On commence enfin les choses sérieuses avec le top chanson. De la 100ème à la 51ème place et pour 3 heures de bonheur (que vous trouverez en bas de l’article) vous y découvrirez des Français qui chantent en Anglais et même des Français qui chantent en Français et bien sûr des tas d’Américains mais pas que ! On y retrouve des albums qui auront déçus ou qui malgré leur grande qualité n’auront pas été suffisants pour arriver dans les 50 premières places, mais il y a aussi des artistes plus ou moins bien placés dans le top album et enfin un espoir qui, on l’espère, nous gratifiera d’un bel album en 2011 mais cela est une autre histoire.
100 : 1973 - Simple Song (For A Complicated Girl)
A peine commencé, que l'on triche déjà. Sortit en 2009, ce titre était une jolie promesse pour la suite, hélas, on ne retiendra pas grand-chose du premier album de 1973 à part quelques titres comme ce très radiophonique Simple Song (For A Complicated Girl) pas si simple que ça puisque ces trois parisiens n’hésitent pas à nous sortir banjo et ukulélé pour composer ce petit bijou de pop anglo-saxonne.
Après un premier album plébiscité, leur retour à été des plus critiqués. Quoi de plus normal pour un groupe qui est passé du folk psychédélique à une pop FM. Avec ce virage artistique un peu trop virulent, Yeasayer ne s’est pas fait que des copains. Si avec le temps, je dois reconnaitre que Odd Blood ne tient pas aussi bien la longueur que son petit frère, ces jeunes gens sont toujours capables de faire quelques chansons aux airs imparables.
Il y a dans 60 years quelque chose qui lui réservait d'office une place dans ce top chansons. Ce n’est pas ses couplets qui, on peut l’avouer, sont un peu mollassons mais son refrain si court et si addictif. Des refrains comme en était capable Blur il y a dix ans, ce genre de refrains qui assurent à eux seul un succès planétaire. Mais parfois, manque de bol, la sauce ne prend pas. Quelle injustice pour les excellents Portugal. The Man qui possède sans doute un potentiel commercial énorme.
Délaisser le disco de La Famille Kinder ou de Benjamin les tubes les plus évidents de Courchevel pour le triste Narbonne Plage est un choix que j’assume complètement. Parce qu'au delà de la mélodie impeccable, Florent Marchet démontre une fois de plus qu’on peut raconter certaines histoires sans tomber dans le pathétique. Il y a dans ce titre une justesse pour nous conter cette anecdote qui prouve que le monsieur a autant de talents pour la composition que pour l’écriture de ses paroles.
96 : Maximum Balloon - Apartment Wrestling (Vs David Byrne)
Dave Sitek semble pouvoir tout se permettre, entre le succès rencontré avec Tv On The Radio, la production d’albums émérites (It’s Blitz) ou de stars Hollywoodienne (Scarlett Johansson), le voilà dans son premier projet solo. Invitant de moults personnalités, il n’hésite pas d'ailleurs à convier son père spirituel sur Apartment Wrestling ce qui est sûrement la meilleure idée qu’il ait eu pour ce disque, tant David Byrne se lâche dans ce titre irrésistible à mi-chemin entre Tv On The Radio et Talking Heads.
Dans un top chanson il faut toujours une chanson piano, Agnes Obel signe la première (mais pas la seule) de ce top. Riverside, sans aucun doute la plus belle ballade de son album, est le parfait compagnon dans les promenades de paysages gris. Il y a dans ce titre autant de froideur que d’émotions. En à peine 4 minutes, la pureté de sa composition et la tristesse qui s'en dégage pourrait suffire à plomber une ambiance festive tant le titre nous prend aux tripes, ce qui est en soi une très belle réussite.
Beach Fossils possède tout de même une belle poignée de mélodies rafraîchissantes, Daydream en premier lieu. Que ce soit pour la lead guitare que l’on aimerait entendre plus souvent durant ces quelques minutes ou la voix lascive du chanteur ces jeunes gens ont tout compris au surf/garage, un genre dont ils ne sont peut être pas les meilleurs représentants mais qui, avec cette chanson, s’en rapproche sérieusement.
Quand on y repense, le dernier album de Hot Chip est une belle merde quand même ! Alley Cats qui marche pourtant sur la même recette que les autres titres du groupe c'est-à-dire une voix douce et un tempo pas trop relevé, reste une belle prouesse. Délicate sans être trop chétive, elle ne fait jamais tomber le groupe tant aimé par le passé dans la grossièreté ou le kitsch trop appuyé ce qu’ils ont réussi à faire sur le reste de cet album, à oublier rapidement.
Encore une déception, quoique, on peut parler d’une semi-déception. Comme le précédent disque, Sage Francis semble avoir trouvé une paix intérieure finissant avec sa rage d’antan et se contentant de nous sortir quelques chansons sans trop de convictions… Pourtant dans Li(f)e, sûrement son disque le plus sage et le plus lumineux, le rappeur trouve une nouvelle recette qui peut parfois faire miracle comme sur le paisible Polterzeitgeist qui dévoile un autre visage de ce passionnant rappeur.
Même quand il s’agit de sortir des vieilleries, Department Of Eagles nous épate avec cette collection de chansons surprenantes. La production bancale et désuète ne faisant que rajouter du charme, le groupe dévoile quelques titres à l’instrumentation minimale. Une batterie, une guitare et un piano leur suffisent pour laisser l’auditeur pantois face aux merveilles dévoilées dont Grand Army Plaza.
90 : Blitzen Trapper - The Man Who Would Speak True
Si, dans un top, il faut une chanson piano, il faut aussi une chanson Dylan et à ce petit jeu, Blitzen Trapper est sûrement le meilleur. Ils nous avaient subjugués avec leur précédent album qui contenait quelques pépites, ils font encore mieux cette année avec tout en haut ce très beau titre basé sur le duo guitare/harmonica ce qui suffit amplement au groupe pour nous dévoiler la grandeur de leur songwriting.
Non non, nous ne sommes pas dans les années 60 à la grande époque de la Motown et non, ce groupe n’est pas américain mais canadien! Le mérite est d’autant plus grand avec ce titre surprenant qui pique tout l’héritage du pays d’oncle Sam avec ces voix féminines en chœurs et cette batterie martiale qui tente de nous rappeler le fameux Wall Of Sound de Monsieur Spector.
The Strange Boys sont plus que des braves gars, même si on attendait d'eux qu’ils explosent un peu plus après un premier disque fort réussi qui leur a permis de signer chez Rough Trade, ces jeunes gens ont préféré s’assagir mais ont gardé en réserve quelques titres savoureux comme cette composition débraillée qui ressemble tout simplement à un grand foutoir entre les chœurs pop, le saxo dégoulinant et les guitares déchirées. On en redemande.
87 : The Delta Mirror - He Was Worse Than The Needle He Gave You
Il y a des disques qui vous laissent de marbre excepté, UN titre, un seul titre qui laisse voir entrevoir un soupçon de talent ou de génie c’est selon… Pour The Delta Mirror on penche sérieusement pour la deuxième option avec cette chanson qui est tout simplement une lente ascension jubilatoire qui réussit d'une main de maître ce curieux mélange entre l'électro et le shoegaze.
Le revival 80’s Kitch n’est peut-être pas ce que j’ai trouvé de plus enthousiasmant, loin de là même, il suffit de tenter une énième réécoute de l’album d’Ariel Pink pour m’en convaincre, mais pour Twin Shadow ce fut tout autre. Slow prouve à elle seule qu’il peut y avoir du bon dans cette mouvance. A mi-chemin entre les Smith et pourquoi pas Bowie, cet Américain signe une composition élégante et envoûtante qui rappelle le meilleur de ces années là.
