Lundi 30 main 2011 : Joy With Colors - Tarzan

Ca sent un peu l’été en ce moment non? Il fait beau, Roland Garros bat son plein et Joy With Colors sort son premier album. On peut dire que Julien et Timothée arrivent à point nommé avec ce Balcony. Ecrit et enregistré en un mois dans une salle de bain, les deux artistes en herbe ont choisi de faire dans la spontanéité et la fraîcheur sans pour autant écrire un disque complètement dépouillé. Au fil des chansons on découvre guitares, basse, synthés et surtout des percussions bricolées et inventives qu’on imagine réalisées avec tous les objets qui leurs sont passés sous la main. Sur ce point on pense parfois à Toy Fight qui avait ce même sens de la rythmique en s’affranchissant de la batterie classique pour proposer à chaque titre du sang neuf évitant ainsi la redite.

Avec ce premier essai, Joy With Colors propose une alternative intéressante à Vampire Weekend. On est bien sûr très loin du professionnalisme ou du niveau mélodique du groupe des jeunes New Yorkais mais il y a cette même légèreté et cette même joie qui traverse leurs chansons. La rythmique, point fort de ce disque, à la fois frénétique et quelque peu tribale n’y est pas pour rien dans cette comparaison.

Cependant on est un peu déçu que le chant ne soit pas en Français, surtout que l’accent à couper au couteau vire petit à petit à l’obsession, nous focalisant alors que sur cet aspect. La présence parfois trop pressante des synthés un peu cheap peut aussi gâcher le plaisir. Bien que l’on retrouve quelques exceptions heureuses, on préfère quand le duo laisse les guitares prendre le dessus comme sur le single impeccable Hello Starters.

Certes, on fait la fine bouche, car ce premier disque réussit à sortir quelques compositions réjouissantes et bien que fauché, ce disque se déguste comme un bon verre de rosé bien frais en plein cagnard.

En écoute aujourd’hui, Tarzan, la conclusion heureuse de Balcony qui réussit à trouver un juste équilibre entre les guitares et les synthés.



Extrait de l'album : Balcony
sortie le : 30 mai 2011
Label : Laybell
Myspace
En écoute dans le lecteur à droite.

Pour :
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Contre :
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Semaine 19 : Wild Beasts - Smother [Domino]



Depuis quelques années, je m’inquiète pour le rock anglais. Entre lourdeurs et clichés, il peine à évoluer contrairement à son cousin d’outre-Atlantique qui a su rebondir après le dictat imposé par le succès du revival rock du début des années 2000 mené par les Strokes. Bien sûr, quelques groupes échappent à la règle comme la surprise XX ou Wu Lyf pleins de promesses qui, on l’espère, se concrétiseront avec leur premier album à venir en juin. A côté de ces mastodontes, il y a pourtant quelques exceptions plus discrètes dont Wild Beasts en fait partie. Auréolé d’une nomination au Mercury Prize, la consécration n’est pas encore arrivée pour ces quatre Anglais. Pourtant, avec trois albums et trois réussites il serait temps que le succès commercial frappe à leur porte et Smother pourrait bien sonner le début de la reconnaissance.

Encore une fois, Wild Beasts réussit sur toute la ligne un disque cohérent et surprenant. Faisant peur quelques secondes sur l’introduction de Lion's Share dû à la voix ampoulée de Hayden Thorpe, il suffit de l’arrivée du piano pour faire disparaitre tous nos doutes. La voix, parlons en… Elle sera sûrement le frein pour certains, d’un côté il y a celle de Tom Flemming, une jolie voix grave et assez classique et de l’autre, celle d’Hayden Thorpe. Ce n’est sûrement pas l’atout du disque, même si sa voix est impressionnante, il en joue beaucoup. Théâtrale à souhait il passe des graves aux aigus avec une aisance déconcertante jusqu’à en faire parfois un peu trop… Toujours à la frontière entre le ridicule et le sublime on penche pourtant ici pour la deuxième option. On est autant chamboulé par les refrains aigus d’Albatross que ses halements sur Bed Of Nails.
La principale qualité du disque reste ses compositions dont une moitié est tout simplement superbe. Bien qu’il y est parfois un relent de classicisme dans leurs chansons et tout particulièrement dans le son des guitares qui rejoint à peu près la moitié de la production actuelle du rock Anglais, Wild Beasts fait preuve d’un véritable savoir faire. A chaque fois que les guitares jouent ensemble, il y a cette impression de spirale, chacune se mêlant à l’autre pour mieux se complémenter. Loop The Loop est peut être le plus bel exemple, où la magie opère le mieux. Jamais simple au premier abord ce n’est qu’à l’arrivée du refrain que tout se révèle. La plupart des chansons marchent dans ce sens et si Smother (étouffement), le titre de l’album pourrait s’appliquer aux couplets, les refrains font office de véritables bouffées d’air frais nous sentant alors libéré.

Les percussions qui avaient si bien marchés sur le précédent disque sont toujours là, empruntant aux rythmiques africaines elles se font cependant moins présentes, la voix restant la pièce maitresse de leur création. Cependant, le piano et les sonorités électroniques se font beaucoup plus présents, d’ailleurs on n’est nullement étonné d’apprendre qu’ils aient enregistré dans le même studio que Four Tet où l’on retrouve ce même goût pour les sonorités cristallines si fragiles mais si belles.

En ayant trouvé un juste équilibre entre théâtralisation de leur musique et justesse des arrangements, Wild Beasts ne tombe jamais dans le ridicule et réussit pour la troisième fois à écrire un disque à la beauté glaciale et mélancolique. On serait même tenté de le rapprocher à Ok Computer. Sans atteindre la même perfection, il a cette approche d’un rock atmosphérique, naviguant hors du temps… Depuis quelques années je m’inquiète pour le rock anglais, mais le pays de Kate & William (♥) garde encore quelques trésors qui ne cessent de briller malgré les années passées.



sortie le : 09 mai 2011
5 titres en écoute à droite.

Pour :
Indiepoprock
Nuage noir
La musique à Papa
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Couci couça :
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Contre :
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Samedi 14 mai : Okkervil River - The Valley

Okkervil River a une importance toute particulière pour moi. En effet, c’est lorsque je découvris le groupe en 2005 que ma boulimie musicale pour les nouveautés indépendantes a pris le dessus. Je compris alors que ce n’était pas dans les magazines musicaux que j’allais dénicher les perles rares mais bien dans une multitude de blogs et de sites alimentés par des passionnés. C’était en 2005 et la chanson For Real me terrassait. A mes yeux, cette chanson est peut être l’un des 20 meilleurs titres de la décennie passée. Il y a tant de ferveur et d’émotions qui l’habite que les frissons ne cessent de revenir à l’écoute de ces quelques minutes troublantes. Ce titre était sur le brillant Black Sheep Boy, une œuvre qui naviguait entre folk et rock et qui nous délivraient 11 compositions de hautes tenues qu’elles soient nerveuses ou d’une simplicité et d’une beauté désarmante.

