Semaine 8 : Toro Y Moi - Underneath The Pine [Carpark Records]



Cela fait déjà un an que Chazwick Bundick a sorti un premier essai qui aura reçu les honneurs de toutes parts en s’inscrivant dans la lignée d’artistes comme : Washed Out, Neon Indian ou Memory Tapes, c'est-à-dire la chillwave. On ne reparlera pas de ce genre qui aura remis au goût du jour les synthés bon marché en remémorant une période des années 80. Bien que n’étant pas un grand fan de cette mouvance, Chazwick Bundick aura su instaurer une griffe bien particulière, il aura apporté à sa musique un nombre incalculable d’effets sur ses compositions en usant des modulations, des boucles et je ne sais quoi encore…

Le jeune homme semble pourtant en avoir déjà fait le tour puisque son nouvel album est loin de l’esprit de Causers Of This. Dès l’introduction, on est frappé par la discrétion du synthé, une guitare à la réverbération imposante s’occupe du devant de la scène. La suite confirme ces soupçons avec le très funky New Beat qui désigne par la même occasion, la nouvelle direction de Toro Y Moi. Sans renier les années 80 dont on ressent encore l’influence, il est maintenant passé dans un style plus proche de la décennie précédente tout en continuant à mélanger sa musique avec celle de notre époque. Un sacré bordel en somme mais qui marche à merveille dans le cas présent.
Comme on l’a dit plus haut, le funk semble être une influence majeure sur ce disque, il donne à sa musique un côté bien plus dansant et oublie dans la foulée l’aspect bricolo de son premier disque où Chazwick Bundick s’amusait un peu trop à triturer les bitoniaux au point de livrer un résultat indigeste. Les morceaux passent ici beaucoup mieux, on sautille sur Still Sound et New Beat au groove irrésistible ce qui nous était pas arrivé sur le précédent disque.

C’est pourtant dans les moments d’accalmies que ce jeune compositeur nous bluffe en proposant trois perles à la suite. La première, Go with you, est un tube potentiel qui nous ramène dans les années 80. A la fois étrange par sa superposition d’instruments, il en découle pourtant une écoute limpide accrochant nos oreilles instantanément. Vient ensuite le sublime Divina qui rappelle Air au meilleur de sa forme quand ils composaient de sublimes morceaux pour illustrer une histoire de 5 jeunes filles désespérées dans les années… 70. Enfin, arrive le morceau tout bête, tout simple, avec un arpège de guitare pas bien compliqué, mais qui vous terrasse par la beauté qu’il s’en dégage un poil gâché par son final avec des nappes de synthé trop longues mais on l’excuse (pour la pochette dégueu aussi).

Les changements de directions effectués par Bundick, sont salutaires. Au lieu de retenter un Causers Of This, il prend tout le monde par surprise avec ce disque qui laisse de côté les expérimentations électronique au profit d’instruments plus conventionnels et nous montre qu’il est capable de créer une musique excitante sans passer derrière ses machines. Comme son premier album, Underneath The Pine reste un disque fatiguant lorsque l’on tente des écoutes trop répétées mais on le ressortira avec un plaisir immense quand le soleil pointera le bout de son nez ce qui ne saurait tarder.



sortie le : 22 février 2011
5 titres en écoute à droite.
Myspace

Pour :
Stereotree
Triangle
Ground Control To Major Tom
Nuage Noir
Hop
...

Contre :
LCassetta
...



New Beat


Still Sound

Semaine 7 : Telekinesis - 12 Desperate Straight Lines [Merge]

Ce n’est pas parce que je n’ai rien écrit la semaine dernière qu’il ne s’est rien passé musicalement. La semaine aura été très riche, il y aura eu le retour en grâce de PJ Harvey, Gruff Rhys qui ouvrait son fantastique hôtel de shampoings, Discodeine qui faisait trémousser comme il se doit les arrières trains, tandis que Nicolas Jaar nous envoûtait dans un disque dont on n’a pas finit de faire le tour. Il ne faudrait pas oublier aussi le premier essai (très) réussit des Français de (Please) Don’t Blame Mexico. Je fus bien embêté quand il fallût choisir l’album de la semaine… Après deux jours de réflexions (et l’abandon de la chronique de Sieur Rhys…) c’est peut être le moins ambitieux qui l’emporte.

Cependant, le deuxième album de Telekinesis reste une bonne surprise. Après un premier disque plaisant mais anecdotique on n’aurait pas parié un copeck sur l’avenir de Michael Benjamin Lerner, l’homme qui se cache derrière ce groupe. Aux premières écoutes cet album s’avère être du même acabit d’ailleurs, on ne s’ennuie pas une seconde mais l’écoute du disque laisse une sensation de déjà vu. Seulement voilà, il tombe à pic. En laissant échapper ces quelques mots en ouverture ("We fall in love the summer") le chanteur introduit alors tout l’imaginaire qui se développe derrière. Il y a dans ses chansons une saveur printanière annonçant la fin d’un hiver et surtout un goût de "reviens-y", car sa plus grande force est sans nul doute son talent pour écrire 12 compositions accrocheuses et homogènes qui ne vous donnent qu’une envie, celle de bouger vos pieds malgré des paroles plutôt sombre.

Parce que oui, Michael Benjamin Lerner n’a pas eu beaucoup de chance depuis la sortie de son premier album : accident de voiture, déception amoureuse, surdité partielle pendant un temps… Bref, on peut comprendre la noirceur de certaines paroles mais qui ne se ressent que rarement dans son songwriting. D’entrée You Turn Clear In the Sun nous donne la patate avec son glockenspiel. Il y a dans 12 Desperate Straight Lines une énergie folle qui nous quitte jamais du début la fin excepté sur Patterns superbe titre, tout au piano, où Lerner dévoile une écriture plus sensible.

En à peine plus de 30 minutes, Telekinesis ne révolutionne en rien la musique et ne surprend jamais mais au final on s’en fout car Lerner a réussi à réaliser une véritable petite bombe pop rock où chaque chanson exploite une structure des plus classique. Le trio Guitare/basse/batterie s’applique donc à réaliser des chansons toutes bêtes avec généralement deux couplets, deux refrains et parfois un pont comme l’avait si bien fait Weezer par le passé.

12 Desperate Straight Lines finit par nous faire croire qu’il n’est pas obligatoire d’innover pour faire un bon disque, une chose que l’on a tendance à oublier de nos jours. Il est certain que beaucoup auront oublié ce disque à la fin de l’année, et pourtant, Telekinesis a composé un album très homogène où chaque chanson à son charme au point où j'ai été incapable de dégager les 5 meilleurs titres pour illustrer ma chronique (ce sont tout bêtement les 5 premiers titres de l'album qui sont en écoute). Certes nous ne sommes que fin février mais pour l’instant, on tient ici le meilleur album pop rock de l’année.



sortie le : 14 février 2011
5 titres en écoute à droite.
Myspace

Pour :
Mono
Autres Directions
...

Contre :
Des Chips et du rosé
...

Semaine 6 : James Blake - James Blake [R&S]



Le voici, le tant attendu premier album de James Blake. Après quatre Ep, le petit prodige Anglais passe enfin au format long avec un disque pour le moins étonnant. On arrête le débat tout de suite, si cet album éponyme est étonnant, ce n’est pas parce qu’il est révolutionnaire mais tout simplement parce qu’il sort du sentier dans lequel on l’avait connu. Jusqu’ici, James Blake était à ranger dans la case dubstep ou post-dubstep où le musicien, en quelques compositions, jouait de sa voix sur des musiques purement électroniques. Il y avait dans ses deux derniers Ep une beauté évidente et une construction soignée dans l’évolution des morceaux. Ainsi, CMYK, son apothéose discographique écrivait en 4 morceaux une musique à la fois belle et étrange, faites de coupures incessante et où la voix du jeunot ne cesser de muer.

