Semaine 37 : Girls - Record 3 Father, Son, Holy Ghost [True Panther Sounds]


Girls, drôle de nom pour ce groupe Californien à la géométrie variable. Girls, c’est avant tout deux hommes, Chet "JR" White, bassiste et producteur et bien sûr Christopher Owens figure torturée et forcément fascinante qui fait de lui l’élément principal de ce collectif. On ne reviendra pas sur sa jeunesse chaotique, seulement, le parallèle entre ce qu’il a vécu et les paroles qu’il accouche est évident. Alors qu’Album était le reflet d’un adolescent désespéré, candide et surtout romantique, Father, Son, Holy Ghost laisse entrevoir un personnage plus mûr mais vivant toujours dans la douleur. Entre poésie et souffrance, Owens écrit sûrement ses plus beaux textes, la célébrité n’ayant rien changé, au contraire, ses sombres sentiments ont grandi avec lui. Il est loin le temps où Owens chantait son désir d’avoir un petit ami rêvé, aujourd’hui il s’appelle Alex mais le ton n’est plus le même. Amour, mélancolie… Il partage ses peurs, ses doutes et ses aspirations. Si en deux ans, bien des choses ont changé, Owens est au fond resté le même. Un être sensible, presque ingénu, étonné par la cruauté du monde qui l’entoure. Tout cela est retranscrit sur cette pochette qui reprend toutes ces paroles à la fois simple mais d’une beauté et d’une honnêteté désarmante.

Pourtant, le plus grand changement n’est pas à chercher du côté des paroles mais dans leur façon de composer. A quelques exceptions, le côté immédiat et dépouillé de leur pop mélodique  a disparu au profit d’un son plus mature. En clair, si Christopher Owens est passé de l’adolescence à l’entrée de la vie adulte, leur musique, elle, a vieillit d’une décennie. Loin d’être un mal, Girls a décidé de prendre un virage artistique qui leur sied très bien. Il n’y a qu’à entendre Vomit, premier single de ce nouvel album pour comprendre ce à quoi il faut s’attendre. Beaucoup moins dans une recherche d’efficacité que par le passé, il s’agit avant tout pour le groupe d’instaurer une ambiance.
Séparé en deux parties bien distinctes, on retrouve au début, des morceaux se rapprochant de ce qu’ils avaient pu faire par le passé. Honey Bunny, l’ouverture de l’album aurait même pu figurer sur leur premier disque s’ils ne l’avaient pas autant travaillé (chœurs gospel, production léchée…). On retrouve même un étonnant Die, sorte de hard rock qui se conclut sur une touche pleine de raffinement. Si la richesse des premières compositions que ce soit au niveau de leurs arrangements ou tout simplement dans l’évolution que connait chaque morceau nous avait mis la puce à l’oreille, c’est My Ma et Vomit pierres angulaires du disque qui finissent par nous convaincre que Girls n’est plus le même groupe qu’il y a deux ans. Ces chansons annoncent ce qui suivra par la suite à l’exception de la sympathique chanson pop Magic, l’instant détente de la seconde partie, qui aurait sûrement trouvé une meilleure place en début d’album plutôt qu’entre ces deux longs et hypnotiques titres que sont Forgiveness et Just a Song.

My Ma donc, accessoirement la plus belle chanson du groupe et peut être de l’année est un bel exemple de l’ambition qu’ils ont placé dans Father, Son, Holy Ghost. Le son est clair et en impose, l’orgue Hammond (une des nouveautés) donne du relief tandis que les lignes mélodiques et les voix d’Owens et des choristes viennent donner un supplément d’âme et d’émotions à cette chanson. Par la force des arrangements et sa construction on comprend très bien que Girls a cherché à réaliser un disque plus cohérent que son prédécesseur qui était plus urgent en laissant croire que les chansons auraient pu être enregistré en une seule prise. Vomit, continue dans cette même lancée mais en répétant inlassablement les mêmes couplets et les mêmes refrains, ce qui pourrait être anodin au prime abord (ce qui a été d’ailleurs le cas) révèle finalement un songwriting fascinant, où chaque minute se voit ajouter d’un instrument, un chant, amplifiant toujours un peu plus la composition au point de captiver l’auditoire.

Faire mieux que leur premier effort n’était pas une mince affaire et pourtant, il semblerait que le pari soit tenu. La fougue a disparu au profit d’une maitrise et d’une maturité qui leur va comme un gant. On pourra reprocher beaucoup de choses à Father, Son, Holy Ghost mais on ne pourra pas douter de l’honnêteté de leur démarche. Ils font dans l’emphase des sentiments sans jamais tomber dans la caricature, il y a chez ces Californiens une innocence bienvenue et touchante. Si cette maturité pourra être vu comme un disque rétrograde/passéiste, on lui préférera le terme de classique car chacune des compositions tend à le confirmer, c’est bel et bien un grand disque qui se cache derrière leur apparente fragilité.



Sortie le : 12 septembre 2011
5 titres en écoute à droite.

Pour :
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Couci-couça :
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Contre :

Jeudi 15 septembre : St. Vincent - Strange Mercy



Un refrain entêtant, des guitares agressives, des synthés distordus, des rythmiques en contretemps… Chloe In The Afternoon, première chanson qui ouvre cet album, suffira à convaincre l’auditeur averti qu’Annie Clark n’a pas changé de cap. En effet avec ses deux précédents disques, la belle aura réussie à laisser son empreinte dans le paysage de la pop actuel. St. Vincent n’a pas son pareil pour réussir à créer une musique faite à la fois de mélodies imparable et d’expérimentations sonore en tout genre.

Strange Mercy ne déroge pas à la règle, au contraire, jamais sa musique n’aura été aussi exigeante. Excepté le single Cruel, titre en or qui ne manquera pas de faire trémousser nos fessiers, le reste du disque est relativement calme, et si une beauté évidente se dégage de ses compositions, il faudra accepter la présence des déflagrations sonores et des égarements mélodiques dont certains instruments font preuve mystifiant un peu plus ses chansons. C’est aussi tout ce qui fait le charme  de ce disque, qui lui donne un supplément d’âme et qui permet d’écouter un disque aussi singulier. Strange Mercy est un album cotonneux, on s’y sent bien mais il se cache à l’intérieur une multitude d’épines qui gardent l’assistance éveillée.