Depuis, bien que ces Texans gardent une place dans mon cœur, l’attente entre leurs sorties a disparues. Pourtant, ils ont toujours su garder une qualité constante dans leurs albums mais il manquait toujours quelque chose pour revenir sur leurs disques contrairement à Black Sheep Boy. Ce quelque chose se retrouve peut être dans I Am Very Far. Pour la première fois depuis 2005, on sent Will Sheff avancer. On palpe l’excitation qu’à pu provoquer l’enregistrement de certains titres (Wake and Be Fine et son armée de guitare). Okkervil River, pour la première fois expérimente et se met en danger, l’Americana disparait pour laisser place à un disque plus pop/rock, ils tendent d’ailleurs à se rapprocher de groupes comme Arcade Fire en créant un disque plein de fougue et de grandiloquence.

Quand I Am Very Far fait dans le rock, la(les) batterie(s) tabasse(nt) et les guitares semblent être une armée entière. On parle ici de 7 guitaristes pour enregistrer certaines parties de l’album ce qui explique le souffle épique qui le parcoure. Quand ils se font plus posés, les violons prennent le relais tutoyant alors les cieux. N’hésitant pas à tomber dans une certaine forme de dramaturgie, on reste pourtant captivé et passionné par ce nouveau souffle que Will Sheff a donné à son groupe. Ainsi, on est emporté par la tempête de violons qui conclue l’intense We Need A Myth.

Peut être cet album sera oublié d’ici quelques mois, peut être que l’on y retournera que très rarement, mais pour l’instant, Okkervil River réussit à nous faire vibrer de nouveau. Grâce à ce second souffle ils restent un honorable groupe indie qui malgré les années passées ne s’est pas encore endormi sur ses lauriers.

En écoute aujourd’hui, The Valley, un titre qui explose, qui réveille ! Ecoutez moi donc cette batterie omniprésente ainsi que ces sonorités électroniques annonçant un renouveau du groupe. En un seul mot, Euphorisant !


Extrait de l'album : I Am Very Far
sortie le : 10 mai 2011
Label : Jagjaguwar
En écoute dans le lecteur à droite

Pour :
Bon pour les oreilles
Le noise
Des oreilles dans Babylone
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Contre :
Playlist Society
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#0003 : The Louvin Brothers – Tragic Songs Of Life (1956)



Alors que Fleet Foxes se voit consacré album de la semaine en cette année 2011, revenons 55 ans en arrière avec The Louvin Brothers. Contrairement à Elvis et Franky, ces deux frangins sont beaucoup moins célèbres dans notre contrée et pour cause, ils font de la country! Ce genre de musique c’est un peu comme la musette chez nous en plus classe mais qui reste un héritage culturel bien particulier dépassant rarement les frontières. Je ne vous cacherai pas que la country reste un genre qui me laisse froid, de la musique de péquenaud bon à écouter pour passer le temps quand on garde les vaches…

Pourtant, Tragic Songs Of Life n’est pas un véritable calvaire et cela grâce au genre un peu particulier de cette country qui officie dans la case "close harmony". Je ne vais pas me taper un paragraphe pour expliquer de quoi il s’agit (pour ça il y a wikipedia) mais disons que Simon & Garfunkel en sont les principaux ambassadeurs. Ainsi, Tragic Songs Of Life vaut principalement pour ses harmonies vocales entre les deux frères Louvin. D’un côté il y a le sage Charles à la voix plutôt basse, et de l’autre, Ira le grand frère alcoolique et violent dont la voix monte bien plus haut dans les aigus.

The Louvin Brothers évolue donc cette grande Amérique, poussiéreuse, pas celle des villes, mais des campagnes à une époque indécise. On pense aux Soggy Bottom Boys (Les culs trempés en français) le célèbre groupe imaginaire des Coen dans O’Brother, mais là où ces derniers s’inscrivaient dans un registre léger, le duo d’Alabama évoque les ruptures et les meurtres (appelé les murder ballad, un thème de prédilection chez les américains) à travers des chansons traditionnelles et des reprises plus modernes.

Bien sûr, rentrer dans leur musique est chose délicate puisque cela reste un disque assez vieux jeu hormis les parties vocales très réussies. Tragic Songs Of Life est un disque "sympathique" mais que l’on n’écoutera pas en boucle au risque de frôler l’indigestion. Malgré cela, si vous avez le courage d’écouter au moins le titre In The Pines et que vous avez l’oreille assez fine (comme moi quoi) vous reconnaitrez peut être une version bien plus populaire appelée Where Did You Sleep Last Night? jouée par Nirvana lors de leur célèbre MTV Unplugged.



Faut-il écouter ce disque au moins une fois dans sa vie? Si tu aimes les Baked Beans et le Dinky Dan, pour sûr!
Label : Capitol



In The Pines :


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Katie Dear :


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Mardi 10 mai : The Antlers - I Don't Want Love

Il y a deux ans, The Antlers sortait Hospice, un album au succès critique considérable. Chez Ears Of Panda, on ne s’était pas trop attardé sur le troisième effort du groupe. Vite écouté, vite oublié! Oublié à un détail près, Two, le single enchanteur, m’avait laissé des étoiles pleins les yeux, et des rêves pleins la tête. Cette chanson fut donc suffisamment marquante pour me plonger dans le nouvel album des New-Yorkais.

Dès la première écoute, Burst Apart se révèle bien plus direct et accrocheur, s’ils ont perdu en originalité, The Antlers écrit des compositions à la fois humbles et touchantes qui jouent la carte de la mélancolie en évitant soigneusement le pathétique. Comme le précèdent on n’évite pas quelques déchets ici et là, mais le disque arrive à se démarquer grâce à un intérêt qui ne faiblit pas au fil des écoutes. On attend patiemment les merveilles disséminées dans un disque qui arrive à être à la fois varié et fidèle à l’ambiance instaurée dès le premier titre.

Empreint d’une douce mélancolie, on s’attache aux titres composant ce disque. Qu’ils soient sous la forme d’un slow mélancolique et lascif (French Exit) dans un esprit de revival 80’s tout en contournant intelligemment les pièges de la parodie. Ou tout simplement Corsicana, une élégante ballade, entre contemplation et tristesse, qui réveille l’esprit de Buckley le temps de quelques précieuses minutes.

Burst Apart n’est pas un album à single, mais bien une œuvre à part entière, à la fois personnelle et prenante où chaque titre nous immerge toujours plus dans ce monde vaporeux et tristement beau.

