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Top albums 2013 : 10ème - 1er

Il est enfin là le top 10! La crème de la crème de 2013. 10 disques qu’on aura écouté à l’usure cette année, des disques qui pour certains sont de grosses prises de risques et pour d’autres la confirmation de leur talent. On félicite aussi les labels 4AD et Matador, 2 grands labels qui placent chacun 2 disques dans le top 10. Il ne faudrait pas oublier les 2 petits nouveaux qu’on avait plus ou moins vu venir mais qui surprennent par leur maturité, l’originalité et la qualité de leur travail. Mais surtout, on ne remerciera jamais assez le premier de ce top qui aura créé la surprise avec un disque important qui se place d’ores et déjà comme un sommet de la décennie en cours. Ce disque à été un choc à la première écoute et ne cesse de grandir depuis. Pour le coup on n’a pas pu s’empêcher de mettre l’album en écoute dans son intégralité en espérant que vous aussi, vous serez autant sinon plus bouleversé que moi par ce disque. On se revoit bientôt sur Ears Of Panda pour de nouvelles découvertes, une page se tourne, l’année 2014 est déjà bien entamée et de grands disques sont à venir. Bonne écoute et bonne lecture, bisous.

Top albums 2013 : 10ème - 1er


10. The Knife - Shaking The Habitual


Tout est dans le titre, le duo Suédois a décidé de secouer les habitudes. Full of Fire, le premier single, avait annoncé la couleur avec ses beats hallucinés et violents, un défouloir gigantesque, un trip électronique de 9 minutes d’une rare violence mais toujours extatique. Avec Shaking The Habitual, The Knife n’est plus un groupe pop mais expérimental se permettant tous les extrêmes comme le titre ambient Old Dreams Waiting to Be Realized de 19 minutes. Toutefois on retrouve quelques morceaux plus familiers permettant, s’il était possible de douter, de montrer que le groupe n’avait rien perdu de son talent mélodique comme le léger A Tooth for an Eye. Mais c’est bien dans leur aspect le plus électronique que The Knife éblouit en montrant une envie d’en découdre et de faire danser les foules. On regrette parfois la présence de compositions plus consensuelles, on aurait aimé que Shaking The Habitual soit plus radical et plus punk n’hésitant pas à bousculer encore plus ses auditeurs. Cependant, la mission est plutôt bien remplie puisque l’on sort de ces 96 minutes (Hé oui quand même) lessivé et éprouvé démontrant ainsi que l’on a affaire à un disque pas comme les autres.
                                                        
Label : Rabid


09. The National - Trouble Will Find Me


Aujourd’hui, The National est certainement un des groupes indés les plus importants de la scène rock mais aussi un des plus classiques. Avec ce sixième album, les Américains continuent leur petit bonhomme de chemin, la recette ne change pas et donne presque l’impression de faire du surplace. Ignorant les effets de modes, la bande continue ce qu’elle sait faire de mieux au risque de lasser son public. On a d’ailleurs relevé dans les critiques ici et là une certaine forme de lassitude et pourtant on trouve au contraire que Trouble Will Find Me est tout simplement leur meilleur album. Certes il ne possède pas de singles comme Fake Empire qui vous en foutent plein la gueule d’entrée de jeu mais le groupe s’est contenté d’écrire un disque cohérent qui s’écoute du début à la fin sans que l’on repère une quelconque faille. Bien que le groupe se soit assagi dans son ensemble, il nous touche en plein cœur. Pas mal pour des quarantenaires,

Label : 4AD


08. The Haxan Cloak - Excavation
                                                                                        
                                                                      
L’ascension du label Tri Angle ne semble pas connaitre de limite en témoigne cette année Forest Swords et surtout The Haxan Cloak dont Excavation pourrait devenir l’étendard, le sommet de la discographie du label. Sa musique qui laissera très certainement sur le carreau plus d’un a le mérite de proposer quelque chose de rarement entendu. Certes Bobby Krlic privilégie l’ambiance aux mélodies, mais quelle ambiance! La pochette donne le ton, Excavation est un voyage au cœur des ténèbres, sombre et horrifique. D’emblée Consumed nous met mal à l’aise avec ces basses qui n’ont pour seule volonté que de vous comprimer, de vous renfermer sur vous même. La musique peut parfois être une expérience déroutante ou dérangeante, une expérience différente qui finira par vous procurer du plaisir justement car elle propose quelque chose qui se dégage de toutes les autres sorties. L’horreur a trouvé sa bande son idéale elle s’appelle Excavation.
                                                                                                                                                                        
Label : Tri Angle
                                                       

07. Vampire Weekend - Modern Vampires Of The City


Commencé en 2011, Modern Vampires Of The City se sera terminé non sans mal. En manque d’inspiration, le groupe aura pris le temps pour sortir ce qui reste leur meilleur album aujourd’hui. Délaissant un peu plus les inspirations africaines, Vampire Weekend s’affirme avant tout comme un grand groupe pop. Sur ce troisième album, le groupe a laissé une grande place au piano donnant au disque un ton plus mélancolique et sombre que les deux premiers disques qui sonnaient comme un groupe plein de fraîcheur. Ce passage à la maturité est en tout cas parfaitement maîtrisé et ils réussissent à plusieurs reprises à nous serrer le cœur. Bien que des chansons puissent paraitre anodines, les New Yorkais ont le don de dénicher une ligne mélodique forte comme on peut l’entendre à la fin d’Obvious Bicycle ou le bouleversant Hannah Hunt quand ce n’est pas toute la chanson. Blindés de tubes et d’idées novatrices     Vampire Weekend nous fait oublier la déception Contra et nous invite à nous tourner vers l’avenir qui les accueille avec un grand sourire.

