’est pas encore arrivé, car Alley Cats sauve les meubles d’une bien belle façon. Proposant une alternative aux Kings Of Convenience qui auraient découverts la formidable invention qu’est l’électricité, Hot Chip excelle dans ce titre de pop paisible où les voix de Taylor et de Godard se mêlent à merveille. Dommage que ce titre ne soit qu’un bref sursis avant de retomber dans la médiocrité avec We Have Love où le groupe tente une incursion dans les ondes de fun radio avec cette musique dance du plus moche effet. Passons sur Keep Quiet, un titre ni bon ni mauvais (enfin si c’est assez chiant) mais qui laisse complètement indifférent pour arriver à Take It In, un final sombre qui aurait mérité sa place sur Made In The Dark et qui nous laisse espérer que Hot Chip a encore quelques tours à nous faire connaitre.

Vous aurez remarqué comme cet article est assez agréable à lire (enfin j’espère !) quoique indigeste, pour cet album aux allures de montagnes russes c’est la même chose, Hot Chip tente de se lancer dans une pop plus FM et plus mainstream, mais c’est clairement raté avouons le. A l’écoute de ce disque on se demande qui a envie d’écouter ça car One Life Stand est beaucoup trop peuplé d’effets plus douteux les uns que les autres. Trop bizarre pour passer à la radio et trop putassier pour plaire à la mass indé, Hot Chip a pris son courage à deux mains pour livrer un disque singulier et novateur mais qui ne fera sûrement pas date dans l’histoire de la musique… Et puis cette pochette ce n’est vraiment pas possible !



En écoute dans le lecteur à droite
Extrait de l'album : One Life Stand
sortie le : 9 février 2009
Label : EMI
Myspace
Pleins d'avis ici, ici, ici, ici, ici et ici.

Semaine 04 : Beach House - Teen Dream [Sub Pop] / Four Tet - There Is Love In You [Domino]

A disques exceptionnels, article exceptionnel. Toute la semaine, mon cœur n’a cessé de balancer d’un artiste à l’autre chacun ayant écrit de grandes rêveries sonores. Impossible de les départager, d’en préférer un, me voilà partis dans une double chronique destiné à ces orfèvres musicaux.

A ma gauche, un duo Franco-Américain qui en est à son troisième album, à ma droite, l'Anglais Kieran Hebden qui revient sous le nom de Four Tet pour son quatrième disque, cinq ans après Everything Ecstatic. Devant nous, deux disques diamétralement opposés, tandis que Kieran explore les sonorités électroniques aussi bien house que folktronica, Beach House s’évertue à nous proposer une pop bancale et désuète des plus charmantes. Pourtant, des points communs il y en a, tous deux ont commencé très fort avec des premiers albums prometteurs laissant à l’époque apercevoir énormément de talent. Tandis que le duo de Baltimore, proposait un univers bien à eux sans équivalent alors, Four Tet lui se contentait d’écrire son premier grand album à mi-chemin entre l’électro et le jazz.



La suite n’a été alors que des promesses tenues de la plus belle façon, continuant dans la voie qui leur va si bien, Beach House signait alors un album encore meilleur que le précédent, Devotion est un disque à la fois caniculaire et glacial par ces synthés mécaniques. Lui, continue alors son bonhomme de chemin avec une exigence artistique toujours aussi forte, réalisant tout naturellement son premier chef d’œuvre avec Rounds il y a maintenant 7 ans. 2009 signe alors leur grand retour chacun lançant en pâture un titre de quoi aiguiser notre appétit, pour le duo pas de doutes possibles, c’est Norway qui est dévoilé. Un grand tube en puissance orné de chœurs féminins dévoués et d’une ritournelle déballée par une guitare généreuse, et puis il y a cette voix… Magistrale, unique, imposant sa suprématie vocale tout du long, Legrand porte bien son nom en possédant l’une des voix les plus impressionnantes du moment. Tandis que Kieran Hebden nous livre un titre 100% house, enivrant à souhait où la rythmique imparfaite agite nos jambes alors que cette voix féminine suave nous provoque des frissons parcourant tout notre corps, Love Cry était alors un de ces grands titres électro qui allait nous suivre longtemps dans nos aventures nocturnes.