Ce premier album est en quelque sorte une suite logique de son dernier EP Klavierwerke. La musique y est plus introvertie, plus hésitante et plus posée. Ce n’est pas pour autant que l’on a le droit à un Klavierwerke 2, loin de là. James Blake évolue dans la même sphère mais y atteint son extrême. Dans ce premier essai, la musique y est aussi importante que les longs silences qui ponctuent ses compositions. Contrairement à Klavierwerke, James Blake s’éloigne encore un peu plus du genre électro. S’il en garde quelques singularités (la voix trafiquée, les beats, les synthés), on le classera plus près d’un nouveau Antony Hegarty que d’un Burial. La principale évolution vient en effet des morceaux à la structure plus classique comme cette reprise de Feist qui fait office de premier single avec Limit To Your LoveJames Blake se pose en chanteur R’N’B sur une musique teintée de soul rythmée par des beats certes discrets mais faisant vibrer nos tympans par leurs profondeurs.

Classique dans le fond (on pense à une multitude d’artistes), la forme est des plus étonnantes. Tout dans ce disque est épuré et minimalisé laissant pleinement la voix s’exprimer sous toutes ses formes. Ainsi Linesfarne I est sans instrument tandis que sa suite se retrouve accompagnée d’une simple guitare acoustique. Aucun doute, la pièce maitresse de ce disque est la voix. Jusqu’ici, James Blake l’avait habillé d’une multitude d’effets sur ses précédents EPs, sûrement par pudeur, mais les mois ont passé et le Londonien a gagné en assurance au point d’en jouer. Ainsi, on découvre sur To Care (Like You) une habile construction de voix plus ou moins aigues se répondant pour construire une musique des plus originales. Il n’hésite pas aussi à nous la faire découvrir nue, sans effets, dévoilant un organe étonnamment mature et maitrisé (Limit To Your Love).

Enfin, ce disque est aussi celui du vide. Rarement on aura entendu autant de silences, James Blake suspend le temps en attente des prochains mots qu’il daignera nous chanter, des prochaines notes qui nous ferons vibrer. Ce qui pourrait s’avérer ennuyeux est pourtant captivant. L’album est chargé d’une ambiance si particulière, tel un brouillard opaque qui nous laisserait apparaitre les contours d’un paysage au fur et mesure que l’on avance.

Des reproches on pourrait lui en faire plein, le gamin peut avoir tout le talent qu’on peut penser, le manque d’expérience se fait cruellement ressentir tant chaque chanson ressemble à tel ou tel artiste. Il n’hésite d’ailleurs pas à signer deux reprises (réussies) sur ce premier album (Wilhelms Scream et Limit To Your Love). Mais l’on garde en mémoire les bons côtés de ce disque qui garde une certaine singularité, les limites que semble s’être fixé son créateur (minimalisme, économie des notes…) permet de garder une cohérence tout au long du disque. C’est surtout un album qu’Antony Hegarty aurait du sortir il y a trois ans mais qu’il a été incapable de réaliser, car cette œuvre éponyme est à la fois curieuse, surprenante et poétique. Rien que pour cela, on remercie James Blake pour cette plongée dans un monde où l’on s’immerge que trop rarement.



sortie le : 07 février 2011
5 titres en écoute à droite.
Myspace

Pour :
Les chroniques de Blake
Hop
Sound Of Violence
Esprits Critiques
Feu à volonté
Arbobo
Des oreilles dans Babylone
C'est entendu
Little Reviews
...

Contre :
Brainfeeders & Mindfuckers
Chroniques Electroniques
...




Vendredi 11 février : Cut Copy - Sun God

Il y a deux ans, le premier album de Cut Copy sortait, et il fit son petit effet avec son hommage très appuyé aux années 80. Leur musique taillée pour les dance-floor ne m’avait à l’époque que peu enthousiasmé, voir, pas plu du tout. J’en garde un souvenir à la fois très flou mais aussi très désagréable excepté sur deux ou trois titres qui trottent encore dans ma tête. Pourtant, je n’ai pas peur, et je me suis lancé corps et âmes dans ce second opus. Les premiers titres ne nous surprennent pas, on se retrouve avec la même recette que celle livrée il y a deux ans. La musique se fait légère et groovy avec des synthés beaucoup plus discrets par le passé évitant l’overdose comme sur le premier et honnête single Take Me Over.

Et voilà que, sans prévenir, Cut Copy change de bord. Dès Where I'm Going on se retrouve avec un son bien plus rock. Seules les voix se font alors plus pop. La batterie y est martiale et la ligne de basse est enivrante. J’adhère. Malheureusement la bonne surprise est de courte durée avec les deux titres suivant me rappelant alors pourquoi j’avais vite oublié Ghost Colours. Les synthés sont nombreux et sonnent tous plus kitsch les uns que les autres. Arrivé au milieu du disque, Cut Copy agace dans ses travers électro-pop à la limite de la caricature.

Finalement le miracle arrive avec le somptueux This Is All We've Got rappelant quelque peu The Motion Makes Me Last d’Eluvium sur les couplets et prenant son envol dans les refrains. Cut Copy expérimente en noyant leur musique sous des effets sombres et aquatiques et laisse la place à d’autres instruments que le synthé pour mon plus grand bonheur. Par la suite, les Australiens continuent d’alterner les titres avec plus ou moins de claviers rappelant par moment Depeche Mode ou même le récemment adoubé Ariel Pink sans l’indigestion qui va avec.

Ce deuxième est, on espère, un disque de transition, On ressent sur Zonoscope deux genres bien différents qui cohabitent ici pour le meilleur (seconde partie du disque) et pour le pire (première partie). On rêve déjà pour un hypothétique troisième opus, plus de guitares et moins de synthés. Maintenant, on le sait, ils pourraient réaliser un disque rock et le résultat serait sûrement bon car, assurément, ces jeunes gens ont du talent à revendre.

En écoute aujourd’hui, Sun God, conclusion formidable longue de onze minutes où les beats ne pouvaient être aussi obsédants.



Extrait de l'album : Zonoscope
sortie le : 07 février 2011
Label : Modular
Myspace
Un soucis sur grooveshark (pour changer...) le titre est en écoute en dessous

Pour :
Feu à volonté
Branche ton sonotone
Alors qu'est ce qu'on attends?!
...

Contre :
Hop
Pop
Chips!
...







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Mardi 8 février : ...And You Will Know Us by the Trail of Dead - Weight Of The Sun (Or The Post-Modern Prometheus)

Fort de nombreux albums, le 7ème de leur discographie est pourtant celui qui me fera découvrir le rock de ces Texans. Une origine qui ne nous étonne guère quand on écoute ce disque aux morceaux concis, tendus et où toutes les guitares sont de sorties. Tel Queens Of The Stone Age, ils ont ce pouvoir de séduction pour attirer les auditeurs d’horizons très variés. Amateur de métal ou de rock, il y aura de quoi vous plaire, ce qui est loin de l’idée que je me faisais du groupe…

Avant de me lancer dans Tao Of The Dead, j’ai longuement hésité. Panda Panda aime la musique de chochotte et la peur de ce groupe au nom à rallonge était forte dû à des idées préconçues. En effet, machin (on va les appeler machin ce sera plus simple) avait toujours sonné dans ma tête à du rock masturbatoire, expérimental et inutilement bruyant. Paf, raté. Les dix premiers titres me donnent torts, les compositions sont brèves et excèdent rarement les 4 minutes dans un pur style 90’s. Il y a chez eux un côté rock FM, très pop et surtout très Américain. La production est carrée, rien n’est laissé au hasard et les mélodies fusent pour draguer au mieux l’auditoire. Avouons-le, la recette fait mouche à chaque fois, et à défaut de faire dans l’originalité, on est séduit par leur musique qui enchaine les tubes même si un plaisir coupable se dégage tant l’impression d’écouter Virgin 17 se fait ressentir.

« Bon, c’est plié alors ? Album de la semaine ? » Ben non. Certes, les dix premiers titres me donnaient torts mais en voyant la durée de la chanson qui clôturait l’album, je savais que j’allais payer. The Fairlight Pendant, prépare déjà le terrain avec ses solos frottant le manche comme un pervers et ses synthés que je croyais disparus depuis 15 ans, mais c’est bien Tao of the Dead Part II: Strange News From Another Planet qui nous achève. De prime abord, on peut repérer les signes de mauvais augure comme ce Tao Of The Dead Part II. Ils annoncent. Le titre de clôture est à lui seul un album (soupir).