L’ajout de voix sur leur nouvel album n’était peut-être pas la meilleure idée qu’ils aient eue, pourtant, on retrouve, comme à leur habitude, de grandes choses, comme ce Window qui joue énormément sur le chant, justement. Entre Math Rock et psychédélisme, PVT qui avait déjà côtoyé le post-Rock et l’univers de Jean Michel Jarre s’acoquine avec ce nouveau genre qui n’est pas pour me déplaire.
Si le nouvel album de The Apples In The Stereo est décevant comparé aux précédents, un disque, aussi mauvais soit-il, de ces drôles de lurons ne peut se passer d’un tube ou deux. Le très beau Floating In Space est donc chargé de faire vibrer les foules… Loupé, tant le titre décolle peu, pourtant la recette marche ! Sans être un grand moment, on y déniche une mélodie irrésistible suffisamment addictive pour l’écouter en boucle, de préférence l’été, of course !
Avec son premier album, Toro Y Moi a démontré au-delà de la vague chillwave qu’il était avant tout un compositeur doué, un architecte de la pop qui empruntait des chemins parallèles pour construire des monuments de pop biscornu et irréel. Blessa, petite merveille aussi aérienne qu'aquatique est sans aucun doute la plus belle œuvre du monsieur
Enfin. Enfin, N*E*R*D retrouve un peu de son aura dans ce dernier disque loin d’être parfait mais qui a de quoi largement enthousiasmer les foules qui avaient perdu foi en eux. Avec des titres comme God Bless Us All et ses cuivres qui font autant penser au hip hop des Neptunes qu’à une chanson soul, Pharell Williams et ses potes retrouvent le talent, celui qu’ils avaient perdu 8 ans plus tôt…
BAM ! D’entrée de jeu la demoiselle ne plaisante pas ! Torturant sa guitare dans tous les sens et dégainant des notes plus vite que son ombre Marnie Stern n’a pas changées de combinaison gagnante. Comme à son habitude, cette grande blonde ne fait jamais dans la démonstration mais joue cette accumulation de notes au service de sa musique excitante, euphorisante et surtout, dansante.
C’est drôle parfois comme certains morceaux peuvent vous laisser sans mots… Il est difficile d’écrire sur ce Lucidity à la fois basique comme un morceau rock qui aurait pu sortir il y a 40 ans et en même temps empreint de modernité grâce en partie à la production de David Fridmann qui le transforme en un morceau psychédélique futuriste… Ca ne vous aide pas hein ? Ce qui est sûr, c’est que Lucidity est une bombe !
Side project du leader des Shins, James Mercer s’acoquine cette fois avec le légendaire Danger Mouse pour cet album un peu chiant mais dont on gardera en tête le premier titre à tous points de vue brillant. On retrouve toute la beauté du songwriting du premier tandis que le second s’applique à transformer cette chanson pop illuminée en étoile brillante qu’on gardera plusieurs années en tête grâce à sa production pétrie de bonnes idées.
Ratatat a beau faire de la redite il y a toujours un morceau qui claque, comme si vous vous preniez le souffle d’un réacteur d’avion en pleine gueule. Bilar en est le meilleur exemple entre ces beats élégants et la mélancolie des violons, tout se mêle dans ce titre fourre-tout mené avec brio du début à la fin.
Non, Shutterbug n’est pas le meilleur morceau du très bon disque de Big Boi mais bien Be Still en duo avec sa nouvelle étoile dans cette ballade R’N’B qui ne lésine pas sur les synthés. Tel la belle et la bête, l’affreux débite ses paroles avec rapidité, se foutant bien de la musique qui frétille à ses oreilles tandis que la splendide Janelle Monáe nous apaise en mêlant sa voix aux musiques stridentes qui l’entourent. Voilà un petit bijou de contrastes qui fait des miracles ici.
Avec Ever Or Not, John Roberts a tout compris à la minimale et la dubstep. Il mélange émotions et rythmes dansants dans cette lente montée que l’on sent venir et dont on sait qu’elle sera l’aboutissement. Sans être une explosion à la "va comme je te pousse", Roberts fait tout dans l’élégance pour le bonheur de tous les clubbers un tant soit peu éduqués… Bref un des morceaux les plus salvateurs de son disque qu’on se verrait bien danser la nuit toute entière.
75 : The Tallest Man On Earth - The Drying Of The Lawns
Choisir une chanson meilleure que les autres de l’album du plus grand homme sur la terre est pour moi une mission bien difficile tant l’artiste fait preuve d’une grande régularité dans la composition de ses titres. The Drying Of The Lawns gagne aujourd’hui. Peut-être parce qu’elle est on ne peut plus fidèle au style du monsieur qui nous enchante avec cette ballade folk rudement bien troussée !
C’est avec A More Perfect Union que le groupe Titus Andronicus ouvre le bal pour son album concept et il ne pouvait pas faire mieux. 7 minutes de rage, de cris et de guitares hurlantes. Pendant toutes ces minutes qui paraissent bien courtes le groupe ne faiblit pas dans ce qui ressemble à un grand défouloir. Jubilatoire.
Liars a cette année, loupé de (très) peu le top albums pourtant son nouveau disque est encore une fois une réussite pour ce groupe qui n’en finit pas d’allonger une discographie impeccable. Avec Sisterworld ils n’ont jamais été aussi flippants comme le prouve No Barrier Fun avec sa basse flippante, ses guitares flippantes, sa voix flippante et ses violons flippants. Bref ce morceau est flippant et n’est vraiment pas la bande son idéale quand on se retrouve seul en plein milieu d’une forêt la nuit avec un clown mesquin caché derrière un arbre… Enfin, vous voyez ce que je veux dire.
La musique à papa disait que j’avais été dur avec ce disque, plusieurs mois après, je ne peux que lui donner raison car Chant Darling possède tout de même des chansons à la beauté désarmante appuyés par des textes bien écris et parfois très drôle. Ce titre qui n’est pas sans nonchalance, est plein de charme entre ces trompettes et ces chœurs chatoyants.
Malgré le côté dépouillé de Medication, cette chanson est le parfait exemple que l’on peut faire beaucoup avec pas grand-chose. Parfaite montée jusqu’à l’explosion finale qui commence dès que la batterie se met à battre à tout rompre, on ne peut s’empêcher de battre du pied avec eux dans ce titre endiablé où le groupe y a mis tout son cœur.
Encore une déception mais où on trouve dans l’album un titre somptueux. En tentant de se renouveler, Here We Go Magic a perdu de sa magie, toutes ces guitares qui se mêlaient et ces voix célestes qu’on croyait être par milliers ont disparu pour un son beaucoup plus psyché, moins aérien. On se perd un peu dans cette multitude d’idées excepté à de rares occasions où le groupe montre qu’ils ont une identité bien à eux et où l’envoutement est de nouveau au rendez vous.
Extrait de l'album Pigeons Label : Secretly Canadian Myspace
69 : Wavves - Linus Spacehead
Linus Spacehead, son rythme lent, ses chœurs fatigués, sa voix trainante et fainéante et sa guitare lourde. Ca c’est pour les couplets, car le refrain est toute autre : à deux, les jeunes ingrats réveillent tout la Californie avec un riff excitant et bruyant dans cette hymne aux drogues planantes et qui ne donne qu’une envie c’est de les accompagner dans ces cris braillards. IIIIIIIIIIII'm stuck in the sky...
Avec Go Do, Jónsi réveille les frissons que l’on avait eu avec Gobbledigook somptueux single du dernier album des Sigur Rós . Remplis d’instruments rêveur, flûte, tambour et guitare sèche nous transporte dans ce joli morceau plein de poésie.
