Semaine 14 : Bill Callahan - Apocalypse [Drag City]

Entre Bill Callahan et Panda Panda, ça n’a jamais été une grande histoire d’amour, juste une certaine indifférence. Ce vieux briscard qui trace sa route depuis plus de vingt ans n’aura pas gravé dans ma mémoire une quelconque chanson à travers ses deux disques, le mal aimé Woke On A Whaleheart et l’incompris Sometimes I Wish We Were An Eagle qui aura laissé perplexe votre serviteur face à tant d’éloges pour un album d’Americana. Sans jamais poussé le vice à écouter ses précédents disques publié sous le nom de Smog, mais aimant m’infliger quelques souffrances, je me suis lancé corps et âmes dans Apocalypse son dernier album paru cette semaine.

Il faut garder en tête que Bill Callahan est avant tout un chanteur de country alternative, chaque son sortant de sa voix grave réveille en nous le fantasme des grandes plaines américaines et des chevauchées sauvages mais aussi le vieux Texan dans son pick-up avec le chapeau vissé sur sa tête, ce qui est tout de suite beaucoup moins rêveur… Si Bill Callahan évolue dans son genre, il n’a par contre jamais hésité à habiller sa musique d’arrangements variés et délicieux. Ainsi, sur America!, c’est une guitare lourde et saturée qui rythme nos pas avant qu’un solo résolument rock retentit dans nos oreilles. L’héritage des Yankees est cependant partout, la "pedal steel guitar" s’invite sur de nombreux morceaux rappelant que derrières ces quelques touches de modernités, l’Ouest Américain n’est jamais loin.Il faudra pourtant passer outre cet à priori pour pouvoir apprécier la musique de Callahan car derrière, se cache un vrai talent de songwriter comme sur Drover, morceau d’ouverture qui au fil des minutes ne cesse de gagner en intensité. La guitare se fait de plus en plus présente et le chant plus dévoué. Ce qui ressemblait à une chanson toute bête trouve alors une seconde lecture, plus passionnante et bien plus bouleversante. Apocalypse prend le temps de développer ses chansons qui descendent rarement sous la barre des 5 minutes mais promettant de belles surprises. C’est au moment où lorsque l’on s’habitue à une ligne mélodique que survient des changements subtils, un accord de guitare qui devient plus grave, un rythme qui faiblit et voilà que Callahan marque nos esprits. C’est aussi un grand parolier évoquant sa place dans ce monde, dans cette Amérique sur le déclin parfois avec humour mais souvent évoqué avec inquiétude. Il fait partie de ces chanteurs où les paroles ont autant sinon plus d’importances que les mélodies qui les entourent.

A l’écoute d’Apocalypse, il est évident qu’il manquait quelque chose pour avoir un déclic avec sa musique que l’on trouve avec ce disque peut être par sa variété qui alterne les titres sages et plus aventureux, les titres mouvementés et plus calmes. Si ce disque sera peut être considéré mineur dans une discographie déjà vaste par les puristes, ceux qui seront restés jusque là aux portes de son univers y trouveront peut l’être l’envie de se plonger ou de se replonger dans l’œuvre de cet artiste.



sortie le : 05 avril 2011
5 titres en écoute à droite.
Myspace

Pour :
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Bon pour les oreilles
Hop
L'essentiel est ailleurs
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Contre :
Hop
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Samedi 9 avril : We Are Enfant Terrible - Make Your Laugh

Ha putain du 8-Bits… [Parenthèse] Un conseil à tous les groupes du monde, arrêtez de croire que le 8-bits c’est cool. A force c’est lourd et surtout ça sent le réchauffé, ou alors, faites comme We Are Enfant Terrible servez vous en avec parcimonie… [fin de la paranthèse]

Avec leur premier album, je m’attendais à un vrai supplice, un album dont la date de péremption serait passée depuis longtemps. La communication derrière le groupe n’aidant pas vraiment non plus... Entre la pochette "made in paint" qui laisse de marbre et des photos presse où le groupe pose dans un accoutrement ridicule devant des consoles d’arcades datant des années 80, il y avait de quoi en rebuter plus d’un… Avant même la première écoute ça sentait le démontage en règle, heureusement, ce trio Lillois est bien plus que l’imagerie qu’il nous propose.

Je ne vais pas vous mentir, les sonorités 8-bits sont présentes tout au long de l’album mais sont loin d’être gênantes car au premier plan c’est la batterie sauvage, le synthé pas cheap pour un sou et la guitare agressive qui sculptent leurs chansons. Des chansons qui il faut l’admettre ont pour principale qualité d’avoir constamment une mélodie accrocheuse, un minimum pour un groupe destiné à faire danser sur le dance-floor ce qui est pourtant loin d’être une généralité.

Malgré un rythme soutenu voire trop, ce qui sur la longueur tend à lasser l’auditeur, We Are Enfant Terrible (WAET pour les intimes) arrive à instaurer des ambiances bien différentes. On retrouve ainsi le sexy Filthy Love porté par la voix sensuelle de Clo Floret, A Song To You dont la guitare en toile de fond nous ramène au début des années 90 ou l’électro/dance affolant de Wild Child qui nous invite dans un club poisseux.

Pour un premier disque, WAET s’en sort plutôt bien mais on regrette que ce disque ait autant de qualités que de défauts. Le rythme trop soutenu et le son surchargé tend à nous fatiguer au risque de nous laisser à la fin du disque avec une sérieuse gueule de bois. Malgré ça, Explicit Pictures reste un disque sympathique qui pourrait rencontrer un joli succès chez les moins de 30 ans et les aficionados de l’électro/Rock.

En écoute aujourd’hui, Make Your Laugh, un titre qui laisse rapidement place aux sons réalisés par une game boy au profit du trio agressif guitare/synthé/batterie.




Extrait de l'album Explicit Pictures
Sortie le : 05 avril 2011
Label : Last Gang Records
Myspace
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Musique Culture
Kub3
Pop Revue Express
Froggy Delight
ADN Sound...

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Semaine 13 : King Creosote & Jon Hopkins - Diamond Mine [Domino]



Après quelques vacances il est temps de revenir aux affaires ! Heureusement, j’avais emmené avec moi quelques devoirs afin de trouver un album de la semaine digne de ce nom. Celui là, je le dois à Mr Marsupilami blogueur émérite qui s’applique depuis quelques années à nous faire découvrir de nombreuses merveilles. Bien malin fût le marsupio pour attirer le chaland dans les griffes de cet éclatant joyau en lui donnant la note suprême. La première et dernière fois (selon lui) qu’un disque se voit octroyer un 10/10.

