Semaine 40: Fránçois & The Atlas Mountains - E Volo Love [Domino]




E Volo Love, c’est la continuité d’une belle histoire lancée par Fránçois, un garçon originaire de Saintes qui aura eu la chance de croiser sur sa route de talentueux groupe Anglais. Il ira jusqu’à officier en tant que trompettiste chez les Ecossais de Camera Obscura. De ces expériences, ces rencontres dans sa deuxième ville natale qu’est Bristol, il sortira un premier disque sous le nom de Fránçois, avant d’être rejoint par The Atlas Mountains, un groupe à géométrie variable où les musiciens ne sont que de passage. Pour ce quatrième et nouvel album, ils ne sont que trois autour de Fránçois Marry. Gérard Black bassiste tout droit venu d’Ecosse, Pierre Loustaunau (aka Petit Fantôme), prodige de la pop en devenir comme le montre si bien son premier EP Yallah et enfin Amaury Ranger, le percussionniste, qui a apporté dans ses valises ses inspirations venues d’Afrique.

Ce sont d’ailleurs sur les trois premiers titres que l’apport d’Amaury Ranger est le plus frappant. Dès les plus beaux, nous sommes à mille lieux de Saintes ou de Bristol. On part au loin, survolant les plaines arides, la mélancolie s’invite parfois mais c’est surtout cette sensation de liberté, d’évoluer dans des paysages infinis qui prime. Hélas, cette bouffée d’air frais est rompue par City Kiss, seul faux pas de ce disque. Sans être une mauvaise chanson on ne reconnait pas l’univers propre à Fránçois, qui semble plus écrire une chanson pour Camera Obscura justement. Cependant, cette composition terre à terre a le mérite de trancher avec la suite qui se situe entre les moments intimistes de Her River Raves Recollections et d’une écriture plus pop, plus classique qu’à l’accoutumé, mais qui ne perd pas pour autant de son charme.

Ce qui nous séduit le plus dans tout ça, c’est cette façon de toucher à tout. Il y a dans ce disque des chansons nocturnes quasi-jazzy, des chansons dans la pure tradition Française ou encore des chansons aux sonorités ringardes mais qui laissent peu à peu dévoiler de nouvelles facettes laissant le vulgaire caillou se transformer en un bijou de musique pop. Si dans son ensemble, ce nouvel essai laisse quelque peu sur sa faim comparé à Plaine Inondable et Her River Raves Recollections, Fránçois Marry continue à surprendre dans sa façon d’écrire et d’arranger ses morceaux : du saxophone (l’incontournable de l’année !), aux chœurs semi-Grégorien, tout y passe. On a même le droit à un final hypnotique rappelant leur nouveau voisin de label, Animal Collective, sur le premier single Piscine repêché sur son meilleur album à ce jour (encore et toujours Her River Raves Recollections).
Comme à son habitude, il alterne les textes entre Français et Anglais parfois les deux en même temps pour un résultat des plus touchants. Car au-delà de sa musique innovante, c’est dans ses paroles que le jeune homme se surpasse. Certains pourraient y voir de la niaiserie mais il y a chez lui une simplicité désarmante qui relève plus d’une certaine forme de poésie candide, de rêves couchés sur le papier. Dès la première chanson son obsession pour l’eau est là, l’élément naturel qui entoure cette histoire d’amour entre ces deux personnes ne la rend que plus belle. Parolier atypique, Fránçois Marry n’en finit plus de nous faire frissonner en nous contant ses récits presque enfantins.
                                                                     
E Volo Love c’est avant tout une belle histoire, une avancée, et une nouvelle approche pour Fránçois & The Atlas Mountains. En signant un album plus classique qu’à l’habitude sans perdre en talent, le groupe pourrait bien gagner en popularité. C’est en tout cas tout le mal qu’on leur souhaite afin d’espérer dans un futur plus ou moins proche de nouvelles rêveries sonores qui nous emmèneront elles aussi loin d’ici.





Sortie le : 3 octobre 2011
En écoute sur Deezer


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4 commentaires:

Benoit a dit…

dommage qu’il n'y pas plus de blogs qui intéressent à ce disque vraiemtn très sympa... mais ça va venir ;-)

Panda Panda a dit…

J'espère... Il le mérite en tout cas :)

Mike a dit…

Ce disque gagne à être connu, il le mérite amplement

Vincent a dit…

Pas super accroché pour ma part. Préférais le précédent.