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Top albums 2010 : 10ème - 1er.

Ca y est, c’est la fin, et on termine en beauté avec les 10 meilleurs albums selon Ears Of Panda avec, au programme : du rock, de la pop, du folk, de l’électro et du rap. Que du bon en somme ! On n'oubliera pas cette bonne étoile qui aura eu la patience de relire ces nombreuses pages Word afin d'éviter à vos yeux de trop piquer. Enfin, je vous donne rendez vous lundi pour de nouveaux disques, de nouvelles chansons et de nouveaux clips qu’on souhaite remplis de bonnes surprises!



10 : The Radio Dept. - Clinging To A Scheme

On le sait depuis un bon bout de temps maintenant, la pop a su trouver en Suède une terre d’asile. Plus que jamais en 2011, ce constat vient se confirmer avec les trop rares Radio Dept qui signent leur troisième album en l’espace de 7 ans. Dès les premières notes, le niveau est haut… Très haut. Domestic Scene, plus qu’une simple introduction, est cette petite mais parfaite pépite pop qui ne fait que passer avant de laisser la place aux autres bijoux. On change d’humeur d’une chanson à une autre suivant les compositions de Radio Dept, Heaven’s On Fire fait de nous quelqu’un de neuneu tandis que Never Follow Suit nous rend nostalgique d’une pop d’antan douce et candide. The Radio Dept. n’a certainement pas inventé la poudre, mais ce qu’ils font, ils le font très bien. Clinging To A Scheme est un apaisant voyage, chaleureux, dépassant aisément les frontières de leur pays natal.

Label : Labrador
Myspace
Chronique : Not For Tourist




09 : Joanna Newsom - Have One On Me



Pour l’attendre, on l’a attendue ! 4 ans après son chef d’œuvre Ys, Joanna Newsom revient et pas pour rien. Ce n’est pas un, ni deux, mais bien trois albums que la belle nous offre en pâture. Durant 2h, la californienne développe encore un peu plus son ambition. Après le sobre The Milk-Eyed Mender et le bien plus audacieux Ys qui comptait la collaboration de Steve Albini et de Van Dyke Parks, Joanna Newsom étoffe l’orchestration et multiplie les morceaux où le piano est souvent l’instrument principal. Pendant tout ce temps, l’artiste alterne entre harpe et piano, accompagné d’un groupe minutieux qui sait se faire aussi bien discret qu’inventif. On pourra lui reprocher d’avoir réalisé un album trop long, difficile à digérer sur la longueur, regretter les histoires contées sur des compositions complexes que l’on retrouvait sur Ys. Mais franchement, depuis combien de temps n’avions nous pas entendu un tel ouvrage ? 18 titres, pas de déchets, certains se tirent un peu plus la couverture pour eux mais dans son ensemble, Have One On Me est un travail gigantesque renforçant un peu plus le statut de Joanna Newsom comme reine du renouveau du folk Américain.

Label : Drag City
Myspace
Chronique : Dans le mur... Du son!




08 : Shugo Tokumaru - Port Entropy



Il y a des disques qui auraient pu louper le rendez-vous de peu, c’est le cas de Port Entropy, découvert il y a un mois de cela. Alors que je faisais quelques emplettes chez un disquaire, il y avait cette musique qui passait. Une pop enfantine, joyeuse, très aérée, avec des idées qui fusaient à toute vitesse, il ne m’en fallait pas plus pour tomber amoureux de sa pop libératrice. En découvrant le nom, je me rappelais d’un Exit qui avait eu bonne presse mais dont les souvenirs restaient confus. Port Entropy ne connaîtra pas le même sort. Usé à l’extrême, il est peut-être l’album que j’ai le plus écouté cette année alors que je ne le connais depuis que début décembre… On a beau rien comprendre à ce qu’il chante (c’est du Japonais !), on s’imagine nos propres histoires, on rêve de grands espaces et les paysages défilent comme un long travelling. La grande force de Port Entropy est outre sa capacité à créer un imaginaire propre à chacun, c’est qu’il paraît aussi optimiste que déchirant. Ce disque aurait pu louper le rendez-vous de peu, on promet de ne plus jamais rater une sortie de ce songwriter d’exception.

Label : P-Vine
Myspace
Chronique : Mile Me Deaf




07 : Future Islands - In Evening Air



Prendre Future Islands pour un simple revival de cold-wave serait une grande erreur. Ce groupe que je croyais anglais à la base mais qui est finalement originaire de Greenville, une modeste ville de Caroline du Nord déploie une musique gorgée de sentiments. Très souvent teinté de mélancolie, Future Islands ne baisse jamais le rythme soutenu de cette musique si combative. Basé principalement sur un duo basse/synthé, le son ne se fait pourtant jamais dépouillé. Tandis que la basse développe un son agressif et lourd, les synthés se font légers, discrets, nous permettant ainsi de respirer. Cette confrontation entre les deux instruments phares du groupe fait alors des miracles. Très vite, les 3 membres nous mettent dans leur poche. Une fois passée la superbe mise en bouche Walking Through That Door, qui a le mérite de préparer l’auditeur aux évènements à venir, la suite rivalise de trouvailles en terme de mélodies pour savoir qui gagnera la palme de la meilleure chanson. A ce petit jeu, il faut avouer qu’il est bien difficile d’en dégager une plus que les autres ce qui fait la principale qualité de ce disque certes assez court (35 minutes). Il ne faudrait pas oublier bien sûr de parler de la voix du chanteur J. Gerrit Welmers, rauque, usée, l’interprétation faite sur chaque titre est une remarquable démonstration d’implication en terme d’émotions. Future Islands n’est pas un simple groupe faisant partie d’une quelconque mouvance destinée à faire renaître la cold-wave, Future Islands est tout simplement un grand groupe.

Label : Thrill Jockey
Myspace
Chronique : Ordet Blog




06 : Kanye West - My Beautiful Dark Twisted Fantasy



Avant même la sortie de l’album on se doutait bien que Kanye West allait proposer quelque chose d’énorme. Depuis le mois d’août, le rappeur de 33 ans proposait les G.O.O.D Fridays : cela consistait à filer gratos un titre chaque semaine. Au vu de la qualité de certains il n’était pas permis de douter de la qualité de son 5ème album studio. Les deux derniers disques m’avaient laissé sur ma faim, en comparaison de ses premiers albums : The College Dropout et The Late Registration qui avaient frappé un grand coup à l’époque. My Beautiful Dark Twisted Fantasy est de cet acabit. Kanye West délivre son disque le plus pop, le plus facile d’accès mais aussi le plus ambitieux. Dès le départ, Dark Fantasy pose l’ambiance grandiloquente sur cette introduction faisant la part belle aux chœurs. Viennent alors cette mélodie et ce beat aguicheur, clinquant, sonnant déjà comme un classique. La suite n’est qu’une montée vers les sommets atteints avec ce Power grandiose. Basé sur un sample de King Crimson, Kanye West sublime le titre par ces chœurs féminins. Il y a eu l’album jazzy, l’auto-tuné, il crée cette année son album aux chœurs célestes que ce soit Bon Iver qui s’y applique ou des femmes par milliers qui sont, par ailleurs, à l’honneur sur ce disque. S’il rate parfois le coche en voulant combiner easy listening et ambition artistique (All Of The Lights et Lost In The World) le reste n’est que réjouissance, en partie grâce à l’utilisation de samples diversifiés : de Black Sabbath à Aphex Twin en passant par Manu Dibango. Tous les genres y passent ! Tant pis si son égo en prend encore un coup mais avouons le, Kanye West est aussi agaçant que génial.

