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Top albums 2011 : 10ème - 1er


Enfin! On y est, les dix meilleurs albums de l’année sont là, ils sont beaux, on les aime. J’espère que vous aurez apprécié ce bilan musical qui m’a donné beaucoup de travail, je tiens à le préciser. On ne va pas faire un long discours, les articles parlant d’eux-mêmes je vous souhaite donc comme d’habitude une bonne lecture, une bonne écoute, et je vous dis à bientôt en espérant une année 2012 de haute tenue en matière de musique.

Vous trouverez tout en bas un lecteur pour écouter les chansons. En cas de problème (chanson inécoutable, lecteur absent/cassé…), n’hésitez pas à me laisser un commentaire pour corriger le problème.

Pour rappel :



10 : Petit Fantôme - Yallah


On n’aimerait pas lui mettre la pression mais on attend énormément de Pierre Loustaunau dans un futur proche. Avec ce mini album (en fait c’est un EP, enfin je crois, mais on s’en fout), Petit Fantôme nous offre ce que l’on aimerait entendre dans chaque formation Française se disant pop : un minimum d’originalité. Car en plus de composer de superbes mélodies, l’artiste bricole ses compositions en y ajoutant une multitude d’idées et d’effets pour mieux les faire décoller. On saluera au passage le travail de Père Dodudaboum et de Pendentif qui réalisent chacun un remix non dénués d’intérêts.Si cela ne suffisait pas, Petit Fantôme prend le risque de chanter en Français mais force là encore l’admiration avec des textes ensoleillés faussement candides. On y parle de tout plaquer pour partir vers une destination idéale où l’on y vivrait d’amour et d’eau fraiche. Son univers a un parfum d’adolescence et de nostalgie, on s’affranchit des barrières pour vivre nos aspirations. Yallah est un disque plein d’espoir où l’on s’abandonne aux rêves et à un passé fantasmé.

Label : Animal Factory


09 : Telekinesis - 12 Desperate Straight Lines


12 Desperate Straight Lines est un peu la surprise de ce top 10. C’est la surprise parce que son premier album n’avait vraiment rien de folichon, un album pop/rock sans grande envergure. Cette seconde livraison est du même acabit, les chansons sont simples et évoluent toutes dans le même registre. Qui plus est, Michael Benjamin Lerner n’innove en rien, c’est juste un disque de power pop comme l’ont fait des milliers d’autres groupes avant lui. A l’heure des bilans, force est de constater que 12 Desperate Straight Lines a été un des albums les plus écoutés de l’année. La recette est pourtant simple mais Telekinesis a sûrement écrit le disque le plus homogène et le plus estival. Les mélodies sont légères, courtes et efficaces, on l’écoute d’une traite et qui plus est, en boucle. Telekinesis s’est avéré être le compagnon idéal pour les réveils embrumés, les ballades sous un soleil de plomb et finalement, pour tous les moments de la journée et de la nuit. Michael Benjamin Lerner a démontré qu’il n’était pas nécessaire d’innover pour faire un bon disque, une chose que l’on a tendance à oublier de nos jours.

Label : Merge


08 : Moomin - The Story About You


The Story About You est un cas étrange car il a tout de l’album chiant. Inutile de préciser que sa présence dans le Top 10 prouve tout le contraire. Tout d’abord, c’est un disque long. Avec 10 chansons pour plus de 60 minutes, on pourrait nous faire frôler l’indigestion surtout quand la musique évolue si peu tout du long. Seulement, on ne sait par quel miracle, la musique du Berlinois devient l’un des voyages les plus passionnants et hypnotisants de l’année. Du titre éponyme avec sa rythmique folle en complet décalage avec le piano d’une tristesse sans pareil, à Sundaymoon qui clôture le disque dans un ballet aérien mené par des beats omniprésents, on est sous le charme. Moomin s’autorise tout, changeant d’ambiance constamment comme avec cette escapade enivrante et jubilatoire qu’est I Wanna. Tout cela, sans jamais sacrifier cet équilibre entre les rêveries que sa musique nous procure, la beauté fragile qui nous touche et l’excitation qui nous envahit.