La grande qualité de ce disque est cette capacité à se renouveler. A chaque composition, Annie Clark tente d’innover et de surprendre l’auditeur. On aime cette étrange guitare tournant en boucle sur Surgeon et virant peu à peu à la psychose au point de hanter nos esprits, ou encore, le final de Nothern Lights qui nous rappelle les folies expérimentales de Dan Deacon. Bien sûr, ce disque n’est pas un fourre tout, et l’on retrouve quelques idées constante tout au long de l’écoute. Les chœurs de princesses (névrosées ici) de l’univers Disney (une de ses principales références sur Actor) et surtout la guitare, pièce maitresse de ce disque, sont omniprésent.

Plus rock qu’à son habitude, Annie Clark propose une utilisation vraiment intéressante de son instrument fétiche. En alternant des sons clairs avec des sons très saturés, la miss fait très vite basculer sa musique d’une douceur et d’une plénitude totale à une folie qui frôle la schizophrénie. Malheureusement, ces revirements mélodiques se font parfois sur le tard, et l’ambiance qu’elle tente parfois de poser ne prend pas. En particulier sur la fin du disque où l’on est tenté de couper court à l’écoute. Seul Year Of The Tiger, magnifique conclusion saura nous faire patienter.

Au fond, on préférait Actor, plus direct, plus instinctif et marqué par un plus grand nombre de titres fort. Seulement, Annie, c’est Annie. Son joli minois suffit à nous faire fondre (voir vidéo ci dessous) et sa musique si atypique finit par nous rendre indulgent. Qu’importe si Strange Mercy souffre de la comparaison avec son prédécesseur, ce troisième album reste un excellent cru.

En écoute aujourd'hui, Year Of The Tiger, un morceau relativement sage par rapport à ses petits copains mais rattrapé par son incroyable beauté.




sortie le : 12 septembre 2011 
Label : 4AD
En écoute dans le lecteur à droite 


Pour : 
Slash-Taste
Novorama
Sors-tu?
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Couci-couça :
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Contre :
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Mercredi 7 septembre : The Rapture - In The Grace Of Your Love


02 Avril 2011 : LCD Soundsytem groupe phare de DFA mené par James Murphy (accessoirement le boss du label) livre un dernier concert dantesque en guise de conclusion à leur aventure qui aura duré 10 ans. C’est une page qui se tourne dans l’histoire du rock, James Murphy représentait cette génération qui avait remis au goût du jour le Dance Punk et en était le meilleur représentant en signant trois albums impeccables et une poignée de singles en or. Bien que la concurrence était à la ramasse la bande à Murphy aurait pu se faire des soucis, avec The Warning de Hot Chip en 2006 et surtout Echoes de The Rapture en 2003.


Enfin ça, c’est surtout l’avis de la presse parce qu’au fond, fallait quand même supporter les aspects super kitsch dont ils faisaient preuve parfois. Ce deuxième disque était surtout rattrapé par des singles grandioses comme les furies Echoes ou House Of Jealous Lovers. Pieces Of The People We Love sorti trois ans plus tard, se barrait un peu moins dans tous les sens même si la singularité du groupe disparaissait au profit d’un son plus cool, dans l’air du temps, en gros un son que tout les groupes électro/rock avaient à cette époque… Bref, LCD Soundsystem est mort, vive The Rapture?
                                                                                                                                                                        
On a bien envie de dire oui avec Sail Away, une tonitruante entrée qui a beau tourner en rond mais dont les écoutes enchainées ne lassent pas. Alors que l’on connait déjà sur le bout des doigts How Deep Is Your Love? le quatrième album est bien parti pour devenir un disque incontournable de l’année. Pourtant, arrivé au second titre c’est le drame. Enfin, n’allons pas jusque là, The Rapture redescend un cran en dessous avec une recette qu’on a l’impression d’avoir goûté beaucoup de fois chez eux. Blue Bird signerait il un regain de forme? Pas vraiment, le titre démarre au quart de tour mais ne tient pas toutes ses promesses sur la longueur. On évitera de se pencher sur le cas Come Back To Me, morceau qui fait dans la putasserie et qui semble déjà accuser l’âge…

Heureusement, le morceau In The Grace Of Your Love vient remonter le niveau, ce n’est pas forcément démentiel et la conclusion est un peu longue mais il arrive à conjuguer des synthés dansant dans une atmosphère des plus sombres, classe. A ce stade, on ne sauve que deux chansons sur la moitié de l’album mais si les petits gars de New York City arrivent à assurer sur la seconde partie, rien n’est perdu, héééé oui! Mais non en fait. Ce qui arrive est en fait le ventre mou du disque, et on ne parle pas de deux mais quatre chansons… L’épique Children est autant une putasserie pour les Américains que l’est le funky Never Gonna Die Again pour les Anglais. Cependant, cette chanson a au moins le mérite d’être sauver du naufrage par un refrain euphorisant. Quand à Roller Coaster, c’est d’une platitude et d’une chiantitude admirable avec la partie chant la plus dégueulasse du disque. Bravo! Can You Find A Way? est un truc épileptique et sans intérêt mais qui est le morceau le plus court, on ne le blâmera donc pas trop.
                                                                                                                                                                
Enfin, arrive How Deep Is Your Love? et enfin arrive le premier vrai tube de cet album, une magnifique chanson qui renoue avec la grande époque de The Rapture. Le piano se fait disco, la rythmique vous fait taper du pied comme jamais et le saxophone est enivrant. Avec cette composition, le groupe clôture son quatrième disque de la meilleure façon qu’il soit, c’est toujours ça de pris...
                                                                                                                  
Ha non ! Y a encore une chanson en fait… Mais je vous assure, il ne vaut mieux pas s’attarder dessus.