Label : XL Recording


06. Arcade Fire - Reflektor


Après un album un peu décevant (The Suburbs moitié génial, moitié boring), Arcade Fire revient en grande forme avec l’épique Reflektor un double album de plus d’une heure où l’on retrouve le bien aimé James Murphy aux manettes (LCD Sounsystem). Avec leur premier single, les Canadiens ont dévoilé des ambitions nouvelles. Sans renier leur passé, le groupe, habitué à la musique de stade, envahit les discothèques en révélant un groove trop peu exploité jusqu’ici. Alternant entre chansons rock très rentre dedans (Normal Person, Flashbulb Eyes, Joan of Arc) et chansons plus disco on retrouve dans ce disque best-of mais cohérent quelques traces du passé gangrénées par une folie bienvenue (You Already Know et Awful Sound (Oh Eurydice)). Disque fourre tout mais jouissif, Arcade Fire prouvent qu’ils n’ont pas fini de faire parler d’eux.
                                                                                                                                                     
Label : Merge


05. Deerhunter - Monomania


Monomania est perturbant, alors que leurs compositions gagnaient avec le temps en complexité, Deerhunter les a rongé ici jusqu’à l’os. La démarche se veut plus instinctive, plus directe, plus animale. Les premières écoutes sont déconcertantes, les guitares sont rêches et brouillonnes mais émergent de cette cacophonie ambiante. La transformation la plus troublante reste le chant de Cox. Il ne chante plus, il crie à gorge déployée, il est en colère et cette rage se ressent sur la quasi-totalité du disque. On enrage avec Monomania, énième album réussi de la part de Deerhunter mais qui ne décrochera pas la première place du top et restera une nouvelle fois au pied du podium, la faute aux quelques imperfections qui peuplent le disque. Mais pas d’inquiétudes car Deerhunter a toujours été bancal et imparfait, une sorte de monstre dans lequel on aperçoit une grande beauté. Si l’étrangeté ne finit pas ici par révéler la beauté du disque elle vient appuyer le discours et les intentions de Bradford Cox qui était de signer un disque malade et corrosif.  Elément central du disque, il se démarque des autres artistes, il ne fait pas de la musique pour vivre mais vit pour sa musique et pousse ce mode à l’extrême. Tant qu’il gardera sa flamme intacte, c’est dans son malheur, dans cette passion dévorante qu’il a pour la musique, cette monomanie qu’il nous fera rêver et nous fera continuer à aimer passionnément la musique.

Label : 4AD


04. Kurt Vile - Wakin On A Pretty Daze


Doucement mais sûrement, Kurt Vile se pose comme le futur grand rockeur de la scène Américaine. Déjà premier de notre top album 2011 avec Smoke Ring for my halo, ce Jésus de la guitare enfonce le clou avec Wakin On A Pretty Daze. Si on perd en ambiance vaporeuse, ce nouvel album semble intemporel grâce à une production plus classique mais qui rend honneur aux guitares qu’il n’hésite pas à compiler. Kurt Vile montre ici une ambition que l’on ne connaissait pas chez lui sans jamais tomber dans la démonstration pour autant. Passage de l’ombre à la lumière, Wakin On A Pretty Daze révèle toute sa force dans son ambiance radieuse et paisible. On ne sait pas s’il a signé son meilleur disque mais on voit en celui-ci un bel hommage à ces grands songwriters (Neil Young et Tom Petty ne sont jamais loin) qu’il a chéri toute sa vie.
                                                                               
Label : Matador


03. Justin Timberlake - The 20/20 Experience Part. 1


Quand on est un poids lourd de l’industrie musicale, sortir un disque tel que The 20/20 Experience est plutôt couillu. Loin des standards pop du moment, Timberlake a décidé de sortir un disque R’n’B soigné et exigeant qui se rapproche plus des expérimentations d’un Frank Ocean ou R. Kelly que de la plupart des guignols qui trustent les charts. Timberlake aide à redonner au R’n’B ses lettres de noblesses qui était tombé en désuétude il y a quelques années. Dépassant souvent les 7 minutes, l’artiste s’amuse à développer des compositions riches en instrumentations et en idées. Au final The 20/20 Experience réussi à concilier une exigence artistique tout en réussissant à vendre des camions entiers d’albums (c’est le disque le plus vendu de l’année aux Etats Unis). Les amoureux de la musique apprécieront The 20/20 Experience pour sa finesse mais aussi pour la production soignée de Timbaland qui signe là son grand retour. Enfin le mec s’est décidé d’arrêter de recopier depuis 7 ans la même recette. Il semble enfin prendre du plaisir à produire quelque chose de nouveau avec ce disque aux idées nombreuses. Sa meilleure production depuis… FutureSex/LoveSounds.