Label : Smallville


07 : King Creosote & Jon Hopkins - Diamond Mine


Diamond Mine, c’est avant tout l’histoire d’une collaboration entre deux orfèvres : King Creosote et Jon Hopkins. Le premier est un bourreau de travail qui a tendance à sortir autant d’albums qu’il n’y a de mois dans l’année, de l’autre côté on retrouve Jon Hopkins, électronicien et producteur de génie qui ne cesse de grimper les échelons. Ensemble, ils construiront cette œuvre sur 7 ans, sans contraintes, ils ont pris tout le temps dont ils avaient besoin pour écrire ces quelques compositions. Tandis que King Creosote s’est occupé de composer, d’écrire les paroles et de les interpréter, le travail de Jon Hopkins a été tout aussi important en tant que producteur. Diamond Mine est presque un disque d’ambiance où le bruit des vagues et des discussions dans les cafés résonnent à nos oreilles. Jamais pompeux, c’est au contraire un disque plein d’humilité et de pureté. Si l’on pourrait y voir un disque inoffensif, sachez qu’une fois apprivoisé, il ne vous lâche plus, il vous obsède au point de ressentir le besoin de s’en abreuver jusqu’à en tarir la source. Heureusement pour nous, elle semble inépuisable tant les richesses dévoilées se font de plus en plus nombreuses, car il suffit de tourner, dans nos doigts fébriles, ce diamant brut pour y découvrir une facette toujours plus étincelante.

Label : Domino


06 : The Roots - Undun


On croyait que The Roots était à l’agonie, perdu dans des productions sans intérêt qui se contentaient de recycler ce qu’ils avaient déjà fait en mieux par le passé. Il n’y avait donc en toute logique, rien à attendre du 11ème album studio de The Roots, surprise, c’est peut être le meilleur. En regardant les avis d’autres blogueurs et webzine, je suis tombé sur la critique de Soul Brotha Music qui en quelques mots résument en quoi Undun est si important : "On dit rarement d’un album Rap qu’il est émouvant". Tout est là. A vrai dire, je n’ai jamais été autant touché par un album de rap. The Roots y raconte sur toute la durée du disque, la triste vie de Redford Stevens, un jeune vivant dans une banlieue pauvre des Etats Unis. La plus belle idée aura été de commencer par la mort du personnage, au fil des chansons, on remonte son histoire, on découvre la vie de cet anti-héro inspiré par une chanson de Sufjan Stevens qui rejoue pour l’occasion ce titre. Entre les 4 mouvements instrumentaux qui concluent le disque, les mélodies poignantes et cette rage qui avait quitté le groupe depuis un moment, Undun est un vibrant témoignage du talent d’un des groupes les plus importants du Rap.

Label : Def Jam


05 : Atlas Sound - Parallax


4ème meilleur album en 2008, 29ème en 2009 (réévalué à la hausse depuis), 4ème en 2010… Les années passent et Bradford Cox continue de truster mes tops de fin d’année sans réussir à décrocher la 1ère place. Soyons clair, ce gaillard est très talentueux et le prouve encore avec Parallax, un album qui regorge de pépites. Cependant, l’artiste doit être frappé par une malédiction où je ne sais quoi mais le fait est qu’il y a "un problème Bradford Cox". Aux débuts de sa carrière, jusqu’à Logos, on regrettait l’inégalité de ses productions dus à des titres plus brouillons qui pâtissaient face au reste du disque d’une toute autre ambition. Avec Halcyon Digest, son groupe révélait un son plus pop et laissait de côté les expérimentations sonores qui nuisaient à la cohérence de leur disque. Pas de bol certaines chansons nous faisaient regretter le Deerhunter d’autrefois. Sur Parallax, il en est de même, le son est bien plus travaillé et les titres ambiants et expérimentaux se sont fait la malle. Problème, son projet solo ressemble beaucoup trop à son groupe initial et manque cruellement de singularité. A ce moment là, on est bien embêté et on ne voit pas comment il pourrait franchir un nouveau cap car, à défaut de chef-d’œuvres, il continue d’écrire de grands disques. Si les reproches sont nombreux, il ne faut pas oublier qu’il reste un des plus passionnants compositeurs de son époque. Comme d’ habitude, Parallax est peuplé de grandes compositions où l’étrangeté des titres finit par dévoiler leurs incroyables richesses grâce à un remarquable sens de la mélodie. Ce nouvel album est imparfait, et il n’est donc pas un chef d’œuvre mais peut être n’est ce pas plus mal, c’est peut être tous ces défauts qui le rendent si humain et si touchant.