Tout commence pourtant bien, c’est rentre dedans, et on retrouve tout le plaisir provoqué par le début de l’album avec, peut être, un héroïsme un peu trop poussé, puis, ça part en cacahuète… Les basses sont lourdes, les passages de transitions n’en finissent pas et les voix venus dont ne sait où meublent pendant des plombes… Enfin on croit que ça dure des plombes, mais ce n’est pas le cas ! Le temps passe juste, lentement. Machin alterne alors avec de nombreuses phases incalculables où les excès de mélodies et d’effets en tous genres nous achèvent. Arrivé à termes de ces 16 éprouvantes minutes, le groupe nous a alors déjà perdus depuis longtemps et nous fait regretter le début d’un disque qui aurait pu promettre, beaucoup plus, qu’à un simple article dans la rubrique « chanson du jour ».

En écoute aujourd’hui, Weight Of The Sun, un titre qui connait une bien belle progression sur les couplets tandis que les refrains sont beaucoup plus rentre dedans!



Extrait de l'album : Tao Of The Dead
sortie le : 07 février 2011
Label : Richter Scale
Myspace
En écoute dans le lecteur à droite

Pour :
Tasca Potosina
...

Contre :
...

Semaine 5 : The Go! Team - Rolling Blackouts [Memphis Industries]



En 2004, lorsque le premier album de Go! Team est sorti, il a soufflé un véritable vent de fraîcheur dans le monde de la musique indé. Il y avait dans ce disque, une énergie et une folie fait de collages imparfaits maniant pop poétique et Hip hop, le plus souvent recouverts par les sirènes hurlantes provoquées par les cuivres. Ces 6 gamins avaient fait de Thunder, Lightning, Strike, un espace de jeu, une sorte de récréation ou les cris des enfants étaient remplacés par une multitude de sons touffus qui partaient dans tous les sens avec des idées pleins la tête, au point d’aller puiser leur inspiration aussi bien dans les exclamations des pom-pom girls que dans des génériques de séries télés policières des années 70.

Depuis, le groupe a grandit, et n’a plus l’âge de jouer aux gendarmes et aux voleurs. Bien sûr on retrouve quelques souvenirs du bon vieux temps sur quelques titres comme Bust-Out Brigade, mais le plus souvent les choses sont plus cadrées, plus propres, même si ce dernier mot est toujours à relativiser chez eux. Si l’on retrouve des titres très posés, dès que Go! Team se décide à tout faire pêter ils savent toujours y faire. Le premier single T.O.R.N.A.D.O. qui s’avère aussi être la première chanson de leur disque montre à quel point le groupe ne s’est pas assagi après toutes ces années même s’ils s’avèrent beaucoup moins convaincants.

C’est là qu’est le principal problème de Rolling Blackouts. Contrairement à ses deux précédents albums, Go! Team rame parfois dans sa propre recette et l’impression de tourner en rond se fait cruellement sentir. Peut être est ce la destinée de tous groupes qui sortent des sentiers battus. Les limites de leur genre se font cruellement sentir et à défaut de vouloir tomber dans un schéma plus convenu, le groupe revient irrémédiablement sur ses pas. Pourtant, des groupes comme Go! Team on en a besoin. Malgré le défaut énoncé, s’il y a bien une chose dont on ne se lasse pas chez eux c’est cette bonne humeur communicative, cette énergie créée par des chœurs enjoués et criards. Les mélodies pop tapies dans un coin sont recouvertes par les rythmiques bruitistes rappelant l’énergie dégagée par un stade tout entier.

Plus que jamais, on a besoin de Go! Team. A l’heure où le compositeur déclare que Rolling Blackouts pourrait bien être la fin d’une belle aventure, une sensation de gâchis se fait sentir tant le potentiel ne semble pas être épuisé. Back Like 8 Track, le meilleur titre de l’album qui le conclut prend alors une toute autre saveur. Sous ses apparences festives, les cuivres annoncent une autre couleur, un brin mélancolique, ramenant à quelques années en arrière où ils étaient encore des gamins. A l’époque où ils enregistraient leur premier album dans la maison familiale, sûrement incapable de réaliser ce qui allait leur arriver et prenant un plaisir immense à enregistrer ce drôle de bric à brac. Back Like 8 Track a des allures d’adieu joyeux de la part d’un groupe optimiste dont l’inconnu ne les inquiètes guère. On n’aurait pas rêvé un plus bel au revoir qu’on n’espère loin d’être définitif.



sortie le : 01 février 2011
5 titres en écoute à droite.
Myspace

Pour :
Tasca Potosina
Esprits critiques
Mowno
Goûte Mes Disques
Transmissionary
...

Contre :
IndieRockMag
...

Jeudi 3 février : Hercules & Love Affair - Painted Eyes

De nos jours, la roue tourne à une vitesse hallucinante. Il y a 3 ans, Hercules & Love Affair bénéficiait d’une médiatisation conséquente et méritée pour leur premier album. Il faut dire que la présence d’Antony Hegarty et les critiques dithyrambiques avaient suscité un engouement considérable autour du groupe mené par Andy Butler. Aujourd’hui, l’éclairage s’est considérablement assombri, peut être parce que le premier single My House est loin d’atteindre la perfection de Blind, ou tout simplement parce que le revival disco/house c’est marrant deux minutes mais on en a vite fait le tour… Bref, Hercules & Love Affair a en tout cas décidé d’évoluer dans leur son en mettant en retrait le disco pour mieux développer l’aspect House de leur musique. Adieu les cuivres lascif de Hercule’s Theme et les violons qui nous donnaient une furieuse envie d’enfiler nos rollers et faire quelques moulinets avec nos bras sur la piste. A quelques exceptions près (l’entrainant Failing), le son est bien plus lourd et rentre dedans. Agrémenté de synthés pas forcément désagréables mais mille fois entendus par le passé, le parti pris d’Hercules & Love Affair déçoit et lasse rapidement.

Cependant, la plus grosse déception vient des titres plus posés, on pense notamment au diptyque Boy Blue / Blue Song, représentant le versant chiant du groupe qu’on ne connaissait pas encore. Les New Yorkais devraient pourtant savoir que l’auditeur ne vient pas chercher des pseudo-titres tire-larme chez eux. Si cette volonté de se diversifier est honorable, le challenge est complètement raté. On évitera de s’épancher sur les trois derniers titres, insupportable. Enfin si, sachez que vous aurez le droit dans l’ordre au ringard Step Up qui invite un Kele Okereke maniéré, une house 90’s teutons risible (Visitor) et en guise de conclusion, It’s Alright qui côtoie le néant musicalement.

Blue Songs reste un semi échec car il garde tout de même quelques bons titres, les quatre premières chansons font preuve d’un savoir faire indéniable quand il s’agit de faire remuer nos popotins tout comme I Can’t Wait, le titre qui précède les trois catastrophes cité au dessus et qui fait écho à l’irrésistible Summer Song de YACHT. Hercules & Love Affair revient en petite forme, on espère que la suite sera plus endiablée que ce pâle blue Songs

En écoute aujourd’hui, Painted Eyes qui une fois lancé rappelle quelques bons souvenirs, le temps où les New Yorkais faisaient jaillir de leurs doigts un disco excitant et novateur.




Extrait de l'album : Blue Songs
sortie le : 01 février 2011
Label : Moshi Moshi
Myspace
En écoute dans le lecteur à droite

Pour :
SWOMMB


Mitigé :
Adiktblog

Semaine 4 : Charles Bradley - No Time For Dreaming [Daptone Records]



Ne vous fiez pas aux apparences, Charles Bradley est loin d’être un vétéran. A 62 ans, cet homme a passé toute sa vie à côté de sa passion pour la musique. Fait de malheureux hasards, il a passé sa vie comme chef cuisinier un peu partout sur le continent Nord-Américain, ses économies passant dans l’achat de matériel musical. C’est à l’âge de 51 ans, que sa passion prend le pas, il chante alors dans plusieurs clubs de Brooklyn où il se fait une certaine notoriété. Malheureusement, le bonheur est de courte durée quand son frère se fait tuer par balle par son neveu. Au plus bas, c’est à ce moment là que Gabriel Roth intervient. Lui, c’est l’un des patrons de Daptone Records, découvreur de talents comme Sharon Jones. Illico, Gabriel Roth l’envoie en studio en compagnie du producteur des Dap Kings et l’entoure du Menahan Street Band pour l’accompagner. Il en accouchera de son premier disque : No Time For Dreaming.