Ce disque, remplit de belles promesses, on le doit à deux artistes. D’un côté il y a le méconnu (en tout cas ici) King Créosote dont on avait parlé (un peu) il y a un bail à l’occasion de la sortie de Flick The Vs. Peu connu et pourtant, il suffit de jeter un coup d’œil à sa page wikipedia pour se rendre compte de la discographie impressionnante amorcée en 1998. De l’autre, on a Jon Hopkins qui avait bluffé le Panda avec son troisième album Insides. Depuis ce coup d’éclat, il a collaboré avec quelques noms prestigieux (Coldplay, Brian Eno, Four Tet…) et a fini par se construire une solide réputation aussi bien en tant que musicien, que producteur. C’est dans ce deuxième cadre que le Londonien a participé à la construction de Diamond Mine qui aura été réalisé sur plusieurs années. Sans labels pour mettre la pression et sans contraintes, les deux artistes ont pris tout leur temps pour écrire ces 7 compositions d’une trentaine de minutes seulement.
Sur ce laps de temps assez court, ils se permettent même une chanson introductive aussi réussie que nécessaire car First Watch, qui ouvre l’album, instaure l’ambiance qui habite la totalité du disque. Au premier abord, Diamond Mine est une œuvre à la limite de l’introspection, parfois hésitant dans son jeu mais qui nous laisse découvrir un monde fascinant construit par les deux hommes. Ce monde qui est au centre de ce disque, c’est le village natal de Kenny Anderson (aka King Creosote), une petite ville portuaire d’Ecosse. Tout commence dans le café du coin par les échanges de quelques habitués couverts par le brouhaha ambiant, on y entend alors des bribes de conversations entre la vapeur qui s’échappe de la théière et les entrechocs de la vaisselle déposée abruptement dans l’évier. Puis, très vite, on prend le large et on se retrouve sur la côte, le cri des mouettes et le remous des vagues parvenant jusqu’à nous. C’est à ce moment que les premiers mots de King Creosote accompagné seulement d’une guitare sèche font surface et c’est sans artifices que les premiers frissons parcourent notre échine. Dans cette simplicité le chanteur nous transperce en plein cœur par sa voix chaleureuse qui évite le piège d’un disque qui aurait put vite tomber dans le pathos. Le chanteur n’en fait jamais trop et réussit à garder un ton juste tout au long de l’album.
Pour autant, il ne faudrait pas minimiser le travail de Jon Hopkins, car Diamond Mine est bel et bien une collaboration et non une énième sortie solo de King Creosote. Il faut voir cet album comme un tableau, si ce dernier en a dessiné les contours, Hopkins s’est chargé de le colorer et de lui donner vie. Pendant qu’Anderson livre les paroles et les esquisses de chaque compositions, le londonien remplit l’espace en donnant toujours plus de reliefs aux titres. Souvent constitués de lentes montées, les titres, déjà troublants, gagnent en émotions au fil des minutes. Ainsi, John Taylor’s Month Away qui commençait avec une simple guitare finit en apothéose avec un accordéon et des chœurs. Il suffit alors de fermer les yeux pour s’imaginer sur les côtes Ecossaises sentant le vent souffler vigoureusement dans nos oreilles au bord de la falaise. On reconnait aussi son travail sur des titres tels que Bubble ou l’on jurerait entendre certains passages issus de ses précédents travaux. Il y applique alors quelques touches d’electronica des plus discrètes mais du plus bel effet.

Diamond Mine, en plus de cadrer parfaitement avec l’imaginaire dans lequel ils ont désiré faire évoluer le disque, est d’une justesse incroyable. On ne tombe jamais dans la facilité, dans le débordement de sentiments ou dans le tragique. Il révèle au fil des écoutes des trésors d’inventivité quand il s’agit de donner aux compositions toujours plus d’ampleur. Enfin, et surtout, il se bonifie avec le temps, on s’attache à ce disque si commun aux premiers abords, mais que l’on finit par s’approprier et à chérir.

Ne vous laissez pas avoir par l’aspect inoffensif qu’il dégage au début, car derrière, c’est un véritable trésor qui se cache. Diamond Mine est le premier grand disque d’une année qui tardait à démarrer, il fait partie de ces albums qui, une fois apprivoisés, ne vous lâche plus. Il vous accompagne tout au long de l’année, vous obsède au point de ressentir le besoin de s’en abreuver jusqu’à en tarir la source. Heureusement pour nous, elle semble inépuisable tant les richesses dévoilées se font de plus en plus nombreuses, car il suffit de tourner, dans nos doigts fébriles, ce diamant brut pour y découvrir une facette toujours plus étincelante.



sortie le : 28 mars 2011
5 titres en écoute à droite.

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Little Reviews
Chroniques Automatiques
Momo's Blog
Tasca Potosina
Louds Shouting
Sound Of Violence
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Semaine 11 : J Mascis - Several Shades Of Why [Sub Pop]



Depuis le retour sur le devant de la scène de Dinosaur Jr., Joseph Donald Mascis a décidément la patate ! Après deux excellents albums signés sous le nom du groupe légendaire il nous vient cette fois ci seul pour un disque acoustique. Enfin, seul n’est peut être pas le terme approprié sachant que de nombreux invités prestigieux viennent se joindre à la fête. On y trouve du beau monde comme Pall Jenkins (The Black Heart Procession), Ben Bridwell (Band Of Horses), Kevin Drew (Broken Social Scene) et Sophie Trudeau (Godspeed You! Black Emperor) qui viennent se taper un bœuf avec l’ancien. Mais ce n’est pas tout ! Il ne faudrait pas oublier surtout un petit jeunot dont on a parlé il n’y a pas longtemps… Je vous le mets dans le mille, Kurt Vile est aussi de la partie.

Tout ces peoples sont, bien sûr, juste là pour habiller les compositions de J Mascis qui a défaut d’être innovantes sont renversantes. Parce que oui, on le connaissait agité au point de nous donner envie d’enfiler des chaussettes hautes et skater sur les spots de Paris (à défaut de L.A…), mais c’est ici une toute nouvelle facette que l’homme à la longue chevelure argenté nous propose. Ici, pas de riffs obsessionnels, pas de batteries ravageuses ni de basses percutantes, non, un simple homme avec juste une guitare pour nous dévoiler une nouvelle facette de son talent. C’est là la grande et bonne surprise de l’album, le changement est radical par rapport à Dinosaur Jr., hormis la voix de J Mascis, facilement reconnaissable, jamais on aurait cru entendre un tel disque de sa part. Il y a bien quelques solos de guitares électriques bien senties (Where Are You) mais rien de suffisamment marquant pour faire le rapprochement.Several Shades Of Why est donc loin d’être un disque original, mais propose une ambiance qui s’instaure peu à peu. Ce disque est un peu la bande son idéale d’une belle fin de journée d’été, le soleil se couchant au loin. C’est un « feel-good music », rappelant avec un brin de nostalgie la période adolescente. Si Several Shades Of Why est l’album de la semaine c‘est surtout pour ça, pour les sensations qui s’en dégagent. C’est aussi un disque déchirant, le morceau final, What Happened, superbe apothéose, nous emporte avec ses guitares électriques plaintives qui emportent tout sur leur passage, le titre éponyme, lui, nous berce paisiblement par son violon bouleversant.