Label : 4AD


04 : Real Estate - Days


Malgré les changements de membres qui ont eu lieu au sein de la formation de Real Estate, le groupe est resté le même depuis sa découverte en 2009. Il y a un véritable savoir faire pour déclencher des émotions chez l’auditeur. Days est, comme son prédécesseur, aérien, c‘est un disque de doux rêveur évoquant l’évasion et où la mélancolie est sans cesse invitée. La principale force du quatuor devenu quintet avec l’arrivée d’un claviériste est ce talent pour mêler les lignes de guitares sans jamais sonner brouillon mais au contraire, créer une véritable alchimie. Dès les premières écoutes tout est clair, les guitares n’ont jamais aussi bien sonnées, les mélodies nous éclatent en plein visage et le charme agit instantanément. Days est un album pop évident, un album que peu d’écoutes suffiront à apprivoiser mais qui se dévoile être passionnant dans sa construction. Ce disque appartient à cette catégorie très fermée qui révèle à chaque écoute de nouvelles subtilités et les nombreuses couches de guitares en apparence n’y sont pas pour rien. Peut être est ce parce que leur musique respire la sincérité et l’humilité que ce groupe possède un capital sympathie énorme mais il faut bien l’avouer, Days est une réussite et est plus qu’une simple confirmation de leur premier essai mais un gage de qualité pour l’avenir. Real Estate ne réinvente rien mais ce qu’ils font, ils le font merveilleusement bien et dans leur domaine, peu de groupes peuvent prétendre rivaliser avec eux.

Label : Domino


03 : Panda Bear - Tomboy


On est en avril et on croit tenir l’album de l’année, pourtant, les mois passent et Tomboy ne revient que très rarement dans les oreilles. Il faudra attendre le 29 novembre et le passage de Noah Lennox dans la capitale pour retrouver les sensations que ce disque nous avait procuré à sa sortie. Ce concert a été d’une importance capitale pour comprendre l’ampleur de cette production et l’apport essentiel de Sonic Boom. Il faut savoir que Panda Bear recherche constamment à sonner différemment, après l’acoustique Young Prayer et le luxuriant Person Pitch basé sur des samples, Noah Lennox cherchait une nouvelle approche à sa musique résolument pop. La solution, il la trouvera donc avec Peter Kember qui accentue l’écho surdéveloppé du disque qui était déjà très marqué avant son arrivé et lui apporte des sonorités beaucoup plus mécaniques. S’affronte alors deux mondes, d’un côté il y a ce son très froid et industriel, de l’autre, il y a la sensibilité pop très nature de Noah Lennox. Les deux hommes nous convient alors dans un étrange voyage où l’on découvre une nouvelle facette de l’artiste. Il réussit une nouvelle fois à nous surprendre aussi bien par la qualité de ses compositions que par son travail effectué au niveau du son. Pourtant derrière ce travail très réfléchi, Panda Bear écrit une musique sensorielle, celle qui convoque votre imaginaire, qui vous berce, qui vous fait rêver et vous fait oublier.

Label : Paw Tracks


02 : Robag Wruhme - Thora Vukk


Fermez les yeux et imaginez une techno assez minimale aux rythmes toujours plus frénétiques mais qui laisseraient se faire envahir par les cordes et le piano pour un résultat aussi jouissif que poétique. Ce disque se passe de mots, c’est une musique que l’on vit et qui vous happe dès les premières secondes, c’est une musique aussi belle que dansante, troublante, qui ne cesse de vous faire frissonner. Thora Vukk est un bel exemple de cette capacité de passer par deux états complètement différents, on est submergé par le piano et les cordes superbes avant que la rythmique endiablée ne reprenne le relais. Que dire des voix furtives sur Tulpa Ovi qui justifieraient à elles seules l’achat de ce disque. Thora Vukk est un album onirique, beau, mélancolique, nostalgique et poétique (oui oui, tout ça à la fois), il vous rend béat et vous emporte dans votre imaginaire. C’est un plaidoyer pour la vie, des jolies choses et de ces moments magiques que vous repassez dans votre tête alors que vos pieds ne peuvent s’arrêter de danser.