Alors, oui. Encore un album de soul. Mais quel album ! Le premier titre qui est aussi le premier single ouvre le bal. L’année dernière on avait l’entraînant I Need A Dollar une vraie machine à tube, ce titre est son versant plus sombre. The World (Is Going Up In Flames) obsède, la tristesse est palpable, Charles Bradley crie à n’en plus pouvoir, l’émotion et la ferveur transpire à chaque note sur ce titre d’ores et déjà à ranger parmi les meilleurs titres de l’année. La suite n’a pas à rougir, sur les douze titres qui composent l’album, Charles Bradley y met toute son âme et son groupe en fait tout autant. Les compositions excellent et font mouche à chaque fois, la rythmique un peu trop discrète à mon goût déploie une ingéniosité débordante quand il s’agit d’employer des percussions Africaines sur le final de Golden Rule ou utiliser les codes de la bossa nova sur Since Our Last Goodbye. On retrouve sur l’album toutes les habitudes de la soul, l’orgue Hammond et les cuivres chaleureux ne sont jamais très loin. Les choristes sont eux aussi de la partie quand il s’agit d’appuyer les propos du chanteur comme sur le génial No Time For Dreaming où les exclamations « Get Up ! »et « Dreaming ! » sont du plus bel effet.
La vraie force de ce disque reste la voix majestueuse de Charles Bradley. Une voix qui prend tout l’espace, il suffit d’écouter How Long pour se rendre compte de l’ampleur du talent vocal de ce monsieur. Pas d’artifice ici, la voix est brute et rugueuse, on ne parle même plus d’une bonne interprétation mais d’une voix possédée par ses démons, sa rage, sa tristesse, son désespoir… On est tenté de comparer son chant à celui de son idole, celui qui lui a donné cette envie de chanter à son tour après avoir vécu en live. La prestation de James Brown en 1962 l’aura marqué et il lui rend un bel hommage à travers sa voix. Il y a chez ces deux hommes cette voix un peu éraillée et bouleversante qui font de ces deux artistes, de grands chanteurs soul.

Ne vous fiez pas aux apparences, Charles Bradley est bien plus qu’une mode, No Time For Dreaming n’est pas un simple album soul de plus comme on en voit pousser ici et là, c’est un disque qui aurait pu sortir en plein âge d’or de ce genre. Il ya une intemporalité qui se dégage de son disque qui ne fait certes pas avancer la soul vers de nouveaux horizons mais qui impose son disque comme une référence de plus pour les futures générations à venir.



sortie le : 25 janvier 2011
5 titres en écoute à droite.
Myspace

Pour :
De la lune on entend tout
Toute la culture
...

Contre :
...

Jeudi 27 janvier : Destroyer - Chinatown

Il va falloir que je commence à faire attention à mes fréquentations. En 2010, c’était George Lewis Jr. (Twin Shadow pour les intimes) qui me faisait du pied avec sa musique très, mais alors très, inspirée par les années 80. On débute fort cette année avec le dernier album de Dan Bejar plus connu (enfin je pense) pour son travail avec le super groupe New Pornographers. Depuis quelque temps, il faut dire qu’on en a bouffé du 80’s allant jusqu’à l’écœurement. Soyons clair, on ne parle pas du son 80’s des groupes indés comme Violent Femmes ou Talking Heads, mais plutôt des groupes qui utilisaient des synthés risibles et surtout, dans le cas de cet album, le fameux saxophone ! Jusqu’ici, je m’étais toujours tenu à l’écart de ces gens là, les trouvant d’un goût douteux, jusqu’à ce que je me fasse avoir avec Kaputt. Le salaud avait bien caché son jeu avec Bay Of Pigs que j’avais entendu il y a un an et dont la similarité avec les groupes d’il y a plus de vingt ans ne m’avait pas frappé. Cependant, il est difficile de ne pas faire le rapport avec cette période sur son dernier disque. Durant les 50 minutes, voilà ce que vous allez manger : des synthés, du saxophone, et une voix bien particulière qui en rebutera plus d’un. Kaputt est un mélange indigeste sur le papier, mais seulement sur le papier puisqu’il s’avère être un disque des plus agréables à l’écoute. Le principe du revival 80’s est, comparé à Twin Shadow, poussé à l’extrême ici et la grandeur du disque l’est encore plus.

Si Kaputt est une indéniable réussite, c’est par l’élégance qui se dégage de chaque composition. Rarement un saxophone de ce genre (genre romantique kitsch au clair de lune si tu vois ce que je veux dire) n’aura aussi bien sonné. Tenant sur la longueur, l’album est un beau et paisible voyage sans jamais être chiant, une de ses principales forces avec le fait qu’il ne paraît jamais daté ou ringard. Au-delà de ces trois instruments, il y a si peu de choses qui habillent ses compositions et pourtant la magie opère à chaque fois. Le temps passe vite sur ce disque qui possède un charme fou et une grande originalité qui ne demande qu’à être réécouter encore et encore. Il est certain que Dan Bejar ne se fera pas que des amis et risque de diviser les auditeurs en pro et anti-kaputt.

En écoute aujourd’hui, Chinatown qui vous donnera un très bon aperçu de ce à quoi vous pouvez vous attendre. Soit il vous rendra accroc à la drogue Kaputt, soit il vous horripilera au plus haut point ne vous donnant alors qu’une envie, celle de jeter votre ordinateur par la fenêtre qui sera alors kaput (Tagada Tsoin tsoin)…



Extrait de l'album : Kaputt
sortie le : 25 janvier 2011
Label : Merge
Myspace
En écoute dans le lecteur à droite

Pour :
Little Reviews
Music doesn't Exist In My Country
Du son
Tasca Potosina
Brainfeeders & Mindfuckers
Des chibres et des lettres

Contre :
Esprits critiques

Mercredi 26 janvier : Deerhoof - Behold A Marvel In The Darkness

Pour certains, Deerhoof est sûrement un groupe culte, car il aura su au fil des années se construire une discographie conséquente sans signer d’horreurs, ou peut-être est ce aussi grâce à la construction d’une identité sonore à la fois originale et accessible bien à eux. Sans les trouver géniaux, le trio californien aura toujours su me séduire. Mes premiers amours avec le groupe fût avec le titre +81 présent sur l’excellent Friend Opportunity, qui était aussi pop qu’expérimental. Alors que la trompette faisait dans ma tête des ravages, la construction du titre était pour le moins étrange avec ses multiples cassures au sein de la composition. La voix extrêmement aiguë de Satomi Matsuzaki participait aussi à l’étrangeté de leur musique. Le temps est passé depuis, et quelques albums antécédents du groupe sont parvenus à mes oreilles sans jamais paraître déplaisant à défaut d’être remarquable. Deerhoof est ainsi, ils ont construit leur réputation sur une discographie conséquente sans faux pas, ni réelle déception, ce qui est aussi bien qu’un groupe qui doit tout à un seul et unique album.

Leur nouvel album ne déçoit pas, eux qui sont habitués à un rythme de diffusion quasi-annuel ont attendu trois avant de nous livrer leur onzième galette. On imagine que le temps anormalement long pour eux a joué en leur faveur pour peaufiner l’écriture des chansons. En gardant toujours le goût pour des sonorités étranges, Deerhoof n’a jamais été aussi pop et direct. Une fois passé le premier morceau qui pourra rebuter certains par son côté foutraque, la suite n’est que du bonheur. Le titre suivant est par exemple un petit bijou de pop chatoyante. Behold A Marvel In The Darkness qui est introduit par une guitare acoustique évolue très rapidement dans d’autres sphères, en variant les mélodies et le tempo.