En écoute aujourd’hui, I Don't Want Love, on démarre sur des guitares timides laissant la très belle voix de Peter Silberman prendre ses marques. Le refrain arrive, et les guitares se font aériennes et belles. La chanson ne cesse de gagner du relief avant de terminer là où elle avait commencé…



Extrait de l'album : Burst Apart
sortie le : 10 mai 2011
Label : French Kiss
En écoute dans le lecteur à droite

Pour :
Du-son
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Contre :
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Semaine 18 : Fleet Foxes - Helplessness Blues [Bella Union]



Nom d’un troupeau de mouton égaré! Les bergers sont de retours! Trois ans après leur premier album éponyme acclamé de toute part, les barbus de Seattle reviennent pour confirmer tous les espoirs que l’on avait placés en eux. Il en aura fallu du temps pour donner une suite mais il faut dire qu’entre déboires et travail acharné ce Helplessness Blues a finit par tourner à l’obsession au point de réenregistrer totalement le disque l’année dernière par soucis de perfection (avec à la clé une perte d’argent assez colossale…). Pas facile d’être les nouvelles stars du folk…

Pourtant il suffit d’une écoute pour ce rendre compte du travail impressionnant et de la rigueur dont ils ont fait preuve sur ce nouvel album. Salué pour leurs harmonies vocales dès leur EP Sun Giant, tout est ici amplifié. Montezuma, le titre d’ouverture, est sublimé par ces chœurs qui résonnent, les frissons ne sont jamais bien loin. Alors que Grizzly Bear gardait jusqu’ici la palme des meilleures vocalises, le groupe de Seattle vient sérieusement ébranler ce statut avec des chants qui avouons le sonnent à la perfection. Il suffit d’écouter The Plains pour être convaincu du travail titanesque effectué sur les voix au point d’attiser notre curiosité au sujet des concerts et s’ils seront capables d’en faire autant dans des conditions live (Réponse à Saint-Malo!).
Au-delà des voix, Helplessness Blues est un disque qui a une volonté constante de faire mieux que son prédécesseur, les guitares sonnent à merveille en occupant tout l’espace. Par exemple, l’interlude The Cascades est un véritable travail d’orfèvre où ces artisans construisent en 2 minutes chrono une véritable cathédrale folk à la fois pastorale, magique et émouvante. Au-delà d’une production aux petits oignons, Fleet Foxes brille une nouvelle fois par son songwriting brillants et ses arrangements éclairés. On aime la flûte qui nous ramène 40 ans en arrière, la mélancolie et la luminosité qui se confrontent à chacune de leurs chansons. Plus que jamais, ils prouvent toute l’étendue de leur talent quand il s’agit de toucher l’auditeur en plein cœur.

Alors que ce disque est loin d’être gai par ses thèmes abordés, tout sonne plus joyeux, plus percutant, ce qui le différencie principalement de leur premier opus. Oui parce que hormis ces détails, Fleet Foxes reste Fleet Foxes et il est dommage que le groupe ne mette pas leur talent au profit de l’innovation. Au lieu de ça, le groupe reste dans un esprit très 60’s avec Crosby, Stills & Nash en tête de gondole. Ce second disque passe aisément l’épreuve de la confirmation car tout y est amplifié comparé à leur album de 2008 sans avoir perdu leur inspiration en cours de route. Cependant, si ils persistent à continuer dans cette voie, la redite ne sera alors plus très loin. Avec tous ces groupes qui ne cessent d’innover et de réinventer, il est dommage que Fleet Foxes n’aille pas dans cette direction et préfère plutôt, rester sur ses acquis.

Helplessness Blues n’est donc pas la bonne surprise que l’on attendait mais tout simplement un excellent disque qui reste dans la lignée du premier. Ceux qui auront aimé leurs débuts les apprécieront toujours autant, quand aux allergiques des harmonies vocales, ils passeront une nouvelle fois leur chemin.



sortie le : 03 mai 2011
5 titres en écoute à droite.

Pour :
L'essentiel est ailleurs
So Why One More Music Blog?
Bon pour les oreilles
Feu à volonté
Mowno
Funk You Dear
Les chroniques de Blake
Hop
Indiepoprock
Le bouillon
Dirrty Music
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Contre :
Du-son
Le site de la vérité
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#0002 : Elvis Presley – Elvis Presley (1956)



Celui qui en août 1953, rentra dans les bureaux de Sun Records pour enregistrer quelques chansons et les offrir à sa maman ne devait certainement pas se douter de l’avenir qui lui était réservé, et pourtant… C’est de là que tout est parti, très vite, il tape dans l’œil du patron Sam Phillips qui lui permettra d’enregistrer ses premiers singles et de partir en tournée. C’est lors de ses premiers concerts que le phénomène prend de l’ampleur, les cheveux teint en brun, le jeune garçon qui chantait jusque là quelques airs de country devint la première star du Rock’n’roll par son phrasé, son jeu de guitare et son mouvement de bassin qui excitait autant les adolescentes que choquait les parents. RCA, le plus important label s’intéresse alors à cette mine d’or et lui propose de rejoindre leur écurie avec à la clé la somme astronomique de 40 000 dollars. A 20 ans, ce jeune homme qui n’a même pas l’âge légal pour signer son contrat (ce sera son père qui apposera sa signature) devient alors le King.

Un an plus tard, et après le succès du single Heartbreak Hotel, on aurait pu craindre le pire, les ventes de singles se révèlent être assez décevantes. Blue Suede Shoes n’atteint que la vingtième place et Carl Perkins qui est l’auteur et l’interprète de la chanson originale fait même mieux que lui alors que aujourd’hui, cette version tend à être oubliée au profit de la reprise de Presley. Pourtant, son premier album éponyme sera au final un succès retentissant. Premier disque à dépasser le cap du million d’exemplaires vendu, il restera 10 semaines à la première place des charts. Au-delà du son particulièrement nouveau que proposait Elvis Presley, il y a surtout un nombre incalculable de tubes. D’entrée de jeu, le blanc-bec impressionne avec Blue Suede Shoes. Tout pourrait se résumer à ce titre, du vibrato exagéré de Presley au solo de guitare, la chanson d’ouverture signe en 2 minutes seulement une chanson aussi excitante qu’euphorisante. Aujourd’hui encore, la chanson garde une puissance féroce grâce à l’énergie déployée par un Elvis Presley déchaîné.

