Ca y’est ! On est maintenant dans la dernière ligne droite, alors que Panda Panda planche sérieusement sur son Top 2009, retour sur une chanson qui aura marqué votre serviteur. Et cette chanson, c’est Neon Indian qui en est responsable, appartenant à ce qui se dessine comme un nouveau courant musical, ce groupe texan fait ce qu’on appelle de l’Hypnagogic Pop ou de la Glo-Fi. Derrière ces noms sans aucun sens, il fallait comprendre que Neon Indian est en fait un groupe d’électro-pop brassant les époques et tout particulièrement celle des années 80 et 70 le tout sur fond d’une production sans le sou. Tout comme ses petits camarades Delorean et Memory Tapes appartenant à la même mouvance, on n’évite pas les titres « limite, limite » musicalement ce qui est ennuyeux quand on a un album d’une dizaine de titres. Pourtant, Alan Palomo, tête pensante des Neon Indian s’en sort mieux que ses deux congénères grâce à deux morceaux. Le premier, Deadbeat Summer qui les a fait connaître auprès de tous et qui sous ses allures de chanson tordue et étrange possède une vraie mélodie tubesque qui sent bon le sable chaud. Le second et en écoute aujourd’hui est un poil plus classique mais il vous donnera sûrement une idée de ce qu’est Neon Indian. Si Should Have Taken Acid With You peut paraître plus anodin que sa sœur, elle possède cette étrange beauté, caché derrière des tonnes d’effets au synthé, la voix si mélancolique nous souffle sa « chanson d’amour » sur une ritournelle qui trottera sans aucun doute dans plus d’une tête.
Extrait de l'album : Psychic Chasms sortie le : 13 octobre 2009 Label : Lefse En écoute dans le lecteur à droite Myspace Une chronique du Marsupilami et de Krisdans le mur du son.
Histoire d’en rajouter, une couche, Animal Collective revient avec un Ep rassemblant cinq chansons inédites issues de la même session studio que Merriweather Post Pavilion. Résultat ? Si on n’arrive pas au niveau de ce dernier, Animal Collective avaient gardé quelques pépites sous le manteau comme Graze et son final ressemblant à de la musique Péruvienne Tropicale ! Mais le clou de ce Fall Be Kind est sans aucun doute What Would I Want? Sky. Une pépite dont eux seul en ont le secret et où Avey Tare laisse tomber les effets pour chanter d’une voix nue, encore une fois, c’est une grande chanson pop qui n’avait peut être pas sa place sur l’aquatique Merriweather Post Pavilion mais dans leur panthéon personnel sans aucun doute. Si on n’a pas leur meilleur EP à cause de quelques longueurs (Prospect Hummer est définitivement grandiose) on tient là une belle conclusion pour cette année 2009 qui avait commencé sur les chapeaux de roues grâce à eux.
Extrait de l'EP : Fall Be Kind sortie le : 23 novembre 2009 Label : Domino En écoute dans le lecteur à droite Myspace
Découverte et grande surprise avec La superbe de Benjamin Biolay.
Est-il nécessaire de présenter Benjamin Biolay ? Un exercice dont on se passera cette fois-ci puisque ce chanteur apparut avec toute la clique de cette nouvelle chanson Française a obtenu une reconnaissance lui permettant de travailler avec de nombreux artistes plus ou moins glorieux (Keren Ann, Henri Salvador, Isabelle Boulay…). Mais pour le bien de cette chronique, je crois qu’il est nécessaire d’expliquer comment je le voyais jusqu’ici avant l’écoute de son nouvel album La Superbe. Un connard est sûrement le premier mot qui me vient à l’esprit. Un mec qui ne veut pas être attaché à la mouvance « nouvelle chanson Française » aux côtés de Delerm et de Bénabar mais qui fait pourtant la même chose ne pouvant alors s’empêcher de dénigrer le travail de ces derniers en se croyant supérieur à eux. Un mec détestable dont le manque de notoriété le rendait complètement aigri, un mec qui se la donnait genre poète maudit…
Pourtant à la sortie de La Superbe, les critiques sont unanimes, son dernier album est grand, somptueux, génial… Si seul la presse s’était exclamé à ce point on aurait laissé coulé, oui mais voilà, même les blogs de bon goûts y aller avec des superlatifs tous plus jouissif pour Biolay que les autres. C’est donc dans un élan sadomasochiste que j’achète cet album les yeux fermés sans même avoir écouté un seul extrait dudit album.
