Semaine 41 : Kings Of Convenience - Declaration Of Dependence [EMI]

Parfois c'est au moment des retrouvailles que l'on se rend compte à quel point ils nous ont manqué. C'est le cas pour Eirik Glambek Bøe et Erlend Øye qui marquent leur grand retour après cinq années loin des Kings Of Convenience.



En deux albums les Kings Of Convenience ont sût entretenir un feu sacré faisant d’eux des idoles en particulier en Norvège leur pays d’origine. Revisitant Simon & Garfunkel dans un univers propre à eux, ne titillant jamais les 60’s mais bel et bien ancrés dans notre décennie, Eirik Glambek Bøe et Erlend Øye ont insufflé à la musique pop/folk d’aujourd’hui une grande bouffée d’air frais. C’était donc avec un plaisir immense que l’on avait reçu Quiet Is A New Loud et Riot On An Empty Street, puis plus rien. Depuis 2004 Kings Of Convenience faisait le mort tandis qu’Erlend Øye s’amusait avec son nouveau joujou The Withest Boy Alive (qui est tout de même beaucoup moins ma came), et qu’Eirik Glambek Bøe…Bah justement s’occupait comme il pouvait en participant à la tournée de ces derniers ou en faisant une discrète apparition sur le second album solo de leur amie Feist.

Et voilà qu’un beau jour, Oh miracle ! J’apprends le retour aux affaires des deux Norvégiens. Et c’est avec une joie difficilement réprouvable que je me rends compte que la recette n’a pas changé. Les deux Norvégiens s’appliquent toujours autant à mêler leurs voix de la plus belle façon qui soit. Qu’ils fredonnent à l’unisson ou se répondent, le résultat sidère jusqu’au point où l’on ne sait plus qui chante quoi. Dans leur livret, Kings Of Convenience se lance d’ailleurs dans une petite explication à ce sujet afin d’éclaircir l’auditeur qui en aura bien besoin. C’est sur 24-25 que l’exemple est le plus frappant, le titre ouvrant leur troisième album qui est d’ailleurs au passage l’une si ce n’est la plus belle chanson du groupe montre à quel point l’harmonie vocale entre eux est juste parfaite.

Ne vous attendez pas pour autant à un quelconque tube, ces rois Nordiques se sont appliqués à livrer à un album homogène où aucune chanson ne tire vraiment son épingle du jeu mais c’est bien cet ensemble de treize titres qui élèvent Declaration Of Dependence vers le haut. Ni tube, ni variation, ce qui pourrait rebuter certains est peut être le manque d’originalité, toutes les chansons à l’instrumentation minimaliste sont basées sur quelques accords de guitare et aux voix des deux hommes, le tempo variant au final assez peu. Ce qui pourrait être un défaut est à mes yeux l’une de ces principales qualités, car c’est dans cette uniformité que Kings Of Convenience arrive à obtenir cette ambiance si particulière, apaisante, mélancolique, qui nous donne envie de prendre notre temps et de profiter des minutes qui passent à ne rien faire.

Puis arrive Scars On Land dernier titre de l’album au goût amer, comprenez que Declaration Of Dependence est tel un voyage au bout du monde ou vous découvrez un nouveau monde bien plus beau que celui où vous vivez, Scars On Land est alors le chemin du retour. On a alors cette désagréable impression qu’Eirik et Erlend nous laissent sur place, pourtant il suffit juste de ré-appuyer sur le bouton de lecture mais jamais je n’aurai été aussi défait par la fin d’un disque…

Jamais Kings Of Convenience m’aura autant charmé, peut être y a t-il une ou deux chansons dispensables mais le reste est juste parfait, chaque chose étant à sa place. Le très bel album des Kings Of Convenience n’en finit pas de repasser chez moi, à croire Eirik Glambek Bøe et Erlend Øye sont comme le bon vin, se bonifiant avec le temps. On espère plus qu’une chose maintenant, c’est qu’ils ne mettront pas encore cinq années pour donner une suite à Declaration Of Dependence qui s’impose déjà comme l’un des grands disques de cette année.


Sortie le : 05 octobre
5 titres en écoute à droite.
Une très bonne note sur hop blog ainsi que chez Mlle Eddie.

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