Label : Roc-A-Fella
Myspace
Chronique : Abcdr du son




05 : Robyn - Body Talk



5 ans après son album éponyme, la suédoise âgée de 31 ans livre Body Talk, une compilation des parties 1 et 2, sortie sous le même nom et la même année, une sorte de best-of en somme. Et c’est ce à quoi ce disque ressemble, tant les tubes s’enchaînent. Principalement dans une veine électro pop (même si l’on trouve un étonnant électro-reggae produit par Diplo), Robyn s’applique sur chaque titre à instaurer une ambiance frénétique. Les beats se font rapides et bien appuyés, la rythmique y est implacable, chaque titre n’en devient que plus dansant. Rares sont les disques de cet acabit qui, si on devait le ranger dans une case serait dans celle de Lady Gaga et consorts. Mais contrairement à cette dernière, l’efficacité est toujours là, la mièvrerie, elle, n’apparait jamais. Loin d’être froid malgré l’absence d’instruments conventionnels, la voix de Robyn se fait plus chaleureuse, le contraste faisant alors des merveilles comme sur le titre phare Dancing On My Own où les beats sont très rigides. Body Talk est une machine à danser, une machine mais avec un cœur, Robyn a fait fondre le nôtre…

Label : Konichiwa
Myspace
Chronique : Dirrty Music




04 : Deerhunter - Halcyon Digest



Comme il y a deux ans, Deerhunter loupe le podium de peu mais cette place est au final logique. Pas meilleur que Microcastle, peut-être moins bon, Halcyon Digest est un autre versant du groupe, plus pop, plus concis et moins expérimental. Si Earthquake, titre qui ouvre l’album, aurait pu nous faire penser le contraire, la suite révèle une écriture plus simple mais tout aussi réjouissante. Les titres ne dépassant pas les 3 minutes se font nombreux, ce sont bien de vraies chansons mais le groupe originaire d’Atlanta va droit au but et ne perd pas de temps en transitions. Une méthode qui aurait pu lasser si c’était sans compter la capacité de Deerhunter à écrire des mélodies accrocheuses. Plus inégal que son ainé (quelques titres sont un niveau en dessous), l’album, où les classiques se comptent à la pelle, contient quelques unes de leurs meilleures chansons. Revival nous enivre avec sa ritournelle destinée à rester gravée dans la caboche, l’intimiste Sailing est beau comme du Radiohead à son meilleur niveau. Desire Lines nous envoûte avec ses guitares qui se croisent et se décroisent... Du classique vous en vouliez en voilà et encore, ce ne sont ici que quelques exemples. Deerhunter ne fait plus dans le noise rock, l’ambient ou l’expérimental mais dans un pop/rock rêche et sans esbroufe qui leur va tout aussi bien. Plus que jamais, ils nous rappellent les Velvet Underground, tant leur discographie ne cesse de s’en rapprocher par sa qualité, rien que ça…

Label : 4AD
Myspace
Chronique : Slash-Taste




03 : Beach House - Teen Dream



Rien n’aurait pu me préparer à ce disque. Faisant fi d’à peu près tous les titres qui traînaient ici ou là sur Internet, je ne connaissais que Norway, un hit en puissance, étonnant pour ce groupe habitué aux mélodies dissonantes. Un duo qu’on aurait pu penser limité par sa formation se dévoilait alors sous un jour nouveau. Pourtant, ce titre n’était rien comparé au reste. Parce que dans Teen Dream, il y a un souffle épique qui s’en dégage par la construction des morceaux en évolution incessante. Il y a 10 perles, toutes plus sublimes les unes que les autres, marquées par une mélancolie forte qui ne peut laisser l’auditoire indifférent. Enfin, dans Teen Dream, il y a une voix, celle de Victoria Legrand, rauque, aussi délicate que puissante, tout simplement unique, comme l’est ce disque.

Label : Sub Pop
Myspace
Chronique :Between The Lines Of Age




02 : Four Tet - There Is Love In You



On aurait pu crier à l’hérésie à l’écoute de cet album où Kieran Hebden livre un album house teinté de pop. On aurait pu, mais cela aurait été une belle erreur… Sa musique n’a jamais été aussi douce, aussi belle et aussi rêveuse… Son dernier album est comme ce cocon protecteur dont on aimerait ne plus jamais sortir, un disque habité qui tantôt nous réchauffe le cœur, par les doux sons de quelques cloches délicates, tantôt le fait battre au rythme de pulsations effrénées. Un grand disque où rien n’a été laissé au hasard, nous emmenant dans un voyage paisible et songeur. C’est sûr, il y a de l’amour dans ce disque.

Label : Domino
Myspace
Chronique : Au Bout du chemin




01 : Sufjan Stevens - The Age Of Adz



5 ans après Illinois, un album qui aura marqué définitivement sa décennie, Sufjan Stevens en est revenu non sans doute avec son projet le plus personnel et le plus risqué. Retrouvant ses premières amours pour la musique électronique sans pour autant abandonner son goût pour la pop baroque, le compositeur âgé de 35 ans accouche d’un disque étonnant. En un peu plus d’une heure, il détruit tous ses acquis pour mieux les reconstruire dans un album d’un genre nouveau à l’ambition démesurée. Sous ses allures de musique classique, le compositeur y insuffle un air de pop et une multitude de sonorités électroniques. Le son haché, rugueux et épileptique laisse alors peu à peu place à une certaine magie. Les sons violents deviennent ainsi beaux et l’on retrouve, dans l’essence même de ce disque, celui qu’on avait laissé il y a 5 ans : un doux rêveur en perpétuel mouvement.

Label : Asthmatic Kitty
Myspace
Chroniques : Esprits critiques






En cas de problème cliquez ici pour accéder directement sur le site grooveshark où est hébergé la playlist

Top chansons 2010 : 10ème - 1er.

Le top des chansons 2010 en chiffres ça donne :

1 artiste qui n’a sorti que trois EP et dont on attend le premier album en mars 2011 (même si le fameux album a déjà leaké et que je l’ai déjà écouté mais on va faire « comme si » pour le bien du top).
2 nouveaux nés qui n’ont sorti que quelques singles en 2010 et rien d’autre. On attend leur premier album en 2011 avec fébrilité.
3 fois que le groupe serait paru dans les 10 premières places du top chanson si j’avais commencé mon blog en 2004.
4 albums de sortis déjà et pourtant l’inspiration ne s’est jamais tarie, à croire qu’ils ont trouvée la recette miracle.
5 groupes (ou artistes) confirment tout le bien que je pensais d’eux en apparaissant dans ce top.
6 minutes et 34 secondes est la durée moyenne des dix titres. La faute à un artiste zélé qui pourrit la moyenne avec sa chanson d’une durée de 25 minutes.
7 ans que ce rappeur démontre avec une grande classe qu’il fait partie des meilleurs. Et n’hésite pas à nous le rappeler.
8 est une belle place pour ce chanteur à la voix en or.
9 albums et compilations et pourtant cet artiste qui ne semble pas vouloir vieillir arrive encore à se bonifier avec le temps.
10 chansons qui m’auront marqué pour différentes raisons et qui resteront longtemps gravées dans la mémoire du panda.



10 : The Pains Of Being Pure At Heart - Heart In Your Heartbreak


Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec le prochain album des Pains Of Being Pure At Heart, maintenant je sais ! Une tuerie tout simplement. Il y a tout dans Heart In Your Heartbreak : des guitares sonnantes et trébuchantes, des refrains mémorables et un solo qui envoie comme on en n’avait pas entendu depuis belle lurette! Enfin, il y a ce final où tous les instruments se mélangent pour former une incroyable conclusion, à ce titre il est désigné d’office comme la meilleure composition que le groupe ait écrite à ce jour. On attend avec impatience leur deuxième album qui s’annonce mémorable.

Extrait du single Heart in Your Heartbreak
Label : Slumberland
Myspace




09 : Cults - Most Wanted


L’arrivée de Cults dans le paysage de la pop a été une grande bouffée d’air frais. Avec seulement trois chansons, ce groupe originaire de New York a su réveiller en moi un goût pour cette pop naviguant entre deux époques. Oui, on parle bien ici de pop pure et dure mais pas comme les autres. Là où de nombreux groupes l’utilisent avec parcimonie, Cults fait du glockenspiel son instrument fétiche pour l’intégrer au reste d’une instrumentation légère et enjouée. Ainsi, ce tout, sonnant avec une bonne grosse reverb’ accompagne à merveille la voix de la chanteuse si atypique, rappelant une chorale d’enfants. En plein dans le revival de la pop des années 50, le duo tape en plein dans le mille avec cette pépite destinée à être culte (ho ho)!

Extrait du 7" Go Outside
Label : Forest Family
Myspace




08 : Aloe Blacc - I Need A Dollar


Il faudra que je remercie un jour Gabe Hilfer, Skye Lewin et Scott Vener… Enfin, je présume puisqu’ils font partis du département musical de la série How To Make It In America racontant les déboires d’un jeune « styliste » New Yorkais. C’est ainsi que je découvris I Need A Dollar d’Aloe Blacc. Formidable chanson soul qui résonnait à chaque générique. Aloe Blacc pourra lui aussi les remercier tant les répercussions ont dû dépasser toutes les espérances du chanteur qui se retrouva du jour au lendemain adulé de toutes parts. Ce succès, il ne l’aura pas volé, rudement mené, le piano répétant inlassablement les mêmes notes ainsi que la partie rythmique des plus simples, nous font du pied pour qu’on bouge les nôtres. Il ne faudra pas oublier les cuivres qui finissent d’emballer le tout et la voix d’Aloe Blacc, chaleureuse, sobre… La grande classe.