Dès le début, le disque peut en rebuter plus d’un, La superbe est un double album ! Waouh ! Le mec est donc persuadé d’avoir assez de talent pour nous livrer 23 pépites, on peut alors rajouter à Biolay un égo surdimensionné ! On rajoute à ça une GRANDE photo de l’artiste en plein milieux du coffret ainsi que sur chaque disque histoire de bien faire les choses, Biolay s’aime et veut le faire savoir !
Et il arrive le moment où avec un peu d’appréhension on insère le cd dans le lecteur, pour voir ce que le bonhomme a dans le ventre et c’est La superbe, morceau d’ouverture avec une armée de violons portant très bien son nom qui commence à faire douter votre cobaye, il faut l’avouer, la superbe impressionne, ambitieux mais en tout point réussi on salue le chanteur sur ce premier effort et nous donne alors l’envie de voir ce qu’il nous attend. Pas de déception à l’horizon, les quatre titres suivant convoque tour à tour les regrettés mais immenses Gainsbourg et Bashung plutôt que Bénabar et son copain Delerm, pas d’histoire de pizza ou de voix tête à claque, mais une belle écriture, alors oui Biolay ne chante pas souvent mais plutôt parle à la limite du rappé de temps en temps ce qui peut paraitre un poil ridicule. Il y a aussi ce saxophone sur Miss Catastrophe, un poil désuet montrant les premières limites du chanteur pouvant faire regretter l’achat de ce disque.
Pourtant, à partir de Si tu suis mon regard tout nos doutes éclatent, formidable chanson pop, Biolay nous procure nos premiers frissons et Night Shop (un chef d’œuvre) vient nous donner le coup de grâce. On est qu’au début mais on se met déjà à penser de l’ampleur de la chose, oui c’est bel et bien un grand disque. Et c’est Brandt Rhapsodie dernier titre du premier disque qui vient nous confirmer tout le bien qu’on pense de cet album. Biolay en duo avec Jeanne Cherhal nous touchent en plein cœur avec cette histoire amoureuse qui raconte du début à la fin sous forme de post-it laissé par les protagonistes toutes les étapes dans la vie d’un couple. Magnifique. Brandt Rhapsodie est d’ailleurs la parfaite chanson pour synthétisé le thème central de cet l’album, l’amour et ses ruptures sans jamais tombé dans le pathos, les textes sont d’une justesse comme on en voit trop rarement.
Ce n’est pas tout ça, mais nous en sommes qu’à la moitié et il nous reste à écouter le second disque qui commence sur les chapeaux de roue avec L'espoir fait vivre encore une fois l’une des meilleures chansons et les deux autres titre sont du même acabit, arrivé à ce stade, on est prêt à tout pardonner à Benjamin Biolay, ce que l’on fait avec Assez parlé de moi, volontairement cheap, voir ridicule, pourtant les paroles sont plutôt bonne mais l’électro frénétique et sa guitare disco/funky contraste trop avec le reste de l’album. C’est à partir de ce moment là qu’on retrouve le plus de déchets malgré certaines fulgurances (Mélancolique).
Forcément, il fallait s’y attendre, La superbe possède des chansons superflues dont on se serait bien passé mais qu’importe car il y a dans cet album de grands moments comme on avait rarement entendu en France depuis…longtemps, trop longtemps pour que je m’en souvienne. La superbe est l’un des grands disques Français si ce n’est le grand disque Français de l’année faisant au passage voler en éclat tout les préjugés stupides qu’on pouvait avoir à son égard car oui, Biolay fait partie des compositeurs actuels qui se situe au dessus de toute cette masse médiocre.