Les titres s’enchaînent et ne se ressemblent définitivement pas sur le nouvel exploit du groupe qui saura aussi bien garder les anciens aficionados qu’en appâter de nouveaux. Après 16 années d’existence on ressent à travers ce disque un plaisir immense. Comme d’éternels adolescent, l’énergie communiquée est grande et le bonheur intense. Réfractaire aux groupes expérimentaux ou tout simplement à la musique de Deerhoof, il serait bien dommage de passer à côté de ce disque qui est une parfaite entrée en matière pour découvrir ce groupe aussi original que doué.

En écoute aujourd’hui, Behold A Marvel In The Darkness, qui est à la fois époustouflant, charmant, étonnant, et surtout grand.



Extrait de l'album : Deerhoof vs. Evil
sortie le : 25 janvier 2011
Label : Polyvinyl
Myspace
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Mardi 25 janvier : John Vanderslice - Convict Lake

Cela fait maintenant douze ans que John Vanderslice roule sa bosse en solo mais c’est avec son 9ème et dernier album que je découvre cet artiste qui évolue dans une musique pop/folk des plus classiques. La rencontre aurait pu mal se passer à l’écoute des 40 premières secondes croyant alors avoir affaire à un banal songwriter dans le sens chiant du terme, le genre d’albums où l’on se demande quand cela va finir tant chaque composition paraît monotone. Heureusement, John Vanderslice a beaucoup de ressources.

Sea Salt, le premier titre de l’album, donne le ton. Sans en faire trop, la composition révèle une orchestration soignée où les cuivres et les cordes cohabitent pour donner corps à une composition réussie. On croyait s’ennuyer, c’est raté, John Vanderslice étonne par la diversité des instruments utilisés sur ce premier titre et par la délicatesse de sa composition. Il en est de même pour la quasi-totalité des titres où la guitare, instrument central de l’album, est accompagnée, le plus souvent tout en douceur, par des instruments à vents (flûte et compagnie) ou à corde (piano et cuivres), les percussions se faisant bien plus discrètes excepté sur le relevé Overcoat.

White Wilderness est sans aucun doute une belle et paisible ballade qui l’est peut être un peu trop. L’envie d’enfiler des charentaises et s’endormir au coin du feu n’est pas très loin… Ni bouleversant, ni entraînant, John Vanderslice a le cul entre deux chaises. Bien que l’aspect soit parfois trop lisse, le parti pris du compositeur se respecte puisque la musique est la plupart du temps une franche réussite. On fermera les yeux sur les quelques morceaux plus dépouillés, où l’envie de passer au titre suivant est forte, puisque l’album a le mérite de conclure avec le magnifique 20K rappelant Pyramid Song de Radiohead.

En écoute aujourd’hui… Convict Lake et non 20K. Contrairement au second, ce titre a le mérite d’être bien plus fidèle à l’esprit de White Wilderness hormis son rythme beaucoup trop soutenu par rapport au reste!



Extrait de l'album : White Wilderness
sortie le : 25 janvier 2011
Label : Dead Oceans
Myspace
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Lundi 24 janvier : Gang Of Four - You'll Never Pay for the Farm

Le début de l’année 2011 a été marqué par deux grands noms du punk. A ma gauche, Wire, auteur de l’album Pink Flag, tuerie dans le genre punk rock qui sera suivi par deux disques à peu près équivalent. Par la suite, ils disparaîtront avant de faire deux come back, l’un en 1987 et l’autre en 2003. De l’autre côté, nous avons Gang Of Four signataire du culte Entertainment! qui servira d’influence majeure à toute la génération Franz Ferdinand, Bloc Party et toute cette clique. Comme leurs compères, ils ont disparu avant de faire leur « grand retour » deux fois... L’une en 1991 et une autre en 2005 pour un album best-of constitué de deux parties distinctes. La première consistait à une relecture de leurs standards par Gang Of Four eux-mêmes, tandis que la deuxième partie laissait place aux jeunes pousses qui revendiquaient leur influence. La suite, on la connait, ils ont été super content de se retrouver blah blah blah, ils ont pris plaisir à jouer blah blah blah, ils ont besoin de pognon blah blah blah… Bref, Gang Of Four s’est reformé et a sortit un nouveau disque avec une pochette qui concourt déjà pour l’horreur de l’année…

S’il n’y avait que la pochette qui était une horreur… Oui, vous voyez où je veux en venir, le contenu… Il n’est pas bon du tout... Pourtant, ils ont essayé de répéter ce qui faisait la réussite de leurs premiers opus, Content est un véritable retour aux sources. Un retour aux sources qui prouve que ce n’est pas toujours bon de regarder dans le rétroviseur, que vouloir recréer la magie d’antan en se disant « ha c’était mieux avant » peut-être une grossière erreur. Pourtant, tout y est, les guitares incisives sont là, la voix sèche et directe aussi mais le groupe est complètement à côté de la plaque. Faute de mélodies réellement marquantes, les deux têtes pensantes nous ennuient, et puis, qu’est ce que c’est mou ! Un comble pour ceux qui ont signé des titres comme Damaged Goods! Return The Gift, l’album fait uniquement de relectures, avait le mérite de redonner un peu de puissance à des titres qui avaient perdu de leur aura avec le temps. Ici, on ne sauve rien, surtout pas quand le groupe se la joue djeuns et ché-bran en utilisant des vocoders comme sur le titre I Was Never Gonna Turn Out Too Good… Pour être honnête, je ne l’ai écouté que trois fois en une journée, mais cela m’a amplement suffi pour savoir que je n’y reviendrai pas. Bon, on se donne rendez vous en 2021 et on fait le point pour le troisième come back?

En écoute, aujourd’hui, You'll Never Pay for the Farm qui entre dans la danse avec une guitare heavy avant de continuer dans un truc sans grand intérêt...



Extrait de l'album : Content
sortie le : 24 janvier 2011
Label : Yep Roc
Myspace
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Top albums 2010 : 10ème - 1er.

Ca y est, c’est la fin, et on termine en beauté avec les 10 meilleurs albums selon Ears Of Panda avec, au programme : du rock, de la pop, du folk, de l’électro et du rap. Que du bon en somme ! On n'oubliera pas cette bonne étoile qui aura eu la patience de relire ces nombreuses pages Word afin d'éviter à vos yeux de trop piquer. Enfin, je vous donne rendez vous lundi pour de nouveaux disques, de nouvelles chansons et de nouveaux clips qu’on souhaite remplis de bonnes surprises!



10 : The Radio Dept. - Clinging To A Scheme

On le sait depuis un bon bout de temps maintenant, la pop a su trouver en Suède une terre d’asile. Plus que jamais en 2011, ce constat vient se confirmer avec les trop rares Radio Dept qui signent leur troisième album en l’espace de 7 ans. Dès les premières notes, le niveau est haut… Très haut. Domestic Scene, plus qu’une simple introduction, est cette petite mais parfaite pépite pop qui ne fait que passer avant de laisser la place aux autres bijoux. On change d’humeur d’une chanson à une autre suivant les compositions de Radio Dept, Heaven’s On Fire fait de nous quelqu’un de neuneu tandis que Never Follow Suit nous rend nostalgique d’une pop d’antan douce et candide. The Radio Dept. n’a certainement pas inventé la poudre, mais ce qu’ils font, ils le font très bien. Clinging To A Scheme est un apaisant voyage, chaleureux, dépassant aisément les frontières de leur pays natal.