Seul ou accompagné, Joseph Donald Mascis a une nouvelle fois fait preuve d’un remarquable talent pour signer dix compositions à l’épreuve du temps qui nous renvoie à une époque disparue depuis longtemps. Cette fois ci, à défaut de nous faire bouger la tête, on se contentera d’un sourire timide qui pourtant, en dit long sur le plaisir provoqué par Several Shades Of Why.



sortie le : 15 mars 2011
5 titres en écoute à droite.
Myspace

Pour :
Tasca Potosina
Interlignage
Mowno
Pinkushion
Playlist Society
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Contre :
Tasca Potosina
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Vendredi 18 mars : The Dodos - Sleep

En 2008, je découvre comme beaucoup de monde The Dodos, et quelle rencontre ! Visiter, leur deuxième album, fut un véritable coup de cœur. Pendant une heure entière, le duo composé de Meric Long (guitare/chant) et Logan Kroeber (batterie) nous enchantait par leurs compositions somptueuses qui naviguaient entre sauvagerie et mélancolie. Visiter reste à ce jour un album marquant qui donna un sacré coup de fouet à la scène folk de l’époque en proposant un concept original. La batterie très présente tapait de toutes ses forces tandis que les guitares étaient souvent énervées contrastant à merveille avec la voix de Long beaucoup plus mélancolique.

La suite, ne fut pas des plus joyeuses pour ce sympathique groupe, Time To Die, reçut des avis beaucoup moins élogieux, en reprochant le son trop lisse dont le producteur Phil Ek (Fleet Foxes, The Shins) doit être en partie responsable. Pourtant, ce disque n’avait rien de honteux, au contraire, The Dodos, allait de l’avant en faisant évoluer leur musique, sans perdre leur identité, et surtout, en gardant un talent intact pour l’écriture. Ces mauvaises critiques auront pourtant raison du duo : éviction du musicien Keaton Snyder, embauché à l’occasion de Time To Die pour habiller leurs chansons de vibraphones, et retour en arrière en reprenant le producteur John Askew qui avait œuvré sur Visiter.

Indéniablement, No Color se rapproche beaucoup de leur chef d’œuvre mais il faut avouer que lorsque l’on décide d’évoluer à deux, les possibilités sont vite limitées et le tournage en rond arrive vite. C’est ce qui se produit sur ce disque. The Dodos reviennent aux basiques au détriment de la prise de risque mais c’est bien là le seul point que l’on peut leur reprocher, car force est de constater que The Dodos n’ont rien perdu de leur génie sur ce quatrième album. On remarque même quelques ajouts, anecdotique certes, mais du plus bel effet. Ainsi, la rouquine Neko Case vient prêter main forte sur de nombreux titres en y ajoutant quelques cœurs ici et là. On remarque aussi l’arrivée du violon qui fait quelques merveilles notamment sur le final bouleversant de Companions. Avec ces quelques ajouts, le son se fait beaucoup plus dense, d’autant plus qu’il est rare de n’entendre qu’une seule guitare. Tapi dans l’ombre, l’électricité gronde et nous réserve quelques accords rageurs du plus bel effet.

Mais la principale qualité du disque reste ce contraste permanent entre la voix et les instruments qui ont encore gagné en complexité. Il n’y a qu’à écouter le jeu de Meric Long sur Don’t Stop. Incroyablement doué, le guitariste dévoile de fantastiques arpèges joués à une vitesse affolante. Que dire de Logan Kroeber qui retrouve avec No Color une précision, une rapidité et surtout une force dans l’exécution qui est faite de ses percussions.

No Color nous permet de retrouver ces deux garçons qui nous avaient tant charmés à l’époque. Mais à quel prix ? Ce retour en arrière laisse la désagréable impression de voir un groupe tant aimé faire du surplace. Mais à côté, on a 9 titres sublimes, à la fois beaux et énervés qui nous laissent des étoiles pleins les yeux. Entre ces deux points de vue, je ne sais pas vous mais moi, mon cœur a déjà tranché.

En écoute aujourd’hui, Sleep, parfaite synthèse de la chronique ou vous entendrez : des guitares électriques et acoustiques, Neko et un violon pour un résultat qui frôle l'excellence... Comme c’est toujours le cas chez The Dodos.



Extrait de l'album : No Color
sortie le : 14 février 2011
Label : French Kiss
Myspace
En écoute dans le lecteur à droite

Pour :
Funk You Dear
Feu à volonté
Tasca Potosina
Hop
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Contre :
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Semaine 10 : Kurt Vile - Smoke Ring For My Halo [Matador]



Parfois, il y a des artistes qui vous échappent, que vous croisez un temps avant de disparaitre aussi tôt jusqu’à en oublier leur existence. Kurt Vile est assurément de ceux là. Ma rencontre avec ce jeune compositeur fût avec le premier album de The War On Drugs, son groupe formé avec Adam Granduciel qui m’avait laissé un bon souvenir mais dont je serai incapable de vous fredonner le moindre air. Depuis, Kurt Vile a quitté le groupe et je ne sais même pas quel est son degré de participation dans ce disque ni même si il est crédité. Il faudra attendre fin 2009 pour que je puisse enfin situer ce jeune compositeur avec le titre Freeway, un rock FM qui me faisait penser au générique d’Alerte à Malibu (!), au soleil et à la plage… C’est le premier souvenir marquant que je garde de Kurt Vile qui ne se concrétisera pas le soir où j’assistai à un concert en ouverture de Noah Lennox. Je m’attendais à un concert rock mais ce fut intimiste, caché derrière sa longue chevelure tout droit sorti des années 80, Kurt vile déballait quelques chansons folk que j’écoutais d’une oreille discrète.

C’est donc en 2011, il y a quelques semaines, que je fis ma première et véritable rencontre avec ce jeune homme qui ne semble pas dépasser les 25 années. Smoke Ring For My Halo, son quatrième album, continue dans une veine folk, nous sommes loin du rock de Freeway mais soyons heureux, la qualité est là. Dès le premier titre, Kurt Vile développe un folk aérien, rêveur et mélancolique, on est charmé instantanément. Malgré son jeune âge, cet enfant prodige fait preuve d’une maturité, à la frontière du chant et du parlé. La voix se fait grave et profonde et son interprétation n’a d’égal que ses compositions remarquables. Kurt Vile évoque souvent un Dylan moderne auquel on aurait rajouté quelques touches psychés, un son plus espacé laissant pleinement le compositeur dévoiler son talent.Smoke Ring For My Halo est un disque difficile à chroniquer car c’est l’évidence même. Touché par la grâce chaque composition est limpide. Sans rien inventé Kurt Vile écrit des titres aux allures de classique Folk/Rock, c’est un disque songeur qui laisse à l’auditeur le temps d’apprécier chaque note de son jeu libéré. Les cordes résonnent dans nos oreilles, elles nous caressent délicatement le tympan, on frissonne parfois sur quelques refrains à la beauté irréelle (On tour). On pense à un Bradford Cox solo qui, comme lui, nous transcende avec une poignée d’accords car à l’image de ce dernier, Kurt Vile semble au sommet de sa créativité. En alliant productivité et qualité il représente peut être l’un des futurs grand songwriter Américain. Peut être je me trompe, je connais si peu ses œuvres plébiscités un peu partout mais Smoke Ring For My Halo fait preuve d’un talent véritable en terme de compositions où l’on est troublé par si peu de choses.