Marie-Flore, un joli prénom qu’elle doit à Joan Baez qui avait écrit une chanson du même nom il y a bien des années, dès sa naissance, c’était comme si cette jeune femme aujourd’hui âgée de 20 ans était destiné à vivre de sa musique, adolescente, le rock et le folk de toutes époques la passionnait et c’est avec un courage pour nous mais d’un naturel pour elle, qu’elle quitte le foyer de ses parents à la majorité pour écumer les salles de concert ce qui la mènera un peu partout en Europe. Petit à petit ce joli oiseau fait son nid au point d’être invitée en Philadelphie par Gregg Foreman leader des regrettés Rare Birds, le temps d’une reprise dudit groupe. C’est donc naturellement qu’apparait More than thirty seconds if you please ni son premier EP (trop de chansons !) ni son premier album (trop court !) mais son premier mini-album comme elle se plait à le dire. Et pour un premier essai, Marie-Flore fera chavirer plus d’un cœur, d’une simplicité et d’une efficacité sans failles, cette jeune Parisienne supplante nombre de ses ainés. Si l’originalité n’est pas vraiment présente, ses huit titres possèdent un charme fou servis par cette voix si douce, si belle… Trapdoor, qui ouvre son mini-album en est l’une des grandes réussites, alors que tout ceci commence tel un folk romantique, très vite tout décolle pour notre plus grand plaisir, n’hésitant pas à enrichir ses enregistrements de banjo ou de cuivres… On pourrait la comparer la comparer à des artistes (Cat Power, The Do…), mais ce serai ne pas faire honneur à Marie-Flore bien plus talentueuse (Je parle de la Cat Power post-You Are Free…). Au final, More than thirty seconds if you please est un grand mini-album qui laisse entrevoir un avenir radieux pour Marie-Flore, une chanson en écoute n’étant pas suffisant à mes yeux, vous aurez donc le droit en plus bande de petits veinards à deux clips, le génial Trapdoor (le premier) et le génial Empty Walls qui est en duo avec Mike Noga de The Drones.
Extrait de l'album : More than thirty seconds if you please sortie le : 26 octobre 2009 Label : - En écoute dans le lecteur à droite Pour se procurer le cd, voyez avec Marie Flore sur son Myspace. Pleins de chroniquesencore une fois.
Quatre années et autant d'EPs passés Stéphane Llérault aka Pumuckl se lance dans le long format avec L'anecdotiste. Aux dires de certains, l’homme a du talent, déjà remarqué en 2005 en sortants ces deux premiers disques dans la même année dont son effort Philosophage qui avait été salué par quelques blogs, Pumuckl gagne quelques échelons supplémentaires avec Sommeil léger et Carbone qui le voit être comparé à Dominique A, on est alors en 2006, depuis plus rien. Enfin, plus rien, façon de parler car durant ces années Stéphane Llérault prépare son premier album, 11 titres dont 4 issus de ses précédents opus, les meilleurs selon certains. Adepte du « on n'est jamais mieux servit que par soi même », Llérault s’occupe de tout, l’écriture, le mixage... Pour un travail fait maison, on saluera la production impeccable dont fait preuve L’anecdotiste. Dès l’ouverture avec Sommeil léger, Pumuckl impressionne, les guitares claires accompagnées de ce son cristallin donne le ton à cet album. Durant 40 minutes, on assiste alors à l’union de l’électro et de la pop pour le meilleur surtout. Les sonorités carillonnant telles un défilé de glockenspiel donne à l’ensemble toute sa légèreté et ce côté aérien emportant avec lui l’auditeur dans un voyage divin parfois d’une froideur implacable. N’oublions pas la voix de Stéphane Llérault, où la comparaison avec Dominique A frappe le plus, une voix sans être non plus à gorge déployée mais qu’il porte de bout en bout et fièrement sur le devant, tout simplement une belle voix qui s’exprime librement. Si quelques morceaux laissent de froid, on fait rapidement abstraction de ces (petites) baisses de régime, pour se laisser emporter par cet artiste malheureusement trop méconnu capable d’accomplir de grands moments comme Sonore 2 en écoute aujourd’hui. L’anecdotiste est beau et ce serait un crime de passer à côté.