Label : Labrador
Myspace
Chronique : Not For Tourist




09 : Joanna Newsom - Have One On Me



Pour l’attendre, on l’a attendue ! 4 ans après son chef d’œuvre Ys, Joanna Newsom revient et pas pour rien. Ce n’est pas un, ni deux, mais bien trois albums que la belle nous offre en pâture. Durant 2h, la californienne développe encore un peu plus son ambition. Après le sobre The Milk-Eyed Mender et le bien plus audacieux Ys qui comptait la collaboration de Steve Albini et de Van Dyke Parks, Joanna Newsom étoffe l’orchestration et multiplie les morceaux où le piano est souvent l’instrument principal. Pendant tout ce temps, l’artiste alterne entre harpe et piano, accompagné d’un groupe minutieux qui sait se faire aussi bien discret qu’inventif. On pourra lui reprocher d’avoir réalisé un album trop long, difficile à digérer sur la longueur, regretter les histoires contées sur des compositions complexes que l’on retrouvait sur Ys. Mais franchement, depuis combien de temps n’avions nous pas entendu un tel ouvrage ? 18 titres, pas de déchets, certains se tirent un peu plus la couverture pour eux mais dans son ensemble, Have One On Me est un travail gigantesque renforçant un peu plus le statut de Joanna Newsom comme reine du renouveau du folk Américain.

Label : Drag City
Myspace
Chronique : Dans le mur... Du son!




08 : Shugo Tokumaru - Port Entropy



Il y a des disques qui auraient pu louper le rendez-vous de peu, c’est le cas de Port Entropy, découvert il y a un mois de cela. Alors que je faisais quelques emplettes chez un disquaire, il y avait cette musique qui passait. Une pop enfantine, joyeuse, très aérée, avec des idées qui fusaient à toute vitesse, il ne m’en fallait pas plus pour tomber amoureux de sa pop libératrice. En découvrant le nom, je me rappelais d’un Exit qui avait eu bonne presse mais dont les souvenirs restaient confus. Port Entropy ne connaîtra pas le même sort. Usé à l’extrême, il est peut-être l’album que j’ai le plus écouté cette année alors que je ne le connais depuis que début décembre… On a beau rien comprendre à ce qu’il chante (c’est du Japonais !), on s’imagine nos propres histoires, on rêve de grands espaces et les paysages défilent comme un long travelling. La grande force de Port Entropy est outre sa capacité à créer un imaginaire propre à chacun, c’est qu’il paraît aussi optimiste que déchirant. Ce disque aurait pu louper le rendez-vous de peu, on promet de ne plus jamais rater une sortie de ce songwriter d’exception.

Label : P-Vine
Myspace
Chronique : Mile Me Deaf




07 : Future Islands - In Evening Air



Prendre Future Islands pour un simple revival de cold-wave serait une grande erreur. Ce groupe que je croyais anglais à la base mais qui est finalement originaire de Greenville, une modeste ville de Caroline du Nord déploie une musique gorgée de sentiments. Très souvent teinté de mélancolie, Future Islands ne baisse jamais le rythme soutenu de cette musique si combative. Basé principalement sur un duo basse/synthé, le son ne se fait pourtant jamais dépouillé. Tandis que la basse développe un son agressif et lourd, les synthés se font légers, discrets, nous permettant ainsi de respirer. Cette confrontation entre les deux instruments phares du groupe fait alors des miracles. Très vite, les 3 membres nous mettent dans leur poche. Une fois passée la superbe mise en bouche Walking Through That Door, qui a le mérite de préparer l’auditeur aux évènements à venir, la suite rivalise de trouvailles en terme de mélodies pour savoir qui gagnera la palme de la meilleure chanson. A ce petit jeu, il faut avouer qu’il est bien difficile d’en dégager une plus que les autres ce qui fait la principale qualité de ce disque certes assez court (35 minutes). Il ne faudrait pas oublier bien sûr de parler de la voix du chanteur J. Gerrit Welmers, rauque, usée, l’interprétation faite sur chaque titre est une remarquable démonstration d’implication en terme d’émotions. Future Islands n’est pas un simple groupe faisant partie d’une quelconque mouvance destinée à faire renaître la cold-wave, Future Islands est tout simplement un grand groupe.

Label : Thrill Jockey
Myspace
Chronique : Ordet Blog




06 : Kanye West - My Beautiful Dark Twisted Fantasy



Avant même la sortie de l’album on se doutait bien que Kanye West allait proposer quelque chose d’énorme. Depuis le mois d’août, le rappeur de 33 ans proposait les G.O.O.D Fridays : cela consistait à filer gratos un titre chaque semaine. Au vu de la qualité de certains il n’était pas permis de douter de la qualité de son 5ème album studio. Les deux derniers disques m’avaient laissé sur ma faim, en comparaison de ses premiers albums : The College Dropout et The Late Registration qui avaient frappé un grand coup à l’époque. My Beautiful Dark Twisted Fantasy est de cet acabit. Kanye West délivre son disque le plus pop, le plus facile d’accès mais aussi le plus ambitieux. Dès le départ, Dark Fantasy pose l’ambiance grandiloquente sur cette introduction faisant la part belle aux chœurs. Viennent alors cette mélodie et ce beat aguicheur, clinquant, sonnant déjà comme un classique. La suite n’est qu’une montée vers les sommets atteints avec ce Power grandiose. Basé sur un sample de King Crimson, Kanye West sublime le titre par ces chœurs féminins. Il y a eu l’album jazzy, l’auto-tuné, il crée cette année son album aux chœurs célestes que ce soit Bon Iver qui s’y applique ou des femmes par milliers qui sont, par ailleurs, à l’honneur sur ce disque. S’il rate parfois le coche en voulant combiner easy listening et ambition artistique (All Of The Lights et Lost In The World) le reste n’est que réjouissance, en partie grâce à l’utilisation de samples diversifiés : de Black Sabbath à Aphex Twin en passant par Manu Dibango. Tous les genres y passent ! Tant pis si son égo en prend encore un coup mais avouons le, Kanye West est aussi agaçant que génial.

Label : Roc-A-Fella
Myspace
Chronique : Abcdr du son




05 : Robyn - Body Talk



5 ans après son album éponyme, la suédoise âgée de 31 ans livre Body Talk, une compilation des parties 1 et 2, sortie sous le même nom et la même année, une sorte de best-of en somme. Et c’est ce à quoi ce disque ressemble, tant les tubes s’enchaînent. Principalement dans une veine électro pop (même si l’on trouve un étonnant électro-reggae produit par Diplo), Robyn s’applique sur chaque titre à instaurer une ambiance frénétique. Les beats se font rapides et bien appuyés, la rythmique y est implacable, chaque titre n’en devient que plus dansant. Rares sont les disques de cet acabit qui, si on devait le ranger dans une case serait dans celle de Lady Gaga et consorts. Mais contrairement à cette dernière, l’efficacité est toujours là, la mièvrerie, elle, n’apparait jamais. Loin d’être froid malgré l’absence d’instruments conventionnels, la voix de Robyn se fait plus chaleureuse, le contraste faisant alors des merveilles comme sur le titre phare Dancing On My Own où les beats sont très rigides. Body Talk est une machine à danser, une machine mais avec un cœur, Robyn a fait fondre le nôtre…

Label : Konichiwa
Myspace
Chronique : Dirrty Music




04 : Deerhunter - Halcyon Digest



Comme il y a deux ans, Deerhunter loupe le podium de peu mais cette place est au final logique. Pas meilleur que Microcastle, peut-être moins bon, Halcyon Digest est un autre versant du groupe, plus pop, plus concis et moins expérimental. Si Earthquake, titre qui ouvre l’album, aurait pu nous faire penser le contraire, la suite révèle une écriture plus simple mais tout aussi réjouissante. Les titres ne dépassant pas les 3 minutes se font nombreux, ce sont bien de vraies chansons mais le groupe originaire d’Atlanta va droit au but et ne perd pas de temps en transitions. Une méthode qui aurait pu lasser si c’était sans compter la capacité de Deerhunter à écrire des mélodies accrocheuses. Plus inégal que son ainé (quelques titres sont un niveau en dessous), l’album, où les classiques se comptent à la pelle, contient quelques unes de leurs meilleures chansons. Revival nous enivre avec sa ritournelle destinée à rester gravée dans la caboche, l’intimiste Sailing est beau comme du Radiohead à son meilleur niveau. Desire Lines nous envoûte avec ses guitares qui se croisent et se décroisent... Du classique vous en vouliez en voilà et encore, ce ne sont ici que quelques exemples. Deerhunter ne fait plus dans le noise rock, l’ambient ou l’expérimental mais dans un pop/rock rêche et sans esbroufe qui leur va tout aussi bien. Plus que jamais, ils nous rappellent les Velvet Underground, tant leur discographie ne cesse de s’en rapprocher par sa qualité, rien que ça…

Label : 4AD
Myspace
Chronique : Slash-Taste




03 : Beach House - Teen Dream



Rien n’aurait pu me préparer à ce disque. Faisant fi d’à peu près tous les titres qui traînaient ici ou là sur Internet, je ne connaissais que Norway, un hit en puissance, étonnant pour ce groupe habitué aux mélodies dissonantes. Un duo qu’on aurait pu penser limité par sa formation se dévoilait alors sous un jour nouveau. Pourtant, ce titre n’était rien comparé au reste. Parce que dans Teen Dream, il y a un souffle épique qui s’en dégage par la construction des morceaux en évolution incessante. Il y a 10 perles, toutes plus sublimes les unes que les autres, marquées par une mélancolie forte qui ne peut laisser l’auditoire indifférent. Enfin, dans Teen Dream, il y a une voix, celle de Victoria Legrand, rauque, aussi délicate que puissante, tout simplement unique, comme l’est ce disque.