Extrait de l'album Good Things
Label : Stones Throw
Myspace




07 : James Blake - CMYK


A 22 ans et en seulement trois EP, cet étrange phénomène aura réussi à attiser la curiosité de plus d’un. Dévoilant de multiples facettes, c’est sur le titre CMYK qu’il envoûte le plus son auditoire. Toujours aussi intimiste, James Blake développe le temps de quelques minutes un monde bien à lui. Basé sur un rythme relativement lent, ce Londonien joue beaucoup sur sa voix transformée à l’extrême sans dégoûter l’audience. Le titre est pourtant loin d’être répétitif, ressemblant à un exercice musical ou plus un jeu chez lui, la musique se complexifie, la rythmique s’accélère, et les voix se multiplient à vue d’œil. Mélancolique à souhait (les quelques notes de synthés y sont pour beaucoup). James Blake intrigue dans ce dubstep qui fait preuve d’une grande originalité.

Extrait de l'EP CMYK
Label : R&S
Myspace




06 : Deerhunter - Helicopter


Il y a eu Revival, première chanson révélant une infime partie du nouvel album de Deerhunter, un titre direct et accrocheur qui, en 2 minutes, avait suffi à me faire saliver. Puis, il y a eu Helicopter, qui me l’a fait ravaler aussi sec en me laissant pantois devant la merveille dévoilée. Débutant sur quelques beats rappelant les derniers travaux du copain Panda Bear, la chanson enchaîne sur cette étrange guitare, presque dissonante. Vient alors la voix de Bradford Cox qui commence par ces quelques mots : « Take my hand and pray with me ». Le ton est donné, la fin du voyage n’est plus très loin. La beauté des mots, n’a d’égal que sa musique, si aérienne, alors on décolle avec eux dans cette chanson qui, dans les refrains, tend vers d’autres horizons. Incroyable.

Extrait de l'album Halcyon Digest
Label : 4AD
Myspace




05 : Sufjan Stevens – Impossible Soul


Ainsi, Sufjan Stevens boucla son ambitieux Age Of Adz. Impossible Soul semblait irréalisable, il a pourtant réussi à concevoir une œuvre à part entière. Durant 25 minutes, Sufjan Stevens y développe tous les styles qui lui collaient à la peau jusque là. De la pop, à l’électro jusqu’au folk, tout y passe dans cette incroyable chanson qui, sans temps mort, arrive à faire évoluer sa musique dans ces genres très différents. Découpée en 5 parties qui se mêlent les unes aux autres, les deux premières étant peut-être les moins intéressantes. On trouve tout d’abord un Sufjan Stevens classique à mi-chemin entre l’électro et la pop où le tempo se fait lent, avant que la chanteuse Annie Clark ne prenne le relais. A partir de là, les cuivres refont surface donnant au tout un souffle bien plus épique. C’est à la dixième minute que la chanson prend l’ampleur qu’on lui espérait. Loin d’être fan de l’auto-tune, l’Américain originaire de Détroit réussit pourtant à nous charmer sur si peu de temps, en chantant cette musique triste à en mourir. Si les débuts sont des plus sobres, la folie s’invite très vite avec la quatrième phase, la plus longue, mais aussi la plus jubilatoire. Il se rapproche alors énormément de son Illinois, à l’époque où il était supporté par toute une armée de pom pom girls & boys. Les chœurs sont de la partie durant ce moment de bravoure enjoué, rythmé et festif qui ne donne qu’une envie, celle de crier à l’unisson avec cette drôle de bande. Il y a alors une sorte de communion qui se crée, un plaisir partagé, un bonheur diffusé à travers sa musique comme on en écoute si peu. Comme si cela ne suffisait pas, Sufjan Stevens revient alors à son instrument fétiche, le banjo, pour quelques minutes de poésies et d’apaisement concluant de la plus belle façon qu’il soit ce magnifique opus. Emerveillé, avec un sourire béat grand comme ça, le disque s’achève, une page se tourne, la suite promet d’être radieuse.

Extrait de l'album The Age Of Adz
Label : Asthmattic Kitty
Myspace




04 : Kanye West – Monster (Feat. Jay-Z, Rick Ross, Nicki Minaj & Bon Iver)

La chanson porte décidément bien son nom, Justin Vernon lançant les hostilités est très vite rattrapé par ce beat certes minimal mais d’une puissance folle. Les invités se succèdent, chacun y allant de son couplet en jouant à celui qui aura la plus grosse. Donnant le meilleur d’eux-mêmes, excepté Jay-Z qu’on a connu sous des jours meilleurs, cette petite troupe, débite tour à tour ses paroles surréalistes, parfois drôles et souvent violentes accompagnant à merveille la musique primitive de Kanye West. Monster est un combat, un duel de rappeurs où chacun tente de tirer son épingle du jeu, et pour cela, Nicki Minaj fait très fort. Seule représentante du « sexe faible », elle castre tous ces concurrents dans un couplet surréaliste, à prendre au second degré bien sûr. Le flow de la demoiselle, alors encore inconnu ici, y est impressionnant. Passant de la douce lolita, à la mama qui fume trois paquets par jour, Nicki Minaj joue de sa voix en se foutant gentiment de la gueule des pontes du rap. “You could be the King but watch the Queen conquer”, on l’a vu et on lui tire notre chapeau pour cette démonstration bluffante.

Extrait de l'album My Beautiful Dark Twisted Fantasy
Label : Roc-A-Fella
Myspace




03 : Beach House - Walk In The Park


Le troisième album de Beach House est une collection de perles pop, plus étincelantes les unes que les autres, mais la plus belle s’appelle Walk In The Park. C’est la plus belle parce qu’elle a un refrain qui décolle à mille lieux de là où elle avait commencé, la guitare et le synthé donnent alors tout ce qu’ils ont pour un grand moment héroïque bien loin des bouffonneries de tant de groupes. La voix de Victoria Legrand, elle, tutoie les cieux par sa puissance et sa justesse. On n’oubliera pas la cassure mélodique en fin de titre qui transporte la chanson encore une fois dans une autre dimension… Et puis merde ! Il n’y a pas besoin de se justifier face à des titres tel que celui-là, tant la beauté qui s’en dégage est capable de toucher n’importe qui.

Extrait de l'album Teen Dream
Label : Sub Pop
Myspace




02 : Wu Lyf - I Got Dem Wu Wu Busted Teef Spitting It Concrete Like The Golden Sun God


Ouch! Dès les premières notes, le groupe déploie une énergie folle. C’est bien sûr en partie grâce à la voix du chanteur, éraillée, criant à n’en plus pouvoir tel un animal égorgé, écorché… Ecorché, ce jeune quatuor l’est, jouant comme si la fin du monde était proche. A l'image du clip, la batterie a des allures tribale, elle est affolée, perdue, tapant toujours plus fort, plus vite, tandis que les guitares limpides et rêveuses survolent l’horreur. Il y a chez Wu Lyf une honnêteté, une urgence, qui nous bouleverse et nous déchire. Plus qu’une simple hype, les mancuniens ont très vite trouvé un son unique et reconnaissable. Cela ne pourrait être le groupe que d’un single mais le concert livré aux transmusicales laisse penser que ce sera bien plus que ça… Si jeune mais déjà tant d’âme dans leur musique. Un grand avenir leur est promis.

Extrait du monde fabuleux qu'est internet
Pas de label
Myspace (Mais ça ne sert à rien il n'y a pas de chansons en écoute...Oui je sais, c'est n'importe quoi)




01 : Arcade Fire – The Suburbs


On a dit que le nouvel album d’Arcade Fire était un « Grower », c'est-à-dire un album qui se découvre au fil des écoutes. Concernant l’album je n’en sais rien, ce que je sais c’est que la chanson, elle, en est un. Il m’aura fallu du temps pour, au final, apprécier ce titre. Depuis, je ne peux plus m’en passer. Les paroles de Win Butler, qui fait l’une des plus belles déclarations d’amour à sa femme Régine Chassagne à propos de son désir d’enfant, reste au fond cet esprit sombre et inquiet vis-à-vis du futur qui les attend en évoquant les bombes menaçant sa paisible banlieue. The Suburbs est au final une composition qui aura su manier légèreté et tristesse avec une efficacité rare. Derrière ces quelques notes de piano légères, les violons se font tristes et les instruments lourds. Cette chanson m’aura troublé, et ce n’est pas tous les quatre matins que ces choses arrivent. Après 200 écoutes, ces frissons subsistent toujours le long de mes bras. Cette addiction est toujours là. Inépuisable, The Suburbs m’a profondément bouleversé par son interprétation et ses arrangements. Cette première place lui était acquise depuis longtemps, en sachant pertinemment que rien ne viendrait y changer. The Suburbs rejoint instantanément les grands et sublimes classiques qu’Arcade Fire a été capable d’écrire jusqu’ici. On ira plus loin, The Suburbs rejoint tout court les grands et sublimes classiques du rock. Ils avaient déjà l’album qui aura peut-être le plus marqué la précédente décennie, ils en commencent une nouvelle de la plus belle des manières.