A l’image de la pochette culte (reprise 23 ans plus tard par les Clash) la guitare est au centre du disque. Contrairement à beaucoup de standards R’N’B et rock de l’époque où le piano faisait figure d’instrument principal, Presley renverse la vapeur avec ses reprises sur-vitaminés de classiques tels que I Got A Woman ou Tutti Frutti. Ce disque est aussi l’occasion de retrouver un Elvis assagi et plus classique en particulier sur les titres issus des fameuses Sun Sessions de 1954 dont le meilleur est gardé ici. En plus de nous faire bouger furieusement le bassin, le King nous fait rêver que ce soit avec des ballades à l’esprit Hawaïen (Blue Moon) ou en jouant le crooner romantique des campagnes (I Love You Because). Bien que 5 titres datent du label Sun et sont facilement identifiables elles parviennent à s’imbriquer parfaitement avec les autres compositions bien plus riches en terme d’instrumentation.

Si il est avant tout un artiste à single plutôt qu’à album, Elvis Presley réalise en à peine une demi-heure une première œuvre majeure du rock. Grâce à l’interprétation faite sur chaque titre, le King surpasse la plupart du temps l’originale. Ce disque, c’est aussi une voix, à la fois envoûtante et enivrante, elle reste avec le temps toujours aussi unique. Ce 23 mars 1956, jour de parution de l’album, le rock venait définitivement se faire une place dans le monde de la musique.



Faut-il écouter ce disque au moins une fois dans sa vie? Quelle question...

Blue Suede Shoes :


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Tutti Frutti :


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#0001 : Frank Sinatra – In The Wee Small Hours (1955)



Nous sommes en 1953 et Francis Albert Sinatra n’est plus ce chanteur séduisant à succès. Lâché par sa maison de disque un an auparavant et par sa femme de l’époque Ava Gardner, le plus célèbre des crooners est au fond du gouffre. On aurait pu ne plus entendre parler de lui si la chance ne lui avait pas souri par la suite. Cette chance, il la doit à… la mafia. C’est en tout cas les rumeurs qui courent encore aujourd’hui à propos de l’obtention de son rôle dans le film From Here To Eternity de Fred Zinnemann. Poussé par la Cosa Nostra, le studio aurait confié à Sinatra le personnage d’Angelo Maggio qui lui permettra de gagner l’oscar du meilleur second rôle et de relancer sa carrière aussi bien cinématographique que musicale.

Fraichement signé sur le label Capitol, Frank Sinatra enregistre alors en 1955 In The Wee Small Hours qui sera distribué la même année. La première chose marquante à propos de ce disque est le soin apporté à la pochette. Là où ses précédents disques n’étaient que des montages assez grossiers et sans intérêts, cet album représente un Sinatra pensif au coin d’une rue sombre, déserte et bleutée. Cette pochette particulièrement réussie illustre bien le thème de ce disque où l’on découvre un Sinatra solitaire et mélancolique. Tout comme son premier disque solo The Voice qui lançait ce genre, In The Wee Small Hours est une sorte de concept album tournant autour de sa séparation avec sa femme Ava Gardner.

Ainsi, pendant les 16 titres habillant ce disque, on entend un Sinatra dévasté par cette rupture. Entre déprime et nostalgie il nous conte sa tristesse. D’une humeur indigo comme il le chante si bien, on découvre une star profondément humaine. Ce qui rend les paroles poignantes, c’est qu’au-delà d’un disque de rupture entre Ava Gardner et Frank Sinatra, c’est avant tout et simplement, un disque sur la rupture. Qui n’a jamais connu ces sentiments qu’il dépeint si bien, ce manque intense de la personne chérie, celle qui peuple votre pensée alors qu’elle est partie… "You're always on my mind, tho' out of sight" chante t-il sur This Love Of Mine. Célèbre ou non, les sentiments et les relations sont les mêmes, on ne peut que sourire devant les paroles de Can’t We Be Friends? dont le titre suffit à comprendre de quoi il s’agit.

Si In The Wee Small Hours est toujours considéré après toutes ces années comme l’une des œuvres majeures du siècle dernier, c’est aussi grâce à l’orchestration géniale de Nelson Riddle. Peuplé de cordes et de bois, l’orchestre qui doit être assez conséquent est pourtant tout en retenue. Les instruments accompagnent constamment la voix douce et l’interprétation parfaite de Frank Sinatra d’une sobriété élégante. Finalement, l’orchestre n’explose qu’à de rares occasions, seulement lorsque le chanteur pousse sa voix comme on la connait si bien sur des titres tels que New York, New York. Arrangements passés et intemporels à la fois, ce genre de réalisation n’existe plus vraiment aujourd’hui, et c’est bien dommage quand on voit le travail d’orfèvre de Nelson Riddle.

Si le disque est peut être un peu long et que les mauvaises langues diront qu’on a affaire à de la musique du troisième âge, c’est faire fi des paroles bouleversantes et du travail exceptionnel dont Sinatra et Riddle ont fait preuve. In The Wee Small Hours est et restera l’un des disques les plus tristes et un des plus réussis sur le thème de la rupture amoureuse.



Faut-il écouter ce disque au moins une fois dans sa vie? Oui, mais attention, en cas de rupture récente, ce disque peut être aussi nocif qu’addictif.

In The Wee Small Hours Of The Morning :


I'll Be Around :

les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie




Il y a 5 ans je me suis acheté ce livre… Dirigé par Robert Dimery et coécrit avec de nombreux collaborateurs, ces passionnés de musique ont constitué une liste de 1001 albums à écouter avant de mourir. 1001 albums c’est beaucoup, mais pas tant que ça lorsque je compte le nombre de disques écouté chaque année. Pourtant, depuis que j’ai acquis ce livre, il a pris avec le temps la poussière, ne prenant pas le temps de me jeter dans ce livre où l’on y trouve à boire et à manger.

En feuilletant le livre, on se pose certaines questions quand à la présence de certains disques, mais le plus marquants reste cette domination de la musique Anglo-saxonne. Pour vous donner une idée, 90% des disques doivent être anglais ou américain ce qui est regrettable au vu de la qualité ne serait ce que de la musique francophone.

Pourtant, bien que ce livre ne soit pas du tout la référence absolue, bien que de nombreux ouvrages équivalents doivent être bien plus intéressants et abordables, une nouvelle idée m’est venu. Cette idée je la dois à un blog cinéphile qui s’est lancé dans un projet équivalent (hélas, je n’ai pas retrouvé son nom, si toi lecteur tu sais, n’hésites pas à me le dire et tu auras le droit à une boite de Pépito).

Non, je ne vais pas faire ma liste des 1 001 albums que tu dois écouter avant de te coucher pour avoir l’air moins con, car j’en ai ni le courage, ni la prétention et surtout, je n’ai pas la culture nécessaire. On se contentera seulement de chroniquer les 1001 albums qu’il faut avoir écoutés dans sa vie selon Robert Dimery

Alors oui! Ca sent le projet foireux avorté avant la fin de l’année, oui! Il me faudra sûrement une vingtaine d’année pour arriver à bout du projet mais on s’en fout! Toutes les semaines un disque sera chroniquer et comme le livre on le fera de façon chronologique. De 1955 à 2005, de Frank Sinatra aux White Stripes, voici 50 ans de musique et ça commence dès aujourd’hui!