Label : Sub Pop
Myspace
Chronique :Between The Lines Of Age




02 : Four Tet - There Is Love In You



On aurait pu crier à l’hérésie à l’écoute de cet album où Kieran Hebden livre un album house teinté de pop. On aurait pu, mais cela aurait été une belle erreur… Sa musique n’a jamais été aussi douce, aussi belle et aussi rêveuse… Son dernier album est comme ce cocon protecteur dont on aimerait ne plus jamais sortir, un disque habité qui tantôt nous réchauffe le cœur, par les doux sons de quelques cloches délicates, tantôt le fait battre au rythme de pulsations effrénées. Un grand disque où rien n’a été laissé au hasard, nous emmenant dans un voyage paisible et songeur. C’est sûr, il y a de l’amour dans ce disque.

Label : Domino
Myspace
Chronique : Au Bout du chemin




01 : Sufjan Stevens - The Age Of Adz



5 ans après Illinois, un album qui aura marqué définitivement sa décennie, Sufjan Stevens en est revenu non sans doute avec son projet le plus personnel et le plus risqué. Retrouvant ses premières amours pour la musique électronique sans pour autant abandonner son goût pour la pop baroque, le compositeur âgé de 35 ans accouche d’un disque étonnant. En un peu plus d’une heure, il détruit tous ses acquis pour mieux les reconstruire dans un album d’un genre nouveau à l’ambition démesurée. Sous ses allures de musique classique, le compositeur y insuffle un air de pop et une multitude de sonorités électroniques. Le son haché, rugueux et épileptique laisse alors peu à peu place à une certaine magie. Les sons violents deviennent ainsi beaux et l’on retrouve, dans l’essence même de ce disque, celui qu’on avait laissé il y a 5 ans : un doux rêveur en perpétuel mouvement.

Label : Asthmatic Kitty
Myspace
Chroniques : Esprits critiques






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Top chansons 2010 : 10ème - 1er.

Le top des chansons 2010 en chiffres ça donne :

1 artiste qui n’a sorti que trois EP et dont on attend le premier album en mars 2011 (même si le fameux album a déjà leaké et que je l’ai déjà écouté mais on va faire « comme si » pour le bien du top).
2 nouveaux nés qui n’ont sorti que quelques singles en 2010 et rien d’autre. On attend leur premier album en 2011 avec fébrilité.
3 fois que le groupe serait paru dans les 10 premières places du top chanson si j’avais commencé mon blog en 2004.
4 albums de sortis déjà et pourtant l’inspiration ne s’est jamais tarie, à croire qu’ils ont trouvée la recette miracle.
5 groupes (ou artistes) confirment tout le bien que je pensais d’eux en apparaissant dans ce top.
6 minutes et 34 secondes est la durée moyenne des dix titres. La faute à un artiste zélé qui pourrit la moyenne avec sa chanson d’une durée de 25 minutes.
7 ans que ce rappeur démontre avec une grande classe qu’il fait partie des meilleurs. Et n’hésite pas à nous le rappeler.
8 est une belle place pour ce chanteur à la voix en or.
9 albums et compilations et pourtant cet artiste qui ne semble pas vouloir vieillir arrive encore à se bonifier avec le temps.
10 chansons qui m’auront marqué pour différentes raisons et qui resteront longtemps gravées dans la mémoire du panda.



10 : The Pains Of Being Pure At Heart - Heart In Your Heartbreak


Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec le prochain album des Pains Of Being Pure At Heart, maintenant je sais ! Une tuerie tout simplement. Il y a tout dans Heart In Your Heartbreak : des guitares sonnantes et trébuchantes, des refrains mémorables et un solo qui envoie comme on en n’avait pas entendu depuis belle lurette! Enfin, il y a ce final où tous les instruments se mélangent pour former une incroyable conclusion, à ce titre il est désigné d’office comme la meilleure composition que le groupe ait écrite à ce jour. On attend avec impatience leur deuxième album qui s’annonce mémorable.

Extrait du single Heart in Your Heartbreak
Label : Slumberland
Myspace




09 : Cults - Most Wanted


L’arrivée de Cults dans le paysage de la pop a été une grande bouffée d’air frais. Avec seulement trois chansons, ce groupe originaire de New York a su réveiller en moi un goût pour cette pop naviguant entre deux époques. Oui, on parle bien ici de pop pure et dure mais pas comme les autres. Là où de nombreux groupes l’utilisent avec parcimonie, Cults fait du glockenspiel son instrument fétiche pour l’intégrer au reste d’une instrumentation légère et enjouée. Ainsi, ce tout, sonnant avec une bonne grosse reverb’ accompagne à merveille la voix de la chanteuse si atypique, rappelant une chorale d’enfants. En plein dans le revival de la pop des années 50, le duo tape en plein dans le mille avec cette pépite destinée à être culte (ho ho)!

Extrait du 7" Go Outside
Label : Forest Family
Myspace




08 : Aloe Blacc - I Need A Dollar


Il faudra que je remercie un jour Gabe Hilfer, Skye Lewin et Scott Vener… Enfin, je présume puisqu’ils font partis du département musical de la série How To Make It In America racontant les déboires d’un jeune « styliste » New Yorkais. C’est ainsi que je découvris I Need A Dollar d’Aloe Blacc. Formidable chanson soul qui résonnait à chaque générique. Aloe Blacc pourra lui aussi les remercier tant les répercussions ont dû dépasser toutes les espérances du chanteur qui se retrouva du jour au lendemain adulé de toutes parts. Ce succès, il ne l’aura pas volé, rudement mené, le piano répétant inlassablement les mêmes notes ainsi que la partie rythmique des plus simples, nous font du pied pour qu’on bouge les nôtres. Il ne faudra pas oublier les cuivres qui finissent d’emballer le tout et la voix d’Aloe Blacc, chaleureuse, sobre… La grande classe.

Extrait de l'album Good Things
Label : Stones Throw
Myspace




07 : James Blake - CMYK


A 22 ans et en seulement trois EP, cet étrange phénomène aura réussi à attiser la curiosité de plus d’un. Dévoilant de multiples facettes, c’est sur le titre CMYK qu’il envoûte le plus son auditoire. Toujours aussi intimiste, James Blake développe le temps de quelques minutes un monde bien à lui. Basé sur un rythme relativement lent, ce Londonien joue beaucoup sur sa voix transformée à l’extrême sans dégoûter l’audience. Le titre est pourtant loin d’être répétitif, ressemblant à un exercice musical ou plus un jeu chez lui, la musique se complexifie, la rythmique s’accélère, et les voix se multiplient à vue d’œil. Mélancolique à souhait (les quelques notes de synthés y sont pour beaucoup). James Blake intrigue dans ce dubstep qui fait preuve d’une grande originalité.