Extrait de l'album : L'anecdotiste sortie le : 19 octobre 2009 Label : - En écoute dans le lecteur à droite Myspace Pour se procurer le cd, s'adresser directement à lui à cette adresse : sommeil.leger_a_gmail.com Une chronique de Twist.
C’est cool la musique, de toujours chercher le nouveau groupe qui nous donnera des palpitations et nous arrachera un grand sourire de satisfaction mais ce n’est pas tous les jours que cela arrive, au pire par faute de talents, ou d’originalité, on s’ennuie, on s’agace voir on s’énerve face à la médiocrité de certains, au mieux on a Aufgang. Sous ce nom se cache trois jeune gens qui se sont rencontrés à l’aube des années 2000 partageant le goût des expérimentations sonores. Mais ce n’est qu’en 2005 que le groupe prend réellement forme au festival Barcelonais Sonar. La recette est simple, deux pianos (Rami Khalifé et Francesco Tristano) accompagné par Aymeric Westrich qui s’occupe de la partie électronique et tout particulièrement de la rythmique très présente sur cet album. A recette simple, fondements simples, Aufgang s’amuse tout du long à mélanger classique et musiques électroniques. Parfois c’est le premier qui prend le dessus (Channel 8) et d’autres le second (Sonar) mais le principe à deux exceptions près marche toujours n’hésitant pas à faire danser son public quand l’occasion se présente (Good Generation). Pourtant le pari était risqué puisque ce genre est peu répandu et qui d’ailleurs ne satisfera sûrement aucun des deux auditoires dont ils puisent leurs influences. Tant pis pour eux, tant mieux pour nous car il serait dommage de passer à côté tant ce projet reste unique dans l’hexagone du moins à ma connaissance, chacun maitrisant son instrument sur le bout des doigts (les deux pianistes ont fait leurs armes à la prestigieuse Julliard School à New York) chaque parties de piano est en tout point remarquable, difficile d’ailleurs de séparer la part de travail de chacun devant ce détalage de notes. Et c’est la que le bât blesse, on regrettera parfois ces « solos » de pianos parfois un peu trop long et n’apportant pas grand-chose au final à leur édifice. En écoute Good Generation qui n’est peut être pas la meilleure mais où la transition entre le classique et l’éléctro fonctionne à merveille.
Extrait de l'album : Aufgang sortie le : 19 octobre 2009 Label : Infiné En écoute dans le lecteur à droite Aufgang Et Hop une chronique ici, et pleinsd'autrestoutesunanimes.
5 ans c’est quoi ? 5 ans c’est le temps qu’il vous a fallu pour écrire vos premiers mots dans un cahier depuis votre naissance, c’est le temps qu’il vous a fallu pour faire votre cycle primaire, le temps qu’il vous a fallu pour avoir le permis dans une main et votre carte d’électeur dans l’autre alors que vous rentriez à peine dans l’adolescence, c’est le temps qu’il vous a fallu pour obtenir ce master en marketing alors que vous étiez simple bachelier. 5 ans c’est long, et c’est aussi le temps qu’il vous a fallu pour entendre le successeur du Portrait du jeune homme en artiste d’Arnaud Fleurent-Didier. Malheureusement ce jour n’est pas encore arrivé, heureusement on peut déjà se délecter de ce clip et forcément du premier extrait de la Reproduction. Et il n’aura pas fallu autant de temps pour se rendre compte à quel point il nous manquait, à quel point ses textes dépassent nombre de ses collègues, sa musique aussi. En forme de lettre ouverte, Fleurent-Didier nous parle de ses parents, de son éducation, de sa culture, de sa France, France Culture donc, trois minutes qui explose les carcans et les règles de la musique française. Dans la veine d’un Gainsbourg au sommet de sa forme, Arnaud Fleurent-Didier écrit la chanson parfaite, on aurait pu attendre 5 de plus rien que pour ça.
Panda Panda aime la musique et aime la faire partager du coup Panda Panda a décidé de faire un blog.
Si vous trouvez que Panda Panda n'écrit pas bien faut l'excuser, ce n'est qu'un Panda.