Label : Pampa


01 : Kurt Vile - Smoke Ring For My Halo


2011 aura été ma véritable rencontre avec Kurt Vile, un jeune compositeur plein de talents qui à déjà bien roulé sa bosse. Dès le premier titre, Kurt Vile développe un folk aérien, rêveur et mélancolique, on est charmé instantanément. Malgré son jeune âge, cet enfant prodige fait preuve d’une grande maturité. A la frontière du chant et du parlé, sa voix se fait grave et profonde et son interprétation n’a d’égal que ses compositions remarquables. Kurt Vile évoque souvent un Dylan plus psychés ou un Tom Petty moderne. Smoke Ring For My Halo est une évidence, il est touché par la grâce où chaque composition est limpide. Sans rien inventer, Kurt Vile écrit des titres aux allures de classique Folk/Rock, c’est un disque songeur qui laisse à l’auditeur le temps d’apprécier chaque note de son jeu libéré. Les cordes résonnent dans nos oreilles, elles nous caressent délicatement le tympan, on frissonne parfois sur quelques refrains à la beauté irréelle. Surtout, ce disque vieillit chaque jour un peu mieux, d’un excellent exercice de style, Smoke Ring For My Halo est devenu un trésor intemporel d’une élégance et d’une justesse rare.

Label : Matador

Top albums 2011 : 30ème - 11ème


Ça y est, on arrive bientôt à terme de ce top 2011 qui restera musicalement une petite année. Il faut l’avouer on n’a pas été aussi impressionné qu’auparavant et la sélection fut plus simple que par le passé. Avec les artistes de la 30ème à la 11ème place on monte cependant encore d’un cran niveau qualité. Souvent pleins d’ambitions, ils auront surtout animé notre année grâce à des compositions bouleversantes et/ou grisantes, le tout emballé dans des œuvres homogènes. Parce qu’on ne le dira jamais assez, une excellente moitié d’album ne fera jamais un grand disque. 

Vous trouverez tout en bas un lecteur pour écouter les chansons. En cas de problème (chanson inécoutable, lecteur absent/cassé…), n’hésitez pas à me laisser un commentaire pour corriger le problème. 

On se retrouve samedi pour les 10 meilleures chansons selon Ears Of Panda. Bisous!



30 : The Pains Of Being Pure At Heart - Belong


Après un premier album réussi, The Pains Of Being Pure At Heart nous livre Belong, son grand frère plus heavy. Dès le premier titre, la batterie et les guitares pètent de mille feux mais ils n’ont pas perdu le côté candide et fleur bleu de leurs débuts pour autant, en particulier grâce à la voix de Kip Berman qui parait toujours aussi précieuse en chantant ses textes candides. La recette n’a donc pas beaucoup changé, mais il y a toujours un réel plaisir à écouter le groupe qui continue d’enchainer les tubes, Belong gagnerait peut être même en homogénéité par son absence de temps mort.

Label : Slumberland


29 : Seapony - Go With Me


Après le choc qu’à été la chanson Dreaming l’année dernière, on les retrouve en toute logique dans le top album avec ce premier essai transformé. Contrairement au premier single, le reste de l’album se fait plus doux, plus joli et moins rentre dedans. Go With Me est en fait un disque de Dream Pop lumineux, c’est une ode aux rêves, un disque d’été qui donne envie de faire des bisous à tout le monde. Loin d’être violent, Go With Me est un disque Bisounours et contrairement aux politiques, j’aime les Bisounours, je les trouve cool même… Comme Seapony!

Label : Hardly art


28 : Andy Stott - Passed Me By / We Stay Together


Le DJ/producteur de Manchester s’est sacrément fait remarqué cette année avec sa doublette Passed Me By We Stay Together, il faut dire qu’Andy Stott a le don pour nous faire découvrir des sonorités originales et bougrement passionnantes. Durant ces deux courts disques, Andy Stott développe un son caverneux. L’ambiance est sombre et sale mais on ne cesse d’être attiré par les percussions brutales qui nous envahissent. Ces deux disques se révèlent être un voyage des plus hypnotisant si  on accepte de se faire absorber par sa musique singulière.

Label : Modern Love


27 : Son Lux - We Are Rising


2010 a vu l’accouchement de deux œuvres baroques, complexes et réussies. D’un côté Owen Pallett et son concept album, de l’autre, Sufjan Stevens qui re-signait son deuxième chef d’œuvre absolu à la suite après Illinois en 2005. Son Lux, lui est New Yorkais et vient faire le pont entre les deux esprits délirants de ses aïeux. En conjuguant classicisme et essais électroniques, Ryan Lott signe une œuvre folle et ambitieuse. Les idées fusent et les innombrables instruments se rencontrent, difficile alors de ne pas être bluffé par la performance quand on sait que le disque a été réalisé en 1 mois seulement!