Extrait de l'EP CMYK
Label : R&S
Myspace




06 : Deerhunter - Helicopter


Il y a eu Revival, première chanson révélant une infime partie du nouvel album de Deerhunter, un titre direct et accrocheur qui, en 2 minutes, avait suffi à me faire saliver. Puis, il y a eu Helicopter, qui me l’a fait ravaler aussi sec en me laissant pantois devant la merveille dévoilée. Débutant sur quelques beats rappelant les derniers travaux du copain Panda Bear, la chanson enchaîne sur cette étrange guitare, presque dissonante. Vient alors la voix de Bradford Cox qui commence par ces quelques mots : « Take my hand and pray with me ». Le ton est donné, la fin du voyage n’est plus très loin. La beauté des mots, n’a d’égal que sa musique, si aérienne, alors on décolle avec eux dans cette chanson qui, dans les refrains, tend vers d’autres horizons. Incroyable.

Extrait de l'album Halcyon Digest
Label : 4AD
Myspace




05 : Sufjan Stevens – Impossible Soul


Ainsi, Sufjan Stevens boucla son ambitieux Age Of Adz. Impossible Soul semblait irréalisable, il a pourtant réussi à concevoir une œuvre à part entière. Durant 25 minutes, Sufjan Stevens y développe tous les styles qui lui collaient à la peau jusque là. De la pop, à l’électro jusqu’au folk, tout y passe dans cette incroyable chanson qui, sans temps mort, arrive à faire évoluer sa musique dans ces genres très différents. Découpée en 5 parties qui se mêlent les unes aux autres, les deux premières étant peut-être les moins intéressantes. On trouve tout d’abord un Sufjan Stevens classique à mi-chemin entre l’électro et la pop où le tempo se fait lent, avant que la chanteuse Annie Clark ne prenne le relais. A partir de là, les cuivres refont surface donnant au tout un souffle bien plus épique. C’est à la dixième minute que la chanson prend l’ampleur qu’on lui espérait. Loin d’être fan de l’auto-tune, l’Américain originaire de Détroit réussit pourtant à nous charmer sur si peu de temps, en chantant cette musique triste à en mourir. Si les débuts sont des plus sobres, la folie s’invite très vite avec la quatrième phase, la plus longue, mais aussi la plus jubilatoire. Il se rapproche alors énormément de son Illinois, à l’époque où il était supporté par toute une armée de pom pom girls & boys. Les chœurs sont de la partie durant ce moment de bravoure enjoué, rythmé et festif qui ne donne qu’une envie, celle de crier à l’unisson avec cette drôle de bande. Il y a alors une sorte de communion qui se crée, un plaisir partagé, un bonheur diffusé à travers sa musique comme on en écoute si peu. Comme si cela ne suffisait pas, Sufjan Stevens revient alors à son instrument fétiche, le banjo, pour quelques minutes de poésies et d’apaisement concluant de la plus belle façon qu’il soit ce magnifique opus. Emerveillé, avec un sourire béat grand comme ça, le disque s’achève, une page se tourne, la suite promet d’être radieuse.

Extrait de l'album The Age Of Adz
Label : Asthmattic Kitty
Myspace




04 : Kanye West – Monster (Feat. Jay-Z, Rick Ross, Nicki Minaj & Bon Iver)

La chanson porte décidément bien son nom, Justin Vernon lançant les hostilités est très vite rattrapé par ce beat certes minimal mais d’une puissance folle. Les invités se succèdent, chacun y allant de son couplet en jouant à celui qui aura la plus grosse. Donnant le meilleur d’eux-mêmes, excepté Jay-Z qu’on a connu sous des jours meilleurs, cette petite troupe, débite tour à tour ses paroles surréalistes, parfois drôles et souvent violentes accompagnant à merveille la musique primitive de Kanye West. Monster est un combat, un duel de rappeurs où chacun tente de tirer son épingle du jeu, et pour cela, Nicki Minaj fait très fort. Seule représentante du « sexe faible », elle castre tous ces concurrents dans un couplet surréaliste, à prendre au second degré bien sûr. Le flow de la demoiselle, alors encore inconnu ici, y est impressionnant. Passant de la douce lolita, à la mama qui fume trois paquets par jour, Nicki Minaj joue de sa voix en se foutant gentiment de la gueule des pontes du rap. “You could be the King but watch the Queen conquer”, on l’a vu et on lui tire notre chapeau pour cette démonstration bluffante.

Extrait de l'album My Beautiful Dark Twisted Fantasy
Label : Roc-A-Fella
Myspace




03 : Beach House - Walk In The Park


Le troisième album de Beach House est une collection de perles pop, plus étincelantes les unes que les autres, mais la plus belle s’appelle Walk In The Park. C’est la plus belle parce qu’elle a un refrain qui décolle à mille lieux de là où elle avait commencé, la guitare et le synthé donnent alors tout ce qu’ils ont pour un grand moment héroïque bien loin des bouffonneries de tant de groupes. La voix de Victoria Legrand, elle, tutoie les cieux par sa puissance et sa justesse. On n’oubliera pas la cassure mélodique en fin de titre qui transporte la chanson encore une fois dans une autre dimension… Et puis merde ! Il n’y a pas besoin de se justifier face à des titres tel que celui-là, tant la beauté qui s’en dégage est capable de toucher n’importe qui.

Extrait de l'album Teen Dream
Label : Sub Pop
Myspace




02 : Wu Lyf - I Got Dem Wu Wu Busted Teef Spitting It Concrete Like The Golden Sun God


Ouch! Dès les premières notes, le groupe déploie une énergie folle. C’est bien sûr en partie grâce à la voix du chanteur, éraillée, criant à n’en plus pouvoir tel un animal égorgé, écorché… Ecorché, ce jeune quatuor l’est, jouant comme si la fin du monde était proche. A l'image du clip, la batterie a des allures tribale, elle est affolée, perdue, tapant toujours plus fort, plus vite, tandis que les guitares limpides et rêveuses survolent l’horreur. Il y a chez Wu Lyf une honnêteté, une urgence, qui nous bouleverse et nous déchire. Plus qu’une simple hype, les mancuniens ont très vite trouvé un son unique et reconnaissable. Cela ne pourrait être le groupe que d’un single mais le concert livré aux transmusicales laisse penser que ce sera bien plus que ça… Si jeune mais déjà tant d’âme dans leur musique. Un grand avenir leur est promis.

Extrait du monde fabuleux qu'est internet
Pas de label
Myspace (Mais ça ne sert à rien il n'y a pas de chansons en écoute...Oui je sais, c'est n'importe quoi)




01 : Arcade Fire – The Suburbs


On a dit que le nouvel album d’Arcade Fire était un « Grower », c'est-à-dire un album qui se découvre au fil des écoutes. Concernant l’album je n’en sais rien, ce que je sais c’est que la chanson, elle, en est un. Il m’aura fallu du temps pour, au final, apprécier ce titre. Depuis, je ne peux plus m’en passer. Les paroles de Win Butler, qui fait l’une des plus belles déclarations d’amour à sa femme Régine Chassagne à propos de son désir d’enfant, reste au fond cet esprit sombre et inquiet vis-à-vis du futur qui les attend en évoquant les bombes menaçant sa paisible banlieue. The Suburbs est au final une composition qui aura su manier légèreté et tristesse avec une efficacité rare. Derrière ces quelques notes de piano légères, les violons se font tristes et les instruments lourds. Cette chanson m’aura troublé, et ce n’est pas tous les quatre matins que ces choses arrivent. Après 200 écoutes, ces frissons subsistent toujours le long de mes bras. Cette addiction est toujours là. Inépuisable, The Suburbs m’a profondément bouleversé par son interprétation et ses arrangements. Cette première place lui était acquise depuis longtemps, en sachant pertinemment que rien ne viendrait y changer. The Suburbs rejoint instantanément les grands et sublimes classiques qu’Arcade Fire a été capable d’écrire jusqu’ici. On ira plus loin, The Suburbs rejoint tout court les grands et sublimes classiques du rock. Ils avaient déjà l’album qui aura peut-être le plus marqué la précédente décennie, ils en commencent une nouvelle de la plus belle des manières.

Extrait de l'album The Suburbs
Label : Merge
Myspace