Que du bruit sur le premier album de Sleigh Bells qui manie riffs garage et phrasé R’N’B sur une demi heure suffisant à épuiser l’auditeur… Et si c’était dans les moments les plus posés qu’était leur salut ? Leur avenir ? Sur Rill Rill, on se retrouve plus sous l’ombre d’un cocotier à siroter une Margarita plutôt que dans un violent pogo plein de bière sur la gueule. Voilà en tout cas la preuve que ce duo est capable d’autre chose et pourrait, pourquoi pas, nous gâter par de douces sucreries dont ils sont les seuls à avoir le secret…
Ce fameux Rocco a un secret atout… Non pas ça. Mais des chœurs racoleurs qu’on n’aurait pas pensé retrouver chez cet Erik Arnaud, tant le personnage peut parfois se morfondre dans des textes pas franchement fendards. Derrière cette drôle d’histoire, celle d’un rockeur qui voulait se faire appeler Rocco, l’auteur met tout son talent dans cette chanson aussi radiophonique qu’intelligente.
Il y a du Neptunes là dedans sans aucun doute (ha non Diplo en fait…) et il y a surtout de l’avenir pour Das Racist qui arrive avec ce titre à montrer que, dans le hip hop américain tout n’a pas été inventé. Avec trois fois rien (sifflements, rythmiques et voix aigus qui ne rentrent dans aucune case), ce trio invente un hip hop à la cool aussi old school que novateur.
A Noël, le plus beau cadeau que tu as eu ne vient pas du légendaire papa mais de Bradford Cox. Un garçon un peu moins enveloppé qui a lancé gratos 4 albums! 4 albums remplis de pépites dont le magnifique Mona Lisa qui aurait largement eu sa place sur un Logos, brillant second disque d'Atlas Sound. Ici c’est la version alternative toute aussi belle qui est proposée et qui fera chavirer vos cœurs si ce n’est déjà fait pour ce grand artiste.
63 : PS I Love You - Meet Me At The Muster Station
"Woo hoo" ! Ainsi commence la chanson qui possède sans conteste l’intro qui fout le plus la patate. Comme quoi il suffit d’un rien, ici une grosse guitare avec un bon riff cradingue et une voix à l’écho surdéveloppé suffit à réchauffer cet hiver sacrément rude ce qui est plutôt pas mal pour des gars venus du grand froid.
Soul, R’N’B, rock, pop… Tous les genres sont représentés dans cette chanson que l’on retrouve dans son album d’une grande maturité pour cette fille sacrément attachante. Chantant avec toute la ferveur possible, Janelle Monáe ne fait pas honte à ses mentors que sont Outkast, qui rappelle justement le fameux B.O.B de ces messieurs considérée comme la meilleure chanson de la décennie par Pitchfork au passage (mais pas par moi faut pas déconner non plus)…
Je n’ai toujours pas compris pourquoi on comparait Avi Buffalo à MGMT encore moins quand on écoute Truth Sets In, une jolie ballade sucrée qui fait une part belle aux harmonies et à la mélancolie. Petite pépite de leur excellent premier album, Avi Buffalo écrit une comptine mignonne à mille lieux des délires de Management.
Et c’est ainsi que Dum Dum Girls buzza ! Car oui c’est avec Jail La La que ces bad girls se sont fait un nom mais surtout, cette composition est devenue en quelque sorte une chanson représentative de tous ces groupes garage pop à fille qui ont éclos cette année. Un groupe dépassé depuis peut-être par l’engouement excessif dont la presse a fait preuve. Pourtant, ce titre a gardé, malgré tous ces mois, une énergie débordante et un riff qui fait mouche à chaque fois chez moi.
Hi Life ou comment susciter l’intérêt chez un artiste qui nous a jusque là ennuyés à mourir puis nous faire tomber amoureux de sa musique délicate sans être gnangnan et être en admiration devant tant de justesse dans ses mélodies.
Les Bergers californiens ont un peu lassé au fil du temps. Avouons le, une fois la découverte passée, on a un peu de mal à revenir dessus tant Local Natives nous rappelle une multitude de groupes qui ont éclos ces dernières années. N’empêche, ils gardent encore quelques titres où la magie opère toujours aussi bien, comme Airplanes beau comme un camion.
On parle souvent de buzz au niveau international, il ne faudrait pas oublier les buzz nationaux comme c’est le cas pour les Bewitched Hands qui ont eu la bonne idée de raccourcir leur nom pour nous permettre de mieux le retenir (et de ne pas avoir l’impression d’être face à une bande de jeunes kikoo lol sur les bords…). Alors qu’ils sont nommés pour les victoires de la musique, chez Ears Of Panda, le buzz s’est déjà dégonflé face à cet album too much et où les vieilleries restent ce qu’ils ont fait de meilleur comme Birds And Drums, chansons pop irrésistible où les voix se répondent et qui n’a pas à rougir de la concurrence dans le reste du monde.
Le volume VI des American Recordings enregistré en collaboration avec Rick Rubin commence peut-être à sentir la naphtaline et l’argent facile, il n’empêche qu’on aurait regretté ne pas entendre certains inédits tels qu’Aint No Grave et Redemption Day, une reprise de la chanteuse Sheryl Crow. La demoiselle ne fait pas, ne peut faire face à l’interprétation magistrale d’un Johnny Cash à bout de souffle et du savoir faire de Rick Rubin réussissant l’exploit d’alterner entre arrangements sombres et lumineux. Tout en nuance, Redemption Day est un nouveau chef d’œuvre pour le duo Rubin/Cash qui aura profondément marqué la précédente décennie et permis de faire vivre à cet artiste légendaire et incontournable de la culture Américaine une seconde vie. Trop courte, hélas.
Jay Electronica déboule avec un Exhibit C d’une grande classe. Basé essentiellement sur un sample de Billy Stewart, c’est peut-être la plus brillante utilisation que j’ai entendue cette année, tandis que le rappeur déballe son flow d’une manière des plus élégantes, les mêmes paroles sont incessamment répétées derrière, donnant à la chanson un caché rétro soul qui ne manque pas de gueule.
Extrait du single Exhibit C Label : Control Freaq Myspace
54 : Fol Chen - In Ruins
Fol Chen est typiquement le genre de groupes dont la notoriété ne dépassera pas celle acquise aujourd’hui tant leur style est exigeant. C'est-à-dire, hormis un cercle d’initiés et une poignée de fans, le groupe restera anonyme pour le reste du monde. La faute à des structures inutilement compliquées qui gagneraient à être simplifiées. Et quel dommage ! A l’écoute de In Ruins, il y a pourtant tout pour séduire un plus grand nombre car pour une fois, la construction de la chanson n’est pas un casse tête musical bien au contraire!
Sans conteste le tube de son nouveau disque, il y a dans Lahaha tout pour séduire le plus grand nombre. Entre le xylophone (ou flûte, glockenspiel?), les percussions entraînantes, la voix baladeuse de Shugo Tokumaru et les multiples autres instruments, on ne sait plus où donner de la tête ! Sans être un exemple d’originalité, ce titre se justifie dans ce top pour son entrain et son optimisme dont une écoute suffit à nous faire dodeliner de la tête et donner notre plus beau sourire niais aux passants défilant dans ces paysages mornes et gris !
Ensemble, faisons un geste pour la musique et croisons les doigts. Croisons les doigts pour que Angel Olsen sortent un album en 2011 et que ce soit autre chose que des cassettes audio limitées à 500 exemplaires déjà « Out Of Stock » au moment où l’on découvre la demoiselle. A explorer le monde fabuleux d’internet, j’ai pu récupérer 5, 6 chansons de la chanteuse, le choix a été d’autant plus difficile pour n’en garder qu’une. C’est donc If Its Alive, It Will qui gagne la mise, une sérénade rétro qui rappelle le meilleur de la chanteuse Sybille Baier et son unique album découvert il y a 4 ans maintenant.