Extrait de l'album The Suburbs
Label : Merge
Myspace




Top albums 2010 : 30ème - 11ème.

Arrivé à mi chemin, les places dans le top se font chères, on retrouve dans la suite de ce classement quelques Français et quelques bonnes surprises qui m’avaient laissé de marbre jusqu’ici, il y a aussi des artistes qui font leur premier pas avec brio et des artistes qui confirment tout simplement le talent qu’on avait vu en eux. Comme d’hab’, vous trouverez en bas de l’article deux titres en écoute par album.

30 : Gil Scott-Heron - I'm New Here

Des retours, il y en a eu et le plus étonnant est sans aucun doute celui de Gil Scott-Heron. Poète, romancier et musicien engagé, ce monsieur de 61 ans reprend là où il avait laissé les choses, excepté que la soul, funk et jazz ont disparu. Ces dernières années difficiles pour l’homme qui aura connu la case prison, l’addiction au crack, ont dû marquer son album, construit dans une ambiance bien plus sombre et poisseuse. Parfois teinté de dubstep, ou juste accompagné d’une guitare acoustique, l’album de Gil Scott-Heron, moins politique que par le passé, nous dévoile son histoire, d’autant plus touchante qu’elle nous est contée par cette voix rauque, fatiguée mais toujours sublime.

Label : XL
Myspace
Chronique : Derrière la fenêtre




29 : Villagers - Becoming A Jackal

La rencontre avec Conor J. O'Brien, leader des nouveaux nés Villagers, a failli tourner au drame. I Saw The Dead qui ouvre l’album m’est insupportable. Parfois c’est physique, vous avez beau essayer d’y remédier il n’y a rien à faire, pire, ça s’aggrave. Mais une fois passés ce piano un peu trop romantique et ces violons stridents, et en particulier arrivé au refrain de Becoming A Jackal second titre de leur album, on rentre dans un autre monde. Rien de mieux qu’un faux air d’Elliott Smith, autant dans la voix que dans le style, pour donner goût au bel ouvrage que nous ont offert ces Irlandais. Loin d’être gnangnan comme me faisait craindre le premier titre, Villagers livre finalement une très belle œuvre, signe d’un futur prometteur.

Label : Domino
Myspace
Chronique : Sound Of Violence




28 : Flying Lotus - Cosmogramma

L’ovni Steven Ellison plus connu sous le nom de Flying Lotus est de retour ! Un ovni, car en 3 albums cet américain originaire de Los Angeles aura créé un style unique. Tel un puzzle aux innombrables pièces, l’électronicien nous perd dans cette œuvre casse tête et décousue. Beats épileptiques et sons venus d’on ne sait où nous accompagnent durant ces dix-sept titres aussi riches que variés. En plus de cette impression unique que dégage le disque, il y a aussi dans Cosmogramma une indéniable euphorie dans tous ces titres, toutes ces idées qui sortent de la tête du musicien de renom. Le morceau en featuring avec Thom Yorke, qui montre d’ailleurs une grande forme créative depuis un an, est le plus bel exemple de l’autre versant dont Steven Ellison est capable, plus ambiant et plus reposé. Quelque soit le menu proposé par ce chef tout droit sortit de l’écurie Warp, on se délecte de ce voyage envoûtant qui nous permet de nous évader ailleurs, dans un autre monde, produit de l’imagination sans limites de Flying Lotus.

Label : Warp
Myspace
Chronique : Esprits critiques




27 : Matthew Dear - Black City

Donnant suite à Asa Breed, petit joyau d’électro pop, le Texan continue son petit bonhomme de chemin avec un disque certes dans la même veine qu’Asa Breed mais qui se fait beaucoup plus sombre. A l’instar de Honey, morceau introspectif qui ouvre l’album rappelant alors l’Iggy Pop Berlinois de The Idiot, Mathew Dear construit une œuvre nocturne. Partie, la légèreté d’un pom pom, Black City se fait sombre du début à la fin. Se basant la plupart du temps sur des instrumentations lourdes, l’artiste n’oublie pas de faire danser l’auditeur sur quelques morceaux bien sentis. On retrouve aussi, parfois, quelques bribes du passé, résurgentes, tel un fantôme, sur quelques morceaux où la musique se fait alors plus aérée (Shortwave). Festif, réservé, aérien, Black City c’est un peu tout ça à la fois mais ça reste principalement un album qui accompagnera vos pérégrinations nocturnes.

Label : Ghostly International
Myspace
Chronique : Goûte mes disques




26 : Owen Pallett – Heartland

En changeant de nom de scène, Owen Pallett feu Final Fantasy semble avoir trouvé une nouvelle ambition. Celui qui est reconnu par ses pairs pour tout ce qui touche aux arrangements des instruments à cordes a mis tout son savoir-faire au service de son propre disque. Dans Heartland, les cordes se font nombreuses, amplifiées tout comme les instruments à vent, et tous au service de cette étrange histoire où il est question de Lewis, un fermier ultra violent créé de toutes pièces, qui désire tuer son créateur Owen Pallett. Jamais dans la niaiserie, ce qui peut souvent arriver lorsque l’on entend autant d’excès au niveau de l’orchestration, le talentueux compositeur trouve toujours une utilisation à bon escient de son orchestre tantôt dérangé, tantôt euphorique mais toujours brillant.

Label : Domino
Myspace
Chronique : C'est entendu




25 : Crystal Castles - Crystal Castles

Voilà un disque qui a faillit passer à la trappe tant leur premier effort m’avait laissé de marbre, voire fatigué. Limite ridicule dans son utilisation de sonorités tout droit sorti d’une nintendo, ce deuxième opus est tout autre. D’emblée, le duo Canadien pose les bases de ce disque avec la violence de Fainting Spells, parfaite introduction qui a de quoi réveiller les morts avant d’enchaîner avec un vaporeux Celestica qui se révèle bien plus pop avant de retomber dans une violence inouïe avec le dérangé Doe Deer… Ainsi est ce Crystal Castles, à mi-chemin entre la pop et l’électro, les deux jeunes Canadiens signent une œuvre aussi diversifiée qu’excellente qui plaira autant au clubber berlinois, qu’au punk à chien ou qu’au EMO en émoi devant Nicolas Sirkis.

Label : Fiction
Myspace
Chronique : Attica




24 : Karaocake - Rows & Stitches

Clapping Music semble encore avoir parié sur le bon cheval avec Karaocake. A des années lumières des autres groupes de la même écurie, le groupe mené par Camille Chambon, jeune fille qui a commencé la musique seule dans sa chambre est accompagné par ses deux comparses pour donner vie à Rows & Stitches, petit bijou de lo-fi. Dans cette ambiance intimiste, on y découvre une jeune femme décidément douée pour donner naissance à des chansons poignantes, faisant mouche avec trois fois rien. Synthé, guitare et boite à rythme suffisent pour donner vie à ce premier album qui dévoile un groupe plus que prometteur.

Label : Clapping Music
Myspace
Chronique : Muzzart




23 : Cloud Nothings – Turning On

Petit prodige de dix-huit ans seulement, Dylan Baldi qui s’est fait remarquer par une poignée d’EPs réunis sur cette compilation jubilatoire. Malgré le son dégueulasse qui le fait rentrer directement dans la case garage Lo-Fi, il y a chez ce jeune garçon un incroyable talent quand il s’agit de signer des chansons aux mélodies évidentes, et aux refrains accrocheurs. En treize morceaux et une quarantaine de minutes, il fout un grand coup de pieds au cul de tous ces semblables (et ils sont nombreux). On attend déjà avec impatience son premier vrai album à paraître chez Carpark Records le 25 janvier.

Label : Carpark
Myspace
Chronique : Dynamhit




22 : Gonjasufi – A Sufi And A Killer

Disque fourre tout, étrange, Gonjsufi aka Sumach Ecks rentre dans le monde de l’industrie musicale avec brio. Difficile de trouver chez lui une comparaison tant le travail effectué s’inspire d’à peu près tout et n’importe quoi. A sufi And A Killer est un disque de chaman qui a puisé son inspiration dans le monde arabe, indien teinté parfois d’électro avant-gardiste propre à Warp ou d’un folk intimiste tout droit venu d’une autre époque. Ce disque est avant tout un voyage dans l’espace qui garde durant ces 18 titres l’empreinte de l’intriguant Gonjasufi, un personnage à surveiller de très près.