C’est au final lorsque que le son se fait plus ample, ou lorsqu’il ressort la guitare électrique que Kurt Vile convainc le moins sans nous rebuter. Le véritable génie du disque se trouve dans les chansons dépouillés jusqu’à l’os, les plus contemplatives qui nous laissent un goût de nostalgie dans la bouche. Il nous rappelle alors, une époque glorieuse où tout était à faire. Smoke Ring For My Halo est un beau disque, sans aucune originalité mais dans lequel on n’hésitera pas à y revenir et se lové une fois de plus dans ces quelques compositions grandioses signés par un jeune artiste à surveiller de très près.



sortie le : 7 mars 2011
5 titres en écoute à droite.
Myspace

Pour :
Pinkushion
Tasca Potosina
Brainfeeders & Mindfuckers
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Contre :
Between The Lines Of Age
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Semaine 9 : Lykke Li - Wounded Rhymes [LL]



Retour en 2008. Lykke Li, à peine 22 ans sort son premier album. Une belle réussite qui comptait un grand nombre de tubes : Dance, Dance, Dance, Little Bit, Let It Fall et surtout I’m Good, I’m Gone, une chanson touchante, porté par un héroïsme capable de déplacer des montagnes qui finit à l’époque, seconde du classement des meilleurs chansons de 2008. A peine 22 ans et pourtant Lykke Li était devenue un bel espoir pour le pays d’adoption de la pop qu’est la Suède. Bien sûr, son premier album n’était pas parfait et pouvait faire mieux en termes d’homogénéité. Youth Novels ressemblait beaucoup à une compilation de ses meilleures chansons mais qui avait tendance à partir dans tous les sens. Pas de parti pris ou de direction, mais des chansons aux styles bien différents qui faisaient défaut à la cohérence de l’album.

3 ans plus tard, il est temps pour Lykke Li de confirmer ou non tout le bien qu’on pense d’elle. Tout a mal commencé d’ailleurs avec son premier single Get Some, un titre pas forcément désagréable mais loin de l’excitation provoqué par ses précédents titres. Basé sur des rythmiques tribales, les sonorités se font bien plus sombres, le chant de la Suédoise plus rentre dedans mais on ne peut s’empêcher de penser que ces innombrables effets cachaient la pauvreté de sa composition. Il faudra attendre I Follow Rivers, le deuxième single de la demoiselle pour retrouver confiance en elle sans être subjugué par un titre qui, une nouvelle fois, joue beaucoup trop sur les rythmiques.C’est donc avec quelques doutes que je me lançais dans le toujours difficile deuxième album en me préparant à une semi-déception. Heureusement, Youth Knows Pains, le titre d’ouverture efface toutes les incertitudes et nous fait retrouver la foi que l’on avait en elle. D’entrée, la musique est sombre, tapageuse par son synthé ne se situant pas très loin d’un orgue et ses rythmiques martiales. Très vite on se rend compte que Lykke Li a décidé de revoir ses ambitions à la hausse. Le son est bien plus dense et plus puissant. On ne rigole plus. Derrière on retrouve aussi la jeune artiste des débuts sur des refrains plus sensibles qui font mouches au point de vous hérisser les poils de vos bras.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les deux premiers singles sont très loin d’être ses meilleures chansons mais paradoxalement se révèlent très agréable à écouter sur l’album grâce à une cohérence qui faisait défaut sur son premier disque. On pense notamment au bienvenue Get Some qui vient remettre un peu d’aplomb au disque après le délicieux Unrequited Love, ballade rétro où Lykke Li se retrouve seule face à une guitare et quelques chœurs doo-wop du plus bel effet. La plus belle surprise de Wounded Rhymes est justement de ne pas voir une Lykke Li se reposer seulement sur l’effet de quelques rythmiques percutantes. On retrouve ainsi la chanteuse dans des titres bien plus intimistes qui fonctionnaient à merveille par le passé comme sur l’émouvant I Know Places, un titre purement acoustique, quasi-religieux par son utilisation des silences.

Avec son deuxième album, Lykke Li gagne sur tous les tableaux. Si les compositions ne font pas mieux que sur Youth Novels, elles ne font pas moins bien. Wounded Rhymes gagne surtout en homogénéité, en cohérence et en puissance sans avoir perdu au passage sa sensibilité à fleur de peau. A ce niveau là, Lykke Li n’est déjà plus un nouvel espoir pour la pop Suédoise mais une artiste confirmée qui, on est sûr, n’a pas fini de nous époustoufler.



sortie le : 28 février 2011
5 titres en écoute à droite.
Myspace

Pour :
Feu à volonté
Des oreilles dans Babylone
Kub3
Mowno
Brainfeeders & Mindfuckers
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Contre :
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Get Some


I Follow Rivers

Samedi 5 mars : Botibol - We Were Foxes

On n’arrêtera pas de répéter à quel point la pochette d’un album est importante. C’est par son visuel que je me suis intéressé à la musique de Botibol, un drôle de nom adopté par ce Bordelais qu’on n’aurait jamais cru originaire de chez nous au premier abord. Loin de la chanson Française, l’artiste est allé puiser son inspiration outre atlantique, en particulier dans la nouvelle scène Folk Américaine.

C’est sûr, Botibol ne fait pas dans l’originalité mais il a réussi à piocher le meilleur du meilleur des groupes qui résonne dans chacun de ses titres. Ainsi, on pense à Bon Iver sur Walk Slowly et Joe Cowboy avec ses chœurs tutoyant les cieux, tandis que Through The Mountains nous renvoie dans les grandes plaines Américaines en compagnie de Fleet Foxes. Mais la principale influence reste Jeff Buckley, à la limite du mimétisme vocalement, A Small Light In the Dark pourrait être une chanson retrouvée du regretté songwriter qui aura fait pleurer tant de rockers au cœur de pierre.

Born From A Shore reste malgré toutes ces références un très beau disque de folk. Alternant les morceaux avec plus ou moins d’instruments, Botibol nous enchante tout autant, que ce soit seul derrière sa guitare pour des moments de pure beauté (Dancers), ou en compagnie d’autres pour des passages bien plus jubilatoires (Friends).

Bien sûr en tant que membre du club « Buckley me les casse », les morceaux en forme d’hommage trop appuyé finissent par lasser mais il y a à côté tant de bons titres que l’on ne lancera pas ce disque aux oubliettes aussi tôt.

En écoute aujourd’hui, We Were Foxes, qui, il me semble, est le seul morceau à contenir des paroles en Français certes toutes simples mais qui depuis me lâchent plus. « Sur le goudron, brûlant, nous courons vers la mer » sont les quelques mots qu’il ne cesse de répéter au point de les ancrer insidieusement dans nos têtes.



Extrait de l'album : Born From A Shore
sortie le : 28 février 2011
Label : HipHipHip
Myspace
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Pour :
Indie Rock Mag
Muzzart
Benzine Mag
Ground Control To Major Tom
Des oreilles dans Babylone
Stars Are Underground
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Contre :
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Mercredi 2 mars : Stupeflip - Stupeflip vite!!!

Vous croyiez qu’ils étaient morts ? Que la race humaine avait réussi à se débarrasser de cette vermine ? Vous vous trompiez ! Il est vrai que King Ju et ses comparses reviennent de loin. Remerciés par une maison disque, qu’ils attaqueront en vain. Mais le CROU n’allait pas rester sur une défaite. 6 ans après Stup Religion, ces pieds nickelés sont donc de retour.