Pour clôturer la première partie de ce top chanson, c’est Laura Veirs qui s’y colle avec un magnifique July Flame issus de son très bon dernier album. Ce qu’il y a de bien chez elle, c’est qu’elle pourrait sortir des chansons dépouillées au possible qu’elle nous ferait tout de même chavirer mais la demoiselle sait y faire quand il s’agit d’habiller ces chansons avec des arrangements originaux et surtout de toute beauté. Mine de rien, Laura Veirs commence à posséder une bonne pelletée de trésors, on parie que le succès n’est maintenant plus très loin !
Vous l’aurez peut être remarqué, l’année 2010 n’aura pas été une année riche en clip… Enfin sur le blog… Laissé à l’abandon, depuis quelques temps, il faudra que ça change en 2011 ! Pour me faire pardonner à toi, le fan qui venait sur ce blog seulement pour regarder le clip diffusé chaque mercredi, voici le top des clips de 2010. Des clips chics, d’autres chocs. Des clips faits avec une caméra et une bande de copains d’autres avec le PIB de la Somalie. Des clips en dessin, d’autres avec des vrais gens dedans. Bref un top clip diversifié où l’on retrouve des mecs qui jouent au Domino, des mecs qui tuent des roux, des mecs (et des filles) qui brandissent des bananes et surtout des mecs chelou, parce que oui 2010 fut une année chelou.
10 : Die Antwoord - Zef Side (Sean Metelerkamp)
Quand on me dit Afrique du Sud, naïf comme je suis, je pense à des paysages paradisiaques, à un pays bien plus riche que tous ses voisins, au pays du surf et du rugby... Un pays où il fait bon vivre en somme... Oui mais quand même, le duo chelou Die Antwoord nous rappelle que tout n'est pas rose non plus, dans cette banlieue beauf, sale et moche où les habitants du coin semblent s'être lancés dans un concours du plus mec le plus bizarre... Et puis à côté il ne faut pas oublier Ninja, chanteur principal de ce groupe de rap qui est le responsable de la scène la plus mémorable de cette année. Oui, rien que pour le gros plan sur son short Dark Side Of The Moon quand il danse, mérite à lui seul cette dixième place!
Un Panda c'est mignon, c'est gentil, on peut se foutre gentiment de sa gueule on craint rien... Hé bien 2010 sonne la révolution pour pandi panda et toute sa clique qui n'a plus trop envie d'être la tête de turc de toute une génération. Ainsi la bande à James Murphy en fait les frais dans cette vidéo Jackassienne un poil siphonné. On retrouve tout l'esprit de la célèbre émission MTV créé par Spike Jonze, réalisateur de ce clip. Blagues potaches, montée progressive de la connerie de ces types déguisés en panda au sourire malsain. Rappelez-vous, en 2011, Never Say No To Panda.
Extrait de l'album : This Is Happening [DFA] Myspace
08 : Gil-Scott-Heron - New York Is Killing Me (Chris Cunningham)
Il y avait déjà le clip de Me And The Devil d'une beauté effrayante dans un New York Halloweenesque, New York Is Killing Me dirigé par le vétéran Chris Cunningham continue dans le clip un brin mystique mais des plus grandioses, Remixé par ses propres soins le vidéaste, déjà responsable d’une bonne poignées de clips remarquables, dépeint un New York quasi apocalyptique où l’on suit le parcours d’un métro. Superbement mis en scène, la musique collant à la perfection avec les images, celui qui avait mis en image avec brio Come To Daddy d’Aphex Twin réalise encore une fois, un coup de maître. Chapeau !
07 : Hot Chip - I Feel Better (Peter Serafinowicz)
Il y en a eu des What The Fuck en matière de clips comme celui de Grinderman où l’on voit à peu près tout et n’importe quoi mais I Feel Better vaut aussi son pesant de cacahuètes dans ce machin où le groupe se transforme en boys band et où des mecs chelou font des trucs chelous ! C’est drôle, c’est con, on ne cherche pas trop à comprendre et on profite de ces quelques minutes où le groupe s’en donne à cœur joie. On rigolerait presque autant qu’à l’écoute de leur dernier album dis donc !
Quand il s’agit d’illustrer sa musique, Flying Lotus aka Steven Ellison met toujours un point d’honneur pour nous livrer quelque chose qui a de la gueule, Kill Your Co-Workers est même ce qu’il a fait de plus beau jusqu’ici. Un clip cubique et coloré où les messages comme « Rainbows are Yummy » ou « Pony dreams Rule » (véridique)» disparaissent au profit d’un massacre bon enfant fait de lol. Un clip qui illustre bien le « Tout le monde il est beau tout le monde est gentil » de Jean Yanne en somme et c’est encore un joli WTF pour ce Top clip 2010.
05 : Ok Go - This Too Shall Pass (James Frost, OK Go & Syyn Labs)
Avouons le, Ok Go doit sa renommée avec son célèbre clip des tapis roulant, depuis ces jeunes gens n’ont cessé de faire des clips innovants et assez géniaux dans le genre. Une fois n’est pas coutume, This Too Shall Pass est encore un grand moment vidéographique qui fonctionne sur une idée simple : le fameux domino ! Des dominos qui très vite laissent place à une multitude d’objets. Guitare, légo, théière, jouets, télé, masse, tout y passe dans cette vidéo où l’on espère que les ratés ont été peu nombreux pour le groupe…
La banane et liberté, assurément deux grands moments de cette année avec un Katerine barré dans toute sa splendeur. D’un côté, on retrouve le doux dingue dansant dans le plus simple appareil sur la plage qui accumule les scènes stupides la meilleure étant peut-être un Katerine tel un singe mangeant son tas de bananes au milieu des gens à moins que ce soit cette danse stupide effectué au couché du soleil… D’un autre côté, il y a Liberté où Katerine se fait plus cruel avec cette scène où l’ex basketteur explose ses concurrents qui ne font, c’est certain, pas le poids face au chanteur survolté. En deux clips pas vraiment anodins qui montrent paradoxalement un chanteur engagé malgré l'absurdité des scènes, Philippe Katerine signe deux petits chefs d’œuvres de comédie.
Parfois excessif, toujours grandiloquent, Runaway reste une belle prouesse pour l’artiste qui s’invente réalisateur dans ce court-métrage (peut-on encore parler de clip ici ?) qui accumule les scènes d’une beauté digne de grands réalisateurs. A travers cette histoire d’amour entre Kanye West himself et ce très bel oiseau, le rappeur signe de jolis moments de poésie entre cette fameuse scène du dîner suivie par le ballet où le final qui se déroule dans une explosion de couleur. On savait que le monsieur était doué pour la musique, on le découvre dans un nouveau rôle où il frôle le génie malgré quelques passages poussifs qui vont de paire avec le personnage.
Extrait de l'album My Beautiful Dark Twisted Fantasy [Roc-A-Fella] Myspace
02 : M.I.A - Born Free (Romain Gavras)
Born Free ou le clip le plus polémique de l’année, c’est sûr cette place ne plaira pas à tout le monde qui, pour certains, ne sont que 9 minutes de scènes chocs nauséabondes accumulant des images de violence gratuite. Oui, mais c’est sans compter sur une M.I.A qui malgré une certaine candeur croit dur comme fer dans ses propos; ce clip doit très bien illustrer les idées de la jeune Sri Lankaise. Passons sur la photographie léchée et la réalisation remarquable de Romain Gavras qui pourrait justifier à elle seule cette deuxième place pour s’interroger sur le propos. Un clip qui pourrait très bien passer pour une pub putassière du premier film du Français sorti en salle cette année (Notre jour viendra) que contestataire dans ce monde apocalyptique et totalitariste. Stress était une parfaite mise en scène du mot stress justement qui arrivait à mettre en place un malaise justement, Born Free illustre bien la violence de la musique de M.I.A ce qui est, à mon sens, une nouvelle fois une grande réussite pour Romain Gavras.