Label : Warp
Myspace
Chronique : Little Reviews




21 : Twin Shadow - Forget

Derrière Twin Shadow se cache George Lewis Jr., originaire de République Dominicaine : il a vécu en Floride avant d’atterrir sur la terre promise des hipster : Brooklyn. C’est sûrement depuis son arrivée dans ce quartier que ce musicien a développé ce goût pour la musique 80’s. Comme Ariel Pink, Lewis a développé cet esprit du revival 80’s fait de synthé et d’autres trucs pas très catholiques, pourtant si le premier m’a toujours laissé froid, Twin Shadow a signé ici un disque généreux. Généreux par sa production soignée réalisée par le grizzly Chris Taylor et ses compositions sublimes fourmillant d’idées. Des violons sur Shooting Holes, à Holes qui allie beauté et danse, George Lewis Jr. enchante.

Label : 4AD
Myspace
Chronique : Life Is A Minestrone




20 : Titus Andronicus - The Monitor

Franchement, cette histoire de guerre de Sécession développée sur tout le disque, on s’en fout un peu nan ? Avec Titus Andronicus, ce que l’on veut c’est de la castagne, une batterie nerveuse, des guitares rageuses, un chanteur (qui me rappelle toujours autant la voix de Conor Oberst !) qui gueule autant qu’il peut et surtout des riffs en veux-tu en voilà. Ca tombe bien, il y a tout ça dans leur second album qui réussit l’exploit de faire mieux grâce à un premier titre dantesque. Les autres titres n’ont pas à rougir puisque les coups de mou ne sont pas légion chez Titus Andronicus qui, mine de rien, arrive à signer un disque de plus d’une heure sans jamais nous lasser. Un bel exploit.

Label : XL
Myspace
Chronique : Mille feuille




19 : LCD Soundsystem - This Is Happening

C’est fini! James Murphy a déclaré que ce serait le dernier et c’est bien dommage quand on entend le résultat de This Is Happening, troisième exploit consécutif pour cette bande qui a toujours mis un point d’honneur à allier travail et plaisir…pour le plus grand bonheur de leurs auditeurs. Un cran en dessous de Sound Of Silver, chef d’œuvre inusable de dance music, ce troisième opus reste néanmoins jouissif, ne serait-ce que pour la construction de leurs chansons. Plus que jamais, la secte de Murphy s’est appliquée à faire durer le plaisir (2 chansons seulement durent moins de 6 minutes) en montant progressivement la sauce jusqu’au feu d’artifice final. Bon James, c’est le dernier ? T’es sûr ?

Label : DFA
Myspace
Chronique : Bon pour les oreilles




18 : John Roberts - Glass Eights

Ni allemand, ni anglais, c’est bien de cette bonne vieille Amérique que John Roberts est originaire. Il faut dire que ce n’est pas vraiment évident quand on écoute ce premier album de house minimale durant une heure. Le pari était loin d’être gagné tant le genre peut parfois s’avérer être répétitif mais l’ajout d’instruments classiques tels que le piano viennent rompre cette monotonie. Ne nous y trompons pas, Glass Eights est bel et bien un pur produit électro et le savoir-faire de cet artiste passe à côté de tous les pièges qui lui sont tendus. Une chose pas évidente quand on sait la difficulté que cela peut être pour ce genre qui a vite fait de tourner en rond.

Label : Dial
Myspace
Chronique : Chroniques électroniques




17 : Caribou - Swim

A vrai dire, le live qu’il avait effectué à Saint-Malo lors de la 20ème édition de la Route du Rock a grandement joué en sa faveur tant son dernier album me paraissait, lors des premières écoutes, d’une froideur à toute épreuve. L’humanité n’est peut-être pas la principale qualité de ce matheux mais Daniel Victor Snaith sait y faire quand il s’agit d’écrire des titres d’une efficacité redoutable. D’emblée, il nous propose Odessa, superbe mise en bouche qui fait la jonction entre ses deux dernières œuvres tout en nous préparant à ce qui va suivre. Ce qui suit, ce sont des compositions directes évoluant au fil du temps et portées par des arrangements brillants. 9 titres, tous excellents, sans temps mort, dévoilant sous un nouveau jour tout le talent de cet artiste/producteur.

Label : City Slang
Myspace
Chronique : Les chroniques de Blake




16 : Florent Marchet - Courchevel

Après avoir été jeté comme un malpropre par sa précédente maison de disque (les trop mimi Barclay/Universal) qui n’en faisait pas une rame pour promouvoir un artiste qui a sans doute sorti l’un des meilleurs disques de chanson française de ces dix dernières années (Rio Baril), le petit Florent a été recueilli par PIAS. Gentils comme ils sont, ils l’ont envoyé au ski occuper son esprit traumatisé par cette éviction. Il en a alors résulté Courchevel. Ce quatrième album (si on compte le trop kiffant Frère animal) plus poppy n’a pas perdu pour autant en qualité d’écriture que ce soit pour habiller ses textes avec des instruments riches et variés ou d’écrire des textes acides. Il confirme (comme si c’était nécessaire) tout le bien qu’on pensait de lui et signe le meilleur album français de 2010 !

Label : Pias
Myspace
Chronique : Culturopoing




15 : No Age - Everything In Between

La maturité va bien à certains… Maturité? No Age? Nooooon… Eh bien si ! Sans laisser de côté leur rock primitif, rageur et bruitiste, ce duo a su laisser place à un versant bien plus aérien et poétique que par le passé. Common Heat, le trop beau pour être vrai Dusted, ou le sublime Valley Hump Crash témoignent d’un virage artistique plus contemplatif et moins violent qui leur va à merveille. Alternant les chansons bourrines avec des instants plus délicats, No Age trouve un juste milieu qui ne sacrifie jamais la cohérence d’Everything In Between.

Label : Sub Pop
Myspace
Chronique : Novorama




14 : Los Campesinos! - Romance Is Boring

Comme No Age, Los Campesinos! est un groupe qui m’a toujours laissé de marbre. Le groupe typique qui toujours voulu en faire trop, trop de guitares, de cris, de brassage de vents… Mon Dieu, qu’ils étaient fatiguant ! L’expérience la plus traumatisante fut l’écoute de leur premier disque dans une voiture qui m’avait provoqué une envie soudaine de vomir après une dizaine de titres écoutés ! Il fallait bien laisser de côté un disque pour revenir aux Los Campesinos qui m’avaient fortement intrigué avec la chanson The Sea Is A Good Place To Think Of The Future, une si jolie révélation que je m’étais vu dans l’obligation de la mettre dans mon top 2009. Là encore, les Ecossais ont su allier des titres plus posés à d’autres plus énergiques pour mon plus grand bonheur. Durant 50 minutes, ces jeunes gens font preuve d’un savoir-faire indéniable quand il s’agit de shaker les popotins et à l’occasion de nous faire couler une petite larme…

Label : Wichita
Myspace
Chronique : Feu à volonté




13 : Gold Panda - Lucky Shiner

Attention talent! Le premier album de Derwin Panda, petite perle en matière d’électro, ne se situe pas très loin de Four Tet dans la mesure où, le jeune homme tisse avec Lucky Shiner un voyage aux frontières de l’électro et de la pop. S’inspirant de la musique orientale par moments, l’électronicien nous invite à la rêverie dans ce disque délicat, sensible et envoûtant.

Label : Ghostly International
Myspace
Chronique : Nuage Noir




12 : Wavves - King Of The Beach

Après l’exigeant Wavvves qui laissait entrevoir le talent de ces deux gamins, Wavves est passé à l’étape supérieure. Muni cette fois-ci d’un vrai producteur, Nathan Williams a laissé sa place à Dennis Herring qui s’est occupé entre autre de Modest Mouse, pour posséder un son bien plus propre et surtout bien plus puissant. La production n’étant pas tout, Wavves a écrit un album bien plus ouvert d’esprit, plus facile d’accès et surtout bien plus jouissif. Dans la lignée des groupes punk à roulettes tel que Blink 182 (si, si !), Wavves accouche d’un nombre incalculable de tubes dans ce King Of The Beach qui est bien plus qu’un disque destiné à squatter la chaîne le temps d’un été.

Label : Fat Possum
Myspace
Chronique : J'aime pas la pop




11 : The Tallest Man On Earth - The Wild Hunt

Après un premier disque fort réussi, Kristian Matsson, revient encore plus grand. Si la recette n’a pas changé d’un iota le Dylan Suédois a une nouvelle fois écrit de grandes chansons folk. Sans en faire trop ni pas assez, il trouve ici un équilibre parfait, tout en justesse. The Wild Hunt est un grand disque comme on n’en fait plus : seul à la guitare et avec sa voix, Kristian Matsson sublime tout ce qu’il écrit. Si l’on devait le comparer aux débuts de son maitre, l’élève le dépasse aisément, on attend avec impatience sa période électrique !