Mine de rien leur flow bondissant et leurs paroles bien troussées nous ont manqué. Les années ont passé mais Stupeflip n’a pas perdu de son talent quand il s’agit de faire rimer les mots. On rit bêtement quand ils écrivent une lettre à notre Mylène nationale ou sur Gem lé moch’ déclaration d’amour aux oubliées qu’ils trouvent "toutes vachement plus cool, du ptit boudin au nez qui cool, au gros tas de boue qui fend la foule". Les réduire à quelques blagues potaches ne seraient pas leur faire justice car ils savent aussi bien se faire touchant quand ils défendent le plus faible (Le spleen des petits) qu’inquiétant sur le premier single monumental et torturé la menuiserie.

Stupeflip alterne autant les thèmes que leur musique qui ne cesse de passer de genres en genres. La pop, l’électro, le rock et le hip hop se côtoient quand ils ne se retrouvent pas dans un seul et même titre. A force de jouer à ce petit jeu, ces excités nous perdent en route, bien qu’on ne sache pas trop s’ils sont ironiques dans leur musique même comme sur ce petit blouson en daim diffusé sur la chaine de radio ringarde 72.8.

Vous ne comprenez rien ? C’est normal. Moi-même je ne saisis pas trop, car l’album possède un concept assez flou où plusieurs entités gravitent autour. Dès le début, nous sommes prévenus, « En cet an de grâce de 2999, le CROU n’était plus ». On se retrouve alors sur fond d’apocalypse, embarqué dans une histoire où la démoniaque menuiserie est gênée par Pop Hip qui aime la radio 72.8.

Vous ne comprenez toujours rien ? C’est normal. Le mieux est d’écouter cet album certes trop long mais qui contient suffisamment de compositions pour ravir aussi bien les fans de Hip Hop que les autres, car Stupeflip reste un groupe Français sans égal qui brille par un songwriting et une écriture brillante.

En écoute aujourd’hui, Stupeflip vite!!!, la première vraie chanson qui ouvre l’album en grande pompe.



Extrait de l'album : The Hypnoflip Invasion
sortie le : 28 février 2011
Label : Etic System
Myspace
En écoute dans le lecteur à droite.

Pour :
Presque fameux
The Morning Music
Geekoolol
Walla Bir Zine
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Contre :
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Mardi 1 mars : Sonic Youth - Thème de Simon

Fabrice Gobert a du culot. Après avoir réalisé son premier film Simon Werner a disparu qui raconte sous fond de thriller dramatique la disparition de plusieurs lycéens, il n’hésite pas à demander à l’un des plus influents groupes de rock, leur aide pour illustrer en musique ce thriller dramatique. Surprise, Thurston Moore et sa bande acceptent et enregistrent au printemps 2010 douze titres destinés au long métrage.

Quand il s’agit de critiquer une B.O, Panda Panda ne déconne pas, et n’a pas hésité à visionner ce film pour mieux comprendre la place de Sonic Youth. Une place qu’ils n’occupent pas seul puisque l’on y entend aussi des groupes tels que les Killing Joke ou Noir Désir bien sûr (l’action du film se déroule en 92). Forcément, les New Yorkais ont dû s’établir des règles, les scènes ne pouvant s’allonger éternellement, il a fallu que le groupe découpe leurs chansons pour cadrer avec brio à l’atmosphère inquiétante, mélancolique et énigmatique du long métrage.

Sûrement content du résultat, Sonic Youth est repartit en studio pour présenter des versions rallongées et plus développées des musiques que l’on entend dans le film formant ainsi le 9ème volume des Sonic Youth Recordings. Soyons clair, ceci n’est pas leur nouvel album mais s’inscrit bien dans leur série d’enregistrements qui représente le versant le plus expérimental du groupe. L’aspect pop de leur musique est totalement absente ici tout comme leurs voix qui se font muettes.

SYR9 (Sonic Youth Recordings 9) est une collection de douze titres éthérés, planants et inquiétants loin d’être facile d’accès. Il s’agit d’ailleurs d’un enregistrement pour les fans ou pour ceux qui auront apprécié la musique hypnotisante du film mais en aucun cas, aux néophytes qui seraient tenter de se lancer dans Sonic Youth au risque d’être dégoûté. Cette B .O n’est pas représentative du groupe bien que l’on retrouve leur son, le tout reste très calme. On pourrait presque comparer cette session à un disque d’ambient où les guitares contemplatives laissent parfois leur place à un piano délivrant les notes au compte goutte.

C’est certains, on ne l’écoutera pas tous les jours tant l’album parait répétitif mais il reste un bel essai de la part du groupe. On aimera s’y jeter pour écouter ne serait ce que quelques titres afin de replonger dans l’ambiance si particulière du premier film réussi de Fabrice Gobert.

En écoute aujourd’hui le thème de Simon, un morceau « à la bien » j’ai envie de dire.



Extrait de l'album SYR9 : Simon Werner a disparu
Sortie digitale le : 26 janvier 2011
Sortie physique le : 01 mars 2011
Label : naïve
Myspace
En écoute dans le lecteur à droite.

Pour :
Hop
Muzzart
Music In Belgium
Playlist Society...

Contre :
Les lecteurs de Playlist Society (pour l'instant)
...

Semaine 8 : Toro Y Moi - Underneath The Pine [Carpark Records]



Cela fait déjà un an que Chazwick Bundick a sorti un premier essai qui aura reçu les honneurs de toutes parts en s’inscrivant dans la lignée d’artistes comme : Washed Out, Neon Indian ou Memory Tapes, c'est-à-dire la chillwave. On ne reparlera pas de ce genre qui aura remis au goût du jour les synthés bon marché en remémorant une période des années 80. Bien que n’étant pas un grand fan de cette mouvance, Chazwick Bundick aura su instaurer une griffe bien particulière, il aura apporté à sa musique un nombre incalculable d’effets sur ses compositions en usant des modulations, des boucles et je ne sais quoi encore…

Le jeune homme semble pourtant en avoir déjà fait le tour puisque son nouvel album est loin de l’esprit de Causers Of This. Dès l’introduction, on est frappé par la discrétion du synthé, une guitare à la réverbération imposante s’occupe du devant de la scène. La suite confirme ces soupçons avec le très funky New Beat qui désigne par la même occasion, la nouvelle direction de Toro Y Moi. Sans renier les années 80 dont on ressent encore l’influence, il est maintenant passé dans un style plus proche de la décennie précédente tout en continuant à mélanger sa musique avec celle de notre époque. Un sacré bordel en somme mais qui marche à merveille dans le cas présent.
Comme on l’a dit plus haut, le funk semble être une influence majeure sur ce disque, il donne à sa musique un côté bien plus dansant et oublie dans la foulée l’aspect bricolo de son premier disque où Chazwick Bundick s’amusait un peu trop à triturer les bitoniaux au point de livrer un résultat indigeste. Les morceaux passent ici beaucoup mieux, on sautille sur Still Sound et New Beat au groove irrésistible ce qui nous était pas arrivé sur le précédent disque.