Semaine 15 : Panda Bear - Tomboy [Paw Tracks]



C’est au début de l’an 2009 qu’est naquit ce blog, et la première chose à faire était de lui trouver un nom. Une chose bien difficile… Pourtant, à cette époque un disque m’obsédait et m’obsède toujours. Alors qu’un nouvel album avec son groupe tout aussi talentueux pointait le bout de son nez et allait mettre à genou aussi bien les critiques que moi-même, je me préparais en réécoutant souvent ce qui restera un sommet de la décennie précédente : Person Pitch.

A l’époque, il ne m’avait pas frappé instantanément, je lui préférais d’ailleurs Strawberry Jam d’Animal Collective sortit la même année, mais avec le temps, Person Pitch n’a cessé d’aller de surprises en surprises. Avec ce son touffu et foisonnant, il révélait à chaque écoute de nouvelles facettes. Ce disque, on le doit bien sûr à Panda Bear, l’une des têtes pensantes du groupe nommé précédemment. Ainsi naquit Ears Of Panda, et accessoirement Panda Panda, le pseudo utilisé pour écrire les lignes que vous, les quelques lecteurs atterrissant sur ce blog, avez le courage de lire (enfin j’espère).

Cela fait maintenant plus de deux ans que ce blog essaie de rester en vie avec des moments plus difficiles que d’autres, ponctués aussi bien par de sérieux passages à vide que de phases de travail acharnées. Ce blog aurait pu vite tomber aux oubliettes si des artistes tel que Panda Bear n’avaient existé. Il fait partie de ceux qui vous rappellent à quel point la musique compte dans votre vie, que quelques minutes peuvent suffire à vous glisser un frisson passager au détour d’une mélodie. Il fait partie de ceux qui me font aimer la musique, qui viennent m’apporter un peu de lumières dans ces journées tristement noires ou qui tout simplement viennent me sortir de cette torpeur que nous réserve parfois la vie quotidienne.
Tomboy, son quatrième album studio ne déroge pas à la règle. Encore une fois, Noah Lennox réussit à nous convier dans un voyage dont il a lui seul le secret. Dès You Can Count On Me, morceau d’ouverture qui fait écho à Comfy In Nautica, on décolle, on est transporté par sa voix toujours plus aérienne avant d’être écrasé par Tomboy qui signe un réel virage dans sa musique. Contrairement à ses précédents ouvrages, on découvre un son rêche et dissonant noyé par les réverbérations si chères à Lennox. Avec l’incroyable Slow Motion et sa rythmique tordue inspirée par le Hip-hop, ces deux morceaux laissent apparaitre une lumière nouvelle sur les travaux de Panda Bear où la guitare électrique croulée et torturée par les effets est reine. Derrière l’exigence et la complexité qu’il soumet à l’auditeur, ainsi que les risques qu’il s’applique à lui-même, on est étonnement charmé par le résultat miraculeux de cette bouillie sonore.

Passé ces deux titres, Panda Bear retourne à son amour pour les instruments électroniques qui lui avaient tant réussis sur Merriweather Post Pavilion et c’est en particulier dans ce domaine qu’il excelle. Surfer's Hymn qui porte à merveille son nom est un bijou pop où les vagues accompagnent la voix planante de Noah Lennox. Il suffirait presque de fermer les yeux pour sentir le vent et le soleil nous caresser le visage. Quand il ne compose pas des compositions à la fois grisantes et pleines de grâces, des titres plus ambiants accompagnent nos rêveries. Scheherezade par exemple, ralentit le temps et nous invite sous l’eau à contempler les fonds marins.

Comme c‘est souvent le cas chez lui et malgré les innombrables instruments électroniques et les effets utilisés, Noah Lennox signe un album en communion avec la nature. Les morceaux nous évoquent tour à tour l’océan bien sûr mais aussi une forêt vierge où le vent viendrait ébranler les feuilles des arbres. Quelque soit les nouveautés que Panda Bear vient rajouter à sa musique, il y a chez lui cet amour pour la simplicité ainsi qu’une honnêteté quasi-émouvante dans sa démarche.

Si Tomboy ne réussit pas atteindre le sommet Person Pitch faute à quelques irrégularités, Panda Bear réussit une nouvelle fois à nous surprendre aussi bien par la qualité de ses compositions que par son travail effectué au niveau du son. Pourtant et plus que jamais, Panda Bear écrit une musique sensorielle, celle qui convoque votre imaginaire, qui vous berce, qui vous fait rêver et vous fait oublier.



sortie le : 12 avril 2011
5 titres en écoute à droite.

Pour :
Lesatori
Funk You Dear
Mowno
Chroniques électroniques
Brainfeeders & Mindfuckers
Tasca Potosina
...

Contre :
mamaindanstondisque
...

Mardi 12 avril : TV On The Radio - Second Song

Oh joie! Les revoilà! Finalement, l’attente n’aura pas été si longue. Deux ans et demi après la réussite Dear Science et l’annonce d’un hiatus, le groupe de Brooklyn est de retour avec leur cinquième album. Pourtant, on aurait pu craindre le pire au vu des éparpillements de chacun, en particulier Dave Sitek qui n’a cessé de multiplier les collaborations et a même trouver le temps de sortir un disque solo sous le nom de Maximum Balloon. D’ailleurs, on n’aura même pas eu le temps de trépigner d’impatience puisque la nouvelle nous est parvenue deux mois avant sa sortie, un temps à peine suffisant pour se demander à quoi pourrait bien ressembler Nine Types Of Light.

Qu’allaient t-ils donc nous proposer cette fois ci ? Hmmm? Rien de surprenant en fait! La véritable surprise de ce disque est qu’il n’y en a pas. On pourrait même penser que le groupe a finit par se reposer sur ses lauriers en nous proposant un album pop/rock mâtiné d’électro sans envergure. Où sont passés les Wolf Like Me, Family Tree et autres Golden Age qui proposaient des sonorités très différentes ? On reprend finalement les choses là où on les avait laissés. Nine Types Of Light possèdent quelques points communs avec son prédécesseur comme ces cuivres et ces sons électro omniprésents utilisés toujours à bon escient. Cependant, l’ambition a disparu et les risques sont minimes au profit d’un son bien plus accessible. Ce disque dérange par cette impression de routine qui se serait installé chez un groupe en manque d’idées. Le constat est irrévocable, Nine Types Of Light est leur plus mauvais disque (sans compter Ok Calculator inconnu au bataillon).


"Wouaaa comment Panda Panda il défonce le dernier TOTR!!!"