Label : RCA


02. Darkside - Psychic


Nicolas Jaar est doué certes mais on ne s’attendait pas à une telle claque face à Psychic, une œuvre ambitieuse qui puise sa force dans l’ambiance qui se dégage tout au long de l’album. Durant 45 minutes, Dave Harrington et Jaar nous embarque dans une virée hypnotique, portée par 7 compositions brillantes rappelant parfois le dernier Liars mais en plus réussi ne nous détrompons pas. Ce qui frappe sur tout le disque, c’est l’étonnante dualité entre rock classique et musique électronique. Ce road trip poussiéreux et nocturne sur les routes des Etats Unis se transforme petit à petit devant nos yeux en une exploration des bas fonds New Yorkais jusqu’au club moite destination finale de chaque chanson. La vision partagée entre traditionalisme rock et sonorités modernes est parfaitement remplie, en résulte un disque classe, excitant et enivrant.
                                                                               
Label : Matador


01. Tim Hecker - Virgins


Tim Hecker et moi c’est une longue et douloureuse histoire. En 2009, je fais la découverte de cet artiste avec An Imaginary Country salué par tous. Une écoute plus tard, on laisse tomber. Sa musique ambient nous emmerde profondément, on a mieux à faire. En 2011, c’est la même histoire avec Ravedeath, 1972 plébiscité par les critiques mais qui m’est complètement hermétique. Je me demande encore ce qui m’a poussé à donner sa chance à Virgins. Hormis là encore les critiques qui n’en peuvent plus, peut être est ce la magnifique pochette ou simplement l’espoir de voir la lumière dans sa musique. Oui, donc, la lumière on l’a vu bien comme il faut.

Là où Virgins surpasse tout ce qu’on a entendu depuis des lustres, c’est dans sa dualité. Durant 50 minutes, on assiste à un affrontement constant entre la lumière et la noirceur, chaque composition baigne dans une atmosphère apocalyptique d’où émane une fragilité à travers une mélodie de piano qui, la minute suivante, se déconstruira sous nos yeux. Jamais évident, Tim Hecker construit une œuvre qui prend peu à peu forme sous nos yeux. Comme une peinture que l’on réaliserait devant nous, les formes sont floues et imprécises jusqu’à ce qu’un détail éclaircisse la vision globale du tableau. Alors que vous vous installez dans une zone de confort, un nouvel élément vient bouleverser cette vision et remet en cause ce qui vous semblez jusqu’ici évident. Cette dualité exprimée dans sa musique finit par vous atteindre. Inquiétant et émouvant à la fois, Virgins vous bouscule sans arrêt, l’apaisement que vous atteindrez ne durera jamais longtemps, la tristesse prendra alors rapidement le pas.

Virgins devait à l’origine être deuxième de ce classement mais cet album ne cesse de m’émouvoir et de me bouleverser chaque écoute ne le rend que meilleur. Depuis 2010, rare sont les disques qui atteignent une telle perfection car Tim Hecker vient de produire un disque unique et incroyablement fort. Croyez comme moi que vous êtes le seul à même de comprendre ce disque, de comprendre toute la beauté qu’il cache et vous aurez beau vous persuader du contraire, vous continuerez à vous voiler la face car Virgins possède la force de ces grands disques qui paraissent terriblement personnels mais pourtant universels par sa maitrise des émotions qu’il nous livre à chaque instant. Virgins est un chef d’œuvre.
                                                                               

Label : Kranky


Top albums 2013 : 30ème - 11ème


Avant la dernière ligne droite (qui devrait être publié vendredi ou samedi et dimanche), on continue avec la suite du top albums 2013 où l’on se rend compte que l’année aura été riche et diversifiée mais surtout que Panda Panda se radicalise. A côté des plaisirs pop faciles, on retrouve là encore des albums beaucoup moins accessibles à l’image de Pharmakon ou Colin Stetson. Là encore, le panel des genres est large. Avec le temps, on finit par prendre du plaisir à écouter des mecs s’égosiller et dans des disques où l’intérêt est ailleurs que dans les mélodies. On espère que toi, lecteur, tu trouveras toi aussi du plaisir à écouter cette playlist et que tu trouveras peut être un album, que tu ne croyais pas t’être destiné, un genre qui t’avais rebuté jusque là mais qui finalement attisera ta curiosité grâce à un de ces disques. Car il n’y a rien de plus beau que d’élargir son horizon musical.

Top albums 2013 : 30ème - 11ème
Top albums 2013 : 10ème - 1er


30. Iceage - You're Nothing


Récemment Iggy Pop déclarait qu’Iceage était le seul groupe punk réellement dangereux. C’est pas faux. Après la reconnaissance survenue avec leur premier album il y a deux ans, les Danois continue dans la même lignée avec ce disque violent, puissant et forcément réjouissant! You’re Nothing n’est pas pour les âmes sensibles ça tabasse tout du long, les riffs pleuvent au milieu du bordel ambiant (ce batteur a clairement une dent contre ses cymbales) mais ils possèdent tout de même de réelles mélodies de quoi faire pâlir n’importe quel groupe. Plus que du punk dangereux c’est peut être même l’avenir du punk qui est là, ces gars là ont en tout cas ont tout compris avec le nihiliste You’re Nothing. A consommer avec modération tout de même, la migraine guette.
                                               
Label : Matador


29. FIDLAR - FIDLAR


Ca tabasse, voilà ce que l’on retient du premier album de FIDLAR, un acronyme qui signifie «Fuck it Dog Life’s a Risk». En digne album punk, ces branleurs finis se contentent de jouer des riffs à toute berzingue. Les tubes sont nombreux, les odeurs de bières et de sueurs sont omniprésentes. FIDLAR est un disque fun qui nous donne envie de nous enfiler des shots en tapant furieusement du pied. Entre The Hives et Wavves, on a trouvé les nouveaux et affreux rejetons de la scène pop/punk.

Label : Mom + Pop


28. Jessica 93 - Who Cares


On ne peut pas dire qu’on l’avait vu venir ce mec venu de Bondy mais son album s’avère être un gros électro choc dans le paysage musical Français. Armé de quelques pédales Geoffroy Laporte déballe 6 titres shoegaze glacials d’une grande noirceur mais terriblement obsédants. Jamais on n’avait entendu un album comme celui-ci en France. Ne tombant jamais dans la facilité, Jessica 93 nous hypnose avec ses boucles répétées sur de longues minutes, la guitare est agressive, la rythmique implacable et la voix sort tout droit d’outre tombe. On saluera la prise de risque et l’originalité qui lui aura donné le droit d’avoir un peu partout des critiques élogieuses et méritées.