Extrait de l'album /\/\ /\ Y /\ [N.E.E.T.] Myspace
01 : Arcade Fire - The Suburbs (Spike Jonze)/We Used To Wait (Chris Milk)
Deux clips pour Arcade Fire tous deux remarquables pour deux raisons nettement différentes. Passons sur le premier plus amusant que bluffant avec le clip de We Used To Wait réalisé par Chris Milk. Un clip interactif qui fait la pub pour google Chrome et qui met en scène votre rue où des effets sympathiques viennent ponctuer les images de google street view. Pour apprécier le clip je vous envoie à cette adresse pour essayer (A condition d’avoir le navigateur google chrome of course). Si jamais vous avez la flemme voilà un bref aperçu de la chose.
Le second bien plus marquant est un clip réalisé par Spike Jonze (déjà dans le top avec la vidéo réalisée pour LCD Soundsystem). 6 minutes parfaites illustrant comme il se doit la chanson The Suburbs d’Arcade Fire. L’histoire de jeunes adolescents issus d’une banlieue comme une autre racontant leur vie de tous les jours, ponctuée par des évènements inquiétants et au final dramatique. La force du clip est sûrement dans la justesse dont fait preuve le réalisateur dans cette mise en scène d’une jeunesse américaine comme une autre. Comme Gus Van Sant qui signait l’un des plus beaux films de cette génération avec Elephant Spike Jonze dépeint cette jeunesse insouciante mais dont les évènements alentour nous laissent présager le pire. Tout simplement superbe, Spike Jonze qui n’est pourtant pas un novice en la matière et qui doit justement son succès aux clips, signe là son meilleur.
Les années se suivent mais ne se ressemblent pas dans le merveilleux monde de la musique. Ainsi, 2011 aura vu des espoirs sombrer et des héros tomber mais elle aura aussi été l’occasion de découvrir quelques nouvelles têtes sur lesquelles on gardera un œil et une oreille attentive dans les années à venir.
Pour Ears Of Panda, cette année 2010 aura été une année mitigée. On retrouve un top album en demi-teinte, fait de grands disques qui marqueront la décennie mais aussi d’autres qui ne sont pas exempts de reproches, ce qui n’était pas arrivé lors des précédentes années. Cependant, en matière de chansons, on a été encore une fois gâté avec un top 100 rempli sans difficultés tant les compositions talentueuses ont été nombreuses.
2010 aura aussi été une année difficile pour Ears Of Panda qui a eu beaucoup de mal à suivre le rythme des sorties discographiques qui, elles, ne prennent jamais de vacances. Mais, espérons que 2011 permettra à Panda Panda de rentrer dans le droit chemin !
2010 est terminé, une nouvelle page se tourne mais avant cela, terminons comme il se doit avec ce top 2010 d'Ears Of Panda, qui vous arrivera par plusieurs vagues ces prochains jours. Je vous donne donc rendez-vous demain pour le début des festivités, en espérant que vous y trouverez des artistes inconnus ou oubliés qui vous passionneront autant que moi. Sans oublier bien sûr, de vous souhaiter une bonne et heureuse année musicale !
15 en 2008, 37 en 2009, nous sommes cette année 60 blogueurs musiques francophones à vous présenter au travers d'un classement commun les 20 albums qui nous auront collectivement le plus marqué en 2010. En espérant en toute humilité vous permettre de redécouvrir certains disques ou mieux d'en découvrir de nouveaux...
The Radio Dept - Clinging To A Scheme
Branche Ton Sonotone : Les suédois de The Radio Dept. creusent le sillon d'une pop douce et fantomatique avec un acharnement de surdoués. Leur dernier opus a la couleur d'un coucher de soleil sur un lac scandinave : mélodies diaphanes, tourbillons distordus et rythmiques hypnotiques sont au rendez-vous d'un album qui a un goût d'insaisissable. Un charme nordique, à la fois enjoué et nostalgique, distant et incroyablement émouvant. A lire la critique du Golb et de Branche Ton Sonotone
La musique à Papa : Mon histoire avec Syd Matters ? Cela me rappelle ces filles que l'on rencontre comme ça au hasard d'une soirée et auxquelles on n'attache d'abord pas vraiment d'importance. Pas qu'elles soient moches, loin de là, mais on les trouve un peu ...chiantes, manquant de fantaisie. Et puis, un jour, c'est la révélation. On ne comprend pas vraiment pourquoi : est-ce nous qui avons changé ou est-ce elles ? En tout cas, "Brotherocean" a résonné comme une évidence. Comme s'il n'y avait rien eu avant. Et tant pis, s'il n'y a rien après... "A moment in time ", comme disent les anglais. A lire la critique de Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes et de So Why One More Music Blog
Esprits Critiques : Réussir un mélange est une chose compliquée. Si vous mélangez des couleurs dans un verre, il y a des chances que vous obteniez un cocktail maronnasse peu appétissant. La musique de Deerhunter, ça pourrait être ça. En mêlant de la noirceur, du son brut, du kraut, des mélodies presque pop et un son aquatique, le risque de gloubiboulga est présent. Pourtant, la bande à Bradfortd Cox a (encore) livré une œuvre subtile et unique, et arrive (encore) à polir un genre qu'il faudrait créer pour eux. Ils savent en tout cas faire monter une ambiance en neige, profiter de ce son vaporeux pour que le brouillard précipite en averse et mener vers une fusion encore plus fluide entre l'écriture et le son. A lire les critiques de Tasca Potosina et de Ears Of Panda
Playlist Society : "Black Noise" est un lac perdu dans les montagnes : derrière son romantisme pictural et ses sonorités enivrantes et apaisantes se cachent les traits des tornades à venir et des rayons du soleil qui comme chez Turner caressent les tragédies. Les mélodies électroniques de Hendrik Weber nous guident alors dans la taïga, se dérobent et nous abandonnent face à l'aurore boréale. A lire la critique de Pop Revue Express et le live report de Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes
Joanna Newsom - Have One On Me
Brainfeeders & Mindfuckers : Joanna Newsom ne s'impose jamais nulle part. Elle se fraie un chemin délicatement, avec grâce, avec le temps de son côté. Elle effleure du son de sa harpe, comme une caresse derrière l'oreille, sa voix est devenue satin, mais au fond, rien n'a changé. Elle reste impossible à apprivoiser, toujours insaisissable. Elle s'échappe par tous les détours, dans cette forêt qu'elle dessine en trois disques et quelques chansons. Il suffit donc d'être patient, de la laisser s'approcher peu à peu, puis de se plonger entièrement dans la mystique lumineuse de "Have One On Me". Alors Joanna Newsom devient cette amie imaginaire qui ne peut sortir que d'un rêve. Mais tout est bien réel. A lire les critiques de Playlist Society et de Listen See Feel
Mount Kimbie - Crooks & Lovers
Chroniques Automatiques : "Crooks & Lovers", trop court, bancal mais pourtant tellement maitrisé, contient des morceaux frisant la perfection, qui dragueront tous les cœurs sensibles. Mélancolie electronica matinée de rythmes 2-step, Mount Kimbie, c'est surtout mini-jupes et arcs-en-ciel, bitume et claquements de doigts. Bonheur. A lire les articles de Brainfeeders & Mindfuckers et de Musik Please
MGMT - Congratulations
Laisseriez-Vous Votre Fille Coucher avec un Rock-Addict ? : MGMT avait réussi à prouver sa capacité à coller quelques tubes imparables au milieu d'un album fadasse. Le "toujours difficile deuxième album" en est l'antithèse : pas de morceau direct (hormis l'imparable Brian Eno) mais un album fabuleux de complexité, de richesse, une pièce montée de folie(s) et de "plus" qui jamais ne touchent au "trop". Si c'est ça l'avenir du space-rock (ou du prog), on signe des deux mains, et on attend la synthèse en sifflotant "Flash Delirium". A lire les critiques de Des Oreilles dans Babylones et du Golb
Unsung : Pour la première fois, Zola Jesus s'est enregistrée en studio, entourée de musiciens professionnels. Cette production soignée met surtout en valeur sa voix profonde, ce timbre légèrement rauque à donner des frissons, renforcé par la réverbération, l'atmosphère angoissante entre rythmiques 80's, piano entêtant, et des textes emprunts de doutes, d'espoirs fragiles, et de complaintes mélancoliques. Cet émouvant "Stridulum" révèle une jeune artiste talentueuse. A lire les articles de Little Reviews et Toujours Un Coup d'Avance !