Oui mais non. Si ce disque est une déception, Nine Type Of Lights arrive sans peine à survoler la masse des productions actuelles. Tv On The Radio est sans conteste un grand groupe qui n’a plus grand-chose à prouver aujourd’hui. Il y a bien sûr Dave Sitek sollicité de toute part mais aussi Tunde Aedimpe, une des voix les plus incroyables de la musique actuelle ou encore, Kyp Malone qui a prouvé avec son disque solo qu’il était bien plus qu’un simple guitariste. Cette association de talents réussis encore à faire des étincelles comme sur les magnifiques Killer Crane, Will Do ou l’explosif Caffeinated Consciousness.

Nine Types Of Light n’est pas une surprise, c’est un bon disque et si les moments de faiblesses sont plus présents que par le passé on ne boudera pas notre plaisir sur le reste de l’album qui pourrait même rallier quelques allergiques du groupe à leur cause.

En écoute aujourd’hui, Second Song, The song de l’album qui comme son nom ne l’indique pas ouvre le bal. Un titre direct et pop qui donne un bon aperçu de ce à quoi vous pouvez vous attendre. Avec ses couplets apaisants basés sur un piano classieux et ses refrains étourdissants le groupe prouve qu’ils sont encore capable d’écrire d’excellentes chansons. Sous fonds de cuivres et de chœurs putassiers, Sitek et sa bande partent à l’assaut des radios qui ne devraient pas se faire prier pour le diffuser en boucle.



Extrait de l'album : Nine Types Of Light
sortie le : 11 avril 2011
Label : Interscope
Myspace
En écoute dans le lecteur à droite.

Pour :
Tasca Potosina
Playlist Society
Random Songs
Mowno
...

Contre :
Dirrty Music
...

Semaine 14 : Bill Callahan - Apocalypse [Drag City]

Entre Bill Callahan et Panda Panda, ça n’a jamais été une grande histoire d’amour, juste une certaine indifférence. Ce vieux briscard qui trace sa route depuis plus de vingt ans n’aura pas gravé dans ma mémoire une quelconque chanson à travers ses deux disques, le mal aimé Woke On A Whaleheart et l’incompris Sometimes I Wish We Were An Eagle qui aura laissé perplexe votre serviteur face à tant d’éloges pour un album d’Americana. Sans jamais poussé le vice à écouter ses précédents disques publié sous le nom de Smog, mais aimant m’infliger quelques souffrances, je me suis lancé corps et âmes dans Apocalypse son dernier album paru cette semaine.

Il faut garder en tête que Bill Callahan est avant tout un chanteur de country alternative, chaque son sortant de sa voix grave réveille en nous le fantasme des grandes plaines américaines et des chevauchées sauvages mais aussi le vieux Texan dans son pick-up avec le chapeau vissé sur sa tête, ce qui est tout de suite beaucoup moins rêveur… Si Bill Callahan évolue dans son genre, il n’a par contre jamais hésité à habiller sa musique d’arrangements variés et délicieux. Ainsi, sur America!, c’est une guitare lourde et saturée qui rythme nos pas avant qu’un solo résolument rock retentit dans nos oreilles. L’héritage des Yankees est cependant partout, la "pedal steel guitar" s’invite sur de nombreux morceaux rappelant que derrières ces quelques touches de modernités, l’Ouest Américain n’est jamais loin.Il faudra pourtant passer outre cet à priori pour pouvoir apprécier la musique de Callahan car derrière, se cache un vrai talent de songwriter comme sur Drover, morceau d’ouverture qui au fil des minutes ne cesse de gagner en intensité. La guitare se fait de plus en plus présente et le chant plus dévoué. Ce qui ressemblait à une chanson toute bête trouve alors une seconde lecture, plus passionnante et bien plus bouleversante. Apocalypse prend le temps de développer ses chansons qui descendent rarement sous la barre des 5 minutes mais promettant de belles surprises. C’est au moment où lorsque l’on s’habitue à une ligne mélodique que survient des changements subtils, un accord de guitare qui devient plus grave, un rythme qui faiblit et voilà que Callahan marque nos esprits. C’est aussi un grand parolier évoquant sa place dans ce monde, dans cette Amérique sur le déclin parfois avec humour mais souvent évoqué avec inquiétude. Il fait partie de ces chanteurs où les paroles ont autant sinon plus d’importances que les mélodies qui les entourent.

A l’écoute d’Apocalypse, il est évident qu’il manquait quelque chose pour avoir un déclic avec sa musique que l’on trouve avec ce disque peut être par sa variété qui alterne les titres sages et plus aventureux, les titres mouvementés et plus calmes. Si ce disque sera peut être considéré mineur dans une discographie déjà vaste par les puristes, ceux qui seront restés jusque là aux portes de son univers y trouveront peut l’être l’envie de se plonger ou de se replonger dans l’œuvre de cet artiste.



sortie le : 05 avril 2011
5 titres en écoute à droite.
Myspace

Pour :
Playlist Society
Bon pour les oreilles
Hop
L'essentiel est ailleurs
...

Contre :
Hop
...

Samedi 9 avril : We Are Enfant Terrible - Make Your Laugh

Ha putain du 8-Bits… [Parenthèse] Un conseil à tous les groupes du monde, arrêtez de croire que le 8-bits c’est cool. A force c’est lourd et surtout ça sent le réchauffé, ou alors, faites comme We Are Enfant Terrible servez vous en avec parcimonie… [fin de la paranthèse]

Avec leur premier album, je m’attendais à un vrai supplice, un album dont la date de péremption serait passée depuis longtemps. La communication derrière le groupe n’aidant pas vraiment non plus... Entre la pochette "made in paint" qui laisse de marbre et des photos presse où le groupe pose dans un accoutrement ridicule devant des consoles d’arcades datant des années 80, il y avait de quoi en rebuter plus d’un… Avant même la première écoute ça sentait le démontage en règle, heureusement, ce trio Lillois est bien plus que l’imagerie qu’il nous propose.

Je ne vais pas vous mentir, les sonorités 8-bits sont présentes tout au long de l’album mais sont loin d’être gênantes car au premier plan c’est la batterie sauvage, le synthé pas cheap pour un sou et la guitare agressive qui sculptent leurs chansons. Des chansons qui il faut l’admettre ont pour principale qualité d’avoir constamment une mélodie accrocheuse, un minimum pour un groupe destiné à faire danser sur le dance-floor ce qui est pourtant loin d’être une généralité.

Malgré un rythme soutenu voire trop, ce qui sur la longueur tend à lasser l’auditeur, We Are Enfant Terrible (WAET pour les intimes) arrive à instaurer des ambiances bien différentes. On retrouve ainsi le sexy Filthy Love porté par la voix sensuelle de Clo Floret, A Song To You dont la guitare en toile de fond nous ramène au début des années 90 ou l’électro/dance affolant de Wild Child qui nous invite dans un club poisseux.