C’est pourtant dans les moments d’accalmies que ce jeune compositeur nous bluffe en proposant trois perles à la suite. La première, Go with you, est un tube potentiel qui nous ramène dans les années 80. A la fois étrange par sa superposition d’instruments, il en découle pourtant une écoute limpide accrochant nos oreilles instantanément. Vient ensuite le sublime Divina qui rappelle Air au meilleur de sa forme quand ils composaient de sublimes morceaux pour illustrer une histoire de 5 jeunes filles désespérées dans les années… 70. Enfin, arrive le morceau tout bête, tout simple, avec un arpège de guitare pas bien compliqué, mais qui vous terrasse par la beauté qu’il s’en dégage un poil gâché par son final avec des nappes de synthé trop longues mais on l’excuse (pour la pochette dégueu aussi).

Les changements de directions effectués par Bundick, sont salutaires. Au lieu de retenter un Causers Of This, il prend tout le monde par surprise avec ce disque qui laisse de côté les expérimentations électronique au profit d’instruments plus conventionnels et nous montre qu’il est capable de créer une musique excitante sans passer derrière ses machines. Comme son premier album, Underneath The Pine reste un disque fatiguant lorsque l’on tente des écoutes trop répétées mais on le ressortira avec un plaisir immense quand le soleil pointera le bout de son nez ce qui ne saurait tarder.



sortie le : 22 février 2011
5 titres en écoute à droite.
Myspace

Pour :
Stereotree
Triangle
Ground Control To Major Tom
Nuage Noir
Hop
...

Contre :
LCassetta
...



New Beat


Still Sound

Semaine 7 : Telekinesis - 12 Desperate Straight Lines [Merge]

Ce n’est pas parce que je n’ai rien écrit la semaine dernière qu’il ne s’est rien passé musicalement. La semaine aura été très riche, il y aura eu le retour en grâce de PJ Harvey, Gruff Rhys qui ouvrait son fantastique hôtel de shampoings, Discodeine qui faisait trémousser comme il se doit les arrières trains, tandis que Nicolas Jaar nous envoûtait dans un disque dont on n’a pas finit de faire le tour. Il ne faudrait pas oublier aussi le premier essai (très) réussit des Français de (Please) Don’t Blame Mexico. Je fus bien embêté quand il fallût choisir l’album de la semaine… Après deux jours de réflexions (et l’abandon de la chronique de Sieur Rhys…) c’est peut être le moins ambitieux qui l’emporte.

Cependant, le deuxième album de Telekinesis reste une bonne surprise. Après un premier disque plaisant mais anecdotique on n’aurait pas parié un copeck sur l’avenir de Michael Benjamin Lerner, l’homme qui se cache derrière ce groupe. Aux premières écoutes cet album s’avère être du même acabit d’ailleurs, on ne s’ennuie pas une seconde mais l’écoute du disque laisse une sensation de déjà vu. Seulement voilà, il tombe à pic. En laissant échapper ces quelques mots en ouverture ("We fall in love the summer") le chanteur introduit alors tout l’imaginaire qui se développe derrière. Il y a dans ses chansons une saveur printanière annonçant la fin d’un hiver et surtout un goût de "reviens-y", car sa plus grande force est sans nul doute son talent pour écrire 12 compositions accrocheuses et homogènes qui ne vous donnent qu’une envie, celle de bouger vos pieds malgré des paroles plutôt sombre.

Parce que oui, Michael Benjamin Lerner n’a pas eu beaucoup de chance depuis la sortie de son premier album : accident de voiture, déception amoureuse, surdité partielle pendant un temps… Bref, on peut comprendre la noirceur de certaines paroles mais qui ne se ressent que rarement dans son songwriting. D’entrée You Turn Clear In the Sun nous donne la patate avec son glockenspiel. Il y a dans 12 Desperate Straight Lines une énergie folle qui nous quitte jamais du début la fin excepté sur Patterns superbe titre, tout au piano, où Lerner dévoile une écriture plus sensible.

En à peine plus de 30 minutes, Telekinesis ne révolutionne en rien la musique et ne surprend jamais mais au final on s’en fout car Lerner a réussi à réaliser une véritable petite bombe pop rock où chaque chanson exploite une structure des plus classique. Le trio Guitare/basse/batterie s’applique donc à réaliser des chansons toutes bêtes avec généralement deux couplets, deux refrains et parfois un pont comme l’avait si bien fait Weezer par le passé.

12 Desperate Straight Lines finit par nous faire croire qu’il n’est pas obligatoire d’innover pour faire un bon disque, une chose que l’on a tendance à oublier de nos jours. Il est certain que beaucoup auront oublié ce disque à la fin de l’année, et pourtant, Telekinesis a composé un album très homogène où chaque chanson à son charme au point où j'ai été incapable de dégager les 5 meilleurs titres pour illustrer ma chronique (ce sont tout bêtement les 5 premiers titres de l'album qui sont en écoute). Certes nous ne sommes que fin février mais pour l’instant, on tient ici le meilleur album pop rock de l’année.



sortie le : 14 février 2011
5 titres en écoute à droite.
Myspace

Pour :
Mono
Autres Directions
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Contre :
Des Chips et du rosé
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Semaine 6 : James Blake - James Blake [R&S]



Le voici, le tant attendu premier album de James Blake. Après quatre Ep, le petit prodige Anglais passe enfin au format long avec un disque pour le moins étonnant. On arrête le débat tout de suite, si cet album éponyme est étonnant, ce n’est pas parce qu’il est révolutionnaire mais tout simplement parce qu’il sort du sentier dans lequel on l’avait connu. Jusqu’ici, James Blake était à ranger dans la case dubstep ou post-dubstep où le musicien, en quelques compositions, jouait de sa voix sur des musiques purement électroniques. Il y avait dans ses deux derniers Ep une beauté évidente et une construction soignée dans l’évolution des morceaux. Ainsi, CMYK, son apothéose discographique écrivait en 4 morceaux une musique à la fois belle et étrange, faites de coupures incessante et où la voix du jeunot ne cesser de muer.

Ce premier album est en quelque sorte une suite logique de son dernier EP Klavierwerke. La musique y est plus introvertie, plus hésitante et plus posée. Ce n’est pas pour autant que l’on a le droit à un Klavierwerke 2, loin de là. James Blake évolue dans la même sphère mais y atteint son extrême. Dans ce premier essai, la musique y est aussi importante que les longs silences qui ponctuent ses compositions. Contrairement à Klavierwerke, James Blake s’éloigne encore un peu plus du genre électro. S’il en garde quelques singularités (la voix trafiquée, les beats, les synthés), on le classera plus près d’un nouveau Antony Hegarty que d’un Burial. La principale évolution vient en effet des morceaux à la structure plus classique comme cette reprise de Feist qui fait office de premier single avec Limit To Your LoveJames Blake se pose en chanteur R’N’B sur une musique teintée de soul rythmée par des beats certes discrets mais faisant vibrer nos tympans par leurs profondeurs.

Classique dans le fond (on pense à une multitude d’artistes), la forme est des plus étonnantes. Tout dans ce disque est épuré et minimalisé laissant pleinement la voix s’exprimer sous toutes ses formes. Ainsi Linesfarne I est sans instrument tandis que sa suite se retrouve accompagnée d’une simple guitare acoustique. Aucun doute, la pièce maitresse de ce disque est la voix. Jusqu’ici, James Blake l’avait habillé d’une multitude d’effets sur ses précédents EPs, sûrement par pudeur, mais les mois ont passé et le Londonien a gagné en assurance au point d’en jouer. Ainsi, on découvre sur To Care (Like You) une habile construction de voix plus ou moins aigues se répondant pour construire une musique des plus originales. Il n’hésite pas aussi à nous la faire découvrir nue, sans effets, dévoilant un organe étonnamment mature et maitrisé (Limit To Your Love).