Label : Teenage Menopause Records / Music Fear Satan


27. Pharmakon - Abandon


La pochette cracra d’Abandon est un avertissement. Pharmakon vous préviens où vous mettez les pieds en vous lançant corps et âmes dans un des disques les plus dérangeants qu’on a pu écouter cette année. Derrière ce joli visage, Margaret Chardiet cache une folie qu’elle exprime sur disque et sur scène. Dès les premières secondes, un cri atroce surgit et nous souhaite la bienvenue dans ce monde bruitiste et inquiétant. Sorte de cauchemar éveillé, Abandon est un ovni troublant, un plaisir masochiste qui, malgré son extrême rudesse, envoute.
                                                                   
Label : Sacred Bones Records    


26. James Holden - The Inheritors


7 ans après The Idiots Are Winning, James Holden revient avec un second album déroutant, intransigeant mais terriblement humain. Composé essentiellement à partir d’instruments analogiques, ce pilier de la scène électro nous offre une œuvre où un aspect tribal prédomine. C’est aussi une œuvre déroutante car The Inheritors est avant tout sauvage voire indomptable. Les rythmiques aux sonorités très brutes peuvent paraitre bordéliques, il en va de même pour les mélodies qui nous échappent parfois. C’est justement en cela que réside toute la beauté de cet album, dans ce chemin labyrinthique et obscur que l’on parcourt durant 1 heure 15. The Inheritors est insaisissable mais nous fascine par son ambiance unique et originale.
                                    
Label : Border Community


25. Colin Stetson - New History Warfare Vol. 3: To See More Light


Il fallait bien un jour ou l’autre se mettre aux disques de Colin Stetson lorsqu’on voit que chaque sortie est accompagnée d’un concert de louanges. Pourtant on avait un peu peur d’écouter un disque basé sur du saxophone basse, soit un gros saxo qui fait des sons très graves. New History Warfare Vol. 3: To See More Light, troisième volet qui vient clore une trilogie est donc une très belle surprise. On est même devant un coup de maitre lorsqu’on se rend compte que tout ce qu’on entend est produit à partir de trois saxophones et de voix dont celle de Justin Vernon (Bon Iver). Bien que le résultat puisse paraitre répétitif sur la longueur, les voix permettent à ses compositions de souffler et de prendre une autre dimension. Les chansons s’avèrent alors d’une grande richesse, à la fois belles et graves. On finit par rentrer avec aisance dans un univers mystique qui n’est pas sans rappeler étrangement celui de Radiohead.

Label : Constellation Records


24. Foxygen - We Are The 21st Century Ambassadors Of Peace & Magic


Le gros problème du disque de Foxygen est d’être très référencé mais genre très très référencé. Mais c’est aussi une formidable synthèse de tout ce que les années 60 ont engendré de meilleurs, Une touche de pop, de psyché, une bonne dose de rock et surtout une écriture excitante qui balance 9 chansons à tiroirs qui se barrent dans tous les sens.
                          
Label : Jagjaguwar


23. The Flaming Lips - The Terror


Après toutes ces années, les Flaming Lips continuent de fasciner malgré le manque d’évidence de leur musique. The Terror est d’ailleurs un disque tortueux et nébuleux, un disque presque expérimental qui ne se laisse pas apprivoiser facilement. Pourtant, il faut donner une chance à ce disque chaotique, prendre le temps et de constater que ce disque est riche. Riche car on a rarement entendu un disque comme celui-ci avec des sons sortis d’on ne sait où. Riche car les compositions sont loin d’être anodines. Bien qu’elles jouent sur la répétitivité dans le but de mieux nous hypnotiser, elles se font tour à tour poignantes (Be Free, A Way) ou inquiétantes (You Are Alone). Une chose est sûre, The Terror est un trip psychédélique différent de ce qu’on peut écouter aujourd’hui.

Label : Warner Bros

22. Ducktails - The Flower Lane


Echappé de Real Estate, Matthew Mondanile a mis dans The Flower Lane tout son amour pour la pop des années 80. Plus qu’un hommage à ses modèles, Il rend hommage à une époque où l’on privilégiait le mariage des guitares, des mélodies émouvantes, nostalgiques et estivales. Il confirme en tout cas ce talent pour écrire de jolies mélodies pop qui font mouche à chaque fois. Il n’y a pas grand-chose à jeter même si les compositions se révèlent un ton en dessous des grands dieux suprêmes que sont Real Estate. Avec The Flower Lane, il démontre surtout qu’il faut compter sur son projet solo et qu’il est lui aussi capable de sortir de (très) bons disques.

Label : Domino


21. Force Of Nature - Expansions


En début d’année, Force Of Nature nous a offert (enfin offert…) un joli prélude de l’été à venir.  Dès l’introduction le groupe apaise à travers des bruits ambiants nous rappelant la meilleure saison de l’année. Une fois l’auditeur bien installé le duo balance des titres électro / disco qui trouvent le juste équilibre entre rythmes dansants et climax chaleureux et apaisant. A l’image de la pochette on ressort de ce mix revigoré et relaxé.