LCD Soundsystem est mort, vive The Rapture? Que dalle! Pour un digne successeur on attendra.

En écoute aujourd’hui, Sail Away, une des rares réjouissances de cet album qui oscille entre fadeur et médiocrité…



sortie le : 05 septembre 2011
Label : DFA
En écoute dans le lecteur à droite


Pour : 
Du son
So Why One More Music Blog?
2MuchPoney
Fake Rebel
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Couci-couça :
Zlew Is Dead
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Contre :
Hartzine
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#0005 : Fats Domino – This Is Fats Domino! (1956)

Première grosse coquille du livre! En numéro 5, on retrouve This Is Fats sortit en 1956 seulement voilà, si la pochette correspond bien au nom de l’album son année de parution date d’un an après. Quand à la tracklist présentée, elle fait référence à This Is Fats Domino! qui lui, est bien sortit en 1956. On chroniquera donc la deuxième option même si un petit doute subsiste dans la véracité des propos énoncé ici (en même temps on n’est pas à une connerie près hein!). Une chose est sûre on parle du même disque. Vous n'avez rien compris?... Tant pis.



Benjamin d’une famille Créole de huit enfants, Antoine Dominique Domino grandit dans une famille pauvre certes, mais surtout aimante et passionnée de musique. Bercé par le blues et le jazz, il commence à jouer du piano sur un truc sans âge. Autodidacte, il reproduit ce qu’il entend à la radio et fait preuve de beaucoup de persévérance à défaut d’en faire autant à l’école. Dès l’âge de 14 ans, Antoine fait le tour des boites de la Nouvelle Orléans avec ses musiciens rencontrés sur la route. A 20 ans, alors qu’il se produisait dans le club «Robin Hood», on le présente comme Fats Domino en raison de sa corpulence et en hommage au pianiste Fats Waller (dont Michel Gondry tournera un film autour de ce personnage dans Be Kind, Rewind). A partir de là, ce surnom ne le quittera plus.

L’année 1949 signe le début de sa carrière professionnelle en signant sur le label Imperial Records, le succès est au rendez vous et ses chansons trustent le haut des charts, il en sera ainsi pendant dix ans. This Is Fats Domino! débarque alors qu’il amasse les dollars, il est constitué principalement de faces B de singles excepté quelques titres sortis sur la première face dont deux de ses plus grands succès, Blue Monday (rien à voir avec New Order!) et surtout Blueberry Hill. Bien que considéré dans la même vague que les rockeurs Little Richard ou Jerry Lee Lewis, la musique de Fats Domino est bien plus marqué par le Rythm’n’Blues et moins agité que celle de ses confrères. Pas de cris, ni d’acharnement sur les touches de son piano, l’artiste se fait étonnement sage.

Dès Blueberry Hill, la machine a du mal à partir avant de continuer sur un rythme de croisière, qu’importe la musique est bonne seulement il ne faut pas s’attendre à des chansons furieuses comme pouvaient l’être Johnny B. Goode ou Rock Around The Clock. C’est un autre genre de Rock’n’roll que nous propose Fats Domino, un rock que nous n’avons pas l’habitude d’entendre ici et qui pourra demander un certain temps d’adaptation pour certains. Cependant, la musique fait preuve d’élégance et n’est pas chiante pour autant. Bien que pianiste de son état, le clavier est loin d’être l’instrument le plus mis en avant mais plutôt les cuivres qui savent se faire aussi agressifs qu'élégants tandis que les percussions  se font étonnement discrètes.

Il est dommage que ce disque soit d’une telle sagesse, cependant, la qualité des compositions rattrape le tout bien que l’on regrette la répétitivité des rythmiques.  Fats Domino avait une recette qui marchait, un son bien à lui et a tenu cette ligne artistique jusqu’au bout. L’autre avantage est qu’avec 12 compositions en à peine une demi-heure, le temps passe très vite évitant ainsi la lassitude qu’on pourrait ressentir si le disque avait duré le double.

This Is Fats Domino! est charmant. Pas de grands frissons, ni de moments réellement exaltant, on ressent juste de la sympathie pour un album qui ne fera sûrement pas date chez le Panda Panda mais qui se réécoutera sans déplaisir. Ce disque est surtout le témoignage d’un personnage historique de la culture rock. Il aura vendu plus de 65 millions d’albums en 10 ans avec pas moins de trente neuf singles consécutifs figurant au hit parade entre 1954 et 1962, seul le King fera mieux. Aujourd’hui Fats Domino est redevenu Antoine et vit d’une retraite bien méritée à la Nouvelle Orléans.


Faut-il écouter ce disque au moins une fois dans sa vie? Pour sa culture musicale.
Label : Imperial

Blueberry Hill
Honey Chile


Semaine 35 : Balam Acab - Wander/Wonder [Tri Angle]




"Je veux dormir dans l’eau!" s’exclamait cette petite fille à ces parents alors que nous rentrions de la route du rock. C’est un souhait à la fois poétique mais assez étrange de la part de ce petit bout de chou, cependant, le disque de Balam Acab pourrait lui donner un aperçu de ce que peut provoquer ce désir. Balam Acab, c’est le nom de scène d’Alex Koone, un jeune Américain qui s’est fait remarquer l’année dernière avec son EP See Birds. Sa musique foutrement belle convainc très vite le label New-Yorkais Tri Angle de le signer afin de sortir un premier album, ce sera Wander/Wonder.

Avant de poser mes oreilles sur cet album, je tiens à préciser que je n’avais jamais entendu parler de cet artiste et c’est totalement vierge d’à priori que je me jetais corps et âme dans sa musique. Avec WelcomeAlex Koone nous plonge directement dans l’ambiance de son disque, c’est dans un climat aquatique que tout commence. Sous la terre ferme, les remous de l’eau parviennent à nos oreilles, chaque piste audio arrive alors à son tour, l’entrée est douce et incroyablement belle. Tout le long du disque, l’eau sera l’élément principal, Wander/Wonder se révèle être plus un album d’ambient que d’électronica pur et dur.
Une des autres composantes maîtresses est l’utilisation des voix, des chants solennels aux allures d’opéra et des voix féminines transformées font leurs apparitions sur toute la durée. Ces voix angéliques sont à l’image de la pochette, une lumière qui surgit des profondeurs de la mer. Décrié par certains pour son côté répétitif et l’utilisation des mêmes sons, cette prise de position est pourtant un atout qui permet de nous laisser s’immerger encore un peu plus dans son univers très singulier.