Enfin, ce disque est aussi celui du vide. Rarement on aura entendu autant de silences, James Blake suspend le temps en attente des prochains mots qu’il daignera nous chanter, des prochaines notes qui nous ferons vibrer. Ce qui pourrait s’avérer ennuyeux est pourtant captivant. L’album est chargé d’une ambiance si particulière, tel un brouillard opaque qui nous laisserait apparaitre les contours d’un paysage au fur et mesure que l’on avance.

Des reproches on pourrait lui en faire plein, le gamin peut avoir tout le talent qu’on peut penser, le manque d’expérience se fait cruellement ressentir tant chaque chanson ressemble à tel ou tel artiste. Il n’hésite d’ailleurs pas à signer deux reprises (réussies) sur ce premier album (Wilhelms Scream et Limit To Your Love). Mais l’on garde en mémoire les bons côtés de ce disque qui garde une certaine singularité, les limites que semble s’être fixé son créateur (minimalisme, économie des notes…) permet de garder une cohérence tout au long du disque. C’est surtout un album qu’Antony Hegarty aurait du sortir il y a trois ans mais qu’il a été incapable de réaliser, car cette œuvre éponyme est à la fois curieuse, surprenante et poétique. Rien que pour cela, on remercie James Blake pour cette plongée dans un monde où l’on s’immerge que trop rarement.



sortie le : 07 février 2011
5 titres en écoute à droite.
Myspace

Pour :
Les chroniques de Blake
Hop
Sound Of Violence
Esprits Critiques
Feu à volonté
Arbobo
Des oreilles dans Babylone
C'est entendu
Little Reviews
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Contre :
Brainfeeders & Mindfuckers
Chroniques Electroniques
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Vendredi 11 février : Cut Copy - Sun God

Il y a deux ans, le premier album de Cut Copy sortait, et il fit son petit effet avec son hommage très appuyé aux années 80. Leur musique taillée pour les dance-floor ne m’avait à l’époque que peu enthousiasmé, voir, pas plu du tout. J’en garde un souvenir à la fois très flou mais aussi très désagréable excepté sur deux ou trois titres qui trottent encore dans ma tête. Pourtant, je n’ai pas peur, et je me suis lancé corps et âmes dans ce second opus. Les premiers titres ne nous surprennent pas, on se retrouve avec la même recette que celle livrée il y a deux ans. La musique se fait légère et groovy avec des synthés beaucoup plus discrets par le passé évitant l’overdose comme sur le premier et honnête single Take Me Over.

Et voilà que, sans prévenir, Cut Copy change de bord. Dès Where I'm Going on se retrouve avec un son bien plus rock. Seules les voix se font alors plus pop. La batterie y est martiale et la ligne de basse est enivrante. J’adhère. Malheureusement la bonne surprise est de courte durée avec les deux titres suivant me rappelant alors pourquoi j’avais vite oublié Ghost Colours. Les synthés sont nombreux et sonnent tous plus kitsch les uns que les autres. Arrivé au milieu du disque, Cut Copy agace dans ses travers électro-pop à la limite de la caricature.

Finalement le miracle arrive avec le somptueux This Is All We've Got rappelant quelque peu The Motion Makes Me Last d’Eluvium sur les couplets et prenant son envol dans les refrains. Cut Copy expérimente en noyant leur musique sous des effets sombres et aquatiques et laisse la place à d’autres instruments que le synthé pour mon plus grand bonheur. Par la suite, les Australiens continuent d’alterner les titres avec plus ou moins de claviers rappelant par moment Depeche Mode ou même le récemment adoubé Ariel Pink sans l’indigestion qui va avec.

Ce deuxième est, on espère, un disque de transition, On ressent sur Zonoscope deux genres bien différents qui cohabitent ici pour le meilleur (seconde partie du disque) et pour le pire (première partie). On rêve déjà pour un hypothétique troisième opus, plus de guitares et moins de synthés. Maintenant, on le sait, ils pourraient réaliser un disque rock et le résultat serait sûrement bon car, assurément, ces jeunes gens ont du talent à revendre.

En écoute aujourd’hui, Sun God, conclusion formidable longue de onze minutes où les beats ne pouvaient être aussi obsédants.



Extrait de l'album : Zonoscope
sortie le : 07 février 2011
Label : Modular
Myspace
Un soucis sur grooveshark (pour changer...) le titre est en écoute en dessous

Pour :
Feu à volonté
Branche ton sonotone
Alors qu'est ce qu'on attends?!
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Contre :
Hop
Pop
Chips!
...







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Mardi 8 février : ...And You Will Know Us by the Trail of Dead - Weight Of The Sun (Or The Post-Modern Prometheus)

Fort de nombreux albums, le 7ème de leur discographie est pourtant celui qui me fera découvrir le rock de ces Texans. Une origine qui ne nous étonne guère quand on écoute ce disque aux morceaux concis, tendus et où toutes les guitares sont de sorties. Tel Queens Of The Stone Age, ils ont ce pouvoir de séduction pour attirer les auditeurs d’horizons très variés. Amateur de métal ou de rock, il y aura de quoi vous plaire, ce qui est loin de l’idée que je me faisais du groupe…

Avant de me lancer dans Tao Of The Dead, j’ai longuement hésité. Panda Panda aime la musique de chochotte et la peur de ce groupe au nom à rallonge était forte dû à des idées préconçues. En effet, machin (on va les appeler machin ce sera plus simple) avait toujours sonné dans ma tête à du rock masturbatoire, expérimental et inutilement bruyant. Paf, raté. Les dix premiers titres me donnent torts, les compositions sont brèves et excèdent rarement les 4 minutes dans un pur style 90’s. Il y a chez eux un côté rock FM, très pop et surtout très Américain. La production est carrée, rien n’est laissé au hasard et les mélodies fusent pour draguer au mieux l’auditoire. Avouons-le, la recette fait mouche à chaque fois, et à défaut de faire dans l’originalité, on est séduit par leur musique qui enchaine les tubes même si un plaisir coupable se dégage tant l’impression d’écouter Virgin 17 se fait ressentir.

« Bon, c’est plié alors ? Album de la semaine ? » Ben non. Certes, les dix premiers titres me donnaient torts mais en voyant la durée de la chanson qui clôturait l’album, je savais que j’allais payer. The Fairlight Pendant, prépare déjà le terrain avec ses solos frottant le manche comme un pervers et ses synthés que je croyais disparus depuis 15 ans, mais c’est bien Tao of the Dead Part II: Strange News From Another Planet qui nous achève. De prime abord, on peut repérer les signes de mauvais augure comme ce Tao Of The Dead Part II. Ils annoncent. Le titre de clôture est à lui seul un album (soupir).