Label : Endless Flight


20. Beyoncé - Beyoncé


En 2008, un mal terrible à rongé la pop mainstream, c’est l’avènement de Lady Gaga et de ce qu’elle a engrangé. Depuis le succès phénoménal de The Fame, toutes stars de la musique se sont mis à la pop euro dance basée sur des claviers dégueulasses où David Guetta (notre gloire nationale hum…) trouvera d’ailleurs une place de choix. En 2013, Gaga nous bassine toute l’année en teasant son album qui fera un gros flop dans les charts tandis que les succès de Miley Cyrus et Robin Thicke nous laisse espérer la fin de l’euro dance qui a pourri nos radios ces dernières années.
En fin d’année Beyoncé enfonce le clou. Sans aucune promotion, elle cartonne avec la sortie de son cinquième album studio. Elle, qui durant ces 5 années, n’a jamais cédé aux sirènes des synthés à outrance et qui a préféré garder une ligne artistique irréprochable. En cela, son album éponyme est peut être la consécration de sa carrière car il réunit tous les éléments qui font son succès. Sur un total de plus d’une heure, Beyoncé allie R’n’B, soul, pop et rap et nous offre un disque élégant aidé par une production de Timbaland décidément très en forme cette année et un certain Jordy Asher aka Boots que l’on devrait en toute logique retrouver dans de nombreux crédits d’albums dans les années à venir.

Label : Parkwood / Columbia


19. Touché Amoré - Is Survived By


On n’est pas toujours sensible aux groupes de hardcore sur ce site mais quand certains y arrivent on est rarement déçu. C’est le cas de ces Américains qui malgré les cris et toute la cacophonie ambiante nous a touché. Is Survived By est une œuvre profondément mélancolique qui se traduit par l’urgence et le chant désespéré de Jeremy Bolm. Il suffit d’écouter un titre tel que Praise / Love où le chanteur est seulement accompagné d’une guitare claire pour comprendre qu’au-delà des grosses guitares et de la violence incessante se cache une beauté désarmante.

Label : Deathwish Inc.


18. Portugal. The Man - Evil Friends


Chaque année, Panda Panda trouve son disque de pop lisse, dans lequel rien ne dépasse mais dont on ne peut pas me détacher. Cette année, c’est Portugal. The Man qui le signe avec leur 7ème album studio en 8 années d'existence. Pour apprécier Evil Friends il faudra toutefois avoir une certaine dose d'indulgence face à ce disque dont les chansons semblent idéales pour accompagner en musique toutes les pubs télés à venir pendant 1 an. Aidé par Danger Mouse à la production, les chansons ne cessent de changer de directions. 12 compositions à tiroirs qui évoquent autant MGMT que la grandiloquence des Beatles lorsque les chœurs et les cuivres s'invitent à la fête. Aussi addictif dans ses couplets que ses refrains, Evil Friends est l'album idéal d’un été sans fin.

Label : Atlantic
                                                             
        
17. Charli XCX - True Romance


Fringuée comme une gothique sortie tout droit du film Breakfast Club, on a très vite fait d’assimiler Charli XCX à la Madonne et cette comparaison est loin d’être déconnante. Avec ses chansons blindées de synthés et de refrains fédérateurs, on voit dans True Romance l’héritière la plus crédible de la reine de la pop. Pas tout à fait commerciale mais pas indé non plus, l’hybride Charli XCX aura en tout cas été la belle surprise de cette année, elle qui nous avait jamais convaincu avant la sortie de ce premier album. Parce que True Romance c’est surtout 13 tubes qui vous colleront aux oreilles.

Label : IAMSOUND


16. L. Pierre - The Island Come True


Ne vous fiez pas à la pochette ou du moins pour son côté chaleureux car la musique d’Aidan Moffat sent la naphtaline, les pianos sont détraqués et les instruments passés. Jamais à la fête, l’ex Arab Strap livre un disque sombre et fantomatique. Mais The Island Come True est surtout une invitation au voyage, c’est la bande sonore de nos rêves, la B.O d’un film étrange qui passerait en boucle les mêmes images intrigantes et mélancoliques. Aidan Moffat invite son auditeur à s’abandonner pour mieux laisser notre imaginaire nous contrôler. Mystérieux et beau à la fois, on tient là un disque indispensable pour les songeurs, les étourdis et les romantiques, ceux qui passent plus souvent leur temps les yeux rivés sur les nuages que les pieds sur terre.

Label : Melodic


15. Cults - Static


Après l’excellent Cults, on retrouve sur ce second album leur goût pour la pop 60’s, les tubes de la Motown et les mélodies sucrées mais le tableau s’est assombrie. Plus rugueux et inquiétant que par le passé les amoureux alourdissent leur son comme sur I Can Hardly Make You Mine et Keep Your Head Up qui font parler les guitares. Mais ce qui nous réjouit le plus c’est que Static se fait plus riche et plus diversifié que son prédécesseur paraissant pour le coup beaucoup moins plan-plan. Cults fait bien plus que confirmer les espoirs qu’on avait mis en eux et prouve qu’il est bien plus qu’un groupe d’un album.
                                                                                                                                                                    Label : Columbia


14. Forest Swords - Engravings


Entre le trip hop et du dub, Engravings s’avère être une expérience envoûtante où l’on se laisse guider par cette musique sombre et parfois chamanique. L’artiste fait preuve d’une grande inventivité quand il s’agit d’inclure des sons originaux ou en tout cas donne l’impression. Est-ce du sitar sur l’oriental Ljoss? A-t-il utilisé des samples de chant grégorien sur Gathering? On n’en sait rien mais le résultat est fascinant. Ce qui aurait pu être seulement un disque de producteur, une expérience sonore, Matthew Barnes la transcende en proposant des mélodies imparables qui donnent envie de nous replonger encore et encore dans son univers singulier.