Gil Scott Heron - I'm New Here
Arbobo : Une histoire d'ange déchu, une histoire vraie. Une histoire de phoenix, de père putatif du rap extrait de tôle par un producteur aux doigts d'or. Il a serré la main du diable, le bougre. Gil Scott-Heron vient peut-être de publier son plus bel album, le plus noir, creusé à mains nues dans le bitume crasseux de New York. Ca saigne, ça saigne mais c'est vivant. C'est palpitant. A lire les critiques de My(Good)Zik et du Choix de Mlle Eddie
I Left Without My Hat : James Murphy a beau s'en amuser et assurer le contraire ("You wanted a hit, but that's not what we do"), ses Lcd Soundsystem, tout en popisant leur propos, n'auront pas franchement changé leur fusil d'épaules avec "This is Happening", troisième et ultime album du groupe. Continuant de rendre hommage à la musique contemporaine par divers emprunts voulus ou fortuits (du Velvet Underground par ci, du Bowie par là), "This is Happening" est un disque aux contours rock, aux beats toujours synthétiques, mais à la vision globale très pop. Surtout, il n'est rien de moins qu'une belle épitaphe pour une des aventures discographiques les plus passionnantes et emballantes de ces dix dernières années, au fronton de laquelle le mot plaisir semble avoir été gravé en lettres d'or. A lire les critiques de Chroniques Automatiques et La Musique à Papa
Ears of Panda : 5 ans après Illinois, Sufjan Stevens nous revient, non sans quelques doutes, avec son projet le plus personnel et sûrement le plus risqué. Retrouvant ses premières amours pour la musique électronique sans abandonner pour autant son goût pour la pop baroque, le compositeur de 35 ans accouche d'un disque pour le moins étonnant. Le génie détruit pour mieux reconstruire et nous offre cet album d'un genre nouveau; à l'ambition démesurée, aux sons hachés, rugueux, épileptiques même, sans perdre jamais de sa superbe. On retrouve alors, dans l'essence même de ce disque, ce doux rêveur toujours en perpétuel mouvement, qui nous avait laissés sans nouvelles depuis bien trop longtemps. A lire les critiques de Esprits Critiques et Brainfeeders & Mindfuckers
Flying Lotus - Cosmogramma
So Why One More Music Blog : Le prodige originaire de la Cité des Anges s'affranchit sur ce troisième album des formats classiques en terme de durée et des carcans trop étroits d'un genre que l'on définissait comme l'abstract hip-hop. Entouré de musiciens talentueux et confirmés, élégant dans son costume de chef d'orchestre qui lui sied à merveille, il dirige des micro-symphonies aussi organiques qu'électroniques, laissant parler son héritage et s'exprimer sa fibre jazz. A lire les critiques de De La Lune On Entend Tout et de Nuage Noir
Pomme de Pin : Hypnotique et viscéral, réfléchi et instinctif, cérébral et dansant, sur "Swim", Caribou mêle boucles électroniques et rythmiques tribales et en profite pour réconcilier la tête et les jambes. L'expression Intelligent Dance Music reprend des couleurs et en une tournée tellurique, toutes batteries dehors, Dan Snaith fait mentir tous les clichés sur les mathématiciens. A lire les critiques de Five Minutes et So Why One More Music Blog
C'est entendu : Débarrassé de son pseudo geek à souhait (Final Fantasy), Owen Pallett brandit l'étendard de son patronyme civil comme le symbole d'une ambition enfin assouvie. Auto-proclamé Seigneur Divin du Royaume de "Heartland", il décore cet univers d'arrangements subtilement magnifiques et réalise un chef d'oeuvre pop dont la "lecture" révèle une mise en abyme homo-érotico-créatrice digne de tous nos louanges. A lire les critiques de Feu à Volonté et de Ears Of Panda
Le Gueusif Online : Une torpille de soul-funk qui n'oublie pas d'être outracière, voire parfois un peu kitsch, mais qui détonne certainement dans le paysage musical monochrome de cette année 2010. Une voix, une présence et un talent à suivre, que ce soit en studio ou en live, où toute la classe de Janelle Monàe resplendit. A lire les critiques de With Music In My Minds et Music Lodge
Le Choix de Mlle Eddie : Ô Dan Auerbach que ta voix est belle ! "C'est pour mieux te régaler", pourrait-il me répondre. Le duo d'Akron s'autorise tout sur cet album : rock, blues, pop et même soul, avec une production qui n'a jamais été aussi bonne. Un poil trop lisse, diront certains, par rapport à ses prédécesseurs. C'est vrai, mais ce qu'ils perdent en abrasivité ils le gagnent en diversité. Et Auerbach n'a jamais aussi bien chanté. Ce Brothers, c'est la grande classe. A lire les critiques de La Quenelle Culturelle et du Gueusif Online
Hop : Beach House tutoie enfin les sommets avec ce troisième album. Plus faciles d'accès, plus immédiates que par le passé, les chansons de Beach House brillent ici par l'éclat des mélodies, par la beauté triste et bouleversante des arrangements assez somptueux que l'on trouve tout au long de ces dix hymnes à la mélancolie qui évoquent la froideur d'une piste de danse au petit matin. A lire les critiques de Between The Line Of Age et du Choix de Mlle Eddie
Good Karma : Obsédant : c'est le moins que l'on puisse dire de ce cinquième album de Kieran Hedben. Très loin de son groupe de post-rock Fridge, l'Anglais a choisi la musique électronique pour s'exprimer en solo. En résulte un disque inspiré par le jazz, la house et l'electronica. Il y livre des compositions aussi bien dansantes qu'introspectives, à l'inspiration et la production impeccables. Lumineux. A lire les critiques de Chroniques Automatiques et de I Left Without My Hat
Swans - My Father Will Guide Me Up A Rope To The Sky
Where Is My Song : A l'heure des come backs périmés et après 13 ans de silence, les Swans réactivés offrent un album magistral, oppressant, monolithique, volontiers misanthrope, beau comme un mensonge et sale comme la vérité. Une rigoureuse apocalypse. Bande son idéale pour la fin du monde civilisé, que l'on peut désormais attendre avec sérénité. A lire les critiques de Playlist Society et du Golb
Des Oreilles Dans Babylone : Sans aucun doute possible l'ovni musical de 2010, Sumach Ecks a surpris tout le monde. Débarqué de nulle part bien qu'actif depuis les années 90, il est sorti de son désert de Mojave parrainé par Warp pour nous livrer un disque intemporel et inclassable. Soul chamanique, hip hop dérangeant, rock bordélique, chaque plage de cet objet unique accouche d'un genre nouveau. Il y a tant d'inventivité et d'imagination dans cet album qu'il est impossible d'en faire le tour en moins de cent écoutes. Passer à côté serait une erreur monumentale. A lire les critiques de Chroniques Electroniques et de Les Insectes sont nos amis
C'est un peu avec surprise que je publie ce classement étant donné la production d'articles qui est en dent de scie, mais c'est surtout avec plaisir que je partage ce classement où Ears Of Panda apparait pour la première fois dans le top 20 établi par Wikio. Merci à tous!
