Semaine 13 : King Creosote & Jon Hopkins - Diamond Mine [Domino]



Après quelques vacances il est temps de revenir aux affaires ! Heureusement, j’avais emmené avec moi quelques devoirs afin de trouver un album de la semaine digne de ce nom. Celui là, je le dois à Mr Marsupilami blogueur émérite qui s’applique depuis quelques années à nous faire découvrir de nombreuses merveilles. Bien malin fût le marsupio pour attirer le chaland dans les griffes de cet éclatant joyau en lui donnant la note suprême. La première et dernière fois (selon lui) qu’un disque se voit octroyer un 10/10.

Ce disque, remplit de belles promesses, on le doit à deux artistes. D’un côté il y a le méconnu (en tout cas ici) King Créosote dont on avait parlé (un peu) il y a un bail à l’occasion de la sortie de Flick The Vs. Peu connu et pourtant, il suffit de jeter un coup d’œil à sa page wikipedia pour se rendre compte de la discographie impressionnante amorcée en 1998. De l’autre, on a Jon Hopkins qui avait bluffé le Panda avec son troisième album Insides. Depuis ce coup d’éclat, il a collaboré avec quelques noms prestigieux (Coldplay, Brian Eno, Four Tet…) et a fini par se construire une solide réputation aussi bien en tant que musicien, que producteur. C’est dans ce deuxième cadre que le Londonien a participé à la construction de Diamond Mine qui aura été réalisé sur plusieurs années. Sans labels pour mettre la pression et sans contraintes, les deux artistes ont pris tout leur temps pour écrire ces 7 compositions d’une trentaine de minutes seulement.
Sur ce laps de temps assez court, ils se permettent même une chanson introductive aussi réussie que nécessaire car First Watch, qui ouvre l’album, instaure l’ambiance qui habite la totalité du disque. Au premier abord, Diamond Mine est une œuvre à la limite de l’introspection, parfois hésitant dans son jeu mais qui nous laisse découvrir un monde fascinant construit par les deux hommes. Ce monde qui est au centre de ce disque, c’est le village natal de Kenny Anderson (aka King Creosote), une petite ville portuaire d’Ecosse. Tout commence dans le café du coin par les échanges de quelques habitués couverts par le brouhaha ambiant, on y entend alors des bribes de conversations entre la vapeur qui s’échappe de la théière et les entrechocs de la vaisselle déposée abruptement dans l’évier. Puis, très vite, on prend le large et on se retrouve sur la côte, le cri des mouettes et le remous des vagues parvenant jusqu’à nous. C’est à ce moment que les premiers mots de King Creosote accompagné seulement d’une guitare sèche font surface et c’est sans artifices que les premiers frissons parcourent notre échine. Dans cette simplicité le chanteur nous transperce en plein cœur par sa voix chaleureuse qui évite le piège d’un disque qui aurait put vite tomber dans le pathos. Le chanteur n’en fait jamais trop et réussit à garder un ton juste tout au long de l’album.
Pour autant, il ne faudrait pas minimiser le travail de Jon Hopkins, car Diamond Mine est bel et bien une collaboration et non une énième sortie solo de King Creosote. Il faut voir cet album comme un tableau, si ce dernier en a dessiné les contours, Hopkins s’est chargé de le colorer et de lui donner vie. Pendant qu’Anderson livre les paroles et les esquisses de chaque compositions, le londonien remplit l’espace en donnant toujours plus de reliefs aux titres. Souvent constitués de lentes montées, les titres, déjà troublants, gagnent en émotions au fil des minutes. Ainsi, John Taylor’s Month Away qui commençait avec une simple guitare finit en apothéose avec un accordéon et des chœurs. Il suffit alors de fermer les yeux pour s’imaginer sur les côtes Ecossaises sentant le vent souffler vigoureusement dans nos oreilles au bord de la falaise. On reconnait aussi son travail sur des titres tels que Bubble ou l’on jurerait entendre certains passages issus de ses précédents travaux. Il y applique alors quelques touches d’electronica des plus discrètes mais du plus bel effet.

Diamond Mine, en plus de cadrer parfaitement avec l’imaginaire dans lequel ils ont désiré faire évoluer le disque, est d’une justesse incroyable. On ne tombe jamais dans la facilité, dans le débordement de sentiments ou dans le tragique. Il révèle au fil des écoutes des trésors d’inventivité quand il s’agit de donner aux compositions toujours plus d’ampleur. Enfin, et surtout, il se bonifie avec le temps, on s’attache à ce disque si commun aux premiers abords, mais que l’on finit par s’approprier et à chérir.

Ne vous laissez pas avoir par l’aspect inoffensif qu’il dégage au début, car derrière, c’est un véritable trésor qui se cache. Diamond Mine est le premier grand disque d’une année qui tardait à démarrer, il fait partie de ces albums qui, une fois apprivoisés, ne vous lâche plus. Il vous accompagne tout au long de l’année, vous obsède au point de ressentir le besoin de s’en abreuver jusqu’à en tarir la source. Heureusement pour nous, elle semble inépuisable tant les richesses dévoilées se font de plus en plus nombreuses, car il suffit de tourner, dans nos doigts fébriles, ce diamant brut pour y découvrir une facette toujours plus étincelante.



sortie le : 28 mars 2011
5 titres en écoute à droite.

Pour :
Little Reviews
Chroniques Automatiques
Momo's Blog
Tasca Potosina
Louds Shouting
Sound Of Violence
...

Contre :
...

2 commentaires:

Mmarsupilami a dit…

J'en suis toujours sur le cul!

Panda Panda a dit…

Ca c'est des commentaires comme je les aime!