Label : Anticon


26 : DJ Quik - The Book Of David


DJ Quik est une figure incontournable du rap Américain, enfin paraît-il, honnêtement on n’avait jamais entendu parler de lui avant ce disque plébiscité. Cet homme a pourtant été un rappeur respecté au même niveau que Dr. Dre sur la West Coast, c’est dire… On n’est donc beaucoup moins étonné à l’écoute de The Book Of David qui puise directement ses influences dans le passé. En effet, derrière la production parfaite de ce septième album, il y a une saveur des années 80/90, sans jamais tomber dans une musique cheap, au contraire. The Book Of David brille par la complexité des chansons et la classe décontracté qui s’en dégage. Après un hiatus de 6 ans, DJ Quik, âgé de 41 ans, montre qu’il est toujours dans l’air du temps.

Label : Mad Science


25 : Youth Lagoon - The Year Of Hibernation


A l’instar de Chris Garneau, Youth Lagoon fait partie de ces artistes qui paraissent si chétifs et proprets au premier abord. Contrairement à ses petits camarades, la musique est ici plus tordue, cachée par un épais brouillard. Le son est sale mais il n’empêche pas les mélodies somptueuses de bout en bout de nous éclater en plein jour. Ce petit con de 22 ans arrive à créer un premier album superbe pour tous ceux qui aime les mélodies poignantes et les montées vertigineuses.

Label : Fat Possum


24 : PJ Harvey - Let England Shake


Quatre ans après le miracle White Chalk et deux ans après sa collaboration chiante avec John Parish, Polly Jean Harvey revient sur le devant de la scène avec son huitième album studio. Rare sont les artistes de son époque qui ont encore une chose à dire et il faut admettre, alors que c’est loin d’être ma favorite, qu’elle se débrouille à merveille. En réalité, Let England Shake lui permet de se réinventer un son, de proposer un univers complètement différent que par le passé. Le plus étonnant est la texture du disque, les guitares sont vaporeuses comme un lointain écho ou un fantôme qui ne serait que de passage. Enfin, il y a toutes ces petites idées que l’on découvre au fil des écoutes et qui font de ce disque une des productions les plus inventives de l’année. Respect meuf.

Label : Island


23 : M83 - Hurry Up, We're Dreaming


Avec son sixième album, le Français Anthony Gonzalez semble enfin trouver la voie du succès, en particulier en France (si tu as une place en trop pour la cigale contacte moi!). Portée par un tube qui aura fait danser plus d’un, Hurry Up, We’re Dreaming est la bande son parfaite de notre adolescence endormie. C’est un plaisir dégressif, à la fois pompier et démesuré (double album oblige). M83 réalise un album de shoegaze gloubi-boulga avec un trop plein de synthés mais qui force l’admiration face à ce travail titanesque.

Label : Naïve


22 : The Weeknd - House Of Balloons / Thursday / Echoes Of Silence


L’un des évènements de l’année est sans conteste le R’n’B du canadien de The Weeknd. En quelques mois, Abel Tesfaye signe une trilogie passionnante (gratuite qui plus est). Si les débuts ont été des plus difficiles pour l’apprivoiser, on finit par discerner chez lui une ferveur réellement sincère avec un chant sans cesse poussé dans ses retranchements par les beats toujours plus présents et menaçants. Les samples, de Beach House à Cocteau Twins en passant par Martina Topley BirdFrance Gall ou encore Aaliyah, témoigne d’un réel intérêt pour la musique d’aujourd’hui qui s’entend dans ces 145 minutes intenses et excitantes.

Label : XO
A télécharger gratuitement et légalement ici


21 : Nils Frahm - Felt


Il fait un froid glacial, heureusement, vous apercevez un chalet vers lequel vous vous précipitez. Arrivé au pas de la porte un homme vous ouvre, vous donne des vêtements de rechange, vous prépare un chocolat chaud, une couette et vous installe au coin du feu. Vous vous laissez emporter par cette lumière chaude qui vous entoure vous faisant oublier la tempête de neige qui semble si loin maintenant.  C’est alors que l’homme se met au piano et commence à ne jouer rien que pour vous. Le parquet craque, les pieds ne cessent d’appuyer sur les pédales comme si ils battaient la mesure. Sa musique vous apaise, épuisé vous vous endormez.