Tout commence pourtant bien, c’est rentre dedans, et on retrouve tout le plaisir provoqué par le début de l’album avec, peut être, un héroïsme un peu trop poussé, puis, ça part en cacahuète… Les basses sont lourdes, les passages de transitions n’en finissent pas et les voix venus dont ne sait où meublent pendant des plombes… Enfin on croit que ça dure des plombes, mais ce n’est pas le cas ! Le temps passe juste, lentement. Machin alterne alors avec de nombreuses phases incalculables où les excès de mélodies et d’effets en tous genres nous achèvent. Arrivé à termes de ces 16 éprouvantes minutes, le groupe nous a alors déjà perdus depuis longtemps et nous fait regretter le début d’un disque qui aurait pu promettre, beaucoup plus, qu’à un simple article dans la rubrique « chanson du jour ».

En écoute aujourd’hui, Weight Of The Sun, un titre qui connait une bien belle progression sur les couplets tandis que les refrains sont beaucoup plus rentre dedans!



Extrait de l'album : Tao Of The Dead
sortie le : 07 février 2011
Label : Richter Scale
Myspace
En écoute dans le lecteur à droite

Pour :
Tasca Potosina
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Contre :
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Semaine 5 : The Go! Team - Rolling Blackouts [Memphis Industries]



En 2004, lorsque le premier album de Go! Team est sorti, il a soufflé un véritable vent de fraîcheur dans le monde de la musique indé. Il y avait dans ce disque, une énergie et une folie fait de collages imparfaits maniant pop poétique et Hip hop, le plus souvent recouverts par les sirènes hurlantes provoquées par les cuivres. Ces 6 gamins avaient fait de Thunder, Lightning, Strike, un espace de jeu, une sorte de récréation ou les cris des enfants étaient remplacés par une multitude de sons touffus qui partaient dans tous les sens avec des idées pleins la tête, au point d’aller puiser leur inspiration aussi bien dans les exclamations des pom-pom girls que dans des génériques de séries télés policières des années 70.

Depuis, le groupe a grandit, et n’a plus l’âge de jouer aux gendarmes et aux voleurs. Bien sûr on retrouve quelques souvenirs du bon vieux temps sur quelques titres comme Bust-Out Brigade, mais le plus souvent les choses sont plus cadrées, plus propres, même si ce dernier mot est toujours à relativiser chez eux. Si l’on retrouve des titres très posés, dès que Go! Team se décide à tout faire pêter ils savent toujours y faire. Le premier single T.O.R.N.A.D.O. qui s’avère aussi être la première chanson de leur disque montre à quel point le groupe ne s’est pas assagi après toutes ces années même s’ils s’avèrent beaucoup moins convaincants.

C’est là qu’est le principal problème de Rolling Blackouts. Contrairement à ses deux précédents albums, Go! Team rame parfois dans sa propre recette et l’impression de tourner en rond se fait cruellement sentir. Peut être est ce la destinée de tous groupes qui sortent des sentiers battus. Les limites de leur genre se font cruellement sentir et à défaut de vouloir tomber dans un schéma plus convenu, le groupe revient irrémédiablement sur ses pas. Pourtant, des groupes comme Go! Team on en a besoin. Malgré le défaut énoncé, s’il y a bien une chose dont on ne se lasse pas chez eux c’est cette bonne humeur communicative, cette énergie créée par des chœurs enjoués et criards. Les mélodies pop tapies dans un coin sont recouvertes par les rythmiques bruitistes rappelant l’énergie dégagée par un stade tout entier.

Plus que jamais, on a besoin de Go! Team. A l’heure où le compositeur déclare que Rolling Blackouts pourrait bien être la fin d’une belle aventure, une sensation de gâchis se fait sentir tant le potentiel ne semble pas être épuisé. Back Like 8 Track, le meilleur titre de l’album qui le conclut prend alors une toute autre saveur. Sous ses apparences festives, les cuivres annoncent une autre couleur, un brin mélancolique, ramenant à quelques années en arrière où ils étaient encore des gamins. A l’époque où ils enregistraient leur premier album dans la maison familiale, sûrement incapable de réaliser ce qui allait leur arriver et prenant un plaisir immense à enregistrer ce drôle de bric à brac. Back Like 8 Track a des allures d’adieu joyeux de la part d’un groupe optimiste dont l’inconnu ne les inquiètes guère. On n’aurait pas rêvé un plus bel au revoir qu’on n’espère loin d’être définitif.



sortie le : 01 février 2011
5 titres en écoute à droite.
Myspace

Pour :
Tasca Potosina
Esprits critiques
Mowno
Goûte Mes Disques
Transmissionary
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Contre :
IndieRockMag
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Jeudi 3 février : Hercules & Love Affair - Painted Eyes

De nos jours, la roue tourne à une vitesse hallucinante. Il y a 3 ans, Hercules & Love Affair bénéficiait d’une médiatisation conséquente et méritée pour leur premier album. Il faut dire que la présence d’Antony Hegarty et les critiques dithyrambiques avaient suscité un engouement considérable autour du groupe mené par Andy Butler. Aujourd’hui, l’éclairage s’est considérablement assombri, peut être parce que le premier single My House est loin d’atteindre la perfection de Blind, ou tout simplement parce que le revival disco/house c’est marrant deux minutes mais on en a vite fait le tour… Bref, Hercules & Love Affair a en tout cas décidé d’évoluer dans leur son en mettant en retrait le disco pour mieux développer l’aspect House de leur musique. Adieu les cuivres lascif de Hercule’s Theme et les violons qui nous donnaient une furieuse envie d’enfiler nos rollers et faire quelques moulinets avec nos bras sur la piste. A quelques exceptions près (l’entrainant Failing), le son est bien plus lourd et rentre dedans. Agrémenté de synthés pas forcément désagréables mais mille fois entendus par le passé, le parti pris d’Hercules & Love Affair déçoit et lasse rapidement.

Cependant, la plus grosse déception vient des titres plus posés, on pense notamment au diptyque Boy Blue / Blue Song, représentant le versant chiant du groupe qu’on ne connaissait pas encore. Les New Yorkais devraient pourtant savoir que l’auditeur ne vient pas chercher des pseudo-titres tire-larme chez eux. Si cette volonté de se diversifier est honorable, le challenge est complètement raté. On évitera de s’épancher sur les trois derniers titres, insupportable. Enfin si, sachez que vous aurez le droit dans l’ordre au ringard Step Up qui invite un Kele Okereke maniéré, une house 90’s teutons risible (Visitor) et en guise de conclusion, It’s Alright qui côtoie le néant musicalement.

Blue Songs reste un semi échec car il garde tout de même quelques bons titres, les quatre premières chansons font preuve d’un savoir faire indéniable quand il s’agit de faire remuer nos popotins tout comme I Can’t Wait, le titre qui précède les trois catastrophes cité au dessus et qui fait écho à l’irrésistible Summer Song de YACHT. Hercules & Love Affair revient en petite forme, on espère que la suite sera plus endiablée que ce pâle blue Songs

En écoute aujourd’hui, Painted Eyes qui une fois lancé rappelle quelques bons souvenirs, le temps où les New Yorkais faisaient jaillir de leurs doigts un disco excitant et novateur.




Extrait de l'album : Blue Songs
sortie le : 01 février 2011
Label : Moshi Moshi
Myspace
En écoute dans le lecteur à droite

Pour :
SWOMMB


Mitigé :
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