Les sonorités du disque se révèlent lumineuses mais les beats et l’environnement sonore viennent contraster cette impression, l’album joue sur une ambiance clair/obscur parfaitement maitrisé par Balam Acab excepté sur le final Fragile Hope où le musicien nous laisse sortir la tête de l’eau, la respiration est haletante et annonce un voyage sur le point de se terminer.

Vous l’aurez compris, Wander/Wonder, est surtout un disque immersif, qui selon l’humeur laissera l’auditeur sur la touche. Le disque a l’avantage d’être court, ainsi, jamais l’expérience n’en devient pénible évitant la lassitude pointer le bout de son nez. Au contraire, il nous donne envie de nous replonger encore et encore dans ce superbe album.




Sortie le : 1 août 2011
5 titres en écoute à droite.


Pour :
Rock It To The Moon
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Couci-couça :
Chroniques Électroniques
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Contre :
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#0004 : Louis Prima – The Wildest! (1957)



Lorsque The Wildest! sort en 1957, Louis Prima a déjà roulé sa bosse. D’un groupe de jazz au combo swing, il changea autant de registres que de villes. Au début des années 50, le succès de son Big Band commence à décliner et décide alors de tenter sa chance à Las Vegas où il trouve le club Sahara qui consent à le produire. Entouré de nouveaux musiciens et accompagné de sa femme de l’époque Keely Smith, il connaitra un regain de popularité grâce à des shows pleins d’énergie et d’humour. Leurs prestations amènera même Walt Disney à confier le rôle de King Louie dans le Livre de la jungle à Louis Prima, le personnage étant directement inspiré de lui par cette même façon de se mouvoir sur scène. Avec sa femme ils ont contribué à faire monter la popularité du Sahara qui a fermé ces portes cette année. The Wildest! est enregistré à ce moment, Louis Prima voulait capter l’essence de leurs performances live sur un disque et c’est ainsi que parait cette petite pépite…

Il faut comprendre que cet album est bien plus qu’un disque de cabaret. The Wildest! résume une grande partie de la carrière de Louis Prima, du jazz au swing en passant même par la pop il représente le meilleur de ce qu’il a pu faire jusqu’ici. Cependant, au-delà du mélange des genres, le disque est à l’image de cette pochette, sa musique est pleine de vie, les onomatopées chantées par Prima nous revigore. C’est un album plein de vie, de joie où l’on s’attend à tout moment à un éclat de rire de sa part. On est forcément un peu déçu quand Keely Smith est au chant n’ayant pas le même talent et la même énergie, mais Louis Prima n’est jamais bien loin quand il s’agit de remettre un peu d’entrain sur les refrains ou de la bonne humeur comme sur le très sage (Nothing’s Too Good) For My Baby électrisé par les vocalises du "King Of The Swing".

En plus d’être un formidable chanteur, Louis Prima était aussi un grand trompettiste. Quand les voix se font muettes, c’est son instrument fétiche qui parle et qui participe aux plus grands moments du disque. The Wildest!, le plus fou, le plus sauvage, voilà une définition qui sied très bien à cet album. Dans les rares moments d’accalmie comme sur Body And Soul, la trompette pleine de grâce au début vire peu à peu dans un solo endiablé et fiévreux. Il y a quelque chose de très improvisé dans leur musique et de très instinctif, on ressent cette intention qui était de capter toute l’énergie de leurs concerts à Vegas.

C’est aussi l’occasion pour Louis Prima de délivrer une chanson écrite par ses soins car il faut le savoir comme beaucoup de disques de l’époque, qu’il n’est constitué que de standards du jazz à l’exception de Jump, Jive, an’ Wail donc. Une chanson qui brasse les genres (Jazz, Rock, Swing) pour 3 minutes 30 délirantes où les cuivres s’enflamment autant qu’un Prima euphorique. Le reste n’a pas à rougir, on pense notamment à cette formidable version de Night Train popularisé grâce au film retour vers le futur 1 & 2 joué lors de "la féerie dansante des sirènes" où le groupe dynamite la composition et où la trompette (encore elle) fait preuve de fulgurances.

Une douce folie traverse ce disque, une folie heureuse, c’est un réel plaisir communicatif qui nous emporte. Si on devait lui reprocher une chose, c’est sa durée. Une petite demi-heure seulement … Mais quelle demi-heure! Louis Prima est mort à l’âge de 67 ans le 24 août 1978 laissant derrière lui une collection de chansons remarquable. On gardera en tête cet album, cette pochette, figeant son rire éclatant et laissant ainsi l’image d’un homme radieux et hilare. Sur sa tombe était inscrit ces quelques mots issus de son plus grand succès : "When the end comes, I know, they'll all say 'just a gigolo' as life goes on without me". Bien plus que ça, Louis Prima aura définitivement gravé son empreinte dans la musique actuelle.


Faut-il écouter ce disque au moins une fois dans sa vie? Incontournable.
Label : Capitol

Just A Gigolo/I Ain't Got Nobody
Buona Sera

Mercredi 31 août : Male Bonding - Tame The Sun

Les apparences sont parfois trompeuses! Male Bonding est un groupe en provenance de Londres, pourtant, c’est bien chez les Américains que ce trio rock est allé puiser son inspiration en particulier chez Dinosaur Jr. où l’on retrouve ce même goût pour les riffs accrocheurs et cette urgence dont ils font preuve en ne voulant jamais baisser le rythme.