Label : Dead Oceans
Myspace
Chronique : De la lune on entend tout




Top chansons 2010 : 50ème - 11ème.

Je suis d’accord avec vous, s’arrêter à la 11ème place, c’est vraiment faire chier son monde mais c’est aussi un bon moyen de combler la semaine en évitant les classements inutiles comme le top des pochettes les plus moches (Yeasayer) ou le top des moustaches (Twin Shadow). Par la même occasion, j’en profite pour écrire des textes plus chiadés, lecteur exigeant que tu es, et surtout, il faut l’avouer, ça instaure tout de même, un suspens de malade...

50 : Gonjasufi - She Gone.

Quand Gonjasufi fait son Tom Waits, l’ex-professeur de yoga nous livre une chanson aux allures de piano joué façon saloon avec un petit côté folk mélancolique qui vire rapidement à la folie. She Gone est définitivement fascinante car derrière une structure assez simple, Gonjasufi sait créer un monde à lui en matière d’arrangements, qui donne corps à cette étonnante chanson.

Extrait de l'album A Sufi And A Killer
Label : Warp
Myspace




49 : MGMT - Someone's Missing

MGMT me les casse ok ? Lors de mon top 2008, sauf miracle, j’avais prévu qu’ils se planteraient. Et c’est le cas. Pas de discussions possibles (non mais). Quand ils sortent Siberian Break je n’y vois qu’un collage de chansons digne d’un gamin de 5 ans, quand on me dit que Brian Eno est un tube je rigole tant ça ne vaut même pas le huitième du talent d’un Time To Pretend. Quand on me dit que Someone’s Missing est meilleur que la plupart des chansons d’Oracular Spectacular… Et bien je me tais, car cette chanson, bien que trop courte, me rappelle l’époque où MGMT n’avait pas encore la prétention de changer le monde.

Extrait de l'album Congratulations
Label : Columbia
Myspace




48 : Clara Clara - Paper Crowns

Après écoute de Yes Or No, on ne pensait pas que François Virot était capable d’écrire des choses aussi folles ! Paper Crowns est en sorte un grand défouloir, une introduction à un disque qui est tout aussi étrange et dérangé. Et derrière toute cette excitation, il y a pourtant un vrai talent d’écriture, un vrai plaisir. Cet artiste nous donne tout sans rien garder pour lui, exceptée son énergie peut-être dont il a sans doute besoin pour frapper comme un aliéné sur sa batterie…

Extrait de l'album Comfortable Problems
Label : Clapping Music
Myspace




47 : Cee Lo Green - Fuck You!

Quand la moitié de Gnarls Barkley se lance dans une aventure en solo, on retrouve chez le sympathique Cee Lo ce goût pour une soul un peu futuriste telle que dans ce single imparable. Véritable pépite d’or, véritable enfer pour les radios qui se doivent de censurer des mots pas vraiment catholiques : les Fuck You, Cee Lo Green les distribue à tours de bras dans ce titre auquel il manque peut-être, dans la structure, un peu de folie pour se retrouver plus haut dans ce top chanson.
Info de dernière minute : Cee Lo Green avait préparé une version pour la radio et s'intitule Forget You à écouter ici

Extrait de l'album The Lady Killer
Label : Elektra
Myspace




46 : Keepaway - Yellow Wings

Si Scissor Sisters et El Guincho avaient fait des enfants, cela aurait sans doute donné Keepaway et ce premier titre complètement jubilatoire. Certes oui, l’originalité n’est pas de mise ici, avec ces refrains tout droit venus des tropiques qui débitent en chœur leurs paroles dans l’euphorie la plus totale. On a déjà entendu ça dans ces deux groupes. Si pour les ciseaux, on peut avoir un léger doute, la ressemblance est extrêmement frappante avec l’Espagnol. Ajoutez à cela quelques guitares psyché parfaitement dans l’air du temps, on se retrouve alors avec une drôle de machine à danser, mais irrésistible de bout en bout.

Extrait de l'EP Baby Style
Label : Lefse
Myspace




45 : Joanna Newsom - Soft As Chalk

Vous êtes marrant vous, choisir un titre parmi le triple album de Joanna Newsom… D’habitude, j’hésite entre deux titres pour choisir quelle chanson illustrera le disque, ici c’est bien une dizaine… Alors voilà, mon choix s’est arrêté aujourd’hui sur Good Intentions Paving Company , mais il changera peut-être demain. Pour l’heure, la chanson gagne la mise avec son piano qui nous donnerait presque envie de dodeliner un coup… Quoique finalement, Soft As Chalk est pas mal aussi…

Extrait de l'album Have One On Me
Label : Drag City
Myspace




44 : Matthew Dear - You Put A Smell On Me

Contrairement à Joanna Newsom, le choix est plutôt évident pour Matthew Dear, qui se lance dans un nouveau genre. Plutôt habitué à une électro pop raffinée, le Texan fait ici dans le gras. Mais dans le bon gras, celui qui te fait lever les bras en l’air et secouer la tête de haut en bas. You Put A Smell On Me est un tube qui n’a pas eu la répercussion méritée, tant ce titre est destiné à être un passage obligé dans vos soirées.

Extrait de l'album Black City
Label : Ghostly International
Myspace




43 : The Black Keys - Tighten Up

J’ai toujours comparé Les Black Keys aux White Stripes. Éternel combat entre le blanc et noir tout ça tout ça… C’est super symbolique en fait. Me sentant obligé de choisir un camp j’ai toujours préféré celui du couple mixte, plus couillu, peut-être moins crade… Le nouvel album des Black Keys "dont le nom de l’album est Brothers" ne m’aura pas fait changer d’avis, mais il est difficile de reconnaître l’évidence quand on vous la jette en plein visage. Tighten Up est leur Seven Nation Army où l’on assistera en concert à des sifflements entêtants plutôt qu’à des "pooooww po poow po po pooooww pow" de footeux et ce n’est pas plus mal… Même si je préfère Seven Nation Army quand même (faut pas déconner).

Extrait de l'album Brothers
Label : Nonesuch
Myspace




42 : Born Ruffians - What To Say

Tain’. Ca me fait mal au cœur de dire ça mais le nouvel album de Born Ruffians est mauvais. Tellement mauvais que je l’ai écouté un nombre incalculable de fois pour essayer de l’aimer mais rien n’y a fait - excepté What To Say qui s’est transformé en papillon quand les autres sont restés à l’état de larves. Il y a dans ce titre quelque chose de beau. Tout en retenue et d’un minimalisme qui ressemble peu à l’image que je me faisais de Born Ruffians, son refrain tant attendu me désarme à chaque fois et me laisse bouche bée, avec ses quelques notes de guitares lancées comme un cri vers l’océan.

Extrait de l'album Say It
Label : Warp
Myspace




41 : Los Campesinos! - There Are Listed Buildings

Déjà dans le top chanson 2009 avec l’étonnant The Sea Is a Good Place to Think of the Future, les revoilà en bonne position avec l’irrésistible There Are Listed Buildings qui m’a fait tombé amoureux d’un groupe que je tenais en horreur jusque là. Pourtant, la recette n’a pas changé, c’est toujours un grand foutoir à la limite de l’agressivité où l’on retrouve guitares à la distorsion bien sentie, glockenspiel, chœurs, trompettes, le tout à la fois, pour un grand moment de bonne humeur ce qui semble finalement avoir toujours été le mot d’ordre pour cette joyeuse troupe écossaise.

Extrait de l'album Romance Is Boring
Label : Wichita
Myspace




40 : The Hundred In The Hands - Pigeons

Pigeons est un tube radiophonique qui faute de promotion n’aura jamais la « chance » de passer sur Virgin Radio. En plein dans l’air du temps, le duo a écrit avec ce titre une petite bombe électro pop taillée pour les remixes.




Extrait de l'album The Hundred In The Hands
Label : Warp
Myspace




39 : The Knife - Colouring Of Pigeons (Feat. Mt. Sims And Planningtorock)

Shame On Me, je n’ai pas écouté le nouveau délire des Knife qui ont pourtant signé un des meilleurs albums de 2006. Mais, faute de temps, et vu les critiques peu élogieuses, je ne me suis pas penché dessus. Seul titre parvenu à mes oreilles, Colouring Of Pigeons, un titre envoûtant, long de 11 minutes, qui passe par tous les états : des débuts où les chœurs se mélangent posant cette ambiance si particulière, à la voix de Karin Dreijer Andersson dont le chant semble tout droit venu d’outre tombe, jusqu’à la catasfiore tout simplement majestueuse remplissant nos cœurs de tristesse. On ne voit pas passer ces 11 minutes brillantes où leur musique est en constante évolution.