Label : Tri Angle


13. La Femme - Psycho Tropical Berlin


Dès Antitaxi, on rentre dans le monde de La Femme, c’est un bordel qui célèbre l’apocalypse avec psychotropes à gogo. Les synthés froids tranchent avec la folie ambiante qui survole chaque composition. Au-delà des chansons, excitantes pour la plupart, la force du groupe réside dans l’étrange atmosphère qui habite le disque. Bien que l’album soit nerveux, l’ambiance inquiétante voire effrayante est omniprésente. Tout part en vrille sur Psycho Tropical Berlin mais La Femme, qui ne tourne pas rond, s’en fout. Pleine d’insouciance, elle s’en amuse, se défoule sur cette farce macabre, cette représentation hallucinée d’un cirque glauque et malsain. Psycho Tropical Berlin donne enfin l’impression qu’il se passe quelque chose en France, qu’une autre voie est possible. C’est un réel coup de pied au cul dans le paysage musical Français et on en est les premiers étonnés.

Label : Barclay / Universal


12. DJ Koze - Amygdala


S’il y a un album qu’il ne faudra pas oublier sur la plage c’est celui-ci. Amygdala et sa pochette loufoque est une épopée grisante, ensoleillée et dansante. Accompagné tout du long par un beat percutant et des basses rondes et cotonneuses, on dérive à ses côtés pour mieux s’oublier. A mi chemin entre la mélancolie et la béatitude, DJ Koze déploie un univers magnifique et chaleureux. Mieux, Amygdala est un disque grand public à deux facettes. La première est le versant électro-pop de l’artiste représenté par de nombreux artistes comme Caribou, Matthew Dear, ou encore Apparat nous offrant, le plus souvent, le meilleur d’eux même. Une fois seul aux manettes, Dj Koze nous invite à quitter le jour pour entrer dans le monde de la nuit. Plus House, ses interventions solos permettent au DJ de livrer une électro plus frontale de quoi affronter le dancefloor. Encore une fois Pampa Records frappe très fort avec ce disque pour tous.

Label : Pampa Records                                                                                                            


11. Deafheaven - Sunbather


La recette magique de l’année on la doit à Deafheaven qui a réussi le pari fou de faire cohabiter métal et Post-Rock. Si le genre premier ne nous a jamais réussis, la formule de Deafheaven prend. Malgré la violence de l’ensemble, peu à peu, la beauté s’installe et donne au disque une tonalité mélancolique pas forcément évidente au premier abord. Au-delà de cet aspect il y a dans Sunbather une réelle urgence, un désespoir qui se dégage de leurs compositions rendant ce disque vraiment particulier. Jamais la brutalité n’aura été aussi émouvante.

Top albums 2013 : 50ème - 31ème


Après le lancement du top chansons, c’est au tour du top albums de faire son apparition. Voici les meilleurs albums selon Ears Of Panda de la 50ème à la 31ème place. Du rap, de l’électro, du rock, du folk, du R'n'B, de la pop, des disques qui font taper du pied, de belles mélodies, des disques singuliers… Il y en a pour tous les goûts. Vous trouverez tout en bas un lecteur pour écouter les chansons. En cas de problème (chanson inécoutable, lecteur absent/cassé…), n’hésitez pas à me laisser un commentaire pour corriger le problème. On se retrouve mercredi si tout va bien pour la suite du top chansons. Bonne écoute, bonne lecture, bonnes découvertes. Bisous.

Top chansons 2013 : 10ème - 1er
Top albums 2013 : 50ème - 31ème
Top albums 2013 : 30ème - 11ème
Top albums 2013 : 10ème - 1er

50. Torres - Torres


Le principal défaut de Torres est comme beaucoup de disques d’être trop long. Néanmoins, ce premier album révèle une jeune fille touchante derrière sa guitare. Ses compositions électriques, la rapproche d’une PJ Harvey, il y a ce même classicisme pour un rock épuré qui ne s’inscrit pas dans une époque bien précise de ces 30 dernières années. Torres c’est surtout la promesse de voir une artiste qui pourrait compter dans les années à venir si elle réussit à garder un niveau d’écriture aussi haut.
                            
Label : Big Cartel


49. Julianna Barwick – Nepenthe


Avec son quatrième album studio, l’Américaine originaire du Missouri hausse encore le niveau d’un cran comparé à The Magic Place sorti deux ans auparavant. La recette n’a cependant pas beaucoup changé. L’élément principal du disque reste sa voix avec laquelle elle ne cesse de jouer en superposant différentes lignes vocales afin de créer une ambiance sonore rêveuse et contemplative. Plus mélancolique que par le passé, Barwick suspend le temps, nous émeut en n’hésitant pas à donner plus d’emphase à ses chansons. Loin d’être pompeux, Barwick arrive à nous toucher en plein cœur avec ce disque exigeant bien que plus accessible que ses précédents travaux.
                                  
Label : Dead Oceans Records


48. Laura Mvula - Sing To the Moon


En Angleterre ils aiment bien nous envoyer leurs artistes soul mais nous on en veut plus car rare sont les artistes à proposer quelque chose d’original. Et bien justement, cette année, Laura Mvula tire clairement son épingle du jeu avec ce premier album qui nous évoque un Franck Sinatra féminin. Ne cherchez pas la ressemblance dans la voix, on pense ici aux orchestrations jazz grandiloquentes qui accompagnent le chant de l’Anglaise. Pleines de grâces et jamais superflues, ses chansons offrent à l’auditeur quelque chose de nouveau, d’ambitieux que peu d’artistes peuvent se permettre de faire de nos jours : chanter avec un orchestre complet. Il faut avouer que le résultat a de la gueule et comme les chansons sont bonnes… Ce serait dommage de s’en priver.
                             