Label : Erased Tapes


20 : Destroyer - Kaputt


Ça fait un petit moment que le saxophone fait un retour en force. A force de tout recycler, les artistes, à défaut d’idées originales, ne savent plus quelle mode relancer au point de faire les fonds de tiroir. Kaputt c’est donc : un synthé romantique 80’s + un saxophone romantique 80’s + une voix nasillarde 80’s. Paf, tiercé gagnant! Il assemble sûrement les trois trucs les plus dégueulasses que la musique ait crée. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le résultat est tout sauf atroce. Kaputt est une indéniable réussite grâce à l’élégance qui se dégage de chaque composition. Rarement un saxophone de ce genre (genre romantique kitsch au clair de lune si tu vois ce que je veux dire) n’aura aussi bien sonné. L’album est un beau et paisible voyage sans jamais être chiant, une de ses principales forces avec le fait qu’il ne paraît jamais daté ou ringard. Kaputt a un charme fou et une grande originalité qui ne demande qu’à être réécouté encore et encore.

Label : Merge


19 : Wild Beasts - Smother


En ayant trouvé un juste équilibre entre théâtralisation de leur musique et justesse des arrangements, Wild Beasts ne tombe jamais dans le ridicule et réussi pour la troisième fois à écrire un disque à la beauté glaciale et mélancolique. On serait même tenté de le rapprocher à Ok Computer. Sans atteindre la même perfection, il a cette approche d’un rock atmosphérique, naviguant hors du temps… Depuis quelques années je m’inquiète pour le rock anglais, mais le pays de Kate & William () garde encore quelques trésors qui ne cessent de briller malgré les années passées.

Label : Domino


18 : The Field - Looping State Of Mind


Ça fait trois disques que le gugusse nous sert la même chose et ça fait trois fois qu’on se fait avoir. Encore une fois, The Field nous agrippe le bras et injecte insidieusement ses boucles qui se répètent à n’en plus finir. Avec une moyenne de 9 minutes par titre (ha oui quand même), le Suédois insuffle au fil du temps de nouvelles composantes, la pression monte petit à petit et la transe avec. La grande différence avec ses deux précédents travaux réside dans le fait que sa musique se fait moins atmosphérique et contemplative que par le passé au profit d’un son plus club et donc plus dansant. Moins belle, la musique de The Field restera tout de même cette année, un sommet de béatitude et d’évasion.

Label : Kompakt


17 : Shabazz Palaces - Black Up


Après un quart de siècle, le label Sub Pop qui nous a permis de découvrir le grunge de Seattle et qui depuis, supporte tout le fleuron du rock indé des dernières années, signe pour la première fois un groupe de rap. Un acte étrange qui nous a poussé à nous pencher sur la musique de Shabazz Palaces, un duo originaire de Seattle (comme Sub Pop!). Constat : Shabazz Palaces  est loin d’être banal qui signe un disque aussi complexe qu’il est facile à dompter. Dans la grande famille du rap, Black Up se rangera difficilement dans une catégorie car c’est un assemblage de genres, fait de chansons à tiroir où une boucle en cache une autre. Il en va de même pour les mélodies, les constructions sont alambiquées mais ne rechignent pas sur les répétitions sonores. 

Label : Sub Pop


16 : Sandro Perri - Impossible Spaces


Forcément, on pense au dernier album de Dirty Projectors à l’écoute de la dernière production du Canadien Sandro Perri. Tous deux semblent aimer s’éloigner du chemin tracé aux débuts de leurs chansons. Ils ont cette façon d’introduire, sans crier gare, de nouvelles parties instrumentales, histoire de complexifier leurs compositions. Il y a aussi ce même goût pour la musique Africaine comme on peut le ressentir dans les guitares et la rythmique. Contrairement au groupe de Brooklyn, on retrouve une composante jazz très marquée qu’il ne faudrait pas oublier ici. Impossible Spaces pourrait être glacial mais à l’image de sa pochette, Sandro Perri propose un disque chaleureux où les idées ne cessent de se multiplier au fil des minutes.