Extrait de l'album Tomorrow, In A Year
Label : Rabid
Myspace




38 : Cloud Nothings - Hey Cool Kid

Tube cradingue de Cloud Nothings, Hey Cool Kid envoie sévèrement ! Sans nous faire exploser les tympans au contraire, Dylan Baldi écrit un titre qui sait se faire plus mélancolique. Doué d’une écriture pleine de finesse, il nous déballe une chanson remplie de rage et d’amertume, une chose rare dans ce genre qui a plutôt tendance à tout faire péter sur la durée entière d’un disque. Magnifique !

Extrait de l'album Turning On
Label : Speakertree
Myspace




37 : Young Man - Five

Chouchou de Bradford Cox et Magic on peut comprendre l’amour que portent ces fins connaisseurs à Young Man qui, le temps d’un EP, déballe toute l’étendue de son talent. Il s’était borné jusque là à le montrer en reprenant ses artistes fétiches tel que Panda Bear ou Grizzly Bear. Ces deux influences ressortent énormément de Five, une petite ballade intimiste qui prend très vite des allures de cathédrale Pop folk, à la manière de la musique de ses mentors.

Extrait de l'EP Boy
Label : kitchen Music
Myspace




36 : KiD CuDi - REVOFEV

Kid Cudi est un type épatant, déjà responsable de quelques singles monstrueux en compagnie d’illustres personnes, il s’affranchit de toute aide pour signer REVOFEV, une chanson aux allures de Modern Soul, puissante, entraînante et sans simagrées.Ce jeune artiste plein d’avenir a encore une fois conquis notre cœur.

Extrait de l'album Man on the Moon II: The Legend of Mr. Rager
Label : Dream On
Myspace




35 : Micah P. Hinson - My God, My God

C’est certain, My God, My God n’est pas la meilleure chanson pour la majorité des gens qui ont écouté le dernier disque de Micah P. Hinson. Ce n’est peut-être pas un bon choix pour donner envie aux gens d’écouter son excellent disque mais c’est mon top, et My God, My God fait partie de ces chansons qui vous prennent aux tripes, celles qui vous font construire tout un monde pour elles où l’on s’imagine dans la BO d’un film, un titre qui vous transporte ou qui tout simplement vous touche en plein cœur.

Extrait de l'album Micah P. Hinson And The Pioneer Saboteurs
Label : Full Time Hobby
Myspace




34 : Funeral Party - New York City Moves To The Sound Of LA

Le début des années 2000 avait sonné le revival rock et le réveil de la grosse pomme avec des groupes comme Interpol et The Strokes. Tandis que les premiers ont sorti un album pourrave qui les conduira à splitter tandis que les seconds vont sortir un album pourrave qui les conduira à splitter, Funeral Party a décidé de les enterrer et redonner des couleurs au rock à guitare en l‘emmenant à L.A. Quand on entend le résultat, ce n’est pas plus mal.

Extrait de l'album Golden Age of Knowhere
Label : RCA
Myspace




33 : Baths - Animals

L’un des petites merveilles du premier album de Baths s’appelle Aminals. Un titre électro pop aguicheur et saccadé qui sent bon l’été et qui hésite toujours autant entre nous faire danser et nous faire rêver. Ici, on ne choisit pas, on prend les deux et on déguste comme il se doit cette sucrerie acidulée.


Extrait de l'album Cerulean
Label : Anticon
Myspace




32 : Gorillaz - Stylo

Ainsi Gorillaz revint à la vie après une mort annoncée à la fin du second album. La bande n’a pu se retenir, pour une ultime fois, avec Plastic Beach qui contient quelques bons morceaux dont le magistral Stylo et son synthé enivrant qui nous rappelle le générique de K2000. Il ne faudrait pas oublier celui qui, par sa voix incroyable, vient nous donner le coup de grâce : Bobby Womack.

Extrait de l'album Plastic Beach
Label : EMI
Myspace




31 : Eluvium - The Motion Makes Me Last

Quand Eluvium (Matthew Cooper de son vrai nom) se met à chanter, on aurait pu craindre le pire mais non! Malgré un album décevant faute, de mélodies percutantes, sa voix, quoique parfois hésitante, sied à merveille avec son univers. Mieux, lorsqu’il la met au profit de ce titre, on obtient l’une des plus belles choses écrites par cet artiste qui ne cesse de nous épater par sa sensibilité.

Extrait de l'album Similes
Label : Temporary Residence Limited
Myspace




30 : Gil Scott-Heron - Me And The Devil

Sombre, Me And The Devil l’est indéniablement, il y a aussi une profonde gravité et une ferveur à toute épreuve dans le chant de Gil Scott-Heron qui accompagne comme il se doit le titre le plus abouti de son dernier disque. A côté de la noirceur de sa musique il y a aussi les paroles, guère plus lumineuses, narrant cette étrange histoire du jour où le diable frappera à la porte pour emmener Gil Scott-Heron. Glaçant.

Extrait de l'album I'm New Here
Label : XL
Myspace




29 : Perfume Genius - Learning

Ce n’est pas pour me la péter mais ca fait deux ans que j’en ai parlé (hé ouais). Depuis le jeune homme a fait du chemin et a livré un premier album sans trop de surprises. Fidèle à lui-même, Perfume Genius reste le frère spirituel de Chris Garneau quitte à le dépasser sur le très délicat Learning aussi beau que pur. Les antis niaiseries seront priés de s’abstenir.

Extrait de l'album Learning
Label : Beggars
Myspace




28 : The Roots - Right On (Feat. Joanna Newsom & STS)

The Roots est, parfois encore, capable d’écrire de très bonnes choses notamment lorsqu’ils se payent les services de la belle Joanna pour l’un de leur plus beau titre. Le contraste entre le rappeur et Mademoiselle Newsom étonne mais ne choque jamais, on salue cette jolie initiative qui accouche d’un magnifique titre méritant de multiples superlatifs.

Extrait de l'album How I Got Over
Label : Def Jam
Myspace




27 : Katerine - La banane

Dernier représentant Français de ce top, Katerine ne démérite pas avec sa fameuse banane. Véritable attrape couillon pour les fans de la dernière heure (et de la première) qui l’ont adoré à partir de son Louxor j’adore, son dernier album risque de leur faire tirer la gueule tant le monsieur fait tout et surtout n’importe quoi. Si l’album est un beau foutage de gueule, la banane reste une grande chanson, entre le riff bien senti et les paroles dans l’air du temps on ne demande qu’à le suivre. Nous aussi, on veut manger notre banane tout nu sur la plage !

Extrait de l'album Philippe Katerine
Label : Rosebud
Myspace




26 : Gold Panda - You

L’année dernière, Quitter’s Raga avait reçu une place imméritée (genre 98ème) alors rendons comme il se doit une place d’honneur pour le titre You qui convoque aussi bien l’esprit de l’orient que l’électronique, façon Four Tet, un savant mélange où la sauce prend mieux que jamais sur ce titre hypnotique qui démontre en un peu plus de 3 minutes tout le savoir-faire de ce jeune homme plus que prometteur.

Extrait de l'album Lucky Shiner
Label : Notown
Myspace




25 : The Morning Benders - Hand Me Downs

Impressionnants Morning Benders qui en un album ont tout compris à la pop et sont responsables d’une poignée de titres enivrant notamment Hand Me Downs qui alterne les couplets agressifs aux guitares qui font dans les déflagrations sonores et les refrains chétifs et touchants qui ne font que vous rendre encore plus accros à ce groupe attendrissant.

Extrait de l'album Big Echo
Label : Rough Trade
Myspace




24 : Panda Bear - Alsatian Darn

Panda Bear ne cesse de nous faire languir. Déjà 6 chansons sont parues en 2010, mais le garçon exilé au Portugal n’a pas encore daigné nous livrer son nouvel album solo et au vu des premiers titres, on attend avec impatience le reste puisque sans pour autant être inoubliable on n’en jettera rien. En particulier Alsatian Darn « simple » face B qui ressemble à un gloubi boulga sonore au départ mais qui très vite se démêle, évolue comme par magie dans les refrains où la bouillasse devient limpide et lumineuse. On se rend compte alors que ce titre est d’or et se pose en digne héritier de ses précédents travaux déjà grandioses.