Endless Now fait suite au plébiscité Nothing Hurts complètement loupé ici. 1 an après ce premier effort, les revoilà déjà pour faire parler la poudre. Excepté le très court mais très beau The Saddle, les guitares n’en finissent plus de rugir tandis que la batterie semble partir dans tous les sens alors que tout ce joyeux bordel montre une certaine envie de ne jamais perdre cette fougue, cette rage adolescente, comme le font si bien leurs ainés depuis plus de 25 ans maintenant.

Sans renouveler un genre vieux comme le monde (ou presque), le groupe fait preuve d’une recherche d’efficacité bluffante qui fait mouche à chaque fois. A cela, on pourrait les rapprocher aux derniers albums de No Age et Wavves pour cette envie de proposer un rock décomplexé où la mélodie importe plus que tout le reste. Comme des adolescents répétant dans leur garage, leur musique est instinctive, on ressent chez eux un plaisir immense à partager cette musique frontale et brutale.

C’est avant tout une énergie positive et communicative qui ressort d’Endless Now. Un disque primaire, sans fioriture qui va droit au but, le genre de disque qui nous donne envie de taper du pied, de lever les bras en l’air et louer notre dieu du rock pour avoir la chance d’écouter des disques comme celui-ci en 2011. Amen.

En écoute aujourd’hui, Tame The Sun, le premier morceau du disque qui nous renvoie plus vers le soleil Californien que la grisaille Londonienne.


Extrait de l'album : Endless Now
sortie le : 01 septembre 2011
Label : Sub Pop
En écoute dans le lecteur à droite

Pour :
Le Golb
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Contre :
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Mardi 30 août : Other Lives - For 12

En 2009 sortait Reservoir, un premier coup de maitre signé par les Londoniens de Fanfarlo. Malheureusement le trop plein de références leur avait permis de n’avoir que quelques encouragements en lieu et place d’un plébiscite mérité. En 2011 sort Tamer Animals, un premier essai signé par les Américains d’Other Lives. Bien que n’ayant pas grand-chose à voir au final, ce disque souffre lui aussi de la comparaison d’illustres prédécesseurs à tel point que cela en devient embarrassant. Patrick Watson, Midlake, The National, Grizzly Bear, Arcade Fire, Get Well Soon… Faire la liste de toutes les influences du groupe serait trop long.

Bon, je suis un poil agacé car ce disque rencontre un certain succès comparé à Reservoir ce qui est prometteur pour l’avenir du groupe. Néanmoins, j’ai bien aimé, et puis il possède un argument de poids qui a dû peser dans la balance. Au-delà de l’influence de tous ces groupes indé, il y en a une qui se fait particulièrement ressentir, celle de Morricone. Contrairement à Danger Mouse qui lui a rendu un hommage semi-raté en rappelant bien plus l’esprit de Jean Claude Vannier (ce qui est cool aussi) que du maitre Italien. Ici, les ficelles sont beaucoup moins grosses (l’objectif n’est pas le même, il faut l’avouer), la musique d’Other Lives se fait bien plus aérienne, qu’elle soit folk ou plus pop. La plupart du temps, accompagnés d’un véritable orchestre de musique classique, les musiciens convoquent les grands espaces sur une tonalité des plus dramatiques. As I Lay My Head Down ressemblent à la bande sonore d’un western, une chevauchée dans les plaines du Midlake euh... midwest, c’est principalement à cette Amérique historique que nous fait penser Other Lives.

Tamer Animals est un beau disque mais qui sonne parfois un peu toc, sans vraiment le vouloir, le groupe a réussi à signer une œuvre aussi jolie qu’agaçante. Deux choix se présentent, soit vous vous laissez emporter par cette musique qui est comme une bouffée d’air frais, soit vous finissez écrouler par le poids de tant de références si prestigieuses.En écoute aujourd’hui, For 12, un titre à la Radiohead (tiens encore un !) rappelant l’époque d’Amnesiac où les violons et les guitares dessinent un paysage aride sous nos yeux comme le groupe l’a si bien fait dans le clip à visionner ci dessous.





Extrait de l'album : Tamer Animals
sortie US le : 10 mai 2011
sortie Europe le : 29 août 2011
Label : TBD
Myspace
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Pour :
Ce que j'écoute
Interlignage
Gonzaï
Sensation Rock
A l'écoute
Du son
Mes Critiques / Playlist Society
Black Box Baby
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Contre :
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Lundi 29 août : Beirut - A Candle's Fire

Oui, je l’avoue, il y a tricherie. Techniquement, le disque est sorti le 2 août en digital tout ça à cause d’affreux pirates qui ont poussé Zach Condon à livrer son troisième album un peu en avance, mais bon ça tout le monde s’en fout dans le fond. Ce qui nous intéresse, c’est bien la musique du californien qui a su conquérir beaucoup de Français. Sa musique, inspirée parfois des Balkans ou même de notre cher pays a en effet permis à ce petit prodige de 25 ans de rencontrer un joli succès sur notre territoire. A l’occasion de sa sortie physique, il est temps de revenir sur un disque qui sera déjà tombé dans l’oreille de nombreuses personnes mais qu’importe, The Rip Tide le mérite amplement.

Dès les premières minutes nous tombons dans un univers bien connu, l’accordéon, la batterie et les trompettes sonnent comme une fanfare, celle du quartier qui réunit petits et grands. Le savoir faire est là, une seule écoute suffit pour nous rappeler à quel point Beirut nous avait manqué depuis son double EP, March Of The Zapotec / Holland datant déjà de deux ans et demi. La suite arrive avec Santa Fe qui renvoie justement à Holland, une collection de morceaux électroniques, où Condon y injecte encore une fois une ribambelle d’instruments à vent comme il en raffole.

La suite est du même acabit, si vous avez aimé les précédents disques, vous aimerez celui-ci auquel on ne pourra sûrement pas reprocher la faiblesse des compositions tant l’artiste fait preuve une nouvelle fois d’une inspiration mélodique qui force le respect. Cependant, The Rip Tide nous laisse sur notre faim. En sortant un Best-of de tout ce qu’il a pu faire jusqu’ici, Zach Condon laisse l’esprit d’innovation en studio pour nous offrir seulement une poignée de chansons bien troussées.