Encore un ! C’est vrai quoi, des groupes comme Nightlands on a parfois l’impression d’en bouffer tous les jours. Depuis l’avènement d’Animal Collective et de Grizzly Bear, groupes qui donnent une grande importance à leurs chants, des ersatz on en a connu une pelletée avec parfois quelques bonnes surprise comme Fleet Foxes il y a deux ans qui donnaient envie d’émigrer dans les Pyrénées pour s’improviser berger. Nightlands s’inscrit donc exactement dans cette veine vous savez à quoi vous tenir. Derrière ce nom se cache en fait Dave Hartley, bassiste et guitariste de The War On Drugs (le groupe de Kurt Vile) dont les deux projets n’ont rien de vraiment comparable.
Ici, on évolue dans un son harmonieux où les instruments ont un écho surdéveloppé donnant l’impression que le disque a été enregistré dans une cathédrale tant le son résonne. D’entrée, Hartley en impose avec son orgue résonnant comme jamais. Se contentant de répéter inlassablement les deux mêmes accords, le musicien construit alors peu à peu un morceau aux allures tribales. Ce côté primaire, on le retrouvera ici et là dans des rythmiques atypiques ou des chœurs se répondant tour à tour. Dans la première moitié du disque, Nightlands émerveille dans cette capacité à créer des collages de toutes sortent qui peuvent paraitre à la fois brouillonnes et clairvoyantes jusqu’au limpide Till I Die reprise des Beach Boys exécuté d’une main de maitre, révélant finalement sa principale inspiration.
La seconde partie du disque enchante cependant un peu moins où l’on découvre un Dave Hartley plus intimiste. Si l’arpège de A Walk In Cheong, 1969 donne une impression de transition très agréable, gardant à l’esprit ce folk inspiré par celui des 70’s que l’on retrouve tout au long de l’album, la partie plus contemplative à tendance à durer oubliant au passage la confiance dont il faisait preuve au début ainsi que les mélodies pop/folk qui faisaient mouches. Sans faire de faux pas, le disque accuse un petit coup de mou à la fin faute à un disque trop déséquilibré donnant tout au début et nous laissant les restes pour les 3 derniers titres. Cependant, Nightlands reste une agréable surprise et aurait tendance à se poser comme un cousin de la scène énoncé aux débuts plutôt qu’un vulgaire ersatz, et pour un premier album c’est déjà beaucoup.
En écoute aujourd’hui, God What Have I, le morceau le plus réussi mais aussi le moins personnel où l’on reconnaitra sans peine (c'est partit pour un coup de name-dropping...) Bon Iver, Local Natives et Animal Collective pour un titre rêveur gagnant en ampleur au fil des minutes.
PS : Vous pouvez acheter l'album en version digital pour 5$ (ou plus) soit un peu moins de 4€ ici
Extrait de l'album : Forget The Mantra sortie le : 9 novembre 2010 Label : Secretly Canadian Bandcamp (album en écoute) En écoute dans le lecteur à droite
Cette année, noël est arrivé plus tôt que prévu, le 19 octobre, A Sunny Day In Glasgow donnait leur troisième disque gratuitement (à télécharger ici). Depuis leurs débuts je suis ce groupe qui ne m’avait enchanté que moyennement avec le brouillon mais prometteur Scribble Mural Comic Journal, la consécration n’étant venu que par la suite avec Ashes Grammar un grand album de Dream Pop plutôt exigeant mais très jouissif au fils des écoutes. Leur dernier disque, Autumn, Again, est la suite logique du précédent. Rien d’étonnant là dedans puisque, les chansons ont été enregistrés au même moment mais ont été finalement écartés. Ce genre de disques est la plupart du temps assez casse gueule dans le sens où l’on se retrouve parfois avec un disque sans queue ni tête et des chansons sans intérêts puisque ce sont finalement ni plus ni moins des fonds de tiroir.
Le fait qu’il soit gratuit n’avait rien de rassurant aussi, on aurait put penser qu’ils avaient au moins l’honnêteté de ne pas essayer de nous revendre un album pourri qui aurait suffit à justifier une tournée et la vente de quelques tee-shirts à une poignée de fans (Quoique les fans de A Sunny Day In Glasgow ne doivent pas être très nombreux)… Finalement, Autumn, Again est une très bonne surprise. Surpris parce que c’est ce qu’ils ont fait de plus commercial. Beaucoup plus pop et accrocheur ils auraient sans doute eu peu de mal à revendre au moins autant que leur précédent disque. Plus commercial reste tout de même un bien grand mot pour le groupe de Philadelphie qui se complait toujours dans cette atmosphère vaporeuse et trouble où l’évidence des mélodies côtoient des bizarreries sonores.
A Sunny Day In Glasgow fait encore un sans faute avec ce nouvel album qui tranche avec le précédent par sa durée puisque l’on passe de plus d’une heure à trente minutes, mais qu’importe, Autumn, Again est un excellent disque pop qui plus est gratuit dont il serait dommage de s’en priver.
En écoute aujourd’hui, Drink Drank Drunk qui à part faire réviser le verbe irrégulier, montre le versant le plus radiophonique du groupe et démontre à quel point, au-delà des effets innombrables, la pureté de leurs mélodies.
Extrait de l'album : Autumn, Again sortie le : 19 octobre 2010 Label : - Myspace En écoute dans le lecteur à droite
Dans les albums les plus attendus de cette année il y a bien sûr My Beautiful Dark Twisted Fantasy, le nouvel album de Kanye West prévu pour le 22 novembre. Attendu parce que depuis un moment le monsieur nous titille avec ses GOOD FRIDAYS, collection de titres livrés en pâture chaque vendredi aux auditeurs affamés. Et il faut bien l’avouer, il n’y a pas grand-chose à jeter. Rien même. Si on rajoute à ça que dans ces fameuses sessions on retrouve quelques titres qui seront présent sur son futur album dont le gigantesque Monster et les deux singles remarquables en tout point (Runaway et Power), on obtient un sérieux concurrent au titre d’album de l’année. Déçu par ses deux précédents disques (Graduation sûrement son plus mauvais album et 808’s Heartbreak utilisant à outrance l’auto-tune jusqu’à l’écœurement), je retrouve ce qui m’avait plu dans ses débuts, des compositions qui ne laissent rien au hasard, de l’ambition et de l’audace.De l’ambition et de l’audace, il n’en manque pas, la preuve avec ce moyen métrage, élu par moi-même meilleur teasing pour un disque depuis que la musique existe. Si l’on reconnait bien là toute la mégalomanie qui caractérise bien le personnage, on ne peut que se prosterner devant le fait accompli. C’est beau et plein d’idées dans la réalisation notamment dans l’utilisation des couleurs. Tout ça donné gratuitement et surtout réalisé par Kanye West lui-même. Un grand bravo pour cet artiste qui s’est toujours remis en question depuis ses débuts. Garder le 22 novembre en tête, car on risque de connaitre le meilleur album rap de l’année.
Ca y est on se caille les miches, l’hiver est bel et bien présent et n’hésite pas à nous le faire savoir à grand renfort de bourrasques et de pluies glaciales. Musicalement, l’hiver c’est aussi la fin d’une année qui comme à son habitude livre chaque semaine de moins en moins d’albums. La vie est tout de même bien faite pour les blogueurs laissant le temps pour nous de commencer nos tops ou autres joyeusetés pour ceux qui ne sont pas fans de ces classements stériles. Certes, il y a encore énormément de disques qui vont sortir (Panda Bear, Kanye West …) mais ayant loupé pas mal de d’albums cette année j’ai décidé d’arrêter plus tôt que prévu pour me plonger dans des CDs sortis depuis janvier et dégotter les perles rares que j’ai certainement loupé.