Après des discographies sans ratées et des singles prometteurs il n’était pas permis de douter de la qualité de ces futurs albums, mais espérer de si grands disques, c’était difficilement envisageable. Teen Dream et There Is Love In You sont destinés à un grand destin, des disques dont on reparlera sûrement dans les années à venir. Chacun possède son univers bien à lui, le premier est une pop alambiquée mêlée de sons tordus, cet album à tout d’une œuvre imparfaite et les premières écoutes auraient tendance à nous le suggérer mais à force d’écoute, Beach House se laisse apprivoiser et nous laisse alors goûter aux délices de leurs mélodies. Parfait de bout en bout, il y avait bien longtemps qu’on n’avait pas goûté à une musique si envoûtante. Dès les premières notes, Victoria Legrand nous caresse dans le sens du poil avec le majestueux Zebra qui ne cesse de gagner en intensité au fil des minutes on pourrait croire que le tout va retomber, mais non, toujours plus grande, leur musique ne cesse de tutoyer les cieux jusqu’au final Take Care criant de beauté.



Four Tet, lui, au-delà des sonorités électroniques crée un disque des plus pop, il n y a qu’à écouter This Unfolds, l’une des merveilles de son dernier opus pour en être convaincu, mêlant habilement guitare chaloupée et sons cristallins, on rentre dans un rêve dont on aimerait ne jamais se réveiller. Il faut l’avouer cependant, qu’au fil des écoutes, Kieran Hebden s’est imposé comme le meilleur des deux, sans écarts, c’est bien huit fresques admirable qu’il nous propose du début avec l’envoûtant Angel Echoes à la fin avec She Just Like To Fight, la plus belle chose qu’on ait pu écouter cette année. Four Tet nous déclare sa flamme pour la musique au-delà des frontières de l’électronique. There Is Love In You est comme ce cocon protecteur dont on aimerait ne plus sortir, un disque habité qui nous réchauffe le cœur aux doux sons de quelques cloches délicates ou fait battre notre cœur au rythme de pulsations effrénées. Un grand disque où rien n’a été laissé au hasard nous emmenant alors dans un voyage paisible et songeur.

Ainsi, 2010 commence très fort avec deux albums exceptionnels et bien que leurs univers soient si éloignés, on retrouve chez chacun, cet hymne aux rêves et à la mélancolie, deux disques sensibles, habités, basés sur des mélodies grandioses. Tous les trois, signent deux bijoux aussi rare que beaux qui marqueront indéniablement cette année qui s’annonce d’ores et déjà exceptionnelle.

Beach House - Teen Dream :



Four Tet - There Is Love In You :



sorties le : 26 janvier 2010
Myspace de Beach House
Myspace de Four Tet
5 titres de chaque album en écoute à droite.
Norway et Love Cry sont en écoute ici.

Des chroniques pas unanimes de Beach House :
Un petit 5.5/10 pour Playlist Society.
Un grand 9/10 pour Hop Blog.
Un moyen 3/5 pour la quenelle culturelle.
Avis très favorable d'Eddie.
Bon pour les oreilles juge que c'est bon pour les oreilles.
4/5 pour Word & Sounds.
Un timide 7.5/10 pour So Why One More Music Blog..?
Une bonne critique deMatador
Si j'en ai oublié...

Des chroniques plus unanimes de Four Tet :
I Left Without My Hat kiffe sa race.
Chroniques électroniques aussi.
Adikt blog aussi.
Playlist Society aussi.
Des oreilles dans Babylone aussi.
Pop Revue Express moins...
Si j'en ai oublié...