Bien qu’il soit encore capable de nous surprendre comme sur les débuts de Goshen et son piano intimiste ou The Peacock et sa lente ascension émotionnelle, le californien se croit obligé de foutre des trompettes partout ! Il est dommage de constater qu’après seulement trois disques certains automatismes se soient installés dans sa musique. Après avoir surpris son monde avec Gulag Orkestar, on est aujourd’hui en rien étonné, excepté par son talent indéniable pour écrire de bonnes chansons.

Et si cet album Best-of était une façon de tourner une page afin d’en mieux écrire la suite ? On l’espère, voir Zach Condon explorer de nouveaux territoires vierges serait le plus beau cadeau qu’il puisse nous offrir car tout le monde le sait, Beirut n'a pas besoin de ses artifices pour briller. En attendant, délectons nous de The Rip Tide qui, mine de rien, est un fantastique album pop.

En écoute aujourd’hui, A Candle’s Fire, une entrée en fanfare qui résume à elle seule toute la carrière (ou presque) de ce groupe si atypique.


Extrait de l'album : The Rip Tide
sortie digitale le : 02 août 2011
sortie physique le : 30 août 2011
Label : Pompeii
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Pour :
Loud Shouting
Ecoute donc ça
Bring Your Jack
Slash-Taste
Sensation Rock
Soul Kitchen
Lcassetta
Blogothèque
Musique-Indie
So Why One More Music Blog?
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Couci-couça :
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Contre :
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Lundi 22 août : Ganglians - Sleep

Ganglians, c’est l’histoire d’un rendez-vous manqué. Croisé il y a quelques temps à l’occasion d’un concert gratuit, leur musique avait fait le même effet que l’ombre de ce grand arbre qui me protégeait alors des rayons menaçant d’un soleil un peu trop insistant lors de leur performance. A la fois estivale et rafraichissante, la musique de ce trio californien avait été plus qu’un moment agréable passée en leur compagnie mais définitivement un groupe à suivre. Seulement voilà, bien que possédant leurs deux premiers albums, le temps, la motivation et l’oubli ont joué leur rôle, laissant ces deux premiers disques dans les fins fonds de mon disque dur.

La sortie de leur troisième album est donc une bonne occasion pour rattraper mes erreurs et pourquoi pas me plonger une bonne fois pour toute dans leurs débuts. Malheureusement, à moins que ma mémoire flanche, ce disque n’est pas réellement ce à quoi je m’attendais. Croyant me trouver face à un groupe de pop garage, on tombe finalement sur un disque pop, un peu garage certes mais aussi teinté de psychédélisme, de rock, de chansons plus ou moins lumineuses et aussi un tas d’autres trucs dont je serai incapable de donner un nom. Sur le papier cela paraît alléchant seulement, la sauce ne prend pas à chaque fois. Par exemple, Things To Know bizarrerie 80’s que n’aurait pas renié Ariel Pink ne trouve pas vraiment sa place sur ce disque où se côtoie tout et n’importe quoi.

Arrivé à terme de ces 56 minutes (ha oui quand même…) on en sauvera finalement que la moitié, les préférant quand ils restent proches des souvenirs tels que je les avais fantasmé. Ganglians reste un groupe sympathique mais dont la confirmation n’est pas pour tout de suite malgré quelques pics de créativité (l’envoûtant California Cousins tout droit échappé des récentes sessions de Kurt Vile). Au risque de passer à côté de grandes œuvres, on attendra leur prochain effort avant de se replonger dans la discographie de ce groupe sympathique mais plutôt inoffensif.

En écoute aujourd’hui, Sleep, un des rares titre fort de ce disque, une comptine envoûtante emportée par un brasier de guitares sur les refrains. Pop et psychédélisme sont au rendez vous pour nous offrir un moment plein de charmes.



Extrait de l'album Still Living
Sortie le : 23 août 2011
Label : Lefse
Myspace



Pour :
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Couci couça :
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Contre :
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Semaine 23 : Fucked Up - David Comes To Life [Matador]



Il était une fois David, un modeste et désabusé employé d’une usine de fabrication d’ampoules. Arriva alors un beau jour où David rencontra Veronica. C’était une activiste et anarchiste qui le réveilla alors de sa torpeur. Il en tombera follement amoureux et concevront ensemble des projets audacieux et radicaux. Ensemble ils voulaient faire exploser cette ville, la réveiller, comme cela venait d’arriver à David seulement, Veronica mourra dans l’explosion laissant un David seul et dévasté.

C’est le point de départ de cet opéra rock, une œuvre ambitieuse en quatre actes racontant l’histoire de David qui sera amené à rencontrer différents personnages. Il ira de surprises en surprises pour à terme renaitre dans le corps d’un homme nouveau. David Comes To Life, en plus d’être un excellent album de punk/rock est une œuvre ambitieuse imaginée par les esprits fertiles du sextet canadien Fucked Up. Ils étaient attendus ces Canadiens! Après avoir gagné le prestigieux Polaris Music Prize avec le pourtant pas évident The Chemistry Of Common Life, ils devaient réussir en écrivant un successeur digne de ce nom. Le pari est réussi haut la main, en s’éloignant du punk/hardcore pour un punk plus mélodique, Fucked Up prouve qu’ils sont capables de proposer avec leur troisième album une perspective nouvelle qui pourrait bien gagner de nombreux adeptes malgré la voix si particulière de Damian Abraham.