Label : Constellation


15 : Smith Westerns - Dye It Blonde


Loin du son garage Lo-fi de leurs débuts, pourtant très tendance en cette saison automne/hiver 2011, les jeunots (putain 20 ans…) de Chicago signe un disque entre pop classique et Glam Rock. Bien que ça dégouline beaucoup au niveau des guitares (le single criard Weekend par exemple), il y a un sens mélodique hors pair chez Smith Westerns qui leurs permettent d’aligner les chansons imparables les unes après les autres. Avoir autant de talent à 20 ans en deviendrait presque indécent.

Label : Fat Possum


14 : Girls - Father, Son, Holy Ghost


Faire mieux que leur premier effort n’était pas une mince affaire et pourtant, il semblerait que le pari soit tenu. La fougue a disparu au profit d’une maîtrise et d’une maturité qui leur va comme un gant. On pourra reprocher beaucoup de choses à Father, Son, Holy Ghost mais on ne pourra pas douter de l’honnêteté de leur démarcheIls font dans l’emphase des sentiments sans jamais tomber dans la caricature. Il y a chez ces Californiens une innocence bienvenue et touchante. Si cette maturité pourra être vue comme un disque rétrograde/passéiste, on lui préférera le terme de classique car c’est bel et bien un grand disque qui se cache derrière leur apparente fragilité.

Label : True Panther Sounds


13 : Fucked Up - David Comes To Life


Si il y a deux ans le groupe m’avait laissé sur le carreau avec un genre dont je suis peu habitué, cette fois ci, ils remportent totalement mon adhésion en lissant leur jeu sans se corrompre pour autant. A travers l’histoire tragique d’un ouvrier travaillant dans une usine de fabrication d’ampoules, Fucked Up signe un grand album de punk/rock ambitieux. Peuplé de riffs efficaces aussi beaux que revigorants, les Canadiens nous tiennent éveillés sur toute la durée du disque. Mieux, ils nous captivent par les moyens mis en œuvre pour nous faire exploser les tympans. Bref, à l’heure où l’avenir de Fucked Up est incertain on est quelque peu attristé à l’écoute de ce putain de disque qui, mine de rien, se trouve sans concurrent sérieux à portée de main.

Label : Matador


12 : Nicolas Jaar - Space Is Only Noise


Si la musique de Jaar n’a jamais été destinée à faire guincher les foules, il y avait tout de même dans ses débuts un aspect plus dansant qui imprégnait sa musique. Nicolas Jaar prend à contre pied ses auditeurs en livrant un disque d’ambiance presque introspectif. Sans l’air d’y toucher, cet artisan sonore multiplie les références. Il imprègne Space Is Only Noise de toutes les musiques qu’il a aimées pour, au final, livrer un album en forme d’hommage. Beau gosse, 21 ans, musicien talentueux, inventif… On aimerait tant le démonter, mais on ne peut que s’incliner devant la maîtrise de son premier disque…

Label : Circus Company


11 : Thee Oh Sees - Castlemania / Carrion Crawler/The Dream


Bien connu des fans de rock garage, Thee Oh Sees s’est construit une solide réputation sur scène mais il n’en allait pas de même sur leurs albums un peu trop fouillis, qui avaient tendance à tourner en roue libre. Avec ce diptyque, le problème est enfin réparé. Un groupe, deux albums mais aussi deux ambiances. Si l’on peut trouver que ce genre tourne en rond, le groupe a été assez malin pour sortir deux disques très différents dans leurs ambiances et leurs ambitions. Castlemania veut clairement se démarquer de la production actuelle et propose ainsi un nouveau souffle au rock garage. En effet, loin de leur passé très électrique, on se retrouve face à une œuvre où la guitare se fait discrète et est agrémentée de flûtes, de saxophones et autres nappes de synthés aérienne. La grande réussite de  l’album est d’arriver à conjuguer ces nouvelles influences sans renier l’identité et l’esprit malade de Thee Oh Sees. Que les fans de la première heure se rassurent, Carrion Crawler/The Dream renoue avec le son de leurs débuts. Plus que jamais, les guitares sont incisives et les solos sanglants. Plus classique dans la forme, ce disque contient suffisamment d’hymnes au grand n’importe quoi pour figurer au côté de son faux jumeaux à cette 11ème place.

Label : In The Red