Extrait du Single You Can Count On Me
Label : Domino
Myspace




23 : Japandroids - Younger Us

Sans être au courant de quoi que ce soit de leur actualité, je tombe par hasard sur Younger Us qui s’avère être leur nouveau single, en vue de tâter le terrain pour un second album prévu je ne sais quand. Hé bien pour tâter, ça tâte ! Ce single d’une efficacité redoutable envoie du bois sévère ! Rien de plus normal pour ces Canadiens qui avaient déjà fait leurs preuves avec un disque des plus réussis. En 2011, j’écouterais avec avidité le prochain Japandroids car Younger Us est un truc qui en envoie plein la poire du début à la fin avec une détermination à toute épreuve mais aussi parce que Younger Us sait aussi révéler une beauté désarmante dans les refrains.

Extrait du Single Younger Us
Label : Polyvinyl
Myspace




22 : Owen Pallett - E Is For Estranged

E Is For Estranged démontre tout le talent du jeune homme que ce soit pour les arrangements ou pour son songwriting. Entre les plaintes permanentes des violons en fond sonore, les envolées orchestrales ou l’évolution remarquable dont le morceau fait preuve vers les 3 minutes, cet artiste encore jeune et pourtant muni d’un CV plus que chargé écrit l’un des plus beaux morceaux de 2010.

Extrait de l'album Heartland
Label : Domino
Myspace




21 : Seapony -Dreaming

Grâce à Internet on tombe parfois sur de bonnes surprises comme l’impeccable Dreaming des inconnus Seapony qui ne devraient pas le rester bien longtemps tant leur titre a tout ce qu’il faut de plus excitant. Une guitare un poil mélancolique et une autre chargée d’incrustés, une mélodie imparable suffisent pour rendre l’auditeur accro. Si l’on rajoute à cela une voix qui a pour seul but de vous faire tomber amoureux de la chanteuse, on obtient un bel espoir pour 2011.

Extrait du single Dreaming
Label : Double Denim
Myspace




20 : The Radio Dept. - Domestic Scene

Dès les premières notes, j’ai su que j’allais tomber amoureux de cette chanson et plus largement du disque. Cet arpège de guitare est une si belle trouvaille, une si belle entrée en matière pour rentrer dans ce sublime album. Johan Duncanson enfonce le clou avec sa voix apaisée collant parfaitement à l’esprit de ce titre qui a pourtant des allures de simple introduction avec ses deux minutes et sa poignée de secondes. Une chanson si courte mais si sublime que cela serait un crime de ne pas la réécouter encore et encore…

Extrait du single Clinging To A Scheme
Label : Labrador
Myspace




19 : Best Coast - Boyfriend

"I wish he was my boyfriend!..." Dur dur de se débarrasser de ces quelques paroles une fois la machine lancée! Si je suis loin d'être un fan de ce nouveau groupe de garage girl, le titre Boyfriend fait à chaque fois un effet bœuf. Voilà un petit classique dans le genre qui ne vous donne envie que d’une chose : batifoler sur le sable chaud avec la chanteuse. "I wish she was my girlfriend !..."

Extrait de l'album Crazy For You
Label : Mexican Summer
Myspace




18 : Foals - Spanish Sahara

Entre Cassius et Spanish Sahara, il y a eu un sacré chemin de parcouru. Délaissés la frénésie et le math rock de leur précédent disque, Foals se la joue maintenant contemplatif ce qui, d’ailleurs, ne leur réussit qu’à moitié quand on écoute leur nouveau disque, un poil pompier. Mais, parfois, la recette marche comme sur Spanish Sahara, un morceau long de 7 minutes qui ne cesse d’évoluer jusqu’à une explosion de sonorités électroniques comme l’avait si bien fait The Horrors l’année dernière. Sauf que cette fois-ci c’est encore plus beau.

Extrait de l'album Total Life Forever
Label : Transgressive
Myspace




17 : The National - Anyone's Ghost

On peut compter sur National pour nous livrer des chansons crève-cœurs, des trucs désarmants qui vous laissent sans voix, Anyone's Ghost morceau typique d’un groupe qui a misé toute sa réussite sur une batterie incroyable et un songwriting à la limite de la déprime, est un bel exemple du professionnalisme du groupe. Les années ont passé depuis leur début il y a 11 ans mais le talent est encore là comme le montre si bien cette déchirante ballade.

Extrait de l'album High Violet
Label : 4AD
Myspace




16 : M.I.A - Born Free

33 ans après les extrémistes Suicide, M.I.A. les remet au goût du jour avec son nouveau single. En parlant d’extrémisme, la version de M.I.A. ne l’est pas moins, plus violente, plus punk (oui oui !). Mathangi "Maya" Arulpragasam (ça ne s’invente pas) a décidé de tout faire péter dans ce titre qui ne change pas totalement de l’univers de Paper Planes mais qui laisse totalement sur le carreau les amoureux de R’N’B bon marché qui avaient pu flasher sur elle à l’époque du succès international de sa chanson phare.

Extrait de l'album /\/\ /\ Y /\
Label : N.E.E.T
Myspace




15 : LCD Soundsystem - All I Want

En 2010, James Murphy réveille l’esprit de Bowie avec ce All I Want aux sonorités rappelant bizarrement le Heroes de ce dernier et ça marche toujours aussi bien ! On retrouve cette guitare plaintive sonnant telle une alarme tandis que le piano frappe frénétiquement les mêmes notes durant la totalité de la chanson pour ce qui ressemble à une longue ascension à la recherche de l’extase perdu chez l’auditeur. Clin d’œil musical, répétition, montée progressive… On a beau connaitre la recette LCD, le chef James Murphy continuera à nous surprendre pour sa capacité à donner toujours plus de plaisir à ses auditeurs.

Extrait de l'album This Is Happening
Label : DFA
Myspace




14 : Robyn - Dancing On My Own

Irrésistible, c’est le mot pour désigner cette chanson affolante taillée pour truster le haut des charts. Quand il s’agit de faire danser, on peut compter sur Robyn pour donner le meilleur d’elle-même, avec son rythme affolant, ses beats jubilatoires et les cents autres idées qui parcourent ces quelques minutes. La Suédoise signe ici une bombe popisante comme on en voit trop rarement ces derniers temps. C’est aussi une œuvre déchirante, nous clamant sa déception amoureuse avec ferveur, le cœur en pièces, mais qu’importe pour elle, du moment qu’il y a la musique. Comme elle le dit si bien « I keep dancing on my own », on devrait en faire autant.

Extrait de l'album Body Talk
Label : Konichiwa
Myspace




13 : Four Tet - She Just Likes To Fight

Et si le meilleur morceau de Four Tet n’était pas électro? On serait tenter de dire électronica mais c’est la guitare, la vedette de cette composition et non les machines. En clôturant son nouveau disque, Kieran Hebden ne pouvait nous faire de plus beau cadeau. Durant ces quelques minutes, tout y coule de source, l’arpège se dévoilant au fil du temps sans jamais décevoir, tout en douceur et en rêverie… Ce titre est une invitation à l’évasion dans des paysages désertés, à la contemplation de décors d'une beauté rare. She Just Likes To Fight, c’est un peu ça… Une beauté rare.

Extrait de l'album There Is Love In You
Label : Domino
Myspace




12 : Future Islands - Tin Man

Il y a chez Future Islands un nombre incalculable de grands morceaux mais Tin Man tient sans doute la dragée haute. Pour cet instrument ouvrant la chanson qui ressemble à un steel drum me faisant irrémédiablement penser à des sonorités en provenance directe des Caraïbes mais qui, au lieu de me faire sourire, me rend tout simplement hagard… Il y a ces guitares aussi, brouillonnes et nerveuses, sur les refrains qui, au lieu de me casser les tympans, rendent ce morceau si grave, si tragique… Et puis il y a cette voix excessivement grave qui, au lieu de sombrer dans le ridicule, prend aux tripes « I am the Tin Man », clame t’il. Il est le bûcheron en fer blanc, l’homme sans cœur… De son désespoir, J. Gerrit Welmers fait jaillir l’une des plus belles choses qu’il nous a été donné d’écouter cette année.

Extrait de l'album In Evening Air
Label : Thrill Jockey
Myspace




11 : Caribou - Sun

Quand Caribou délaisse la pop pour se lancer corps et âme dans l’électro, il en résulte quelques pépites dont le radiant Sun, superbe titre qui n’est qu’une longue ascension dans l’excitation, provoquée par l’écoute de cette composition. Sans connaître une évolution conséquente, la chanson ne lasse jamais durant ces 6 minutes grâce à de nombreuses idées notamment sur le rendu sonore. Daniel Victor Snaith exulte, hypnotise la masse jubilée par tant de virtuosités. Plutôt pas mal pour un artiste qui n’en est qu’à ses débuts dans le domaine de la dance music.

Extrait de l'album Swim
Label : City Slang
Myspace