Label : RCA


47. Sky Ferreira - Night Time, My Time


Souvenez-vous d'Alerte à Malibu et de 90210 Beverly Hills et plus précisément de la musique des génériques. Un son pop/rock un peu désuet mais qui finissaient pas vous coller à la peau. C'est un peu ce que nous rappelle la très hype mannequin, chanteuse Sky Ferreira mais dans une tonalité bien plus sombre. On est un peu moins dans l'esprit des soirées Mister Cocktail autour de la piscine et plus dans une ambiance barbiturique et cocaïne. L'ensemble est accrocheur, Ferreira a réussi à développer un univers sombre ponctué de grosses guitares aux riffs bien senti et une rythmique 80's du plus bel effet.
                                  
Label : Capitol


46. Petit Fantôme - Stave


Son mini album (ou EP) Yallah était une belle promesse, cette mixtape offerte aux internautes est la confirmation que Pierre Loustaunau est à suivre de très près. Généreux au risque d’être parfois un peu fourre tout, Stave est tout de même rempli de pépites pop qui vont des ballades troublantes aux hymnes rock bruts. Si l’on est un peu moins touché par ses textes qui nous avait marqué sur Yallah on retiendra quelques chefs d’œuvres (voire plus). On attend maintenant le premier vrai album de pied ferme.

Label : -


45. Ludovico Einaudi - In A Time Lapse


Si parfois Panda Panda se complaît dans les disques Ambient/classique chiants, In A Time Lapse en est très loin et est au contraire très facile d’accès car Ludovico Einaudi cherche avant tout à toucher l’auditeur avec des mélodies efficaces et le contrat est ici, pleinement rempli. Ce disque est presque trop évident, la B.O. parfaite de n’importe quelle bande annonce comme Time Lapse qui rappelle indéniablement un des maitres du genre : Clint Mansell. Œuvre facile, on s’est laissé prendre au piège par cet artiste qui réalise un disque de classique émouvant de bout en bout.
                                                
Label : Decca


44. M.I.A. – Matangi


Avec Matangi, M.I.A. confirme qu’elle est un personnage à part dans l’industrie musicale. Depuis le succès phénoménal de Paper Planes, la rappeuse semble perdue oscillant sans cesse entre intransigeance et titres radiophoniques. En cela Matangi est passionnant car il possède un grand nombre de tubes. Bad Girls, Y.A.L.A, Come Walk With Me, Double Bubble Trouble, Bring The Noize pour ne citer qu’eux, ont un potentiel énorme sans cesse sabordé par M.I.A. qui s’amuse à détruire ses créations. Ainsi Come Walk With Me, sorte de Paper Planes finit dans un grand n’importe quoi épileptique. Parfois usant, Matangi est le témoignage d’une artiste insoumise, un grand fuck destiné à son label qui aura essayé, en vain, de la dompter.
                                         
Label : Interscope


43. Son Lux - Lanterns


C’est fou ça, après un premier album qui lui a valu des comparaisons avec Sufjan Stevens, il faut croire que Ryan Lott aime être associé à lui puisqu’en plus d’avoir un projet commun tout pourri (s / s / s), il pousse le vice sur Lanterns à choisir la même voie que le père Sufjan en 2010. Tout comme son petit camarade, Lott vire électro tout en conservant l’aspect pop orchestrale de ses débuts. Le résultat n’est peut être pas du même niveau que The Age Of Adz, n’empêche le garçon n’a pas à rougir du résultat qui s’avère très excitant.

Label : Joyful Noise Recordings


42. AlunaGeorge – Body Music


Bon attention on ne parle pas de la version deluxe mais bien de la version simple qui ne possède que 14 titres (qui est amplement suffisante) et qui, à deux titres prêts, est une grande réussite. Le duo signe un premier album regorgeant de tubes où le R’n’B d’Aluna Francis (la chanteuse) se confronte au dubstep de Georges Reid (le mec derrière son clavier). L’alchimie entre les deux complices fait des miracles, le résultat est à la fois suave, dansant, lascif… Bref un disque à l’image de sa chanteuse, sexy à souhait.

Label : Island


41. Rauelsson - Vora


En cette période hivernale, quoi de mieux que Vora pour accompagner nos longues nuits. Rauelsson qui a déjà eu le droit à nos faveurs dans ces pages confirme tout le bien qu’on pensait de cet artiste Espagnol qui réussit sur ce disque la bande son de nos rêves. Bien que le piano soit l’élément principal de Vora, chaque piste est agrémentée de cordes et d’éléments sonores insufflant à cette œuvre toute son âme. Porté par des mélodies touchantes et intimistes Rauelsson nous permet de nous évader à travers sa musique maîtrisée et personnelle.
                               
Label : Sonic Pieces


40. Janelle Monáe - The Electric Lady


Après un précédent album unanimement salué, Janelle Monáe enfonce le clou avec The Electric Lady qui montre encore une fois l’ambition démesuré de ce petit bout de femme. Avec ses 19 titres et autant de styles différents, cette Américaine originaire du Kansas nous emporte dans son trip qui va autant piocher dans la soul, le R’n'B, la pop ou la musique psychédélique. Riches et complexes, ses compositions n’oublient pas d’être avant tout fun et grisante à l’image de ce rayon de soleil qu’est Janelle Monáe.
                         