Damian Abraham, c’est le chanteur, ou plutôt celui qui beugle dans le micro et qui au premier abord ne semble pas faire dans la sensiblerie. Si vous préférez, c’est un chanteur dont le régime alimentaire consiste à boire de la bière et qui aime avant tout caché sa bite entre ses grosses cuisses sur scène. Malgré les a priori que l’on pourrait avoir, c’est de son imaginaire que lui ai venu l’histoire touchante de ce fabricant d’ampoules qui brassent de nombreux thèmes, que ce soit l’amour, la mort, la culpabilité et j’en passe.David Comes To Life n’est pas une simple histoire gueulé par un mec extravaguant, c’est surtout une musique enivrante et urgente. Fucked Up c’est aussi trois guitares, une basse et une batterie qui délivrent à chaque composition son lot de riffs à faire remuer la tête de votre grand-mère. C’est du rock qui fonce tête baissée, qui ne fait pas dans la demi-mesure et qui ne vous lâchera pas durant 80 minutes. C’est bien simple excepté le morceau en guise d’ouverture, jamais le groupe nous laisse respirer, la partie rythmique est excellente, à la fois sèche et violente tandis que les guitares nerveuses ne cessent de s’emballer emportant tout sur leur chemin sans nous oublier au passage. Seuls moments de douceurs, la voix de Jennifer Castle qui surgit à de rares occasions.

Si il y a deux ans le groupe m’avait laissé sur le carreau avec un genre dont je suis peu habitué, cette fois ci, il remporte totalement mon adhésion en lissant leur jeu sans se corrompre pour autant. David Comes To Life est un album aussi beau que revigorant qui arrive à tenir sur toute la durée en signant un grand album de punk/rock avec des riffs en veux tu en voilà. Bref, Fucked Up a fait un putain de disque qui mine de rien, se trouve sans concurrent sérieux à portée de main.



sortie le : 6 juin 2011
5 titres en écoute à droite.

Pour :
Nomag
Branche ton sonotone
Des oreilles dans Babylone
Nuage noir
Le parallèle
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Contre :
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Mercredi 8 juin : Cults - Abducted

Cela fait longtemps que Panda Panda attendait ce moment, enfin pas si longtemps que ça puisque le groupe a connu une ascension fulgurante. C’est en 2010 que Madeline Follin et Brian Oblivion forment le duo Cults et publient un mini EP contenant trois chansons sur leur bandcamp. Très vite, ils se font repérés, le net s’affole et le buzz s’amplifie. En fin d’année, ils deviennent l’un des groupes les plus attendus en 2011 et deviennent la première signature d’In The Name Of, le label fraichement créé par Lily Allen.

Il est très simple de comprendre l’engouement vis-à-vis du groupe par le public. Avec ses deux premières chansons (Go Outside et Most Wanted) le duo proposait un pur produit pop indé, on retrouvait ainsi glockenspiel, voix féminines aux allures de chorales d’enfants mais surtout, ils ont réussi à faire le lien entre notre époque et les années 60. Avec ces deux titres, ils parvenaient à composer une musique originale, aux sonorités modernes mais dont l’emballage possédait un aspect rétro des plus exquis en rappelant le célèbre "Wall Of Sound" Spectorien.

Un an après la création du groupe, nous voici déjà avec leur premier album entre les mains et ça commence très fort. Abducted, dernier single en date, est un candidat sérieux au titre de chanson de l’année. Le titre s’éloigne de la pop enfantine au profit d’une musique plus mélancolique, plus grave, portée par des guitares et une voix d’une puissance phénoménale. C’est à un véritable mur du son auquel on assiste et où le lumineux glockenspiel surgit encore. Cependant, le résultat parait moins référencé qu’un Go Outside ou Most Wanted. Abducted, c’est la bourrasque qui vient tourmenter nos esprits, la chanson qui vous obsède et vers laquelle vous finissez toujours par y retourner.

C’est la première surprise, la meilleure chanson est la plus éloignée du style qui les a fait connaitre, on espère alors en retrouver du même acabit mais malheureusement non, le reste revient sur les acquis du groupe quitte à tourner un peu en rond… Excepté l’inquiétant et envoutant Bad Things, le reste de l’album a tendance à toujours sonner de la même façon. Pourtant, il est difficile d’en vouloir au groupe. Si l’on prend chaque chanson individuellement, chacune est un tube potentiel où l’on retrouve tous les charmes des débuts, mais dans son ensemble, le duo ne surprend guère quitte à nous faire trouver le temps un peu long vers la fin du disque à ressasser les mêmes rythmes, les mêmes sons…

Il est donc dommage d’avoir écarté des titres tel que le rugueux The Curse aux guitares tranchantes et aux voix tonnantes ou Make Time qui, bien que très proche des autres chansons de Cults, propose un refrain en or. Le résultat n’a pas à rougir pour autant car Cults est un disque attachant et original où l’évidence pop jaillit à chaque refrain. La chanson Abducted, si différente, laisse à penser qu’elle fait partie des dernières chansons écrites. On rêve alors à un futur album dans le même registre qui pourrait s’avérer très prometteur. Le nom de leur groupe n’est pas encore mérité, mais qui sait ce qu’il en adviendra d’ici quelques années? Ce qui est certain, c’est qu’on n'a pas fini d’entendre parler de cet attachant duo.

En écoute aujourd’hui, Abducted, évidemment…
En bonus, le clip, superbe lui aussi.




Extrait de l'album : Cults
sortie le : 07 juin 2011
Label : In The Name Of
En écoute dans le lecteur à droite

Pour :
Nuage Noir
Toujours un coup d'avance
Sensation Rock
Dirrty Music
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Contre :
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Mardi 7 juin : Battles - Africastle

C’était avec un sentiment d’excitation mélangé à une certaine forme de crainte que l’on attendait ce disque. De l’excitation d’abord car leur premier album Mirrored était une petite bombe rare dans son genre. Porté par des chansons comme Tonto et surtout Atlas, une des meilleures compositions des années 2000, Battles avait construit un disque fou, complexe et totalement jouissif. Composé par quatre brillants musiciens, chacun venait porter une pierre à un imposant édifice qui prenait forme au fil des minutes. C’est avant tout Tyondai Braxton, chanteur et spécialiste des boucles instrumentales, John Stanier, batteur métronomique et roi des contres tempo, ainsi que Ian Williams, pionnier du Math-Rock avec les légendaires Don Caballero que reposait ce groupe à l’alchimie parfaite.