Bref c’est l’hiver et ça tombe bien on va parler de Beach Fossils tout droit sortis de Brooklyn vivement conseillé par un ami qui a su me le vendre aussi bien qu’un Steve Jobs quand il s’agit de refourguer ses cochonneries de pommes excessivement chères. Une argumentation qui tient en 5 mots aura suffit à me lancer dans ce premier disque : « le Real Estate de 2010 », bam. Parce que le Real Estate de 2009, le vrai l’original m’avait donné un bon coup sur la tête. Avec Beach Fossils, j’espérais donc retrouver ces chansons pop teintées de surf, de cet étrange mélange de mélancolie de beauté et de sérénité mais la promesse n’a finalement pas été à la hauteur de mes attentes.
La comparaison est pourtant juste puisque le style des deux groupes est assez similaire que ce soit dans le son très Lo-fi ou dans le jeu des guitares se ressemblant beaucoup. La saveur des compositions n’est cependant pas la même. En commun, on retrouve cette sérénité car Beach Fossils fait lui aussi dans les mélodies sucrées. Ce n’est pas calme, ce n’est pas bourrin, ça bouge, sans remuer l’arrière train. En conclusion, on peut dire que ce premier effort est à la cool. Un disque qui s’écoute posé, tranquillement, dans un transat, un mojito à la main, en tapotant du pied le sable chaud. Le quatuor démontre le plus souvent leur capacité à écrire des mélodies bien troussées tel que l’entêtant Youth, et parfois, mais c’est beaucoup plus rare, à accuser une petite baisse de régime qui fait que les titres passent dans une oreille pour ressortir directement de l’autre.
Leur album est bon mais il leur manque contrairement à Real Estate une âme (le baratin sur la mélancolie, la beauté, la sérénité tout ça…) qui permettrait de rester attentif tout du long de l’album ce qui n’est malheureusement pas le cas une fois passé le très beau Window View.
En écoute aujourd’hui, Daydream, qui ne laisse entrevoir que les qualités de ce groupe prometteur dont on attend déjà la suite pour savoir si l’on jettera ou non les New-Yorkais aux oubliettes ce dont l’on doute fort parce que mine de rien c’est quand même bien chiadé !
Extrait de l'album : Beach Fossils sortie le : 24 aout 2010 Label : Captured Tracks Myspace En écoute dans le lecteur à droite
Disons le tout de suite, Nothing, le nouvel album de N.E.R.D. (pour No-one Ever Really Dies) ne faisait pas partie de ma top-list de la semaine, mais bon à défaut de « trouver » ce que je voulais, leur quatrième album a finit par arriver dans mon ordinateur… Parce que N.E.R.D. qui comprend le duo Neptunes producteurs à la chaine de nombreuses chansons ayant fait date dans la dernière décennie (Hollaback Girl, Milkshake, Drop It Like It’s Hot, Rock Your Body, Grindin…) n’a jamais été capable de réaliser l’exploit sur leurs propres albums excepté sur In Search Of… premier album qui mélangeait habilement les genres.
Alors même qu’ils étaient les plus courtisés, Fly Or Die ressemblait à un R’N’B à la sauce rock ringarde et vulgaire tandis que Seeing Sounds alors déjà sur la pente descendante en matière de popularité était juste vulgaire. Ha si, lourd aussi. Si tout commence mal avec Party People brassant inutilement du vent en compagnie de T.I., les trois amis se rattrapent vite avec le suave et sensuel Hypnotize U produit par Daft Punk (Hé ouai). Sans en faire des tonnes ce qui faisaient défauts dans leur deux précédents disques, N.E.R.D. a réapprit à être plus juste et finalement plus sobre sans laisser tomber une instrumentation et une production conséquente. I've Seen The Light / Inside Of Clouds peut par exemple en témoigner avec ses claps et ses cuivres chauds claquant à nos oreilles doucereusement.
Finalement, Nothing n’est pas si vide, loin de là puisqu’il nous réconcilie enfin avec ce talentueux trio. Bien qu’ils s’égarent par moment le temps de quelques titres pas forcément utile, ce quatrième opus est bon et se permet même un grand titre en écoute aujourd’hui.
God Bless Us All donc, un habile mélange entre la puissance des couplets convoquant une rythmique Hip Hop et des cuivres agressifs dans la veine de Clipse, et la beauté du refrain dans un esprit beaucoup plus soul où le chant (pas vraiment leur point fort) devient comme par magie divin.
Extrait de l'album : Nothing sortie le : 02 novembre 2010 Label : Star Trak Myspace En écoute dans le lecteur à droite
Après un arrêt obligatoire suite à un pc (oui je dis bien pc) qui avait décidé de ne plus marcher me revoilà avec dans les oreilles le nouvel album de Brian Eno qui lui ne doit pas connaitre de problèmes de PC. Le mec… (Transition à la con bonjour). Small Craft On A Milk Sea est donc la suite directe du pas top Another Day On Earth sortit il y a déjà 5 ans. Entre temps on aura eu le droit à de multiples rééditions, raretés comme on est en droit de s’attendre face à un artiste aussi réputé. Surtout il y aura eu une collaboration avec son poto David Byrne il y a deux ans dont quelques écoutes ne seraient pas volées pour ce disque charmant comme tout. Bien sûr, on n’est pas là pour ressortir toute la discographie assez dantesque de Brian où l’on peut compter 25 albums solos sur wikipedia depuis 1974 sans compter tous les albums où il a collaboré et tout ce qu’il a produit pour le meilleur (Talking Heads) et pour le pire (U2 2.0).
Pourtant, toutes ces années n’auront pas suffit à ce personnage pour épuiser son inspiration. D’ailleurs, pour son grand retour, Brian Eno a mis les petits plats dans les grands. Epaulé par Leo Abrahams (inconnu) et surtout Jon Hopkinsauteur d’un formidable Insides l’année dernière. Signé chez le très renommé et pas moins excellent label Warp, Brian Eno avait tout pour faire un disque fracassant. Oui, mais non. Oui parce que l’on ressent le travail accompli avec des titres accrocheurs et percutants aussi plaisants qu’excitants et non, pour des raisons bien plus nombreuses.
Tout d’abord, il y a la construction du disque : bancal comme pas possible. Une entrée douce, un milieu de disque violent et une fin très atmosphérique, très expérimentale et très lente surtout, de quoi faire sombrer n’importe qui dans un ennui profond. Une fin surtout qui représente quasiment la moitié du disque puisque les chansons qui ne font pas la dentelle sont au final assez courtes. Small Craft On A Milk Sea est finalement un disque très exigeant ou les longues plages ambiantes me laissent totalement de marbre. A l’image de Late Anthropocene qui connait très peu de variations durant les huit minutes qui viennent clôturer ce disque laissant un goût amer.
Je ne doute pas que certains y trouveront leur compte (enfin ils seront peu quand même) mais suite au teasing fait par cet artisan en matière d’électronique qui nous faisait découvrir tour à tour Horse et 2 Forms Of Anger, deux grandes réussites qui peuvent vaguement rappeler le travail effectué par Flying Lotus. Excepté quelques titres remplissant leur objectif, c'est-à-dire poser une ambiance en dévoilant une once de beauté (Small Craft On A Milk Sea ou Emerald And Stone), les titres « lents » sont rares à produire cet effet. Dommage car à trop vouloir jouer les avants gardes on en perd parfois l’essentiel : les mélodies.
En écoute aujourd’hui Paleosonic qui n’est peut être pas le morceau le plus turbulent mais qui laisse entrevoir ce dont un vieux bonhomme de 62 ans est encore capable de faire aujourd’hui.
Extrait de l'album : Small Craft On A Milk Sea sortie le : 02 Novembre 2010 Label : Warp Myspace En écoute dans le lecteur à droite