Pour un premier disque, WAET s’en sort plutôt bien mais on regrette que ce disque ait autant de qualités que de défauts. Le rythme trop soutenu et le son surchargé tend à nous fatiguer au risque de nous laisser à la fin du disque avec une sérieuse gueule de bois. Malgré ça, Explicit Pictures reste un disque sympathique qui pourrait rencontrer un joli succès chez les moins de 30 ans et les aficionados de l’électro/Rock.

En écoute aujourd’hui, Make Your Laugh, un titre qui laisse rapidement place aux sons réalisés par une game boy au profit du trio agressif guitare/synthé/batterie.




Extrait de l'album Explicit Pictures
Sortie le : 05 avril 2011
Label : Last Gang Records
Myspace
En écoute dans le lecteur à droite.

Pour :
Tadah! Blog
Musique Culture
Kub3
Pop Revue Express
Froggy Delight
ADN Sound...

Contre :
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Semaine 13 : King Creosote & Jon Hopkins - Diamond Mine [Domino]



Après quelques vacances il est temps de revenir aux affaires ! Heureusement, j’avais emmené avec moi quelques devoirs afin de trouver un album de la semaine digne de ce nom. Celui là, je le dois à Mr Marsupilami blogueur émérite qui s’applique depuis quelques années à nous faire découvrir de nombreuses merveilles. Bien malin fût le marsupio pour attirer le chaland dans les griffes de cet éclatant joyau en lui donnant la note suprême. La première et dernière fois (selon lui) qu’un disque se voit octroyer un 10/10.

Ce disque, remplit de belles promesses, on le doit à deux artistes. D’un côté il y a le méconnu (en tout cas ici) King Créosote dont on avait parlé (un peu) il y a un bail à l’occasion de la sortie de Flick The Vs. Peu connu et pourtant, il suffit de jeter un coup d’œil à sa page wikipedia pour se rendre compte de la discographie impressionnante amorcée en 1998. De l’autre, on a Jon Hopkins qui avait bluffé le Panda avec son troisième album Insides. Depuis ce coup d’éclat, il a collaboré avec quelques noms prestigieux (Coldplay, Brian Eno, Four Tet…) et a fini par se construire une solide réputation aussi bien en tant que musicien, que producteur. C’est dans ce deuxième cadre que le Londonien a participé à la construction de Diamond Mine qui aura été réalisé sur plusieurs années. Sans labels pour mettre la pression et sans contraintes, les deux artistes ont pris tout leur temps pour écrire ces 7 compositions d’une trentaine de minutes seulement.
Sur ce laps de temps assez court, ils se permettent même une chanson introductive aussi réussie que nécessaire car First Watch, qui ouvre l’album, instaure l’ambiance qui habite la totalité du disque. Au premier abord, Diamond Mine est une œuvre à la limite de l’introspection, parfois hésitant dans son jeu mais qui nous laisse découvrir un monde fascinant construit par les deux hommes. Ce monde qui est au centre de ce disque, c’est le village natal de Kenny Anderson (aka King Creosote), une petite ville portuaire d’Ecosse. Tout commence dans le café du coin par les échanges de quelques habitués couverts par le brouhaha ambiant, on y entend alors des bribes de conversations entre la vapeur qui s’échappe de la théière et les entrechocs de la vaisselle déposée abruptement dans l’évier. Puis, très vite, on prend le large et on se retrouve sur la côte, le cri des mouettes et le remous des vagues parvenant jusqu’à nous. C’est à ce moment que les premiers mots de King Creosote accompagné seulement d’une guitare sèche font surface et c’est sans artifices que les premiers frissons parcourent notre échine. Dans cette simplicité le chanteur nous transperce en plein cœur par sa voix chaleureuse qui évite le piège d’un disque qui aurait put vite tomber dans le pathos. Le chanteur n’en fait jamais trop et réussit à garder un ton juste tout au long de l’album.
Pour autant, il ne faudrait pas minimiser le travail de Jon Hopkins, car Diamond Mine est bel et bien une collaboration et non une énième sortie solo de King Creosote. Il faut voir cet album comme un tableau, si ce dernier en a dessiné les contours, Hopkins s’est chargé de le colorer et de lui donner vie. Pendant qu’Anderson livre les paroles et les esquisses de chaque compositions, le londonien remplit l’espace en donnant toujours plus de reliefs aux titres. Souvent constitués de lentes montées, les titres, déjà troublants, gagnent en émotions au fil des minutes. Ainsi, John Taylor’s Month Away qui commençait avec une simple guitare finit en apothéose avec un accordéon et des chœurs. Il suffit alors de fermer les yeux pour s’imaginer sur les côtes Ecossaises sentant le vent souffler vigoureusement dans nos oreilles au bord de la falaise. On reconnait aussi son travail sur des titres tels que Bubble ou l’on jurerait entendre certains passages issus de ses précédents travaux. Il y applique alors quelques touches d’electronica des plus discrètes mais du plus bel effet.

Diamond Mine, en plus de cadrer parfaitement avec l’imaginaire dans lequel ils ont désiré faire évoluer le disque, est d’une justesse incroyable. On ne tombe jamais dans la facilité, dans le débordement de sentiments ou dans le tragique. Il révèle au fil des écoutes des trésors d’inventivité quand il s’agit de donner aux compositions toujours plus d’ampleur. Enfin, et surtout, il se bonifie avec le temps, on s’attache à ce disque si commun aux premiers abords, mais que l’on finit par s’approprier et à chérir.

Ne vous laissez pas avoir par l’aspect inoffensif qu’il dégage au début, car derrière, c’est un véritable trésor qui se cache. Diamond Mine est le premier grand disque d’une année qui tardait à démarrer, il fait partie de ces albums qui, une fois apprivoisés, ne vous lâche plus. Il vous accompagne tout au long de l’année, vous obsède au point de ressentir le besoin de s’en abreuver jusqu’à en tarir la source. Heureusement pour nous, elle semble inépuisable tant les richesses dévoilées se font de plus en plus nombreuses, car il suffit de tourner, dans nos doigts fébriles, ce diamant brut pour y découvrir une facette toujours plus étincelante.



sortie le : 28 mars 2011
5 titres en écoute à droite.