Label : Wondaland Arts Society


39. Savages - Silence Yourself


Entre Joy Division et Siouxsie And The Banshees, Savages ne bouleverse pas les codes et se contente d’appliquer une recette bien connue. Cependant, il faut reconnaître dans ce premier disque une hargne, une rage et une noirceur qui fait plaisir à entendre surtout de la part d’un groupe Anglais. Silence Yourself, est une belle démonstration de la part de ces quatre filles qui en ont dans le paquet.
                       
Label : Matador


38. James Murray - The Land Bridge


On avait été très touché par son album Floods sorti l’année dernière. James Murray avait crée un disque d’ambient et contemplatif dont se dégageait beaucoup de poésie grâce à l’utilisation de sons cristallins. Sur The Land Bridge, l’anglais confirme tout le bien qu’on pense de sa musique en adoptant un format et une musicalité un poil plus pop et donc plus facile d’accès.
                                                
Label : Slowcraft Records


37. Eluvium - Nightmare Ending


Il aura suffi que les premières notes de Don't Get Any Closer débutent pour entrer dans le monde si précieux d’Eluvium. Nourri par les sons noisy qui accompagnent presque en continue le disque, Cooper réussit à donner à ses chansons, mêmes les moins évidentes, un souffle libérateur. Nightmare Ending convoque à chaque instant la nature et évoque en nous un sentiment de plénitude. Plus que jamais, la musique d’Eluvium est vivante, elle ne se partage pas, elle se vit seule. Elle évoque nos souvenirs passés, nos désirs futurs et nous fait regarder en arrière sans regretter. Nightmare Ending est d’une grande puissance émotionnelle et c’est en cela que Matthew Cooper a sûrement réussi son disque le plus beau et le plus abouti.
                                                         
Label : Temporary Residence Limited


36. Fuck Buttons - Slow Focus


Après deux disques parfaits (si si), Fuck Buttons muscle son jeu et délaisse les ambiances aériennes et lumineuses pour plonger la tête la première du côté obscur en nous ramenant sur terre avec l’écrasant Slow Flocus. Cette terrible machine de guerre garde néanmoins leur patte qui leur a permis de connaitre la consécration dès le premier album. Entre musique drone, shoegaze, psychédélique et noise, Fuck Buttons brasse les genres électro pour un résultat qui, encore une fois, impressionne par sa puissance.
                              
Label : ATP Recordings


35. William Tyler – Impossible Truth


Si je vous dis country, americana, instrumental… Vous ferez sûrement la gueule devant votre écran et passerez votre chemin ce qui serait une grossière erreur face à l’une des plus belles surprises de cette année. Le guitariste de Lambchop nous offre une escapade rayonnante et rêveuse où on se laisse emporter par la guitare qui déballe un tourbillon d’arpèges joués à toute vitesse. Les compositions complexes nous surprennent sans cesse, à chaque voyage on va de surprise en surprise, décelant sans cesse de nouvelles choses. Une parenthèse joyeuse, estivale et bienvenue en somme.
                                
Label : Merge


34. Mutual Benefit – Love's Crushing Diamond


Ce digne héritier de Sufjan Stevens et consorts a sorti par surprise ce petit album (30 minutes) tout mignon tout plein évoluant dans les sphères de la pop et du folk orchestral. Love's Crushing Diamond est un objet fragile où un rien semble pouvoir fragiliser l’ensemble qu’à bâti Jordan Lee. C’est à son apparente vulnérabilité qu’on finit par s’attacher, à ses chansons qui ont le goût pour les arrangements doux et les jolies mélodies. Les cœurs tendres ont sans aucun doute trouvé chez Mutual Benefit leur nouveau groupe préféré.
                                            
Label : Other Music


33. Pusha T - My Name Is My Name


En attendant le retour de Clipse prévu, d’après wikipedia (hum), pour 2014, Pusha T à montré avec ce premier album qu’il était capable en solo de sortir la grosse artillerie. Certes, le rappeur n’invente rien avec My Name Is My Name mais il rappelle la grande époque ou les productions de The Neptunes régnaient en maître dans le monde du rap. Basé parfois sur une simple rythmique ou une boucle de quelques secondes, Pusha T pose son flow impeccable sur ce disque à l’ancienne (début 2000 pour être plus précis) mais élégant et sans fioritures.
                                                              
Label : Def Jam Recordings


32. Speedy Ortiz – Major Arcana


Dans le genre revival rock 90’s, une des meilleures surprises est sans aucun doute le deuxième album de Speedy Ortiz qui puise ses influences aussi bien du côté de Pavement que des Pixies. Soit les deux meilleurs groupes de l’époque et du monde… Vous excitez pas trop on est quand même un cran en dessous mais comment cela aurait il pu être autrement? En attendant les 4 ricains nous font retourner vingt ans en arrière avec leurs chansons dissonantes et rageuses qui se démarquent des autres productions actuelles évoluant dans le même registre.
                               
Label : Carpark Records


31. Mountains - Centralia


On pourrait penser en regardant la pochette que l’on est en face d’un disque de folk, le résultat est bien plus compliqué car c’est un album d’électronique Ambient mais pas que. Le projet des deux New Yorkais ne reposent pas seulement sur une musique créée à l’ordinateur, il inclut aussi de nombreux instruments acoustiques discrets mais donnant toute la saveur de ce disque. Koen Holtkamp et Brendon Anderegg cherchent à provoquer en l’auditeur un moment de sérénité et de relaxation. Loin d’être évident, leur musique nous invite à nous relâcher complètement et laisser son esprit s’évader. Disque de voyage par excellence, On voit en Centralia un parfait compagnon de route.
                                      
Label : Thrill Jockey