Seulement, à l’août 2010, Braxton se casse et la crainte nous empare. Mine de rien, il avait prouvé avec son album solo Central Market toute la folie et l’ambition qu’on avait perçu en lui. Avec ses allures d’orchestre électronique sous acide, il avait créé une œuvre surprenante et aussi imprévisible que Mirrored. Qu’allait donc devenir Battles avec deux bras et une voix en moins ? La réponse est ici, avec ce Gloss Drop pas glop.

"Plus c’est long, plus c’est bon" pouvait on dire à propos de Battles à la sortie de Mirrored, on aimait cette façon qu’ils avaient d’étirer les morceaux en longueur jusqu’à la chute qui n’en était que plus explosive. Le trio a pourtant quelque peu laissé cette idée de côté pour se concentrer vers un format et un son plus pop (mais pas trop, faut pas déconner). En témoigne les invités vocaux qui s’adaptent comme ils peuvent aux rythmes. Il y a ceux qui obtiennent la mention honorable (les bondissant Aguayo et Yamantaka Eye), et ceux qui échouent soit à cause d’une composition fade Kazu Makino sur le très plat Sweetie & Shag), ou par une interprétation totalement foiré (Gary Numan qui ne cesse de beugler de manière insupportable).

Gloss Drop marque surtout un manque cruel d’idées, les titres s’enchainent et l’ennui pointe rapidement le bout de son nez. La batterie, bien que toujours prodigieuse, semble plus en retrait pour cacher un jeu moins inventif et jouissif. Cet album qui se voulait plus récréatif n’arrive pas à nous emporter par son manque de limpidité. Battles nous a à l’usure, pas à force de taper du pied, mais par le côté répétitif de leur musique où tout fini bien trop souvent en une déflagration sonore indigeste.

Si l’on a entre les mains un successeur honteux de Mirrored, Battles n’a pas perdu pour autant son âme en signant une nouvelle fois une œuvre atypique. De plus, quelques morceaux arrivent toujours à nous provoquer un plaisir auditif notamment les trois premiers titres, mais c’est beaucoup trop peu pour parler d’un disque réussi. L’excitation a disparu dans les esprits (trop) torturés des membres du groupe pour ne laisser que la crainte, hélas, confirmé ici. A l’avenir, on cherchera notre plaisir dans les projets solos de Tyondai Braxton, qui on espère, sera plus convaincant que ses petits camarades.

En écoute aujourd’hui, Africastle, une ouverture pleine de promesses non tenues.




Extrait de l'album : Gloss Drop
sortie le : 06 juin 2011
Label : Warp
Myspace
En écoute dans le lecteur à droite

Pour :
Tasca Potosina
Funk You Dear
Esprits critiques
Pinkushion
Novorama
Mowno

Couci couça :
Spot Mag
Playlist Society
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Contre :
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Lundi 6 juin : Arctic Monkeys - Reckless Serenade

Arctic Monkeys, ceux qu’on nous vend comme les sauveurs du rock Anglais sont de retour… Soyons clair, je n’ai jamais été un fan inconditionnel du groupe parce que ces jeunes gens ont un gros problème. Enfin, un problème, c’est à la fois une qualité mais qui explique pourquoi je n’ai jamais accroché à la totalité d’un de leurs albums. Le problème d’Arctic Monkeys est surtout qu’il est un groupe à single et cela depuis le départ, chaque disque souffrant de la présence d’une poignée de morceaux exceptionnels.

Je leur reconnais un talent indéniable pour réussir à composer des titres excitant, des tubes à la pelle, mais toujours noyés dans un ensemble avec des hauts et pas mal de bas. Suck It And See devrait donc être leur plus faible album puisque qu’il n’y a pas vraiment de chansons plus mémorables les unes que les autres. Etonnement, c’est l’inverse qui se produit, et pourtant, Suck It And See est un disque raté.

C’est un disque raté sur bien des points. D’abord, c’est grâce à cette perte en efficacité qu’on finit par écouter l’album en entier sans avoir envie de passer sans cesse à la prochaine chanson. Ce disque repose beaucoup moins sur quelques singles et le déséquilibre ne se fait alors plus ressentir. On apprécie finalement l’album dans son intégralité malgré quelques coups de mou qui nous font parfois trouver le temps long (c’est un peu leur marque de fabrique en même temps).

Ce qu’on ne peut pas leur enlever, c’est cette volonté de toujours avancer sans jamais regarder derrière eux. Après deux albums adolescents évoquant la banlieue Anglaise et l’aride Humbug, bas du front et bien plus sombre qui lorgnait du côté du stoner de Josh Homme, Arctic Monkeys échoue en Californie.

Le problème c’est que les Fish and Ships, ça n’aime pas trop le soleil et les singes de l’arctique ont vite attrapé une insolation. A défaut de guitares énergétiques on se retrouve avec des instruments lourds. Si l’on retrouve parfois l’esprit d’Humbug dans les guitares, Suck It And See est plus lumineux, les morceaux bourrins laissent plus de place aux compositions apaisées et estivales qui tombe à pic pour un été caniculaire.

Suck It And See est un disque qui ne plaira sans doute pas aux fans du groupe, ils signent un quatrième opus en perte de vitesse où l’héroïsme et la rage ont disparu. Le plus drôle est de voir cette bande qui a totalement perdu le son de ses débuts pour se transformer en un groupe qui ne cesse de s’américanisé. Finalement, les héros du rock Anglais sont devenus un groupe cramé de L.A mais pas encore mort. On serait presque impatient de connaitre la suite tiens.

En écoute aujourd’hui, Reckless Serenade, une ballade inoffensive qui a pourtant la saveur d’un été sur le déclin, un soupçon de mélancolie et de jolies guitares qui nous font croire qu’Arctic Monkeys n’a pas encore dit son dernier mot.



Extrait de l'album Suck It And See
Sortie le : 06 juin 2011
Label : Domino
Myspace
En écoute dans le lecteur à droite.

Pour :
Sound Of Violence
Mowno
En 100 mots
Sensation Rock
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Couci couça :
Playlist Society
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Contre :
Tasca Potosina
Soul Kitchen
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