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Little Reviews
Chroniques Automatiques
Momo's Blog
Tasca Potosina
Louds Shouting
Sound Of Violence
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Contre :
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Semaine 11 : J Mascis - Several Shades Of Why [Sub Pop]



Depuis le retour sur le devant de la scène de Dinosaur Jr., Joseph Donald Mascis a décidément la patate ! Après deux excellents albums signés sous le nom du groupe légendaire il nous vient cette fois ci seul pour un disque acoustique. Enfin, seul n’est peut être pas le terme approprié sachant que de nombreux invités prestigieux viennent se joindre à la fête. On y trouve du beau monde comme Pall Jenkins (The Black Heart Procession), Ben Bridwell (Band Of Horses), Kevin Drew (Broken Social Scene) et Sophie Trudeau (Godspeed You! Black Emperor) qui viennent se taper un bœuf avec l’ancien. Mais ce n’est pas tout ! Il ne faudrait pas oublier surtout un petit jeunot dont on a parlé il n’y a pas longtemps… Je vous le mets dans le mille, Kurt Vile est aussi de la partie.

Tout ces peoples sont, bien sûr, juste là pour habiller les compositions de J Mascis qui a défaut d’être innovantes sont renversantes. Parce que oui, on le connaissait agité au point de nous donner envie d’enfiler des chaussettes hautes et skater sur les spots de Paris (à défaut de L.A…), mais c’est ici une toute nouvelle facette que l’homme à la longue chevelure argenté nous propose. Ici, pas de riffs obsessionnels, pas de batteries ravageuses ni de basses percutantes, non, un simple homme avec juste une guitare pour nous dévoiler une nouvelle facette de son talent. C’est là la grande et bonne surprise de l’album, le changement est radical par rapport à Dinosaur Jr., hormis la voix de J Mascis, facilement reconnaissable, jamais on aurait cru entendre un tel disque de sa part. Il y a bien quelques solos de guitares électriques bien senties (Where Are You) mais rien de suffisamment marquant pour faire le rapprochement.Several Shades Of Why est donc loin d’être un disque original, mais propose une ambiance qui s’instaure peu à peu. Ce disque est un peu la bande son idéale d’une belle fin de journée d’été, le soleil se couchant au loin. C’est un « feel-good music », rappelant avec un brin de nostalgie la période adolescente. Si Several Shades Of Why est l’album de la semaine c‘est surtout pour ça, pour les sensations qui s’en dégagent. C’est aussi un disque déchirant, le morceau final, What Happened, superbe apothéose, nous emporte avec ses guitares électriques plaintives qui emportent tout sur leur passage, le titre éponyme, lui, nous berce paisiblement par son violon bouleversant.

Seul ou accompagné, Joseph Donald Mascis a une nouvelle fois fait preuve d’un remarquable talent pour signer dix compositions à l’épreuve du temps qui nous renvoie à une époque disparue depuis longtemps. Cette fois ci, à défaut de nous faire bouger la tête, on se contentera d’un sourire timide qui pourtant, en dit long sur le plaisir provoqué par Several Shades Of Why.



sortie le : 15 mars 2011
5 titres en écoute à droite.
Myspace

Pour :
Tasca Potosina
Interlignage
Mowno
Pinkushion
Playlist Society
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Contre :
Tasca Potosina
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Vendredi 18 mars : The Dodos - Sleep

En 2008, je découvre comme beaucoup de monde The Dodos, et quelle rencontre ! Visiter, leur deuxième album, fut un véritable coup de cœur. Pendant une heure entière, le duo composé de Meric Long (guitare/chant) et Logan Kroeber (batterie) nous enchantait par leurs compositions somptueuses qui naviguaient entre sauvagerie et mélancolie. Visiter reste à ce jour un album marquant qui donna un sacré coup de fouet à la scène folk de l’époque en proposant un concept original. La batterie très présente tapait de toutes ses forces tandis que les guitares étaient souvent énervées contrastant à merveille avec la voix de Long beaucoup plus mélancolique.

La suite, ne fut pas des plus joyeuses pour ce sympathique groupe, Time To Die, reçut des avis beaucoup moins élogieux, en reprochant le son trop lisse dont le producteur Phil Ek (Fleet Foxes, The Shins) doit être en partie responsable. Pourtant, ce disque n’avait rien de honteux, au contraire, The Dodos, allait de l’avant en faisant évoluer leur musique, sans perdre leur identité, et surtout, en gardant un talent intact pour l’écriture. Ces mauvaises critiques auront pourtant raison du duo : éviction du musicien Keaton Snyder, embauché à l’occasion de Time To Die pour habiller leurs chansons de vibraphones, et retour en arrière en reprenant le producteur John Askew qui avait œuvré sur Visiter.

Indéniablement, No Color se rapproche beaucoup de leur chef d’œuvre mais il faut avouer que lorsque l’on décide d’évoluer à deux, les possibilités sont vite limitées et le tournage en rond arrive vite. C’est ce qui se produit sur ce disque. The Dodos reviennent aux basiques au détriment de la prise de risque mais c’est bien là le seul point que l’on peut leur reprocher, car force est de constater que The Dodos n’ont rien perdu de leur génie sur ce quatrième album. On remarque même quelques ajouts, anecdotique certes, mais du plus bel effet. Ainsi, la rouquine Neko Case vient prêter main forte sur de nombreux titres en y ajoutant quelques cœurs ici et là. On remarque aussi l’arrivée du violon qui fait quelques merveilles notamment sur le final bouleversant de Companions. Avec ces quelques ajouts, le son se fait beaucoup plus dense, d’autant plus qu’il est rare de n’entendre qu’une seule guitare. Tapi dans l’ombre, l’électricité gronde et nous réserve quelques accords rageurs du plus bel effet.

Mais la principale qualité du disque reste ce contraste permanent entre la voix et les instruments qui ont encore gagné en complexité. Il n’y a qu’à écouter le jeu de Meric Long sur Don’t Stop. Incroyablement doué, le guitariste dévoile de fantastiques arpèges joués à une vitesse affolante. Que dire de Logan Kroeber qui retrouve avec No Color une précision, une rapidité et surtout une force dans l’exécution qui est faite de ses percussions.

No Color nous permet de retrouver ces deux garçons qui nous avaient tant charmés à l’époque. Mais à quel prix ? Ce retour en arrière laisse la désagréable impression de voir un groupe tant aimé faire du surplace. Mais à côté, on a 9 titres sublimes, à la fois beaux et énervés qui nous laissent des étoiles pleins les yeux. Entre ces deux points de vue, je ne sais pas vous mais moi, mon cœur a déjà tranché.

En écoute aujourd’hui, Sleep, parfaite synthèse de la chronique ou vous entendrez : des guitares électriques et acoustiques, Neko et un violon pour un résultat qui frôle l'excellence... Comme c’est toujours le cas chez The Dodos.



Extrait de l'album : No Color
sortie le : 14 février 2011
Label : French Kiss
Myspace
En écoute dans le lecteur à droite

Pour :
Funk You Dear
Feu à volonté
Tasca Potosina
Hop
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Contre :
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